I. Du 18 mars
J'irois savoir moi-même ce qui se passe au Parlement si ce n'étoit la pluie. Je vous prie de me faire la faveur de me le mander. M. le comte de Fiesque est parti cette nuit pour Orléans; je ne sais si c'est pour aider au marquis de Sourd is ou pour commander dans la ville, Son Altesse Royale témoignant en être très mal satisfait. D'autres m'ont dit qu'il incommode ici le cardinal de Retz et qu'il a été bien aise de l'éloigner. Il est impétueux ; il ne tiendra pas à lui qu'il ne se fasse sédition dans la ville. J'attends avec impatience comme il aura été reçu et ce qui aura été arrêté à l'assemblée de ville qui, assurément, s'est tenue à son arrivée. Tout mon bien est quasi aux environs d'Orléans : l'on s'intéresse a moins!
Je suis votre très humble servante.
[Ce billet non signé, adressé à Dubuisson, est certainement de M™» Comuel, dont les lettres sont si rares. Elle tenait de son père, Jacques Bigot, secrétaire de la Chambre du Roi, la seigneurie des Gaschetières, paroisse de Lailly, près Beaugency (Cabinet des Titres, Carrés d'Hoper^ vol. 2o3). — Plus loin, au 2 avril, Dubuisson cite « des lettres adressées d'Orléans à M»« Comuel » (p. 196) parlant des ravages commb autour de Lailly, comme elle le redoutait.]
mars i653]
DE DUBUISSON-AUBENAV.
aucun duc ec pair en Parlement, jusques à ce que le cardinal Mazarin eût vidé le royaume. Il a dîi que, cela étant, il n'en vouloit plus parler, pour ce que son dcstr étoii que tous les arrêts fussent eiécuiés et que lui-mémey tiendroit la main et s'emploieroit pour les faire exécuter.
Après, on a remis sur le tapis ce qui y avoil été mis hier touchant le paiement des rentes et la chambre Saint-Louis; sur quoi l'on a dit qu'il y avoit nombre de gens qui n'y avoient que Éaire, ou n'y falsoient qu'incommoder; que cela commençoit à passer en coutume d'y venir pour voir et écouter, comme si c'étoil un lieu public et ouvert à tout le monde.
Le conseiller Foucault a dit cela, désignant le comte de Châteauvieux, qui étoit là venu à la prière du duc de Rohan et pour assister , à sa prétendue réception en duc, et avec l'agrémeni de M. d'Or* J léans, chez qui ledit comte ne va plus à cause de son gendre, depuis que le père de ce gendre est surintendant des Finances.
Les huissiers ont donc commencé h faire sortir ; et le conseiller Foucault, voyant assez près de lui le comte de Châteauvieux, lui a dit de se retirer. Celui-ci, qui a eu quelque chose autrefois à démêler avec te conseiller, a pris cela de mauvaise part et n'a point voulu sortir, mais a répondu là-dessus quelque chose de her, même a usé de quelque reproche et menace au conseiller, qui, tout sur-le-champ, s'est levé et a demandé réparation à la Compagnie.
Deux derniers présidents, Le Coigneux et de Mesmes, sont sortis de leurs places pour aller faire sortir de la Chambre ceux quin'avoient pas obéi; après quoi, ledit conseiller Foucault, étant ressorti du barreau où il étoit entré, s'est relire derrière et a demandé qu'il lui fût permis de faire sa requête en justice, comme il l'a faite sur-le-champ verbalement, demandant que Châieauvieui fût condamné à lui faire réparation et satisfaction, lui qui est beau-pére du marquis de la Vieuville et vient là pour écumer 1 ce que faii la Compagnie et en faire son profil en Cour. A cela 4 quelques-uns opinoieni, autres à ce que Châieauvieux filt oui J par devant deux conseillers, commissaires choisis du Parlement, ^ mais M. d'Orléans a terminé cela, s'étant chargé de faire envers J Châteauvicux qu'il contenteroit le conseiller Foucaull, qui y i donné les mains et a remis tous ses intérêts entre icelles de j M, d'Orléans, ayant auparavant refusé de les remettre entre celles i du maréchal de L'Hôpital.
l86 JOURNAL DES GUERRES CIVILES [OUIS l652
Sur cela, Ton a foit un règlement général portant que défenses sont faites à toutes personnes, si elles ne sont nécessitées pour afbire, ou permises d'entrer en la chambre, lorsque le Parlement y est assemblé, sur peine de trois cents livres d'amende, payables sur-le-champ, par emprisonnement, et applicables, partie aux prisonniers, partie à THôtel-Dieu. Cet arrêt, imprimé, a été affidié le lendemain aux portes du Palais.
