L. Léger
Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar, Tome III. Ouvrages ou extraits d'ouvrages anglais, hollandais, portugais, espagnols et allemands relatifs à Madagascar (1 6do 81716), par MM. Alfred Grandidibr et Guillaume Grandidibr , in-8* de 71 9 p- , cartes et gravures. — Paris, Comité de Madagascar, 1906.
Poursuivant , pour le compte du Comité de Madagascar, leur publication d*anciens documents relatifs à la grande ile de l'Océan Indien, MM. Alfred et Guillaume Grandidier ont fait paraître en 1906 le troisième volume de la Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar. Ils se sont un peu départis, dans ce tome, du plan qu'ils avaient jusqu'alors adopté; au lieu d'y insérer, à leur ordre chronologique, tous les documents qu'ils avaient pu réunir, les éditeurs ont estimé préférable de faire une place à part aux textes français, et n'ont groupé dans le présent volume (comme ils le feront dans les volumes suivants) cpe des ouvrages ou des extraits d'ouvrages anglais, hollandais, portugais, espagnols et allemands relatifs à Thistoire de l'ile primitivement ap()elée ae Saint-Laurent; quant aux textes français, ils seront publiés après les textes étrangers, dans des tomes subséquents de la collection.
L'histoire est là pour légitimer cette détermination des diligents éditeurs. A partir de i64a, en effet, Tfle de Madagascar, qui a paru jusqu'alors devoir être occupée et exploitée, sinon colonisée, par différents peuples de l'Elurope occidentale : Portugais, Hollandais, Anglais, entre définitivement dans le domaine de la colonisation française. Dès cette époque, en vertu d'une concession royale en bonne et due forme , Jacques Prony aborde sur la côte sud-orientale, et prélude par différents
<'J fja Russie et le Saint-Siège, 3 vol. le même fujet qae le volume de M. W«- ( librairie PloDj. Les deux derniers traitent liszewski.
tâtonnements à la fondation de ce poste de Fort-Dauphin où , pendant trente années consécntives, flottera sans discontinuer le pavillon neurdelisé. Même après l'abandon de Fort-Dauphin par le major La Bretesche en 1674% la France continuera d'affirmer ses prétentions sur Madagascar, et de considérer la grande lie comme entrant dans sa sphère d'influence. Aussi était-il naturel de séparer des autres, pour les grouper ensemble de manière suivie , les documents français relatifs à l'histoire de notre intervention dans cette partie de l'Océan Indien.
Avec cette intervention continue contraste Tintervention discontinue, intermittente des autres nations maritimes de TEurope occidentale , qui songent bien parfois à s'établir à Madagascar, — tels les Anglais aux alentours de i6do, — mais G[ui se contentent en fm de compte d'y faire relâcher leurs navires , ou encore d'y venir acheter du bétail ou des esclaves, et qui préfèrent entreprendre la colonisation de petites terres plus ou moins voisines, tdles que l'île Maurice. Bientôt même les marins et les négociants de ces nations se désintéressent de la grande lie, et ils en abandonnent complètement les côtes à des pirates européens de diverses nationalités , moins célèbres , mais non moins audacieux que les flibustiers des Antilles.
