ACTION DE L'AVANT-GARDE SDR LA FLDVIA
TBABUIT DE L'ESPAGNOL, ET EXTRAIT DE L'0€VRAGE DE M. CABANES» OFFICIER D'ÉTAT^MAJOR, £MPU)r£ A L'ARM^E SSPA6N0LE EN CATALOGNE.
Le siège de Roses avait été commencé et se continuait des deux côtés avec une égale vigueur, lorsque le brigadier don Mariano Alvarez, commandant de l'avant*^ garde, qui, avec sa division, occupait la rive droite de la Flavia, voulut reconnaître les forces qu'il avait devant lui pour les attaquer si elles lui en présentaient une occasion favorable. L'issue de cette opération fut malheureuse, car, loin de parvenir à chasser l'ennemi de ses positions, nos troupes furent obligées de retourner aux leurs, après
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avoir perdu bon nombre d'ofiicici^ et de soldats taés, blessés on prisonniers.
' Nota. On s'est abstenu d'insérer ici le rapport fastidieia et voloiBiiMi du brigadier ÂWareSf qui a traité cette simple affaire d'aîant-garde conBe une grande et importante opération. Ceux qui seront curieux de le lire letioo- TeroDt dans l'ouvrage de M. Cabanes, ou dans la Gazette militaire et politique de la principauté de Catalogne, du jeudi 4^ décembre 4808.
RELATION
DE L'AFFÀiaS DE LLIRAS OU GARDEDÉU, TRADUrFE DE L'ESPA- GNOL, ET EXTRAITE DE l'OITVIIAGE DE M. CABANES.
L'armée espagnole était sur le point de commencer k siège de Barcelonno ; on faisait venir les objets nécessaires pour celte entreprise « quand le général Vives reçut la nouvelle de la prise de Roses; on ne voulait pas d'abord y croire, parce que cette nouvelle n'était pas communiquée directement par le gouvernement de la place; mais bientôt elle fut confirmée par les rapports de la junte de Gironne, le silence de l'artillerie de Roses et surtout par les mouvements du général Saint-Cjr, dans le Lampourdan. Le témoignage des chefs de la croisière anglaise vint à l'appui des premiers avis» et h vérité fut connue.
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Dès lors il était évident que l'armée française ne tarderai! pas à marcher au secours de Barcelonne. Telle fut aussi l'opinion générale des militaires; cependant il y en eal malheureusement qui ne la partagèrent pas : « Les « Français, disaient-ils , ne s'avanceront qu'après s'être « rendus maîtres de Gironne, il faut toujours continuer a le siège de la capitale. »
Le général en chef était mal servi par ses espions ; il ne connaissait ni les forces de l'ennemi dans le Lampourdan, ni les points qu'il aurait dû lui-même occuper pour s'opposer à sa marche. En un mot, il était entouré de personnes qui n'avaient aucune idée de la guerre; il ne savait à quoi se résoudre.
D'un autre côté, la retraite de Tudéla, l'arrivée des Français devant Sarragosse, l'interception des courriers el le manque absolue de fonds lui avaient inspiré un véritable découragement : ainsi se passèrent dans une foneste incertitude les journées des 8, 9, 10 et 14 du mois de décembre.
Vers onxe heures du soir de ce dernier jour, le général en chef reçut un avis de la Junte de Gironne, portant que le général Saint-Cyr avait commencé son mouvement depuis le 8 et qu'il manifestait clairement l'intention de venir à Barcelonne, puisqu'il s'étiût débarrassé de sa grosse artillerie, restée à Figuières.
Aussitôt le général en chef voulut changer de plan et marcher à la rencontre de Tennemi en avant de Barcelonne.
Cette résolation étant prise, le général Reding ' partit le lendemain avec quelques troupes d'in&nterie et de cm* ▼alerle dans la direction de GranoUérs.
On recevait à chaque instant de nouveaux aviSé Le gé* néral Saint-Cyr avait passé le Ter ; il venait décidément an secours de Barcelonne • Le général Vives ne savait plus qnd parti prendre ; tantôt il était désolé de renoncer an aîége de cette place, tantôt la supériorité de l'armée fran^iaise, qui, suivant tous les rapports, ne s'élevait pas à moins de vingt mille hommes, lui semblait exiger le concours de la totalité de ses forces.
