I. Nam ilb die, icm fcbruarii, id c ir, more aniiquo r
'. Et pro eodem die
Lter vigesiroum tertjum et vigesimum quartum j r sepiimum Calendns martii et scMum, coIIocr- I I, et proînde bissextus Calendas marlH numcn- j lE Calendai reputalur in Jarisprudende 1
et Theologia quoque Romana, apud naa numeratur vigesimus quariui) | qui erat vîgesimus quarlus ïn illa mensc, festus divi Matliiae vigesimus quinius, ut sic eo aana hnbetiinus viginii novcm dio februario, cum rusquam plures Romani habuerint quam viginti octo [Cette note avait tté inlerulfe pttr Dubuiuon dans le teite mtmc.]
172 JOURNAL DES GUERRES CIVILES [février l652
Nemours y veut faire faire aux troupes espagnoles, M. d'Orléans a dit qu^il répétoit ce que, dans les autres assemblées^ il avoit dit et déclaré savoir que ce n^étoient point Espagnols, mais Allemands, non ennemis de la Couronne, et qui là venoient servir contre le cardinal Mazarin ; puis ceux des Enquêtes, qui sont à lui, ayant fait un grand bruit et donné ordre que le Prévôt des Marchands se présentât pour TafTaire des rentes, il a parlé ; et puis on a délibéré sur cette matière et remis à continuer à lundi prochain.
— Dimanche 25, bruits tout contraires que le siège étoit levé de devant Angers; que l'archidiacre d^ Angers négocioit pour le duc de Rohan en cour, faisant des demandes grandes et honteuses au Roi ; que les bourgeois d'Angers étant sortis sur les assiégeants, ils avoient été tous tués ou pris, sans qu^un seul d'eux fût rentré dans la ville.
— Lundi 26, assemblée au Parlement, oQ M. d'Orléans ne fut point, s'en étant retourné de moitié chemin. On n'y parla que du moyen de faire payer les rentes et les fermiers des aides qui promirent payer un quartier resté dû dès le temps de la guerre et un demi-quartier arriéré depuis peu.
Grand bruit que les ennemis sont près Noyon et Compiègne, conduits par le duc de Nemours.
M. d^Orléans prend soixante mille livres sur les reliquats dûs des tailles de 1647, 1648, 1649, i65o, es élections de Meaux et de Senlis, pour être reçus à Dammartin par le sieur Jacques Cailly, commissaire des guerres, et employées à la levée d'un régiment de cavalerie de huit compagnies, à sept mille cinq cents livres par compagnie.
Ce jour, maître François Bitaut, sieur de Chisey, conseiller en la troisième des Enquêtes et nouvellement retourné de la suite de la cour, où il étoit premièrement sous sûre garde et puis sous sa parole, se trouva en rassemblée et remercia la Compagnie des soins qu'elle avoit pris de lui durant sa détention et des devoirs qu'elle avoit fait pour sa liberté ; parla avec gratitude et éloge du Premier Président, Garde des Sceaux, qui s'est tout à fait employé pour lui entre ses amis; et dans toutes conversations particulières se loue du traitement que lui a fait le cardinal Mazarin, lequel il a vu et a été de lui familièrement entretenu par deux fois et a reçu des siens toutes faveurs et honneurs.
— Mardi 27, assemblée en Parlement, où M. d'Orléans n'étoit point. On y a lu une lettre de cachet du Roi, du 22, à Saumur,
Kvrîer lôSa] de dubuisson-aubenay, ij3
comme il donne avis au Parlemeni de l'emreprise que le duc de Nemours tait d'amener les Espagnols en France; veut qu'il en soit informé et procédé contre lui et ses complices, comme criminels de lèsc-Majcstc, et que le Parlement donne ordre à ce que l'on s'oppose auxdits étrangers, jusqu'à ce que Sa Majesté, ayant réduit la ville d'Angers, puisse, comme est son intention, venir en deçà soi-même, s'opposer auxdiis étrangers.
— Mercredi 28, Monsieur vient en Parlement, et là continue à avouer et déclarer que c'est lui qui fait venir les troupes conduites par le duc de Nemours, comme troupes de nation non ennemie et qui sont libres et serviront l'Etat et le Parlement pour en faire exécuter les arrêts, conformément aux déclarations du Roi, contre le cardinal Mazarin, lequel il entend chasser hors de France. II a voulu empêcher que l'on délibérât là-dessus.