De très bonne heure, les parages occidentaux de l'Océan Indien avaient été le théâtre des exploits de corsaires qui, après avoir pillé les navires dont ils s'étaient emparés, allaient (au témoignage de Marco Polo) vendre leur butin â Socotora; les Comoriens de Mohély étaient, — nous le savons par Edrisi, — parmi les plus entreprenants de ces pirates. Presque aussitôt après que les Portugais eurent doublé le Cap de Bonne-Espérance et pénétré dans la mer des Indes , des corsaires européens y suivirent leurs. navires et n'hésitèrent pas, alors que, richement chargés, ils revenaient en Europe, à les attaquer pour s approprier leurs trésors. Dès i5o6, Pierre de Mondragon s'empare, dans le canal de Mozambique, du bâtiment de Job Queimado, un des six navires emmenés de Lisbonne par Tristan da Cunha quelques mois auparavant; un peu plus tard, en i5a4. la Salamandre, dont le bateau flambart enleva une nef portugaise venant de Calicut, se iùi sans doute aventurée jusque dans les mêmes parages s'il leùt fallu; et, au début de la seconde moitié du xvi* siècle, vers i56o, un capitaine rochelais, Boudart^ est pendu à Mozambique pour avoir pillé dans l'Oceem Indien des caravelles portugaises. Au siècle suivant, la situation ne s'est pas modifiée; au moment où, en i636, le prince Rupert songe à coloniser Madagascar, «souvent (dédarera Powle Waldegrave un peu plus tard) des marchands musulmans venant de l'Inde ou d'autres lieux furent arrêtés par des pirates qui ont capturé et pillé leurs navires et qui, suivant leur habitude, ont commis des atrocités tdies qu'on ne peut les décrire». Gomme an temps d'Edrisi, ces pirates étaient établis aux îles Gomores et à Madagascar; réduits à peu {Mrès à l'impuissance vers i664« ils disparurent jusque vers i68d, date i laquelle ils recommencèrent d'écumer les abords de la mer Rouge et du golfe Persique, et ils constituèrent pendant près, de quarante ans à Madagascar, comme les flibustiers l'avaient constiûié aux Antilies, un danger vèritaUe et permanent pour les navigateurs.
D*oà venaient ces pirates ? et convient-il de voir en eux, comme François Martin l'a écrit dans ses Mémoires encore inédits, des flibustiers américains qui, pour pouvoir continuer à se livrer à leur guise à la piraterie, n'avaient pas hésité â quitter les parages maritimes de Saint-Domingue et à se transporter de l'Océan Atlantique dans l'Océan Indien ? L absence de documents précis ne permet pas de répondre d'une manière ferme à ces questions; du moins sait-on que qudques-uns des premiers
pirates qui effectuèrent dans la mer des Indes d audacieox coaps de main à la fin du XVII* et au début du xviii' siècle venaient des Antilles. C'est le cas pour le Danois Wilken en 1686, pour le Provençal Misson, pour le Bermndais Nathaniel North , pour l'Anglais Thomas Howard ... Le tome Ul de la collection des Ouvrages anciens concernant Madagascar contient (de la p. 45o à la p. 638) une série de textes, empruntés pour la plupart à l'histoire des pirates de Johnson, qui font connaître les hauts faits accomplis jusqu'en 1716 dans les mers de Madagascar par ces pirates et par d'autres non moins audacieux ni moins redoutables, les David Wiluams, les Avery, les William Kid, les John Bowen, etc.
Dans la premiène partie du volume dont les documents les plus anciens datent de i64o, MM. Alfred et Guillaume Grandidier ont oontinoé la publication (commencée dans ie tome II) de la série de documents relatifs à la colonisation de Madagascar paros en Angleterre dans le second quart du xyii* siècle; là se trouvent le Paradoxe du chirurgien Walter Hamond, « montrant que les habitants de Madagascar sont, au point de vue des biens temporels, le peuple le ^us heureux de la terre» et le second factum du même auteur, puUié quatre ans pras tard (i643); là se trouvent aussi la « courte description , ou découverte de la très fameuse lie de Madagascar ou Saint-Laurent, en Asie », rédigée en 16M par le marchand Richard Boothby et mise au jour en i6il6, et la réfutation de cet ouvrage écrite par Powle Waldegrave et publiée en 1 6^9. — A câté de ces curieux et intéressants factums , d'une importance indiscutable, MM. Alfred et Guillaume Grandidier ont groupé de nombreux textes concernant les étaUissements successifs des Hollandais à i'ile Maurice et certaines mentions faites par différents auteurs étrangers au sujet de l'histoire de la colonisation française dans la mer des Indes entre i64o et 1716. D'autres textes, relatifs à la géographie, à la zoologie ou aux richesses économiques de Madagascar et des terres voisines, s'intercalent an milieu de ces documents d'ordre historique. Tous ont été classés et annotés par les savants éditeurs avec le soin et l'érudition dont ils ont déjà donné tant de preuves dans les deux premiers volumes de la Collection.