Dans cet état de choses, il assembla an conseO de guerre ; les opinions furent diverses^ chacun propoaa «n plan : les uns pensaient qu'il fallait attendre Tennemi < Moncada ; d'autres soutenaient qu'il serait plus eoove nable de partager l'armée et d'envoyer à Oranolléis un corps de onxe mille hommes. Le comte de Galdagnès ', comme on l'a su depuis, fut d'avis de marcher contre k« Français avec la presque totalité des troupes, en ne laissant devant Barcelonne qu'environ quatre mille hommes, bien retranchés sur les hauteurs environnantes. Je n'ai pu être instruit à fond de tout ce qui fut dit dans ce con> seil de guerre, ayant quitté l'armée le f 3 pour remplir
Nota. Les notes de ce rapport sont de l'auteur espagnol.
< Suisse au senrîce d'Espagne, s Ancien major du régiment d*Angoomois, émigré en au commencement de la révolution.
une mission auprès des chefs de Tescadre anglaise ; mais à mon retour, le 15, je tronvai notre gauche abandonnée par nous et occupée par les ennemis; j'appris également que les troupes qui la composaient, avec d'autres tirées de la droite et du centre, avaient pris la direction de 6ranoUërs« commandées par le général en chef.
Vives, après mille débats, avait adopté le projet d'aller au-devant de Saint-Cyr avec la moitié de ses forces ; et il prit à cet effet les mesures suivantes :
Le général, marquis de Lazan ^ , devait laisser dans Gironne la garnison strictement nécessaire et avec le reste de sa division observer les mouvements de l'ennemi, saisir les points avantageux pour les lui disputer, ne ^as le perdre de vue dans sa marche et l'attaquer dans le môme temps que l'attaque du général en chef aurait lieu du côté de celui-ci.
Le colonel Milans' avec quatre bataillons prit position sur les hauteurs de Coll Sacreu^ pour inquiéter l'ennemi dans cette direction et lui opposer la plus vive résistance s'il essayait de pénétrer par la marine on le long de la côte. La division Milans devait aussi prendre part à l'attaque générale.
* Frère afné du général Joseph Palafox, qui commandait à Sarragosse.
* Officier du régiment des gardes espagnoles, fait ensoite maréchal de camp et impliqué dans la conspiration de Lacysi époque à laquelle il s'enfuit à Téiranger.
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Le général en chef se rendit & GranoUérs oà, par sa jonction avec le général Reding, il réunit à peu près sept mille hommes renforcés de quelques somatènes ; il aTsit l'intention de combattre de front Tennemi qui, par la précaution prise de laisser son artillerie en arrièrCi annonçail le dessein de suivre cette route.
L'état ci-joint fait voir la force des différents coips ; le reste des troupes de l'armée de la droite demeura devant Barcelonne sous les ordres du maréchal de camp comte de Caldaguès.
La division du marquis de Lazan suivit contaunmeoi les Français : ses détachements de partisans leur disputèrent quelques passages avec assez d'obstination. Celle de BClans rencontra l'ennemi dans la journée du 15, sans antre résultat que d'avoir un peu ralenti sa marche : mais elle conserva ses positions ^
* Les ordres du général Vives furent mal exécutés : Lazu apprit à San Géloni la déroute de Cardedéu ou UinàSy le 17, jev où Sainl-Gyr opéra sa jonction à Moncada et San Andrés de Palomar, avec les troupes de Barcelonne.