M. Talon, pour les gens du Roi, a insisté sur l'elfet de ladite déclaration et sur leurs conclusions prises dès le i5. Il y a eu grande contestation, et les présidents même n'ctoient pas trop d'accord entre eux. Enfin, la chose a été remise à vendredi.
Avis des Pays-Bas que le mariage du roi de Hongrie est fait avec l'infante Marie d'Espagne el publié dans Vienne.
Avis de Fribourg-en-Brisgau et puis de Fri bourg en Suisse, le 10 février, du père jésuite Sébastien Grandmont, recteur du collège de ce dernier Fribourgen Suisse, comme les Lorrains étant entrés dans le Sundgau, les gouverneurs d'Alikirch nommé Petz, de la forteresse de Lanser, qui a trente villages de ce pays-là engagés au sieur Herwart, intendant des ânances à Paris, de Senncn nommé Schomberg, de Thann nommé Rosen, cousin de Rosen, colonel et général pour le Roi en ce pays-là, et d'autres places, s'y opposent avec les forces du pays, Il y a là une guerre aussi forte qu'elle y ait point encore été.
Le pérc Dotri, en la maison professe de Saint-Louis des pères jésuites à Paris, tient correspondance avec ledit P. Grandmont en Suisse.
Lettres de ce jour, écrites à Moniauban, touchant ce qui s'est passé entre les armées du marquis de Saint-Luc pour le Roi, et des princes de Condé ei de Conti, jointes. — (Voyez les au comneacemeni du mois de mars.)
174 JOURNAL DES ouEUREs CIVILES [mars f65s
Mars.
M. le comte de Brienne en mois de secrétaire d^État.
— Vendredi, premier four de mars (domuit\y assemblée du Parlement remise de mercredi. M. d^Orléans dit qu^il ne fisilloit plus avoir croyance aux lettres de cachet du Roi, comme étant fabriquées par le Mazarin. Le conseiller du Coudray-Genier dit qu'il falloit travailler au procès-verbal feit de ce qui s'étoit passé en leur commission, sur la rivière de Somme ce mois de janvier dernier, lorsque lui fut contraint de se retirer à Sens, et Bitaut arrêté et emmené prisonnier par les troupes du maréchal d'Hocquincourt, conduisant le cardinal Mazarin. Un autre a dit qu'ail falloit poursuivre et achever TafTaire des rentes. Un autre a "dit une autre chose, et le tout s'est passé en désordre et en confusion, sans que Ton ait parlé de délibérer sur les remontrances et conclusions des gens du Roi prises dès mardi 37 et remises du mercredi 28 à cejourd'hui.
Tout le Vexin françois en armes à cause de l'approche des troupes étrangères conduites par le duc de Nemours, au nombre de trois mille chevaux et quinze cents fantassins.
— Samedi 2, le duc de Nemours se saisit des avenues de Mantes, dont les habitants refusèrent Tentrée au colonel Digby, qui étoit avec son régiment de cavalerie à Verneuil, près Senlis, es environs, et reçurent Saint-Quentin, lieutenant des gardes du duc d'Orléans, qui y entra avec tous les gardes ordinaires et officiers du Palais d'Orléans et peut-être cent volontaires du faubourg Saint-Germain, qui, sous la conduite d'un maître tireur d'armes, s'étoient le vendredi, de relevée, allés offrir au Palais d'Orléans à Son Altesse Royale, qui les accepta et leur donna une pistole (quod ridicule refertur) pour aller boire à l'heure même ou le lendemain sur le chemin des douze lieues qu'ils avoient à faire. Il y a eu aussi quelque capitaine des quartiers et colonelles de Paris qui s'y est allé offrir avec aucuns bourgeois de sa compagnie.
Le duc de Sully, gouverneur de Mantes, s'y jeta ; sa femme et son beau-père le Chancelier sont à Paris. Depuis il est revenu, ne se trouvant en sûreté à Rosny, ceux de Mantes étant mal contents de lui.
mars i652]
— Dimanche 3, le maréchal d'Aumoni pensant se jeter dans Manies et la sachant occupée par le parti contraire, se retira dans Poissy. Milord ou colonel Digby le joint. On dit qu'il avoit parole du duc de Sully, qui avoit reçu Tordre de la cour et s'y étoit engagé, pour recevoir les troupes du Roi dans Manies. On dit qu'il se ravisa la veille, que le Chancelier son beau-pére lui envoya cinquante hommes et ses domestiques et son suisse, et que M, d'Orléans y envoya aussi Saint-Quentin, lieutenant de ses gardes, ses ordinaires et officiers, et force filoux et volontaires du faubourg Saint-Germain, qui l'intimidèrent et induisirent les Mantols à laisser passer le duc de Nemours.