Gomme ils Tavaient fait précédemment à la fin du tome II, MM. Alfred et Guillaume Grandidier ont réservé les dernières pages de leur troisième volume (p. 689-688) pour des addenda aux tomes précédents. Les uns sont relatifs an passage d'un navire hollandais à la baie de oaint-Aogustin en février i5o3, et de deux bâtiments an^ais à Mohély en 16 1 1 ; d'autres fournissent de brèves indications sur le commerce de Madagascar avec l'Abyssinie en 1619, sur la traite des nègres à Madagascar et sur celle de l'ébène à Maurice en 1 633- 1634* etc. De tonte autre importance est le Routier (inédit) de l'Ile de Saint^Lanrent rédigé par le père jésuite Louis Mariano à la suite de l'exploration effectuée en i6i3-i6i4 par la Nossa Senhora da Esperunça. Empêchés, par des circonstances indépendantes de leur volonté , de publier ce routier à son orore chroncdogique , dans la première partie du tome II, les éditeurs en ont donné aux pages 6il 1-087 ^^^ traduction française dont les historiens de la géographie kront bien de peser les termes; on y trouve en effet un résumé «dair et exact» (ea sont les termes mêmes qu'emploie l'auteur pour qualifier son travail ) des observations faites par le P. Luis Mariano au cours de la croisière de la Nossa Senkora da Esperança.
Des reproductions de quelques vieilles cartes représentant l'ensemble des délinéations littorales (Dudley i646; Thomton, i7o3) ou certains fi*agmenti des côtes de Madagascar (Ch. Wilde, i65o) et des reproductions de quelques anciennes estampes illustrent ce gros volume de plus de 700 pages , que terminent ,
selon Tusage, une bonne table chronologique et un copieux index alphabétique des matières.
Henri Froidevaux.
D' H. T. CoLBNBRANDBR. La Révolation de BelgUfue, i vol. in-d**, ai a p. — La Haye, Martin Nijhoff, igoS.
L'auteur, déjà connu par sa belle étude sur Le temps des Patriotes, i776'i787 (3 vol. parus de 1897 à 1899) , a pris occasion du soixante-cpiinzième anniversairdl^de Tindépendance belge, solennellement célébré Tannée dernière, pour donner une nouvdle histoire de la Révolution de Belgique. A vrai dire, les faits de i83o forment le centre de cette étude , plutôt qu'ils n'en remplissent le cadre. La première partie du livre résume l'histoire de la Belgique et de la Hollande avant leur union , depuis les origines, rappelant l'œuvre de César et celle des rois Carolingiens, marquant le rôle des princes bourguignons , ceux de ChaHes-Quint et de Philippe II ; à travers la continuité de la vie nationale , la prépondérance des États du Nord s'accuse de plus en pins. Dans la seconde partie, l'auteur présente V Union comme une conséquence de la doctrine du droit divin , une satisfaction donnée à l'intérêt des princes bien plus qu'à celui des nations. Pourtant ces quinze ans d'union (i8i5i83o) furent avantageux au développement des deux pays.
Pour ]a troisième partie, l'histoire de la séparation, l'auteur a utilisé des documents inédits d'un grand intérêt. Aux extraits de journaux du temps (Courrier des Pays-Bas, Journal de Verviers, le Politique, le Courrier, le Belge) ^ aux dépèches de Thomas Cartwright , secrétaire de la légation d'Angleterre à la Haye , alors en mission à Bruxelles, il a joint les dépêches officielles de l'ambassadeur de France à son gouvernement , les rapports de l'agent général français Julian , enfin les papiers particuliers du ministre Van Maanen , tout récemment acquis par les Archives royales des Pays-Bas. Le côté religieux de la révolution a été étudié avec un soin très particulier; en même temps que les doctrines de Lamennais se répandaient en Belgique, l'opposition catholique belge cherchait à provoquer en France des troubles dont elle pût profiter; les grandes congrégations déployèrent alors une activité singulière. L'histoire de ces quelques mois, reconstituée et racontée jour par jour, d'après les feuilles, les libelles, les dépêches officielles et les correspondances privées, est, à notre avis , la partie la plus neuve et la plus vivante du livre.
