‹ Journal des chasseursChapitre 67 sur 74 · tome pti. 3G · texte numérisé non relu

tome pti. 3G

Un jour que le duc était à la chasse, Aya vint trouver Quentin, poussée par un désir criminel. Celui-ci, ayant horreur d'une action si abominable, s'enfuit et se réfugia aux Roches, dans la forêt de Canevosa (1). La duchesse, enflammée de colère, ordonna de le poursuivre. On fut quoique temps sans pouvoir l'atteindre. Enûn, en passant près d'une fontaine, le pied du fugitif s'embarrassa dans une ronce, et il tomba. — Alors, se tournant vers la ronce, il lui dit : — Désormais lu ne pousseras plus que d'un côté, — Et depuis cette époque, les ronces qui croissent autour de la fontaine ne s'attachent plus à la terre. — Quentin fut pris et décollé sur le lieu môme.

Dans cette pressante conjoncture, le jeune martyr ne se déconcerta pas. Il prit sa tète dans ses mains, la porta à la fontaine, et s'administra le baptême : — formalité qu'il avait négligé de remplir pendant sa vie.

Le lieu de sa sépulture demeura ignoré durant plusieurs siècles ; mais des chrétiens, passant près de là, virent, une nuit, des langues de feu sortir du sein de la terre, et, guidés par ces indices, ils découvrirent au fond de l'eau le corps de ce nouveau Joseph.

Cette relique mit la fontaine en grande vénération dans la contrée, et la vertu miraculeuse de ses eaux en fit un lieu de pieux pèlerinage. La tombe de saint Quentin devint aussi le berceau du joli village qui porte encore son nom. — Quant aux propriétés spécifiques de sa fontaine, elles se seront sans doute dépréciées, vu les temps reculés de la légende, car les habitans du pays ne passent pas pour perpétuer chez eux les chastes traditions de leur patron.

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