Bruit dans Paris que la capitulation du duc de Rohan est feinte, et pour amuser le Cardinal. Autres, qui la savent véritables, disent qu'il a trahi pour de l'argent.
— Lundi 4, bruiis contraires; aucuns tenant la réduction d'Angers véritable, selon les avis arrivés le jour précédent par paquet du Roi, apporté par la poste ordinaire avec lettres du 28, qui disent que le sieur de Castelnau, retourné d'Angers à Saumur en cour, y disoit avoir vu signer le traité par lequel le duc de Rohan, à la vue du canon prêt A faire brèche et du mineur attaché à la muraille, avoit capitulé de sortir du château et de k ville, lui et tous les siens, pour s'en aller oii bon lui sembleroit, et qu'amnistie seroit pour les habitants; moyennant quoi, le lendemain 29, l'armée du Roi entreroit dans la ville et le château.
La lettre du Roi au maréchal de l'Hôpital, de Saumur, du ag février, a été imprimée et vue à petit bruit ce jourd'hui. Elle est fort bien faite et digne d'un bon Roi ; Il n'écrit point au Parlement. — Voyez ta relation à pari, en papier volant.
Au soir, avis que les troupes du sieur de Vaubecourt, au nombre de trois mille hommes, ont couché la nuit précédente à la Ferté-sous-Jouarre et à la Ferié-Milon. Le comte de Grandpré est joint à lui et leurs coureurs ont poussé Chàieauvert, bâtard de Montauron, qui étoit dans le Meldan, levant des soldats, par ordre de M. d'Orléans, afin de cueillir la taille par les paroisses.
— Mardi 5, dès 7 heures, on a crié partout l'imprimé de la défaite de Saint-Luc par les princes de Condé et de Conti, à Mtradoux, le 22, quoique les lettres de ce jour-L'i, de delà, et de Montauban le 24, portent que le sieur de Saint-Luc s'est retiré, et que celles de Saumur, du 29 février, assurent qu'il est joint au comte d'Harcourt.
176 JOURNAL DES GUERRES CIVILES [maiS l65s
Autres lettres de Montauban du 29 février, et du 4 mars de Bordeaux, portent qu'il y a eu quatre cents chevaux poussés de i'arrière-garde de Saint-Luc, commandée par le sieur Marin, qui s^est retiré dans Miradoux, oQ le prince de Conti le tient assiégé.
Le comte d'Harcourt lui va au secours, ayant passé les rivières d'Isle à Vergt-sur-Périgueux, de Vézère àTerrassonet de Dordogne à Domme, pour passer celle du Lot à Cahors, le 24 ou 25, et puis la Garonne, le 27 ou 28, à Auvillars, non loin de Miradoux.
Ce jour, le duc de Nemours n'ayant pas beaucoup avancé les troupes qu'il conduit, revient à Paris, quarante ou cinquante braves avec lui et se fait voir dans Thôtel d^Orléans, où tout le monde est gai.
— Mercredi 6, lettre du Roi, de Saumur, le 29 février i652, inscrite « A mon cousin le sieur de PHôpital, maréchal de France, « mon lieutenant général de ma bonne ville, prévôté et vicomte « de Paris ; » fort douce et raisonnable, témoignant comme Sa Majesté avoit arrêté Tardeur et Tindignation de son armée, animée au sac de la ville d^Angers, pour s^étre obstinée et avoir enduré le canon, et pleine de la tendresse d'un bon Roi pour ses sujets. On ne la point osé crier par la ville; beaucoup de gens du parti des Princes ont crié contre elle comme contre une lettre fausse; et de la canaille a menacé Timprimeur Rocolet.
— Jeudi 7, avis que le duc d'Elbeuf étoit hier es portes et environs de Pontoise avec deux mille hommes qui, ayant fait désordre en un faubourg, la ville prit les armes et ne voulut laisser sortir M. d'Elbeuf, qui y étoit entrée lui trentième, qu'il n^eût fait réparer le dommage.