Enfin , dans la conclusion , l'auteur juge la séparation d'après ses résultats. Depuis 75 ans, les deux peuples ont développé séparément et librement leurs caractères et leurs tendances. Est-ce à dire que la solution apportée par la Révolution de i83o soit parfaite de tous points? Assurément non. 11 semble que la Belgique n'ait jusqu'ici rempli qu'en partie son rôle historique de « comptoir de change » entre la civilisation latine et la civilisation germanique. C'est que l'élément germanique, dans la combinaison belge , est peu distinct et peu actif. Dans le mouvement flamingant l'auteur ne voit guère autre chose qu un soulèvement littéraire assez platonique. Belgicpe et Hollande sont deux peuples distincts et indépendants, mais voisins et proches parents l'un de l'autre ; ils ont intérêt tous deux à ne pas l'oublier. Chacun d'eux porte en soi désormais ses conditions d'existence et de durée : ni l'un ni l'autre ne doit succomber. Les congrès sont inutiles et dangereux; l'activité scientifique et politique vaut mieux. Et, transposant la formule du flamingant Vermeylen, l'auteur conclut : «Nous pouvons être Européens, nous aussi, sans cesser d'être Hollandais. »
Maurice Pernot.
CHRONIQUE DE LINSTITlTr. 617
L'Institut a teou le mercredi lo octobre à 2 heures sa quatrième séance trimestrielle. MM. Becquerel et Boutroux ont rendu compte des fêtes du quatrième centenaire de TUniversitë d'Aberdeen auxquelles ils avaient été délégués. M. Max. CoUignon a lu un mémoire sur les fouilles de Délos.
— L'Institut a tenu le jeudi 35 octobre à si heures sa séance publique annuelle sous la présidence de M. Gebhart.
M. le Président a rappelé les pertes éprouvées par l'Institut en 1906 et caractérisé l'œuvre des confrères disparus.
n a été donné lecture du rapport sur le concours de 1 906 pour le prix fondé par M. de Volney, qui a été décerné à M. O. Jespersen , pour son livre ; Growth and structure of the english langaage,
n a été ensuite donné lecture des mémoires suivants :
La Vénus d*Alésia, par M. Salomon Reinach, délégué de l'Académie des Inscrip tions et Belles-Lettres ; •
Le râle biologique du sel, par M. Dastre, délégué de T Académie des Sciences; Les Marbres; Michel-Ange à Carrare; 1505 , par M. Georges Lafenestre, délégué de l'Académie des Beaux-Arts;
Un Académicien de l'an xi , Jean Devaines, par M. Frédéric Masson, délégué de l'Académie Française,
ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES
Communications. 5 octobre, M. le Secrétaire perpétuel communique une lettre de M. Holieaux, qui transmet un rapport de M. VoligrafF, ancien membre étranger de l'Ecole française d'Athènes , sur les fouilles récemment poursuivies à Argos.
— M. Maspero expose les travaux de consolidation auxquels le service des antiquités de l'Egypte s'est livré h Kamak et à Edfou, ainsi que les résultats des fouilles entreprises à Toukh-el-Garamous et à Kom-Tcbgaou. Dans la première localité, M. Edgar a recueilli le complément du trésor d'orfèvrerie découvert en 1906; dans la seconde , M. G. Lefebvre a découvert différents documents , teb que des textes coptes du vu* siècle et 1,300 vers inédits de Ménandre. *
— M. S. Reinach communique ses remarques sur un passade de Juvénal (XI, 1 77-180). Il n'y est pas question , comme on l'a cru, d'un parallèle entre Homère et Vii^e, mais d'un parallèle entre Virgile et Stace, que Juvénal incline à préférer à l'auteur de ï Enéide. Il qualifie Virgile d*altisonus « pompeux », et se fait ainsi l'écho des critiques, qui, dès l'époque de Caligula, reprochaient à Virgile «de manquer d'esprit ».
