‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 103 sur 120 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

DU GÉNÉRAL GOUYION SAUTT-CTA A S. M. L'BMPEREta.

Figuières, le 49 novembre 4809.

Je reçois la lettre que m'a écrite le vice-connélafaiey 13 à trois heures du matîBi et qjaà m'eal apportit pv

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an courrier extraordinaire. Sou Altesse me témoigne du mécontentement de ce que j'aie mis à pied ma cavalerie, et 6e plaint de ce que je ne l'aie pas informée de cette mesure. J'ai l'honneur de lui observer que, dès les premiers jours de mon arrivée à Perpignan, j'ai instruit le vice-connëtable et les ministres qu'on n'avait rien préparé pour la réunion du corps d'armée ; que je n'avais aucune espèce de moyens à ma disposition, et surtout, qu'il n'y avait ni fourrages, ni possibilité de s'en procurer faute d'argent. J'ai continuellement répété la même chose; et enfin le 12 octobre, j'ai instruit S. A. le vice-connétable et les ministres que ce que j'avais prévu était arrivé, et que, ne pouvant plus nourrir les chevaux, je croyais de l'intérêt de Votre Majesté de les envoyer dans un pays où ils pussent vivre, plutôt que de les faire mourir de faim en première ligne; ce qui n'eût pas manqué d'arriver, puisque toutes les ressources du département étaient épuisées, et que, même aujourd'hui, les chevaux d'artillerie employés au siège de Roses ne vivent, en grande partie, qu'avec l'avoine que j'ai pris sur moi de faire acheter, en empruntant cinquante mille francs au général Reille, parce que je n'avais pas et que je n'ai pas encore un sou à ma disposition. Votre Majesté sentira combien il est pénible pour moi d'être blâmé pour une mesure à laquelle on m'a forcé, en me laissant manquer de tout.

En renvoyant cette cavalerie, j'ai cru devoir l'utiliser autant que possible, et pour cet effet, j'ai retiré de chaque régiment deux cents hommes à pied destinés à faire le

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service auquel lu cavalerie est ordinairement occupée dans les sièges, c'est-à-dire, à faire des fascines et des gabions.

J'ai également informé le vice -connétable de cette mesure par plusieurs lettres, entre autres par celle ds 28 octobre, dont un paragraphe y est consacré. J'ai dû croire qu'il avait mis ces lettres sous les yeux de Votre liajesté, et j'ai dû augurer de son silence qu'elle l'approovait. Au surplus, cette mesure n'a pas causé le plus léger mécontentement, et il n'a pas déserté un seul homme de ces régiments, quoiqu'on l'ait annoncé à Votre Majesté.

Dès le 18 j'ai donné Tordre de faire revenir tons les chevaux, et ils seront ici pour le 30, époque à laquelle je compte avoir fini le siège.

La tranchée est ouverte ; six mortiers vont tirer sur la place ; trois pièces sont conduites à bras sur la montagne qui domine le fort de la Trinité, qui commencera à être battu aujourd'hui; le transport de nos munitions continue, et tout nous autorise à croire que sous peu de joois nous serons maîtres de la pince.

Signé : GouviOR Saint-Ctii.

jusTincÀTiVES. 400

LETTRE

DU MAJOR GJNiRAL AU CiNÉRAL GOUYION SAINT-GTR.

Coobo, le 40 oorembre 4808.

Je TOUS envoie, général, la note de la journée du 10 sur fiurgos ; le maréchal Victor a eu les mêmes succès sur Orduna, et le maréchal Lefèvre d'aussi complets sur Valmaceda. Je dois tous répéter que tous ne doTez bire aucun cas des bruits du pays qui répètent des choses absurdes, exagèrent leurs forces, quand réellement ce n'est que de la canaille. Vous dcTezdonc^ général, marcher franchement sur Barcelonne : Sa Majesté Toit aTCC peine que TOUS ayez mis tos meilleures troupes en arrière. Enfin, général, que, du !M) au 25, tous soyez à Barcelonne réuni au général Duhesme, maître de la capitale et du pays à dix lieues à la ronde. Déjà les armées de la Roroana, de Blake et de Galice n'existent plus; enfin, quand tous recoTrez cette lettre, il en sera de même de celle de Sarragosse.

Le vice-connétable, major général,

Signé : Alexandre.

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LETTRE

DU GÈedKkh GOUVION SAINT-GTR A L'SMPBaSUB.

Figaières, le 47 novembre 4808.

Sire, le vice-connëtable m'écrit que je dois être da 90 au 25 à Barcelonne. Je compte me diriger sur ce point aussitAt la prise de Roses. Je ne puis croire qu'il soit dans l'intention de Votre Majesté de me faire lever ce siège : les troupes qui en composent la garnison viendraient de nouveau faire le blocus de Figuières, qui ne manquerait pas de tomber en leur pouvoir, parce que cette place n'est pas approvisionnée, et qu'elle ne peut pas Tétre^ Tous les moyens de transport que le département des Pyrénées -Orientales pouvait fournir, et un plus grand nombre reqms dans les départements voisins suffisaient à peine pour alimenter la division du général Reille, et cette division, avant l'arrivée . du général Pino, ne se trouvait plus assez forte pour protéger l'arrivage de ses convois : de sorte que pour s'assurer la possession de FiguièreSy il faut nécessairement prendre Roses. Ce sera déjà une chose très-basardeuse que de laisser derrière nous une place aussi importante que Gironne. Aussi, à moins d'un ordre formel de la part de Votre Majesté, de lever le siège de Roses, je ferai continuer les opérations commencées contre cette place, et j'ai tout lieu d'es-

përer qa'elle sera bientôt en notre pouvoir. Le viee-con« nétable me dit qne Votre Majesté a vu avec peine que j'eusse laissé en arrière mes meilleures troupes; j'ai l'honneur de lui observer que je n'ai rien en arrière et que tout est en présence de Tennemi. J'avais seulement hésité à porter la division Souham près de la Fluvia, parce que je prévoyais combien elle aurait de peine à y subsister ; mes présomptions n'ont pas été fausses, cette division sou&e beaucoup. Jai, etc.

Signé : GouviON SÀiirr-GTB.

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