Le sieur de Vaubecourt, qui étoit arrivé lundi soir vers Senlis et à Baron-la-Moniagne-sur-Nonnctte, au-dessus de Tabbaye de la Victoire, s'en recula le lendemain, et étoit le mercredi à Rully- Raray et occupant depuis NanteuiUe-Haudouin jusqu^au Pont- Sainte-Maxence, avec trois mille hommes auprès; les paysans en disent deux fois autant.
Le comte de Grandpré, selon l'avis d'aucuns, est encore à part; autres assurent que le marquis d'Huxelles vient du côté de Bourgogne encore avec deux mille hommes, et le maréchal de La Ferté- Senneterre avec autant de gens et deux pièces de canon. Item^ le régiment royal et autres troupes venant du Bourbonnois et Auvergne, que Ton dit avoir leur rendez-vous toutes à Montereau.
si6S2]
Ce soir, Mademoîselle donne le plaisir d'un ballet dansé par le sieur Séguicr, fils du feu président, de Rancé ei autres jeunes gens, chez elle, au baron de Clinchanips, lorrain', et autres officiers des troupes étrangères qui sont à Nogent-le-Roi, leur rendez-vous pour leur jonction avec le duc de Beaufort; lesdits officiers venus à Paris vers le duc d'Orléans avec le duc de Nemours.
Le régiment royal, qui est de cavalerie et étoit en garnison à Vichy d'Auvergne, vient trouver le Roi en tome diligence, et le comte de Palluau amène aussi la cavalerie qu'il tenoit au siège de Montrond.
On dit que le Roi sera à la tète de toutes ses troupes.
— Vendredi 8, au matin, il y a eu assemblée au cabinet de la première chambre des Enquêtes et dëputation de là aux autres chambres des Enquêtes pour les invitera s'assembler toutes en la Grande et délibérer sur ce que l'on dit que demain les boulangers de Gonesse ne viendront point apporter de pain à Paris, à cause des gens de guerre qui sont vers Senlis; car déjà, dès mercredi dernier, ils étoient venus peu à cause des soldats de FougeroUes et de Châteauvcrt, qui s'assembloicnt, de l'ordonnance de M. d'Orléans, et alloient par l'élection de Senlis, comme en celle de Meaux, pour lever les tailles.
Ce jour, un officier servant dans les troupes du Roi, — on dît que c'est au régiment de Saint-Aignan, — et nommé d'Espiès, a été arrêté par ordre de M. d'Orléans, aucuns disent dans Paris, aucuns dehors et prêt à être mis prisonnier s'il ne donnoit sa parole de ne point s'en aller; il l'a donnée adonc de ne point s'en aller jusqu'à ce que, dans le conseil de M. d'Orléans, il ah été jugé s'il est de bonne prise ou non.
Le soir. Mademoiselle fait tant vers les sieurs de Rancé, Séguier et Perroi-Saint-Dié, (ils du président, et autres jeunes gens, qu'ils dansèrent chez elle, où il y eut bal toute la nuit, un ballet pour donner du plaisir aux chefs des troupes flamandes, entre lesquels, Clinchamps, général des Lorrains, épousa le lendemain mademoiselle de Brionnc, ce que toutefois la comiesse de la Suze, sa lante, ne veut point avouer. La vérité est qu'elle est seulement accordée, pour se marier après Pâques.
t. Bernardin de Bourqueville, baron de Clinchamps, était normand, mai» commandait un corps de croupes dans l'année du duc Chirle* de Uirraioe, nu service d'Espagne.
178 JOURNAL DES GUERRES crviLES [mars l652
Le duc de Rohan est attendu ce soir en son logis, rue de PEchelle-du-Temple, en l'hôtel de Saint-Denis. Il n'est arrivé ou apparu que lundi matin, onzième ensuivant.
Le comte de Tavanes, avec des écharpes rouges, dans Paris.
Avis de la prise du Pont-de-Cé par force. Les Polonois y ont donné les premiers et pris les dehors avec perte de trente des leurs.
— Vendredi 8, mademoiselle de Linières-Nangis, héritière de vingt-cinq mille livres de rentes, et à qui M. de Humiéres avoit dessein, est enterrée, ayant été malade trois semaines.
Mariage du comte d'Olonne-La-Trémoîlle avec mademoiselle de La Loupe, fort sur les rangs.