— M. Em. Rivière présente des reproductions des principales gravures préhistori({ues qu'il a découvertes sur les parois de la grotte de La Mouthe (Dordogne) , et ([ui représentent des animaux.
i2 octobre. M. Glotz commente une inscription découverte récemment dans les rouilles allemandes de Milet. Cette inscription porte un décret de proscription qui
SAVAHTS. 79
mmtKtua watiosals.
618 CHRONIQUE DE L'LNSTITUÏ.
met à prix la tête de pinsienrs personnages. C'est donc un docaraent précieni ponr le juriste et Thistorien. Au point de vue juridique, il contribue à nous faire connaître le bannissement par inscription sur une stèle , la responsabilité collective et transmissible en matière politique , et surtout il nous montre avec quelle facilité les cités et les partis ordonnaient de courir sus aux traîtres et aux agitateurs. Au point de vue historique, il uons révèle la sooibre détresse où se débattait, au milieu du V* siéde , cette ville de Milet qui brillait jadis parmi les plus riches , et jette un jour nooveAU sur les transformations constitutionnelles d^one cité que sa misère n^empêchait pas de tenir encore une grande place. Enfin il nous fîâit assister aux vicissitudes d'une lutte à mort où, vers Tan 4^9 , les factions se ruaient Tune contre l'autre et ensanglantaient la Grèce asiatique au profit de la domination athénienne.
— • M. Thomas analyse des documents inédits découverts par lui aux Archives nationales et qui éclairent la biographie du poète français Henri Baude, sous le règne de Louis XI. Ce personnage avait obtenu de Chcuies VU, en làbS, l'office d'«élu sur le fait des aides en Bas-Limousin». Ses administrés incriminèrent sa conduite, le poursuivirent d'abord devant le Grand Conseil, puis devant la Cour des aides, et obtinrent fmalement, après un long emprisonnement, sa révocation et sa condamnation* à une amende ae 800 livres, par jugement du 5 août i468. Cette sentence fut rigoureusement exécutée. Baude semble cependant avoir profité de la réaction qui se produisit à la mort de Louis XI , si tant est qu*il fieiHle ajouter foi à une pièce publique publiée par Jules Qnîcherat, qui lui donne de nouveau, à la date du 6 janvier 1 487, fe titre d*c élu du bas pays de Limousin ».
19 octobre. M. HomoUe communique une lettre de M. Replat, annonçant l'achèvement des travaux du Trésor d'Athènes h Delphes , reconstitué aux frais du dème d'Athènes avec les matériaux antiques de cet édifice.
— M. S. Reinach communique une lettre de M. E. Cartailhac annonçant la dé< couverte d'une nouvelle caverne ornée de figures dans les Pyrénées ariégeoises et qui lui a été signalée par M. le C* Malard. Les dessins principaux, qui sont figurés en noir, se trouvent dans la profondeur de la montagne , à 800 mètres de l'entrée de la grotte. Ils représentent des bisons, des chevaux, des cenridés, des bouquetins. De nombreux signes rouget se rencontrent dans les galeries. On a relevé aussi des (lèches noires ou rouges dessinées sur les flancs de sept bisons. Il est possible que ces signes se rapportent à la pratique de l'envoûtement, ce qui serait la confirmation du rôle magique joué par les images dans les cavernes profondes.
— M. Léon Dorez fait une conmiunication sur les manuscrits À peintures de la bibliothèque de lord Leicester à Holkham (Norfolk). Ces manuscrits proviennent de plusieurs couvents italiens, d'Alberto d'Esté, de Mathias Corvin, roi de Hongrie, de Laurent de Médids , de Charles le Téméraire , de Raphaël de Mercatel , abbé de Saint-Bavon de Gand.
— M. Léon Jonlin lit nn mémoire sur les établissements antiques du bassîii supérieur de la Garonne.