Après cela, l'on a ordonné que les gens des Comptes seroient de rechef invités d^envoyer leurs députés en la chambre Saint-Louis et, qu^en cas de refus, les autres députés ne laisseroient pas de s'y assembler demain. Ils se sont levés à midi.
— Jeudi 21, le Parlement assemble et l'on y a &it deux choses : Tune est leaure des remontrances que le Parlement a ordonnées dès le 14 et dont M. de Broussel l'ancien est chargé et fut requis mardi 19. Et comme elles se sont trouvées avec des injures contre le cardinal Mazarin, basses et non assez fortes, on les a remises à samedi prochain, afin de les amender cependant, ou en £ûre d^autres ; et c^est pour ouïr cette leaure que M. d'Orléans y est venu.
L'autre chose que Ton y a foite est aussi la leaure d'un arrêt imprimé et signifié à un procureur qui Ta baillé à un conseiller, lequel Ta opposé et lu à rassemblée; il est du Grand Conseil et donné à Tours, et porte commission d^assigner par devant lui, en vertu dMne évocation générale que le Roi a donné au cardinal Mazarin de toutes ses causes et affaires de tous parlements, le syndic des créanciers dudit Cardinal pour procéder sur la requête présentée par ledit Cardinal, tendante à ce que mainlevée lui soit accordée des fruits saisis de ses bénéfices. Cet arrêt, agité en l'assemblée, aucuns ont été d'avis de le casser. Enfin il a été arrêté que défenses sont faites audit syndic et créanciers de procéder ailleurs qu'au Parlement avec commission pour l'y assigner.
L'auteur des remontrances injurieuses contre le cardinal Mazarin est le sieur de Saint-Germain-Morgues, prévôt de Pignan, homme obligé de bénéfices à la Cour, s'il y a homme en France qui le puisse être, mais méchant auteur et incapable d^écrire qu'en injures et satires.
Le Grand Conseil est, par ordre du Roi, allé à Tours il y a un mois. Quand la Cour y a passé, lui seul de tous les corps n^a point été voir le cardinal Mazarin. Il est demeuré à Tours pour y achever son semestre jusques à Pâques.
mars 1 652 j de di>biiissok-aijbenav. 187
Le soir, avis d'Orléans, de la part du comte de Fiesque ei du sieur de Gratnont, que cette ville-là se pourroît tout à lait réduire à l'obéissance de M. le duc d'Orléans si Mademoiselle sa tîlk y alloit, menant avec elle le maréchal d'Estampes pour agir avec le | peuple.
— Vendredi 22, point de Palais à cause de la procession qui se fait ce jour-là solennellemenl et à laquelle assiste le Parlement pour la réduction de Paris hors la main des Espagnols et Ligueurs au Roi Henri IV, qui y entra el s'en rendit maître en l'an 1594.
Bruit que le Roi doit être ce jour dans Orléans ; — faux. ,
Les trente hommes du colonel Digby, restés au château de Dammartin en Goële, où il a tenu quelques jours garnison et rompu I le bureau des troupes du duc d'Orléans et des tailles à lever par 1 elles sur le peuple, sous la charge de FougeroUes, vendent ce qu'ils ' y avoicnt de provisions, et s'en vont joindre leur colonel qui esï avec le reste de son régiment dans Mantes, de la part du Roi, pour la conserver à Sa Majesté.
Le comte d'Orval est aussi dans Chartres pour y commander de la pan du Roi^ à ce que l'on dit.