— Samedi 9, le Parlement s'assemble pour les rentes. Les délibérations sur la lettre de cachet du Roi, du 22 février et sur les conclusions des gens du Roi, prises dès ce temps-là et depuis, sont cessées, aucuns frondeurs disant hardiment que, si on délibéroit, il passeroit au contraire et le Roi en auroit l'affront.
— Dimanche matin 10, partirent du Palais d'Orléans deux pièces de canon, tirées de Parsenal par M. d^Orléans, il y a plus de dix jours, et fait monter dans la cour du monastère de TAve- Maria, puis de là conduites audit Palais d^Orléans.
— Lundi II, le Parlement s'assemble encore pour les rentes sur l'Hôtel de Ville, non qu'il ne soit content de l'arrêt pour ce donné par le G)nseil d'État; mais, comme les fermiers du Roi, tant pour les aides que pour les gabelles, ont fait leurs déclarations et offert de remettre leurs fermes, on se trouve bien empêché à trouver des fonds.
Aucunes femmes des rentiers se sont présentées, demandant que Ton s'assemble, et le corps de Ville aussi, dans la chambre Saint-Louis, qui est destinée pour assembler toutes ou plusieurs des cours souveraines et des corps différents, quand il y a lieu de se joindre ensemble pour l'intérêt qui les peut concerner les uns et les autres ensemble.
Le Prévôt des Marchands demande d'ailleurs qu'il lui soit permis d'assembler en l'Hôtel de Ville tout le corps d'icelle et les rentiers, afin de faire en leur présence sa déclaration et obtenir sa décharge.
Avis que les troupes du Roi, qui sont venues de devers la frontière de Picardie et Champagne pour suivre en queue celles des Pays-Bas, conduites par les duc de Nemours, comte de Tavanes et baron de Clinchamps, comme elles ont fait jusqu'à Mantes, et qui étoient répandues depuis Meulan, Poissy et Pontoise par les
mars lôSa]
DE DtlBUlSSON-AUBENAY.
contrées de Senlis, Dammartin ei Nanteuil-le-Haudouin, s'en vont passer la Marne k Lagny, au pont qui y est, ou plus haut, au bac, à Trilbardou — (on s'est mépris et c'est à Triiport, entre Meaux et Monceaux, où il y a un pont de bois, où elles sont passées le 1 o) — , afin de leur ôter tout moyen de faire désordre à la vue de Paris et de cacher le plus qu'on pourra leur passage. Elles vont vers Montereau pour y passer la Seine avec quaire ou cinq mille autres venant de Bourgogne et du marquis d'Huxelles, de Lorraine, du maréchal de La Ferté, de Bourbonnois et d'Auvergne pour, par le Gàiinois, tirer en Beauce et y joindre l'armée du Roi.
Grands et communs avis de l'accommodement du duc de Lorraine avec le Roi, qui lui doit rendre son pays dans deux ans, moyennant quoi, ce duc donne à Sa Majesté ses troupes, qui sont en Alsace et vers le Rhin, au nombre de six mille hommes.
Lundi au soir, quelques-uns des gens du duc d'Orléans amènent de [a campagne dix ou douze prisonniers des troupes du Roi. Déjà Ton en avoil amené, que le due d'Orléans avoit commandé de relâcher.
Le sieur d'Argenteuil, envoyé en cour par le coadjutcur de Paris, n'y a point vu le cardinal Mazarin et est de retour à Paris au même lemps que Villecoun, gemilhomme du bailli de Valençay, ambassadeur pour le Roi à Rome, ayant passé en cour pour y donner l'avis de la promotion dudii Coadjuteur au cardinalat, suivant la nomination du Roi, est aussi arrivé à Paris; depuis quoi, le Coadjuteur s'est laissé voir à ses amis.
La duchesse de Rohan, suivant de près son mari, arrive à Paris.
La foire Saint-Germain encore continuée par Mademoiselle en faveur des chefs étrangers qui sont ici.
— Mardi matin, 12, le Parlemeoi assemblé pour les rentes; et sur la réquisition hier faite par le Prévôt des Marchands, il y a eu trois avis, l'un, de soixante-dix ou quatre-vingts environ, tendant à s'assembler seulement en la Chambre Saint- Louis, la Ville avec le Parlement; l'autre de quarante ou cinquante, tendant à faire les deu» assemblées et au Parlement et en l'Hôtel de Ville, où le Parlement enverroii ses députés vers le Prévôt des Marchands ei Lchevins; ei l'autre, de vingt-cinq ou trente, qu'il n'y auroit point pounant d'assemblée pour la Ville.
