‹ Journal des opérations de l'armée de Catalogne, en 1808 et 1809, sous le commandement du général Gouvion Saint-Cyr; ou, Matériaux pour servir à l'histoire de la guerre d'EspagneChapitre 33 sur 120 · CHAPITRE TROISIKMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIKMB

Castro et WimiTphen , avec la seconde division formant environ dix-huit mille combattants , et dans laquelle se trouvait un plus grand nombre de miquelets que dans la première, déboucheraient de laLlacùna et d*Igua]ada sur Villa Franca, pour attaquer Pino, tandis qu'un détachement du même corps s'emparerait de la position dite la Croix d'Ordal, pour couper la retraite des Français sur Bar^ celonne, après leur défaite qu'ils regardaient comme certaine.

Alvarès devait diriger sur cette ville les troupes de la division qui, dans ce moment, ne lui étaient pas strictement nécessaires à Gironne, afin d'appuyer ce mouvement en se liant, autant que possible, à la gauche du général Castro.

Ce projet était bien combiné ; il dut donner de l'espoir aux Espagnols, et nous croyons qu'il aurait réussi si on leur eût laissé le temps de l'exécuter, en se bornant à attendre leur attaque.

Une raison majeure, d'un intérêt général, prescrivait impérieusement aux Espagnols de tenter de nouveau le sort d'une bataille, et de s'efforcer à tout prix de la gagner : c'était la position désespérée de Sarragosse, qui allait tomber sous les coups des troisième et cinquième corps de la

grande armée, si elle n*était promptement secourue : Reding Tavait senti; il avait déjà perdu nn temps précieux, mais il pouvait encore le récupérer. Le commandant de Tavant-garde, M. de Lazan, avait été rappelé des environs de Gironne, avec quatre mille hommes, et avait pris position entre Lérida et Mequinenza, c'est-à-dire sur les frontières de la Catalogne et de TArragon, ce qui démontrait assez clairement l'intention du général en chef espagnol de marcher au secours de Sarragosse aussitôt qu'aune bataille gagnée sur le septième corps, dans le Panades, le lui permettrait. S'il l'avait battu le 14 ou le 15 février, comme il l'espérait (ou le 10, puisqu'à cette époque il pouvait disposer des mêmes moyens), et qu'il se fut porté, aussitôt après, à marches forcées sur Sarragosse, précédé par Lazan, à qui il restait peu de chemin à parcourir, il fût encore arrivé à temps pour en faire lever le siège; car il est probable que le duc de Montebello , apprenant la marche de l'armée de Catalogne sur lui, ne l'eût pas attendue dans ses lignes, mais eût aussitôt marché à sa rencontre avec la plus grande partie de ses forces, et que de leur côté les assiégés, à qui ce mouvement n'aurait pu être dérobé, et qui d'ailleurs auraient

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