— Samedi malin 33, assemblée en Parlement, où le maréchal de l'Hôpiml, montant au palais avec M. d'Orléans, uq homme l'a accosté el morgue, l'appelant Mazarin.
On a lu les remontrances ; et, pour les aller porter au Roi, ont été députés les président de Nesmond ; conseillers : M. Benoisc (autres disent Charpentier) et Meunier-Lariige pour la Grande Chambre, Bitaut et Lotin pour les Enquêtes, Boulanger pour les Requêtes. En somme, ce sont deux de la Grande Chambre, deux des Enquêtes et un des Requêtes. Ils ont été assemblés chez le président-député pour revoir, corriger et amender les remontrances qu'ils doivent porter en Cour. On y a jeté aussi quelque mention de cette harangue de l'archevêque de Rouen, dont fut fait mention le mardi ig ; mais cela n'a point de suite, faute d'avoir en 1 main ladite harangue.
A la sortie, s'est trouvé le comte de Fiesque retourné d'Orléaos, qui a dit que le duc de Beaufort est dans cette ville-là ; et l'a dit si hautà M, d'Orléans, que beaucoup de gens l'ayant oui, le bruit en a tout aussitôt été répandu par le Palais.
Après cela l'on a oui un grand bruit vers l'entrée de la Galerie des Merciers, de garçons criant ; n Au Mazarin, » ou bien : a Point | de Mazarin. »
i88 J0URN4L DES GUERRES CIVILES [mars l652
Le soir, gens de conditions ont publié que le duc de Beaufort n'étoit plus dans Orléans et s'en étoit allé à Jargeau, appelé par les habitants pour se saisir du passage ; mais il revint tout court l'ayant trouvé saisi par le comte de Palluau, et retourna en son armée, où fut tenu conseil et envoyé le résultat, par courrier arrivé à M. d'Orléans ce soir à six heures, puis re[>arti avec deux lettres, Tune : « A mon neveu le duc de Beaufort, > l'autre : « A mon neveu le duc de Nemours. »
On dit néanmoins qu^à minuit de cette nuit même le duc de Beaufort vint à Paris inconnu et fut chez madame de Montbazon tout le reste de la nuit jusqu'au dimanche.
La vérité est que le duc de Beaufort fit amener cinq cents fantassins et cinq cents cavaliers de son armée vers Jargeau pour s^en saisir du côté du pont qui est de pierre^ refait de bois en quelques arches jadis rompues. La ville est sur la rive gauche de Loire, par oîi le comte de Palluau y est venu lui douzième^ ses troupes, de trois régiments, environ cinq ou six cents hommes, étant auprès.
— Dimanche 24, matin, résolution que Monsieur iroit à Orléans et mèneroit jusque là les députés du Parlement. Le soir il change et fait résoudre Mademoiselle sa fille d'y aller et à quoi faire elle s'apprêta et tint prête tout le 25 ; ce qui fut arrêté [>ar le conseil chez lui, où les sieurs de Chavigny et autres de la Fronde furent d'avis et soutinrent avec grande instance et crierie que Monsieur devoit aller à Orléans ; mais le coadjuteur de Paris, depuis peu cardinal de Retz, remporta, Madame favorisant son avis et M. d'Orléans même y ayant de l'inclination.
— Lundi 25, appel du sieur de Brancas au duc de Beaufort, son cousin-germain, dès le matin ; dont on dit que M. d^Orléans a été offensé jusques à dire que si Brancas étoit là, il le feroit jeter par les fenêtres.
Ayant aussi vu La Quillet, secrétaire du maréchal d^Estrées, il lui a défendu d^y venir désormais, lui reprochant que son maître, lui ayant jadis promis que si le cardinal Mazarin retournoit en France, il seroit contre lui pour S. A. R., il lui avoit à présent manqué, s^étant saisi de Soissons et le tenant pour la G>ur, qui est le même reproche que le duc de Beaufon a fait à Brancas de leur oncle, maréchal susdit, avec injures contre lui et menaces ; sur lesquelles, ledit Brancas a pris sujet d^appeler ledit duc de Beaufort, quoique l'on en croie une autre raison plus essentielle,
mars 16S3] savoir que ce duc a
E DUBUfSSON-AUBKNAY.