Comme ça été à réduire les trois avis à deux, comme c'est la coutume, et l'on ne s'accordoil pas, le président Le Coigneux a dit, en voulant opinera son rang, que c'étoii chose étrange d'em-
l8o JOURNAL DES GUERRES CIVILES [mafS l652
ployer tant de temps à des questions dont on ne vidoit point, et d'abandonner la principale chose qui étoit la tranquillité publique et la paix, sans laquelle tous les moyens que Ton cherchoit pour payer les rentes demeuroient inutiles, à cause que, par la guerre civile, les fonds à cela destinés devenoient taris ; que la Compagnie avoit donc à s^appliquer soigneusement à trouver les moyens de pacifier les affaires et de faire que cette armée étrangère qui, de quelque façon qu'il en arrivât, mettoit TÉtat en évident péril, se retirât, de peur que, si elle étoit viaorieuse, elle ne nous mît en ses fers et que le peuple n'eût liberté d'exercer sa fureur contre les magistrats ; et que, si le Roi étoit viaorieux, le Ministre, qui se rétablissait de la haute lutte, au déplaisir de tant de gens, n'exerçât sur eux sa violence. Que Ton se pouvoit souvenir du temps de la Ligue et qu^il y en avoit eu du Parlement même qui a voient été pendus ; et qu'il y en avoit en la Compagnie à qui Ton ne sait pas si cela ne pourroit point arriver.
Auquel mot s^est élevé un grand bruit, qui a duré longtemps, et le Président ayant dit que cela étoit reçu et en terme précis dans Phistoire, il n^y a pas eu de cesse et Ton s^est séparé qu'il étoit plus de midi. Et aucuns disent que le président Charton lui dit pouilles et puis se mit à rire, et tous les Frondeurs de même à lui faire la huée.
Le duc d^Orléans, arrivant chez madatpe sa femme, la tira à part et lui dit assez haut pour le faire entendre à la maréchale d'Estampes et à la marquise d'Estampes qui y étoient : « Eh bien, « madame, les quatre mille hommes que monseigneur de Lorraine « devoit bailler aux Mazarins sont avortés ; il a tout de nouveau « traité avec TArchiduc. »
Avis de Rouen que le Parlement y donna le jour, d'hier 1 1, un arrêt conforme à celui du parlement de Rennes, et portant défenses à qui que ce soit de lever ni faire marcher troupes par la province sans expresse commission du Roi, sous le grand sceau et enregistrement au Parlement.
Les marquis de Beuvron et sieur de Matignon, tenus pour constants serviteurs du Roi, ont dit que Sa Majesté leur envoie des brevets de ducs.
Même arrêt décrété contre aucuns trésoriers de France à Caen pour avoir, sur Pordonnance de monseigneur d'Orléans, travaillé aux étapes et à la subsistance des troupes.
— Mercredi matin i3, le duc de Nemours part de Paris pour s'en aller à l'armée étrangère qui est es environs de Montfort-
mars rôSa]
DE DUBUISSOM-AUBENAY.
TAmaury, dont elle a tirtf quatre mille livres par forme de contribution, sauf à recommencer ; ci de Nogent-le-Roi, dont elle a eu auiani ; et de Houdan, où tout est absolument désolé.
Ce matin, à rassemblée du Parlement, il a passé que demain on s'assembleroit en la Chambre Saint-Louis où les députés des cours souveraines se trouveroient, pour le sujet de leurs gages et des rentes de l'Hôtel de Ville. Et sur la plainte qui a été faite des désordres des gens de guerre, ici es environs, le maréchal de l'Hôpital a dit qu'il se faisoit fort et répondoit qu'aucun soldat du Roi ne se trouveroit dix lieues à la ronde autour de Paris, pourvu que, des étrangers ou d'autre part, il n'y en eût pas non plus. II a été dit que M. d'Orléans sera invité de se trouver à la délibération qui sera faite là-dessus.
Courrier arrive ce soir, disant avoir vu partir le Roi de Tours hier matin et que la nouvelle étoit en Cour, par un envoyé exprès, comme le comte d'Harcourt avoit passé la Garonne, fait lever le siège de Miradoux et poussé l'armée des Princes jusques à Agen. Ce courrier est le chevalier de Fourilles.
