‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 115 sur 120 · COMMANDANT EN CHEF LE SIÈGE · texte numérisé non relu

COMMANDANT EN CHEF LE SIÈGE

Il a été fait quatre brèches au mur d'enceinte de la place, depuis la tour Gironelle, jusqu'au bastion Sainte- Marie.

La première, à la caserne des Allemands : tous les éta* ges supérieurs de cette caserne sont ouverts, et les décombres forment un talus assez roîde qui s'élève de deux à trois toises, mais qui cependant parait praticable ; on présume qu'il pourrait y monter six hommes de front. On s'était proposé de la rendre plus large et plus facile en attaquant le mur de face de la caserne ; mais, beaucoup plus épais qu'on ne s'y était attendu, il a résisté jusqu'à cette heure. Néanmoins, on a pu couper la communication supérieure entre la Oironelle et la caserne, en abattant h partie supérieure des deux murs qui les lient et forment enceinte avec elles.

La deuxième s'étend depuis les latrines de la casove jusqu'à la tour ronde la plus voisine de la porte de San- Christoval. Elle sera sans doute la plus fiivorable à l'as* saut : elle a dix à douze toises de largeur, et lorsqu'dle aura encore été battue quelque temps, elle ne présentera

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plus d'obstacles à l'extérieur; elle donne accès à une place on à des jardins qui paraissent assez vastes.

La troisième, au bastion de San-Gbristoval : le rempart de ce bastion est percé de part en part ; la brècbe a sept à huit toises de largeur ; mais le talus des décombres est un peu roide , parce que celui du terrain sur lequel elles sont tombées Test lui-même : on pourra y monter sur six de front.

La quatrième, à la courtine de Saint-Lucie : elle a été commencée trop haut, et les décombres, en s'amoncelant au pied du mur , ont empoché de le renverser assez bas pour n'avoir pas un ressaut difficile à franchir en s'élançant dans Tintérieur de la place ; la nature du terrain a ajouté à cet inconvénient; il est beaucoup plus bas en dedans de la place, qu'en dehors , en sorte que^ dans la partie de cette brèche la plus facile à franchir, qui est la plus rapprochée de la porte de France, il reste une hau* leur de sept à huit pieds à sauter, et ailleurs, près de quinze pieds. On essayera , si les moyens le permettent, d'aplanir cet obstacle en écrètant la brèche et la prolongeant du côté de la porte de France, en suivant la marche qne dicte l'expérience.

L*assant, bien que les brèches soient arrivées à leur perfection, ne pourrait être prudemment entrepris, sanspréa* lablement avoir éteint les feux de flanc de l'ennemi, qui défendraient l'accès de la brèche : tels sont ceux du fort dn Calvaire, de la tour Gironelle et de la batterie située près de l'entrée du Galligan, dans la place, entre le cha-

pitre et la ^orte Saint-Pierre, et vis-à-vis le convent de Saint-Daniel. Quant aux feux de flanc de mousqueterîe. il est évidemment impossible de les détruire entièrem^t; ceux venant du mur d'enceinte peuvent être déjà r^ardés comme impuissants par la position de ses m ors, qui les soumet aux feux de nos batteries; mais chaque raatsoii de la ville ayant vue sur la brèche et sur le terrain que nous avons à parcourir pour y arriver, peut y suppléer : en outre, quand Tassant aurait réussi, l'ennemi peut encore nous opposer des obstacles tels que barricades, batteries intérieures, mines, etc., qui ne peuvent être que prévus, mais dont on ne peut deviner ni la position, ni U force.

Cette dernière réflexion mène à convaincre qu'O font faire choix, pour une action aussi difficile, de la troupe h plus vigoureuse et là plus intelligente dont on puisse disposer. Les chefs qui la dirigent doivent la connaître et en être connus; il serait plus avantageux, peut-être ponr cette raison, d'y employer un régiment au lieu des Compagnies d'élite des différents corps ; ces chefs doivent être assui'és par eux-mêmes qtte la brèche est praticaUe ; reconnaître à l'avance le terrain que les troupes auront à parcourir, et avoir une idée des commonications intérieures de la ville.

Le général de division ,

Signé : SiNSOK.

Partageant l'opinion de M. le général comte Sanaoo,

les reconnaissances ayant été faites ensemble, je signe le

présent.

Le général commandant l'artillerie,

Signé : Taviel.

LETTRE

mi GÉNfRAi EN CHEF AD OfNiRAL YERDIBR.

Pornélls, lê 48 septembre 4809, au rair.

D'après l'avis unanime et motivé du commandant du génie et de celui de l'artillerie, que vous m'avez trans-» mis» et duquel il résulte que les brèches faites au mur d'enceinte de Gironne sont praticables , et qu'elles le se^ tojxi encore plus demain, vous pourrez, dès demain, don* ner l'assaut au corps de la place, et employer toutes leé troupes qui sont sous vos ordres. Celles destinées à re* lever vos positions et le bataillon qui doit occuper le Mon* juîch, seront rendus de bonne heure aux points indiqués*

J'ai l'honneur, etc.

Signé : OouviON Saint-Gtr.

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