Étant parti, avec ses troupes, des hauteurs de fionanovâ ei de Horu, dans la matinée du 14, Milans passa la nuit à Arénjs de Mar où se joignirent à lui quelques somatènes, armés presque tous de bâtons. Il quitta de bonne heure ce village, sans avoir la moindre nouvelle de la marche de Saint-Cyr. Il ne fat pas surpris, le 15, dans la plaine de San Géloni, par une drom»sunce très-heureuse. Avant d'avoir franchi le défilé de Vallsoi^ gina, les commandants des mlqueleU de Manrésa et de Graool-
Ce même jour le général ^vès exécnta son mcayement
lérSy don fi. Tirnell et don F. Barcelo^ sachant par le chef de la dÎTUion, que Tennemi était encore dans les enTÎrons d*Hostal«ricb^ me proposèrent de nous avancer, avec un soldat d*ordonnance, pour avoir le temps de déjeuner à San Céloni. A peine aviona-Dous passé le pont de ce nom, qui touche au débouché du défilé, sur îe chemin royal de GranoUérs, que nous vîmes sur la haoteor on paysan agitant un mouchoir blanc, et tout à coup ses cris filèrent encore plus notre attention. Cherchant à deviner les motifs de ces signaux, nous nousarréiàmes : aussitôt nous reçûmes des coups de fusil, partis d*une chapelle ou ermitage situé sur la hauteur immédiate à San Céloni, auprès du chemin royal. Nous retooniâmes au galop pour avertir Milans de l'arrivée des Français; il suspendit la marche de sa colonne dans le défdé même, et laoça quelques miquelets sur les hauteurs qui dominent et sont an delà d'un petit ruisseau qui coule dans la plaine ; Tennemi 8*y déployait déjà, et après un feu assez vif qui dura une demibeore. Milans fut chassé de sa position ; ses miquelets se dispersèrent dans les montagnes; les uns traversèrent le défilé de Yallgorgina» et furent se joindre aux somatènes postés k Trenlapasos, défilé qui commence au pont et forme un angle droit airec le premier, en suivant le chemin royal, d'où ils incommodèrent l'armée française jusqu'à la nuit close : alors ils se réunirent sur le chemin des montagnes à TermlUge de! Corrédor. MUans arriva exactement à la position convenue, le 16, quand toot était déjà terminé. Ce qui prouve que nous eussions servi nUlement dans Taction de Llinàs, c'est que nous trouvâmes encore, en arrivant à celte position, un paysan et son àne égorgés
une heure ou deux auparavant par les Français.
sur Granollérs, où' il avait trouvé Reding ayec les troupes tirées du siège de Barcelonne. Vers minuit ces troupes, réunies et augmentées de somatènes, marchèrent à Gardedéu pour occuper une position avantageux entre Uînàs et Vilalba. Elles formaient deux colonnes à peu près égales, de toutes armes ; le général en chef et le général Reding s'en partagèrent le commandement, et chacun se mit à la tète de la sienne ; celui-ci s'avança par la droite à la Roca ; et l'autre par le chemin royal de GranoUérs i
Gardedéu.
Les Français, dès la nuit précédente, étaient à Trentapâsos : ils avaient pris position devant le village, et nos troupes, en sortant de GranoUérs, voyaient déjà les fera
de l'ennemi.
La colonne de Vives continuait sa marche : après avoir passé Gardedéu, elle allait occuper la position entre Lliuàs et Vilalba, lorsque son avant-garde reconnut, à huit heures du matin, celle de l'ennemi, sur le chemin royal, dans le ravin, ou Riéra, dit de la Roca; au delà de ee ravin s'élève une petite éminence qui en domine toute la Irairaeur, par une pente assez douce, et s'abaisse ensuite jusqu'au village de Uinâs.
Le chemin royal traverse la plaine, le bois et le ravin, et monte sur cette éminence en faisant quelques détours. Le ravin, du côté de Gardedéu, est au pied d'une éminence dont la hauteur correspond à celle de Llinàs, mais avec beaucoup d'inégalités; celle-ci est couverte d'un bois de sapins, de chônes et autres arbres «luvagcs, et se prolonge.
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ainsi qoe le ravin, jusqu'à la Riéra de la Roca, qui peut être regardée coïkiine perpendiculaire à Textrémitë du ravin. Tons les environs de Cardedëu et de Uinàs sont couverts de bois, et par-ci par-là de champs cultivés, dans des espaces cultivés irrégulièrement suivant la direction de la chaîne des collines et des monticules, qui est ellemême une suite de la Cordillère de Moncès.
Dès que le général ^vès fut averti de la proximité de l'ennemi, il forma sa colonne en bataille, et la fit déployer sur la droite ; les somatènes de Vich employés séparément prirent la gauche de la ligne : de sept pièces d'artillerie qu'il avait, cinq furent placées sur le sommet de la hauteur de la droite du chemin royal, et les deux autres furent envoyées à la gauche.
L'avant-garde ennemie marchait toujours ; bientôt la batterie de la droite fit un feu terrible sur elle. Cette troupe se replia sur-le-champ de l'autre côté de l'éminence, vers Uinàs : en ce moment les généraux français et les offi* ciers d'état-major vinrent reconnaître nos positions et nos forces.
On ne tarda pas à voir trois colonnes qui s'avançaient pour nous attaquer par la gauche, le centre et la droite. Notre feu d'artiUerie et de mousqueterie rendit cette attaque vaine. La cavalerie fit des prodiges ; le régiment de hussards espagnols, le colonel à leur tôte, culbuta un régiment d'infanterie légère, le mit dans la plus honteuse déroule, et fit prisonniers un chef de bataillon, plusieurs ofliciers et beaucoup de soldats.
