I. Ces blancs se trouvent au rôle original
Correspondances relatives aux événemehts de i65i-i652.
Anne d'Autriche au maréchal tTAumont*.
Mon cousin, les nouvelles que m'a apporié de vostrc pan le coniie de Quiocey, de la fidélité inesbranlable et du zèle de toute l'armée pour le service du Roy, monsieur mon tils, m'ont esté très agréables ; mais dlcs De m'ont point du loui surprise, tant pour la bonne opinion que j'ay de tous ceux qui y commundcni sous vos ordres, que parce que je suis tout à faict persuadée que les choses iront tousjours fort bien où vous aurez la première auihoHté. Comme cette action de l'armée est de grand esclat et de !a dernière conséquence en ces conionctures cy, je ne puis, ce me semble, vous tesmoigner assez combien je vous suis obligée des sentimensi que vous inspirez par vostre exemple à tout ce grand corps que vous commandez. Aussy me contemcray-je de vous asseurer que j'en conserve en mon cœur tout le ressentiment possible et que le Roy. Monsieur mon Fils et luoy, rccognoistrons particulièrement ce service par des marques solides de nosire estime et bonne volonté. — Je me remets pour le surplus à ta depesche du s' de Brienne et à la vive vois dudici comte, vous priant de me croire tousjours
Vostre bonne cousine, Anne.
A Paris, le premier jour d'aoust i65[.
[Au dos est écrit :] — A mon cousin le mareschal d'Aumont. »
Monsieur, à mon arrivée à la Cour, un de mes premiers soins a esté de vous en donner pan. Vous scavcz d'ailleurs le bon accueil que j'ay receu du Roy et de la Reyne, Je m'asseure que vous n'en
I. Cf. Journal dei Guerres Civiles, t, autographe, sauf la dale et !a suscripttt Fonds d'Aumont; Papiers tCAMoiiie l", due d'Aamoat.
-S. Celle lelire c!
- Archives du palai
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aurez pas peu de joyc et puis dire aussy que c'est avec raison, puisqu'il ne me sçauroit désormais ariver aucun advantage qui ne rejaillisse sur vous et sur les vostrcs. J'ay entretenu monsieur vostre fils et me remetz à luy de beaucoup de choses, vous priant de croire qu'en vostre absence je n'oublieray rien pour luy tesmoigner à quel point je suis uny d'amitié avec vous.
Au reste. Ton envoyé d'icy des ordres du Roy à M. d'Elbcuf, conformes à ce dont on a raporté, que, par Tentremise de M. le prince d'Harcourt et de M. de Mondcjeux, vous estiez demeurés d'accord. Je ne puis que je ne me resjouisse de cette bonne intelligence pour le bien et l'advantagc que j'espère qu'elle aportera au service de Sa Majesté. Cependant, je vous conjure derechef destre persuadé que vos intérêts me seront tousjours plus chers qu'à qui que ce soit, et qu'on ne sçauroit estre plus que je suis, Monsieur,
Vostre très affectionné et très véritable serviteur,
Le Cardinal Mazariny^.
A Poitiers, le 29 janvier i652.
Mas[arin au maréchal cTAumont,
Monsieur, Gravet m'a rendu la lettre que vous avez pris la peine de m'escrire du lo'' du mois passé, et m'a rapporté aussy ce que vous luy aviez donné charge de me dire, à quoy je n'ay rien à respondre, puisque vous aurez desjà veu par mes précédentes qu'on n'a faict qu'exécuter icy ce dont nous avons appris que vous estiez convenu sur les lieux.
Je vous rends grâce du soing que vous avez pris d'escrirc à vos amis en Normandie ; je voudrois bien pouvoir faire donner des recrUes aux régiments en faveur desquels vous m'escrivez, connoissant assez que ce seroit radvantage du service du Roy et souhaitant avec passion de servir ceux qui les commandent, qui sont de mes meilleurs amys; mais il n'y a pas un sol aux coffres de Sa Majesté ; et, à moins qu'il se trouve quelqu'expédient pour y suppléer d'ailleurs, il n'est impossible de satisfaire à ce que ces messieurs désirent, et que par toutes sortes de raisons je dois désirer encore plus qu eux.
Au surplus, nous avons advis que les Espagnols, en exécution du traicté que M. le Prince a faict avec eux, doivent envoyer trois mil hommes au comte de Tavannes pour les joindre aux troupes qu'il commande et entrer promptement en France ; je sçay bien que vous n'estes pas en estât de faire grand chose avec les seules trouppes que vous avez; mais on croit aussy que, vous entendant bien avec M. le
I. Signature autographe. — Archives du palais de Monaco; Ibidem.
maréchal ile la Ferté-Senelcrre, en ce vous entreassisians selon les occurrences, vous pouvez l'un ou l'autre, ou tous deui ensemble, l vous poster en lel lieu d'où vous viendrez à bout d'emptscher la ]onctjon de ce corps avec celui de M. le duc d'Orléans, ce qui seroit service de la dernière importance; vous verrez ce que M. Le Tellier vous en escrit.
