EN NOVEMBRE ET DÉCEMBRE
Saint Hubert n'a pas dû être content des princes, cette année : le croira-t-on? sa fête, si religieusement chômée d'habitude par la plupart de ses plus humbles disciples, n'a pas même eu dans les forêts royales les honneurs d'une fanfare ; on n'y a point brûlé un seul grain de cet encens qu'il aime, la poudre. Le départ du duc d'Aumale pour l'Algérie, la présence du prince de Joinville à bord de son escadre à laquelle il a fait de si dignes adieux, en un mot, des devoirs plus sérieux à remplir de part et d'autre, se sont opposés à ce que ce beau jour fût observé comme il le mérite; d'ailleurs, nous l'avions bien prévu à l'époque
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du camp de Compiègne, les chasses anticipées d'août et de septembre devaient nuire à celles de novembre ; ce théâtre, consacré au culte du grand saint, avait alors trop brillamment ouvert pour donner deux représentations de suhe.
A son retour de la Ferté-Vidame, S. A. R. le duc de Nemours a fait à Versailles deux chasses particulières que nous ne mentionnerons ici que pour mémoire. Le 21 novembre, le prince, accompagné de M. Guérard, a tué 22 pièces: — 1 chevreuil, 9 lièvres et 12 faisans, piquant au jeu son partner, qui a rapporté de son côté \ (x pièces : — 9 faisans et 5 lièvres. Le 26 suivant, S. A. R., seule cette fois, est arrivée incognito dans le parc et y a fait une promenade à pied d'une heure, juste le temps nécessaire pour tirer dix faisans et faire naturellement ses dix pièces.
Le 7 décembre, a eu lieu à Fontainebleau, par un temps déplorable — saint Hubert, par hasard, aurait-il quelque rancune? — le tiré annuel du Parquet du Roi, toujours si riche en faisans et en chevreuils, grâce aux précautions prises à l'avance par M. Marricr de Boisd'hyver, qui ne se contente pas d'être un forestier très distingué, mais qui veille eucore en ordonnateur intelligent aux plaisirs des nobles hôtes dont il reçoit trop rarement la visite. Les résultats de cette chasse, qui ne réunissait que cinq tireurs, LL A A. RR. le duc de Nemours et le prince de Joinville, accompagnées du comte Paul de Ségur et des comtes Charles et Henri de Greffulhe, ont dépassé ceux de l'an dernier, quoique la journée ait été contrariée par de fortes averses et de violentes rafales ; et si une pluie battante n'était pas survenue mal à propos, empêchant l'exécution d'un dernier fermé disposé sur le rocher, il est probable qu'il y aurait eu cette fois autant de chevreuils tués qu'en 1846. Sur un chiffre total de 255 pièces, c'est S. A. R. le duc de Nemours qui a été le roi de la chasse avec 86 pièces : — 8 chevreuils, 30 lapins, 46 faisans et 2 perdrix rouges. Le reste a été ainsi réparti ;