L'actioQ était vigoureusement soutenue de part et d'astre, quand le général Reding, arrivant par la gauche de la colonne du général en chef, prit une position perpendiculaire à cette gauche^ en longeant la Riéra de la Boa, formant de cette manière une espèce de marteau et menaçant le flanc de Tennemi.
Les Français continuèrent leur attaque avecbeaucoapde vigueur; ils manœuvrèrent avec habileté. Enfin, mettant en mouvement la plus grande partie de leurs forces, tandis que quelques bataillons tenaient en échec la ligne de Vives et celle de Reding, en renouvelant sans cesse les attaques sur tous les points, une forte colonne dlnfanteiie et de cavalerie se porta sur le flanc de notre gauche, et rayant dépassée tout à fait, tomba rapidement sur les derrières, semant la confusion et le désordre dans cette ligne qui fut poussée dans le ravin, et de là dans h plaine de Cardedéu, où la cavalerie ennemie mit le comble à notre déroute.
Le succès fut tel que l'ennemi se Tétait promis ; notre gauche débordée et prise eu flanc, les troupes qoi s'étaient portées en avant se replièrent avec précipitation. Les somatènes de Vich, qui en faisaient partie, forent les premiers forcés d'abandonner leur position, ensoite, successivement, et non sans beaucoup de confosioD. tous les autres corps, jusqu'à la droite du gënénl Vives.
Celui-ci, le maréchal de camp Coude, major général et tout rétat^major, avaient partagé les dangers da
soldat, et ue «'étaient pas éloignés dans toute l'action de la batterie de droite ; mais enfin la déroute de sa gauche força le général en chef a se rejeter sur la division Reding, qui se maintenait dans la position de la Riéra de la Roca; il y arriva avec tout son état-major.
La division Reding avait repouslié les attaques de l'ennemi; elle était formée en bataille le long du ravin, ayant tiré parti de quelques dispositions du terrain; elle avait cessé de faire feu, parce que l'ennemi, s'étant retiré dans les bois voisins, n'offrait plus d'objet.
Le général Vives, au désespoir, voyant la bataille perdue et les funestes conséquences de ce malheur, était retombé dans ses incertitudes, et protestait qu'il voulait se faire tuer. Il avait enfin reconnu que le nombre
des ennemis était plus considérable qu'on ne le lui avait dit, et que ce n'était pas seulement au général Pino qu'il avait aflbire, mais bien au général Saint-Cyr, à la tète d'une armée formidable, aguerrie et nombreuse.
Victorieux à sa droite^ l'ennemi nous ayant caché ses mouvements derrière les bois , dirigea bientôt une attaque terrible par sa gauche, derrière la colonne RecBng, afin de compléter la journée. Plusieurs colonnes s'approchèrent de notre ligne à la faveur de ces mêmes bois, pour agir ensuite tontes simultanément à un signal convenu.
En effet, ces colonnes s'avancèrent sans être aperçues ; et dans le moment où le général Vives annonçait publiquement sa ferme résolution de mourir dam ces
sableSy d'affreuses décharges de mousqoeterie et d'artillerie, pleuvant de toutes parts, jçtèrent la mort et l'époovante dans notre ligne de bataille, ^i, dès ce moment, après avoir répondu une seule fois au feu de TenneiDl se livra au plus grand désordre et à une fuite précipitée. L'artillerie fut abandonnée ; les généraux étaient personnellement poursuivis, et des corps entiers sabrés par h cavalerie. Vives se sauva par des sentiers écartés et pénibles dans lesquels il fut obligé d'abandonner sod cheval. Reding, serré de près par des chasseurs fonçais, ne dut son salut qu'à sa présence d'esprit et à la vitesse de son cheval. Les autres officiers d'état-major se dispersèrent aussi ; chacun prit la route qu'il put, dans cet^ malheureuse nécessité.
Après nous avoir mis dans une déroute complète, Y^ nemi nous fit poursuivre par sa cavalerie ; mais la connais' sauce du terrain et l'aspérité des lieux voisins du champ de bataille l'empêchèrent de faire beaucoup de prisooniers.