26 octobre, M. Barbier de Meynard conmiunique les résultats de la mission accomplie par M. de Motilinsky, à In-Salah et dans le Hoggar, pour recueillir des données sur la linguistique , 1 ethnographie et f histoire de cette région , et pour laquelle ce voyageur a reçu de l'Académie une subvention de 3,ooo francs sur la fondation Beoolt-Gamier. Parti d'fn-Salah le 1 1 mai 1006, il est arrivé après vingt jours à Tamanghasset, au sud du massif du Hoggar. Il y a recueUli des contes
et des chansons populaires , des légendes locales , des renseignements sur la vie des Touaregs du Hoggar. Il a gagné Tllama , centre agricole important et encore inexploré , puis a poursuivi sa route à travers le Hoggar, et est arrivé à Taxeront , malgré les avertissements et même les menées des Touaregs, qui lui représentaient cette contrée comme inaccessible.
— M. Heuzey étudie les origines chaldéennes du monstre à tète de serpent, dont une mission allemande a retrouvé les grandes figures modelées en couleur sur les briques émaillées des murs de Babylone. Cet animal est beaucoup plus ancien que les murailles de Nabuchodonosor. M. Heuzey en avait déjà signalé le prototype figuré plus de vingt siècles auparavant sur un vase en pierre et sur un cachet rapportés par M. de Sarzec et portant le nom de Goudéa. Sur ces monuments le dragon chaldéen est consacré au dieu Nin-ghis-zida , qui était le patron personnel de Goudéa. Le cachet en particulier représente ce dieu avec deux serpents, qui lui sortent des épaules. M. Heuzey suit les transformations du même type à travers Tépoque babylonienne, surtout sur la belle et instructive série des galets de bornage découverts par M. de Morgan. A Babylone les dragons sacrés formaient une paire d'animaux fantastiques consacrés aux deux grands dieux de la cité, Mardouk et Nébo. Le commandant Gros a retrouvé aussi dans sa mission en Chaldée un cachet babylonien , où Ton voit un seul dragon adoré sur un autel et portant à la fois les symboles réunis des deux divinités.
— M. Carcopino communique un nouveau document relatif aux domaines im- |)ériaux de l'Afrique romaine.
Prix ordinaire du Budget pour 1909, Le sujet proposé pour 1906 est maintenu au concours : «Etudier une période de Thistoire ancienne du Japon.»
Prix extraordinaire Bordin pour 1909, Le prix sera décerné au meilleur ouvrage imprimé depuis le 1*' janvier 1906, ou manuscrit , relatif aux études orientales.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Nécrologie, L'Académie a éprouvé la perte de MM. Lddwig Boltzmann et Et.-Giorgbs Siab, correspondants de la Section de mécanique.
ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS
Nécrologie. M. Henri Bouchot, membre libre, est décédé le 10 octobre 1906, à Paris.
Élection. L'Académie a élu le 37 octobre 1906 un membre dans la Section de peinture en remplacement de M. Jules Breton, décédé. La Section présentait en première ligne M. Raphaël Coilin, en deuxième M. Gervex, en troisième M. Tony Robert-Fleury, en quatrième M. Gabriel Ferrier, en cinquième M. Gaston Latouche. À cette liste T Académie avait ajouté les noms de MM. Toudouze, Chartran , Priant , VVencker, Comerre.