M. Bouthillier, jadis surintendant des Finances, meurt; son corps est, le troisième jour après, porté à Saint-Paul. On croit que ce n'est qu'en dépôt et en attendant qu'il soit pond à Pont-sur-Selne.
Députés de la ville de Chartres arrivent vers M. d'Orléans, qui a envoyé M. de la Freite leur gouverneur, sur ce que l'armée des Pays-Bas demande cette ville pour retraite ei sûreté.
— Jeudi 14, en l'assemblée du Parlement, les présidents Le Coigneux, qui a repris de bonne grâce ce qu'il avoit hier dit, de Mesmes d'Irval et de Novion surtout, ont dit merveilles sur le péril de l'État et cette armée étrangère qui met l'État en si grand péril, soit qu'elle subsiste contre le Roi, soit qu'elle soit dissipée ; et ont conclu d'empêcher qu'elle ne combatte ni s'établisse parmi nous ; mais que l'on députe pour cela vers le Roi ci que l'on agisse en remontrances par écrit incessamment; k quoi les gens du Roi ont aussi conclu et a été ainsi ordonné.
M. d'Orléans ne s'est point expliqué.
Et sur b proposition faite hier de a& point souffrir de gen& de guerre dix lieues à la ronde autour de Paris, on a voulu délibérer et donner arrêt pour cela, selon que les gens du Roi y concluaient; mais M. d'Orléans ne l'a jamais voulu, et 3 toujours dit qu'il donnoit sa parole que cela seroil de sa pari et que l'on le mît dans les registres de la sorte ; néanmoins il y en a eu un arrêt depuis imprimé.
l82 JOURNAL DES GU£RRES CIVILBS [marS l652
Chambre de Saint-Louis ne se tient que les après-dîner et par les députés des cours souveraines y assemblées pour les a£Eaires qui les regardent en commun.
— Vendredi 1 5, après midi, les députés des cours souveraines, qui sont deux de chacune des sept chambres du Parlement, en comptant les deux des Requêtes du Palais pour une seule, deux de chaque des trois chamiMres de la Cour des Aides et huit en tout de la Chambre des Comptes, ont convenu et arrêté, pour cette fois seulement, que désormais ib s^assembleroient pour voir, par ensemble, les moyens de faire aller et subsister le paiement de leurs gages et des rentes sur THôtel de Ville, sans qu^il y puisse être foite entre eux aucune autre proposition, pour quelque cause et occasion que ce soit.
Mais comme, à Parrivée des députés de la Chambre des Comptes, ceux du Parlement ne se levèrent point pour les accueillir, et que l'ancien des quatorze, le sieur Ménardeau-Champré, de la Grande Chambre, leur dit le Parlement les avoir fait venir pour, après avoir entendu leurs sentiments, ordonner ce qui seroit nécessaire pour le ÙLix de leurs gages et des rentes sur THôtel de Ville, lesdits huit députés, dont le sieur des Brosses-Guén^ud, maître des Comptes, étoit Tun, étant retournés à la Chambre et y ayant fait leur rapport comme le tout s^y étoit passé, la Chambre ordonna qu'ils n'y retoumeroient plus; et, de bit, ils n'y sont plus retournés que le mardi 19; et ce fut non pour assister à aucune délibération, mais seulement pour s'excuser et foire entendre aux députés du Parlement et de la Cour des Aides qu'ils n'y retoumeroient plus.
— Dimanche 17, nouvelles que le Roi, parti du i5 d'Amboise pour Blois, doit y être encore le 16 et jours suivants.
— Lundi matin 18. nouvelles arrivées de la nuit comme le chevalier d' Albret est venu en Cour apporter l'avis de la reddition de Saintes, Ëaiite le 1 3 au sieur Du Plessis-Bcllièvre, l'assi^eant pour le Roi. EUles sont de Blois le 16 et ajoutent que trois à quatre mille hommes de Tannée de Saintonge viennent en deçà joindre le Roi'.
I. A Amboise, le i5 mars i65a. — (Re^e à Paris le iS.) Je TOUS demande mille fois pardon si j*ai été si longtemps sans vous Kndre grâce très humble de lîiooneur que tous m'avex ^t de tous sourenir de moi ; je suis dans un chagrin si prodigieux qu'à peine pui»-fe parier et m*aoqaitter des plus étroites obligations de la vie. Cest excuser une sottise par une antre ; mab comme je saisqiie vous avex asscs de borné pour moi pour me souffrir dans mes drfiwn, yc
mars i653]
Lettre du Roi pour cela au maréchal de L'Hôpital, du i6 susdit, imprimée et publiée en la ville.