Une colonne d'infanterie et de cavalerie, dans laqoellr se trouvait le colonel de hussards espagnols, HarroU. se retira en bon ordre par le chemin de GranoUérs, ei passa la nuit à San Cugàt. Les deux seules pièces d'artOlerie qui n'étaient point tombées au pouvoir de l'enneiD: suivirent cette route ; elles furent conservées par le léle, le sang-froid et l'habileté du sous-Heutenantde cette ano;. Ulsurrum.
Le général Reding apparut A Monmalo, peu de Vsm^
après la dëronte : là, prenant le commandement du peu de troupes qui n'étaient pas entièrement désordonnées, et de celles qui arriTaîent par pelotons de diverses routes, il marcha vers San Gagàt, ensuite sur la ligne du Uobregat, à Molino del Rey, où devait se porter, suivant Tordre qai loi en avait été donné, le comte de Caldaguès, avec toat ce qu'A avait avec lui dans la plaine de Barcelonne.
L'affaire de UinàSy quoique malheureuse, peut être regardée comme très^lorieuse pour le soldat espagnol. Sept mille hommes seulement de troupes avec quelques somatënes résistèrent, pendant plus de deax heures, à une armée de vieux soldats conduits par un général et des oflSders habiles. Le journal de M. Drouas porte que l'armée française avait au moins vingt mille hommes : notre posUioii était mauvaise, et nous n'opposâmes ancunes manœuvres à celles de l'ennemi ; cependant celui-<si fot très-maltraité par notre artillerie, surtout par la batterie commandée parle colonel Ulloa, dont le feu châtia l'obstination des colonnes françaises : cette batterie lança d'abord
des boulets, ensuite des grenades, et enfin trois décharges de mitraille. Notre infiinterie se conduisit avec une admirable intrépidité : notre feu de mousqueterie avait Tair d'un feu d'exerdce, malgré la supériorité d'un ennemi qui joignait celle du nombre à une longue habitude de la guerre. La cavalerie, et principalement les hussards firent des prodiges de valeur, et quoique si peu nombreuse, elle porta souvent la confusion et la mort dans les bataillons ennemis. Neus perdîmes, dans cette journée, tonte notre artil*
lerie, excepté les deux pièces sanyëes par Dlsnimin: quatre cents hommes tués et blessés on prisonnieis, panm lesquels le brigadier des armées, Ramo Gamboa. La perie dès Français fut plus considérable, à cause du terrible feu de notre artillerie. Suivant les renseignements qui nom parvinrent, ils eurent à peu près quatorze cents tués oo blessés 9 et nous leur fîmes deux cents prisonniers de guerre au commencement de l'action, entre lesquels deoi officiers supérieurs et quinze officiers subalternes.
Le marquis de Lazan, de son côté, ne perdant jamais de vue l'ennemi, lui enleva deux cents hommes et une bonne quantité de bœufis et de moutons, destinés à l'approvisionnement de Barcelonne. Si, à ces différentes pertes, nous ajoutons celle que lui fit éprouver le colonel Bfilaiif le 15, et antérieurement Claros ou d'autres partisans, il résulte que la marche de l'ennemi depuis la Fluvia jusqu'au Besos ne lui coûta guère moins de deux rniOe
hommes.
11 n'y eut point de relation espagnole de cette actioa. La dispersion générale qui en fut la suite, l'importance et la complication des événements qui eurent lieu immédiatement après, ne permirent pas d'en rassembler les détails ^ La relation française, en ce qui regarde Tac-
1 Gomme la conséqnence inévitable d'ane déroute est It dispersion des chefs et la désertion momentanée des corps, il nV eut pas moyen d'avoir à l*état-major (qui, à compter de cejm, me fut confié comme chef provisoire) des renseignements svk nombre des morts et des blessés. Combien de militaires, digaes
tion S est un tissu de faussetés ; mais on ne saurait méditer avec trop de soin sur la carte ou sur le terrain, la marche du général Saint-Cyr : cette marche éternise la gloire de ce général» qui sut conduire son armée, sans artillerie et sans vivres^ dans un pays difficile et semé d'ennemis, qui, profitant de tous les avantages des positions, lui opposèrent, sur chaque point, une résistance souyent portée jusqu'à la témérité.
ÉTAT
DES TROUPES DOITT LE GÉnIbAL YTVÈS POUVAIT DISPOSER DANS LA JOURNÉE DE LLINAS , OU , CE QUI REYIENT AU mAiIE , Dis L'INSTANT OU IL FUT JOINT PAR LES DIVISIONS D'ARRA- GON ET DE GRENADE, SUIVANT UN CALCUL APPROXIMATIF.