I empêché que Braacas ne fût lieutenant général en l'armée du parti.
Sur le midi, carrosses de Mademoiselle en la cour du Palais d'Orléans prêts pour la campagne et elle en habit gris, tout couvert d'or, pour s'en aller à Orléans.
Elle est donc partie à trois heures, menant avec elle les ducs de Bcaufort et de Rohan et la dame de Bréamé, la comtesse de Fiesque et dame de Frontenac. Force cavalerie a été envoyée sur ] le chemin pour l'escorter.
Le duc de Beaufort n'est parti de Paris que le lendems mardi 26, avant Jour, afin de se trouver à joindre Mademoiselle à son délogement du premier gîte de Linas ou Châtres. Elle est sans relais et n'arrive que mercredi à Orléans.
Lettres du 23 de la cour, à Blois. comme les députés d'Orléans y sont retournés protester d'obéissance au Roi, le suppliant néanmoins de considérer la défense que M. d'Orléans leur fait de ne point recevoir le cardinal Mazarin. — Que les troupes de Vaubecourt et autres seront toutes jointes en corps d'armée le 26 qui est demain. — Que l'on a envoyé à M. de LonguevîUe un brevet du Roi pour être dorénavant traité et considéré comme prince du sang. — Que l'on a proposé de mettre les ducs de Vendôme et de Bouillon dans le conseil du Roi et les faire ministres, comme aussi te maréchal du Plessis-Praslin. Mais que le prince d'Harcourt, ayant représenté les services de M. d'Elbeuf, son père, et prié le Roi qu'il fût déclaré du Conseil du Roi, ainsi que ces trois autres, on lui auroit répondu que cela n'étoit point fait pour les autres.
— Mardi matin 26, par arrêt du Parlement, à la réquisiiiondu Procureur Général, furent brûlées en la cour du Palais, par la main 1 du bourreau, trois pièces des plus séditieuses qui aient point encore été faîtes, savoir: « La franche Marguerite, » ■ Le point de ' l'ovale » et 1 La décadence visible de la Royauté. » Toutefois on dit qu'il n'y eut que les deux premières, la troisième n'étant si | séditieuse que les deux autres, dont on soupçonne auteurs les conseiller de Longueil, abbé de Varennes, et l'avocat Piocher, tous trois conjurés.
— Mercredi 27, autres lettres de la cour à Blois, du 24 au soir, portant que ce jour-là autres députés de la ville d'Orléans y étoîent , arrivés, faisant les mêmes offres et protestations que ci-devant. ' Que Vaubccourt étoit joint et que l'on n'attendoit plus que le
IÇO JOUmiVAL DES GCCBSES CtTILD [lll8n l652
gros de Palluau, lequel, pour sa personne, étmt dans Jargean, dont il s'étoit saisi avec panîe de ses mnipes, et qœ huit cents hommes du duc de Beaufbrt s^ étant présentés poor entrer, avoient été repoussés et plusieurs d^euz tués et arrêtés prisonniers.
Ce matin tous les députés du Parlement se doivent être trouvés chez leur chef, président de Nesmond, pour partir ensembk et aller à leur députation en Cour ; mais ils ont remis à demain.
Avis que Mademoiselle, ayant rencontré un courrier de la Cour, Tauroit dévalisé et pris toutes les lettres sur le chemin d^Orléans.
Elle a été refusée aux portes d'Orléans, où, s^ennujant et désespérant d'entrer, elle mit pied à terre, puis £ait dire aux bateliers, s'ils rompoient certaine porte condamnée en la ville et dite la Porte brûlée, qu'elle donnoit une bourse qu'elle leur offrit de cent cinquante pistoles s'ils la foisoient entrer. Ils lui |dantèrent aussitôt une échelle, à Tendroit d'un trou qu'ik firent en ladite porte, par où elle monta et ses femmes seulement et deux ou trois de ses hommes. Le marquis de Sourdis, averti de tout, courut et, l'ayant trouvée entrée, lui dit que si elle eût eu un moment de patience il lui auroit ouvert.
