LETTRE DE MADAME LA DUCHESSE DE DURAS ^ NÉE NOAILLES, A M. GRELET
Armez-vous de courage , et que votre cœur s'atfermisse, vous tous qui espérez dans le Seigneur.
(Ps. XXX, )
Quel besoin n'avez-vous pas de profiter de ces respectables paroles dans la situation pénible où la Providence vous a placé? Nous avons déjà fait Texpérience de votre courage d'une manière indicible; vous le conserverez, puisqu'il a pour base la loi de Dieu et que c'est en lui seul que vous mettez votre appui. Père et mère de ces infortunés enfants, que deviendraient -ils si jamais vous les abandonniez? Mais, que dis-je? ils mériteront la continuation de vos tendres soins par leur docilité et leur parfaite soumission. J'aime à croire qu'ils hé-
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riteront d'une portion des vertus de Fange que nous pleurons. Cette admirable mère vous a ouvert ce cœur si pur; vous ferez passer dans celui de ses enfants tout ce qu'il valait, tout ce qu'il sentait. Elle vous regardait comme leur frère et vous traitait de même; c^est en qualité de sa sœur, dépositaire d'une partie de sa confiance, que je cause un moment avec vous, n'étant pas sûre de pouvoir vous dire de vive voix tout ce que je pense. Si le Ciel me destine à vivre, ce serait un moment bien doux pour moi (qui n'en connais plus) que de me retrouver avec vous et eux, nous entretenant de ce que j'ai perdu et nous excitant à profiter de leurs admirables exemples. Nous leur dirions : « Soyez chrétiens, et vous serez fidèles à tous vos devoirs. Appliquezvous aux sciences humaines, parce qu'elles vous rendront plus utiles à la société; mais avant, et de préférence à toutes choses, soyez bons. »