On nous mande aussy que leur dessein est d'attaquer Dunkecquc dans le mois prochain, et qu'ils doivent faire venir par canaux toute leur artillerie et tout ce qui est nécessaire pour cet effeci; c'est pourquoy je vous prie de songer de bonne heure à tout ce que vous jugerez pouvoir faire dans cette entreprise, et favoriser la rigoureuse deffense que fera M. d'Estrades; vous jugerez bien quel advanture ce nous seroit si, ayant d'ailleurs tant d'affaires sur les bras, il nous povoit réussir de les faire cschouer en celle !à; aussy, je suis asseuré que vous n'oublierez rien, ny aux occasions dont je parle ci-dessus, ny en aucune autre, pour signaler de plus en plus vostre zèle au ser* vice du Roy. — Et sur ce je demeure, Monsieur,
Vostre très affectionné et véritable serviteur. Le Cardinal Mazarinv.
A Loudun, le 5" février i65i.
Après avoir escrit ce que dessus, comme le service du Roy et vosire saiisfaciion me touchent au dernier point, ]'ay redoublé mes efforts aBn d'avoir quelque petit fond pour donner moyen à ces messieurs, dont vous m'cscrivez, et dcsquelz je fais une estime particulière, de remonter leurs cavaliers et de les assister de quelque chose; M. le Surintendant, qui est allé à Tours, me l'a faict espérer; je l'en pres-
Quant il vos compagnies d'augmentation, je vous en feray expédier les commissions. Je souhaiterois bien pouvoir vous envoyer en mcsme temps quelque assistance pour les mettre promplcraent sur pied; mais il faudroii tascher à trouver quelque expédient sur les lieux, par le moyen duquel on puisse suptcer au défaut des finances qui n'ont jamais este en plus misérable estât; néantmoins, je ne laisstray pas de faire tout ce qui me sera possible pour obliger M. le Surintendant h vous donner quelque fond, atin que votre régiment puisse estre au plustost en bon estât.
Je vous conjure de ne perdre pas un moment de temps à prendre les résolutions que vous jugerez les meilleures pour, de concert avec M, le mareschaldela Fcrté, vous opposer à Ventrée des troupes ennemies qui se doivent joindre à celles de S. A. R. Vous voyez mieux que personne qu'on ne sçauroii rendre un service plus important à l'Estat dans la conjoncture présente que d'empescher cette jonaion.
L*advis que nous avons de ce desseing des ennemis est inûdllible ; c'est pourquoy il n'y a pas un moment à perdre.
Je vous prie d'asseurer madame la maréchalle de mon tràs humble service, et de croire que je ne perdray jamais le souvenir des marques obligeantes que vous m'avez données de vostre amitié au fort de mes malheurs, ainsy que je tesmoigne souvent à M. vostre fils.
[Au dos est écrit :] — Monsieur le maréchal d'Aumont, général de Tarmée du Roy de Flandres *.
Le Roi à la ville de Béthune.
De par le Roy.
Chers et bien amés, ayans tout subject de ne pas nous confier présentement au vicomte d'Hostelz, gouverneur de Béthune, ny en ceux qui déppendent de luy, de la garde et conservation de ladite place
en nostrc obéissance, nous ordonnons au s' ^ maréchal de nos
camps et armées d'en prendre le commandement et d'y £siire les establissemens nécessaires pour la conservation de la place ; mesmes de licencier le régiment d'infanterie dudit vicomte d'Hostelz, les deux compagnies de chevaulx légers et celle de carabins estans soubz sa charge, et d'establir un sergent major au lieu du s' de Roncières qui faict à présent cette charge ; ce que nous avons bien voulu vous faire sçavoir par cette lettre et vous ordonner de recongnoitre désormais ledict maréchal de camp et luy obéir en toutes les choses qu'il vous ordonnera pour nostre service et pour la conservation de nostredite ville de Béthune soubz nostre obéissance, vous deffendant très expressément de plus recongnoistre ledit sieur vicomte d'Hostelz, ny ledit de Roncières, mesmes de faire tout ce qui vous pourra estre commandé par ledit maréchal de camp pour les faire sortir de Béthune s'ilz y sont, ou pour leur en empescher l'entrée s'ilz s'y présentoyent, et pour tout ce qui sera à faire en exécution de ce qui est en cela de notre vollonté, ce que nous promettanz de votre fidellité et bonne conduitte accoustumée, nous ne vous ferons la présente plus longue ny plus expresse. — N'y faictes donc faute. Car tel est nostre plaisir.
Donné à Saumur le vin« febvrier i652.
Louis.
Le Tellier.
[Au dos est écrit :] — A noz chers et bien amés les Elschevins et habitans de notre ville de Béthune 3.
1. Signature autographe. — Archives du palais de Monaco; Ibidem.