Le Roi n'écrit plus au Parlement depuis sa lettre du 22 Tévrier, sur laquelle ils n'ont point voulu délibérer, contre M. de Nemours.
Ce matin est parti de Paris le comte de Fiesque pour aller, de la part de M. d'Orléans, à Orléans faire tenir une assemblée géné-
ne fais pas difficulté de vous les dire et de vous iaire un mauvais discours de ma mélancolie.
M. de Mergcy vous a rendu compte du paquet qui éloît dans le mien, et M. votre neveu du soin que je pris de lui rendre celui qui s'adressoit à lui. Vous ne devez pas douter que je reçoive avec joie toutes les commissions que vous me donnerez et que je ne les exécute très ponctuellement.
Nous parlons pour aller coucher à Blois, où nous séjournerons demain pour voir passer les troupes de Palluau qui vont se joindre à celles du maréchal d'Hocquincourt.
On l'avait sollicite d'aller commander sur la frontière et de laisser au maréchal de Turennc le commandement de l'armée ; mais il l'a refusé tout net et l'on croit que cela fera résoudre S. E. à aller à l'armée pour y mener ce maréchal et ne prendre le jour et l'ordre de la bataille que l'on veut donner aux rebelles que de ses conseils et de sa conduite.
Il y a deux jours que le Roi pleure de ce que la Reine ne veut pas qu'il y aille ; il lui dit en colère qu'il ne vouloît plus aller qu'à la t£te de son armée et qu'il vouloil apprendre à la commander. On s'étonne de celte fantaisie que l'on ne hait pas dans l'ilme d'un jeune prince qui apparemment aura besoin de courage et de conduite.
On croit M. de Longucville déclaré, et cependant Priolo, qu'il a voit ici, a encore ce matin assuré M. le Cardinal que cela n'ctoit pas et a reçu des ordres de lui pour aller retrouver son maître. Si cette affaire ne rompt point notre marche, nous allons droit à Fontainebleau, et même à Paris, si l'on suit tels sots qui vont là tant qu'ils peuvent ; peut-être que le reste n'est pas dans le même sentiment, mais on aura peine à s'en défendre.
Faites-moi la grâce de faire mes excuses à notre cher ami, M. Huguenot, de ce que je ne le remercie pas de toutes les obligations que je lui ai ; je lui prépare une corvée par la première commodité qui m'en donnera lieu ; cependant je suis son très humble scrYiieur et â vous, monsieur, plus qu'à personne du monde.
Avec votre permission, que je mette ici ces paquets pour notre ami M" Pierre et pour M. de Poix. M. de Mergey vous prie de prendre cette lettre pour sa part ci M. Huguenot aussi.
[Cette lettre doit être de Fauvclct du Toc.]
184 JOURNAL DES GUEMKES OYILES [OUirS l652
raie du peuple, oh il soit arrêté que le cardinal Mazarin sera exclu de rentrée de leur ville \ On dit qu^il porte quelques sacs de monnoie pour répandre aux bateliers, porte&dx de Fétape et populace jusques à sept ou huit mille livres.
— Mardi 19, matin, le Parlement s'assemble et Ton y fiait diverses propositions pour le paiement des rentes et sur la rupture de la chambre Saint-Louis par les députés de la Chambre des Comptes ; pour voir le procès- verbal foit par le conseiller du Coudray-Genier sur la prise du sieur Bitaut par le maréchal d'Hocquincourt et l'évasion de lui à Sens et de Sens à la campagne ; pour les remontrances que Ton doit foire au Roi de la part du Parlement et dont M. de Broussel est chargé, et ne se trouve prêt; enfin pour la harangue du sieur archevêque de Rouen, Chanvallon, &ite naguères au Roi, en Cour, contre l'arrêt du 39 décembre qui proscrit la tête du cardinal Mazarin. Les gens du Roi ont été chargés de s'en instruire et en faire leur rapport au Parlement.
— Mercredi 20, M. d'Orléans est venu en l'assemblée du Parlement, où d'abord il a proposé d'y recevoir duc et pair M. de Rohan-Chabot. On lui a dit qu'il y avoit des arrêts contraires : à savoir celui du 25 janvier dernier, portant qu'il ne seroit reçu