L'élection a donné lieu n dix-huit tours de scrutin , dont voici le détail :
Premier tour ; MM. T. Robert-Fleury, 1 1 voix; Ferrier, 5; Gervex, 4; Colfin, 4;
Toudouze, 4; Wencker, 3; Chartran, a; Latouche, 1; Friant, a; Comerre, 1. —
a* tour : MM. Robert-Fleury, 10; Gervex, 7; Ferrier, 7; CoUin, 6; Toudouze, 4;
Latouche, 1 ; Chartran, 1 ; Wencker, 1 ; Comerre, 1 ; bulletin nul* 1. — 3* tour :
MM. Robert-Fleul'y, 1 3 ; Gervex , 9 ; Ferrier, 9 ; Coiiin , 6 ; Toudouze , i . — 4* tour : MM. Robert-Fieury, 1 2 ; Ferrîer, 1 1 ; Gervex, 8; CoUin, 7. — 5* tour : MM. Roberl- Fieury, 12 ; Ferrier, 1 1 ; Gervex, 8; CoUin, 7. — 6* tour : MM. Robert-Fleury, la ; Ferrier, 11; Gervex, 9; CoUin, 6. — 7* tour : MM. Robert-Fleury, i3; Ferrier, 1 1 ; Gervex, 8; CoIlin, 6. — 8* tour : MM. Robert-Fleury, 12; Femer, 12; Gervex, 8; CoUin, 6. — 9* tour : MM. Robert-Fleury, 12; Ferrier, 12; Gervex, 8; CoUin, 6. — lo* tour : MM. Robert-Fleury, i3; FeiTÎer, 11 ; Gollin, 10; Gervex, 4. — 11* tour : MM. Collin, i3; Ferrier, 12; Robert-Fleury, 11; Gervex, 2. — 1 2* tour : MM. Coiiin, 1 2 ; Ferrier, 1 2 ; Robert-Fleury, 1 1 ; Gervex, 2. — i3* tour : MM Robert-Çleury, 1 2 ; Ferrier, 1 2 ; Collin ,11; Gervex, 3. — i4' tour : MM. Collin, i3; Ferrier, 1 1 ; Robert-Fleuiy, 1 1 ; Gervex, 3. — i5* tour : MM. Ferrier, 12 ; Robert-Fleury, 11; Collin, 10 ; Gervex, 3; Latouche, i. — i6* tour : MM. Ferrier, i5; Collin, 12; Robert-Fleury, 8; Gervex, 2. — 17* tour : MM. Ferrier, 17; Collin, i4; Robert-Fleury, 5; Gervex, 1. — i8* tour : MM. Ferrier, 20; Collin, i3; Robert-Fleury, 4.
M. Gabriel Ferrier est proclamé élu.
La séance publique annuelle de rAcadémie a été tenue le samedi 3 novembre 1 906 sous la présidence de M. Achille Jacquet. Le programme de la séance était le suivant :
1* Exécution du morceau symphonique intitulé : Ouverture de fête, composé par M. Aymé Runc , pensionnaire de TAcadémie de France n Rome ;
2" Discours de M. le Président;
3° Proclamation des grands prix de peinture, de sculpture, d'architecture, do gravure en taille-douce, de composition musicale et des prix décernés en vertu des diverses fondations;
4** Notice sur la vie et les travaux de M. Paul Dubois , membre de TAcadémie ,par M. Henry Roujon, secrétaire perpétuel de TAcadémie;
5" Exécution de la scène lyrique qui a remporté le premier grand prix de composition musicale et dont l'auteur est M. Louis-Charles Dumas.
Communications, 29 septembre. M. GuifFrey annonce qu'en procédant au dépouillement de la correspondance de l'ancienne Académie pour la publication de la liste des anciens prix de Rome, il a trouvé plusieurs lettres fort intéressantes relatives au relevé de la colonne Trajane par Percier en 1788. Le Journal des Savants les publiera prochainement.
6 octobre. M. Whitney Warren , correspondant de l'Académie , fait une communication sur le fonctionnement de l'Ecole d'architecture de New- York.
ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES
Nécrologie. M. Auguste Himly, doyen honoraire de la Faculté des lettres de Paris, membre de la Section d'histoire, est décédé à Sèvres (Seine-et-Oi»e), le 6 octobre 1906.
Communication, 6 octobre, M. Bertrand lit une étude sur les lettres de A. M. Ampère à Maine de Biran.
Le prix Edmond Fréville (i,5oo francs) est décerné à M. Louis André, pour son livre : Michel Le TeUier et l'organisation de l'armée monarchique.
PUBLICATIONS DE L'INSTITUT
Institut de France. Académie des beaux-arts. Funérailles de M. Henri Bouchot le i3 octobre 1906. Discours de MM. Achille Jacquet et Antoine Thomas. 1 brochure in-4'.
Institut de France. Académie des Sciences morales et politiques. Funérailles de M. Auguste Himly le 10 octobre 1906. Discours de MM. Gebhart, Alfred Croiset et Antoine Thomas. 1 brochure in-4'. H. D.