AFFAIRE DE SAN CIIGAT
Relatiùn française, ins&ée par le général Duhesme dans le Journal de Barcelonne du lundi 17 octobre 1808.
L'adjudant-commandant Devaux, après avoir poursuivi l'ennemi jusques aux environs de Matarô, réunit sa co-
lonne dans les environs de Moncada, et marcha sur Granollérs, où Hnlention du général en chef était d*empôcher les miqueietsde se retirer : il devait attaquer tous ceux qui se rencontreraient en chemin, et faire de fortes démonstrations sur les deux chemins de Vich et de Gironne, tandis qu'une colonne^ sous les ordres du général filillossewifz, se dirigeraitjusqu'à Mollet pour lui servir de réserve et le soutenir en cas de besoin.
L'adjudant-commandant Devaux répondit parfaitement aux intentions du général en chef. Un peloton de miqoelets, qui se trouva en avant de Montmalô, fut pasSé au fil de répée par la cavalerie de Tavant-garde. Ceux qui voulurent faire quelque résistance dans GranoUérs, foieol attaqués par nos troupes sans qu'il en pût échapper un seul. On pril ensuite position devant le village sur le point de séparation du carrefour de Gironne et de Vich, et les reconnaissances s'avancèrent dans ces deux directions.
GranoUérs était un des principaux dépôts de miqueiets et le lieu où se réunissait une des Juntes insurrectionnelles de le Catalogne, qui avaient montré la plus grande animosité contre les Français. On y trouva aussi les archives de cette Junte qui donnèrent de grandes lumières sur les opérations et les projets des insurgents. On prit aussi dans le village deux pièces d'artillerie, beaucoupde magasins d'armes et de munitions, et une grande quantité de pain et de viande, destinée aux miqueiets ; cotre cela, leur corps s'était retiré la veille dans un tel désordrtr,
JUSTIFICATIVES . 3ff7
qii*on ne sot pas où en étaient allés les restes qui n'arri- ▼èrent pas à GranoUérs plus de trois à quatre cents.
Le 1% radjudantHïominandant Devaux vint avec sa colonne se réunir à celle du général MiUossewitz, postée devant MoUét. Ce général prit le commandement, et laissant devant Moncada Tadjudant-commandant Devaux avec sa colonne, U dirigea une reconnaissance jusques auprès de San CugÀt ; les postes des miquelets qui se trouvaient dans les montagnes furent surpris et égorgés.
Arrivé devant San Cugàt, le général MDlossewitz ren-: contra l'ennemi occupant une position avantageuse, défendue par six pièces d'artillerie, trois à quatre mille hommes, la plus grande partie troupes de ligne, et environ quatre cents chevaux, venus de la partie du Llobregat, Avec tout cela, on ne laissa pas d'attaquer San Gugàt, qui fut pris, et les troupes qui le défendaient furent passées an fil de l'épée. Les vélites chargèrent avec la plus grande impétuosité la ligne ennemie derrière le village, et repoussèrent deux attaques de cavalerie. La nôtre combattit dussi avec valeur; mais le chef d'escadron Lorenzi étant mort, on ne put, sans ce secours, rendre snliisamment efficace la chai'ge des vélites qui étaient sur le point de se rendre maitred des canons de l'ennemi.
Comme la nuit s'approchait, et que le général en chef avait donné l'ordre que, sur le soir du même jour, les troupes retournassent dans leurs cantonnements, le général MiUossewitz fit rassembler les troupes ; les vélites avaient fait les mouvements et les évolutions sous le feu
de Tennemi, de même qu'à la parade, et surtout ils ont causé beaucoup de dommage à la cavalerie ennemie, dont le chef est aussi resté mort sur le champ de bataille.
On ne peut assez louer et autant qu'elles le méritent, les sages dispositions et la valeur du général Millossewits. Le chef de bataillon des vélites, Cotti, a montré qu'il était digne de commander ce corps de braves. Le colonel du deuxième italien, Foresti, et le capitaine des ingénieurs, Lafaye, méritent aussi qu'on fasse d'eux une mention particulière.
Le 13, les troupes sont rentrées dans leurs canUuuiements ordinaires. Dans i^ette expédition de trois jours, nous avons tué ou pris à l'ennemi plus de dix*huit cents hommes, et dispersé entièrement sa division du Besôs; six pièces de canon, beaucoup de magasins et une quantité immense de munitions, sont tombés entre nos mains.