Cependant ledit jour 27 mars. Mademoiselle arriva à Orléans où, selon la lettre qu'elle en écrivoit le soir même à M. son père, elle fut trois heures en la méchante hôtellerie du Port-de^alui^ ayant laissé te duc de Beaufort et toute son escorte de cavalerie entre Artenay et Orléans, en s'ennuyant, quoique le sieur de Flamarens, qui étoit sorti d'Orléans pour la venir trouver lui conseillât, aussi bien que faisoit le comte de Fiesque — (car pour le duc de Rohan elle l'avoii fait demeurer à Artenay, dont il revint à Paris deux jours après, sur ce que Pradines, lieutenant des gardes de M. d'Orléans, lui vint dire là, de la part de la ville, qu'elle prioit Son Altesse de ne point venir ce jour-là à Orléans et de demeurer à Artenay, faisant la malade, afin de laisser passer le Roi, qui étoit à Cléry et voudroit peut-être venir à Orléans, s'il sa voit que la ville eût reçu Mademoiselle -, et qu'aussi bien, quand elle y seroit reçue, le duc d'Orléans n'y entreroit jamais) — de ne point se commettre à se montrer à la porte de la ville.
Croissy, conseiller, ayant tenu cette action pour moins périlleuse qu'ils ne la faisoient, et pour indifférente, Mademoiselle fut de son avis et, de sa tête, fut à la porte de la ville à pied, n'ayant avec elle d'hommes que de Lan, de Visé, exempt de ses gardes, le nommé Dominique et un chevau-léger qui l'avoit priée qu'il
mars 1652]
DE DUBUISSON-AUBENAÏ.
eût permission de la suivre. Il n'y est point parié du conseiller Bermont, qui pourtant y ctoit avec Mademoiselle.
Le peuple du faubourg la suivant crioit au peuple qui étoit sur le rempart de la ville qu'il eût à ouvrir à Mademoiselle, les gens de qui et elle-même aussi crioieni de même et s Point de Mazarin. »
Elle fit un demi-tour du fossé de ta ville, tirant vers la porte de Bourgogne, et comme elle fui au bord de la rivière, où il y a une porte condamnée, dite la Brûlée, elle fil parler aux baieliers. On dit qu'elle fil donner une bourse de 100 ou 200 pistoles pour rompre cette porte et la faire passer par là, ce qu'ils firent, la faisant passer en bateau le fossé de la ville, oQ l'eau de la rivière regorge ei passer avec une échelle par le trou qu'ils firent dans cette porte, la dame de Bréauié criant fort contre elle, qui fut suivie des comtesse de Fiesque et dame de Fronienac ei de ces trois ou quatre hommes ci-dessus.
Le petit Gramont étoit dans la ville, qui lui aida à passer par le trou et la mettre dans une chaise.
Le lieutenant criminel vint au devant d'elle la bien veigner'.
Le marquis de Sourdis, gouverneur, et le maire et quelques échevins, ayant achevé leur délibération de ville, lui allèrent aussi au-devant, faisant excuses et disant jque si elle eût un peu attendu ils lui alloient ouvrir une porte et porter les clefs. Elle soupa chez ce marquis, dont elle vit les enfants et reçut ses protestai ions, comme la harangue de l'cvéque d'Elbène, chez qui le lendemain elle dîna, puis tint conseil de Ville, pensant faire entrer les ducs de Nemours et de Beaufon, qui étoient, dès le soir précédent 27, arrivés au faubourg ; et, ne pouvant l'obtenir de la ville, elle fut audit faubourg tenir conseil avec eux'.
— Jeudi 28, les députés du Parlement sont partis assez urd. Le soir, le bruit a couru que Mademoiselle étoit entrée à Orléans, elle seule et ses carrosses, et non point son escorte. Que le Roi étoit passé à Sully, où il couchoit, pour repasser la rivière de Loire entre Jargeau et Gien, pour tirer à Fontainebleau.
Ce jour, au soir, madame du Plessis fut, pour la première fois.