‹ Journal des savants (volume 2)Chapitre 122 sur 130 · J. GUIFFREY · texte numérisé non relu

J. GUIFFREY

MÉNAGEOT X D'ANGIVILLER

À Rome, le 18 juin 1788.

Le s' Percler est toujours occupé à ses études de la colonne Trajanne, t]ui, j'espère, seront terminées au commencement du mois prochin. Je suis fort aise que cet ouvrage touche à sa fin; d*abord, parceque cela me mettra hors d'incniiétude sur son compte; et ensuite, pour être délivré des persécutions continuelles des conservateurs du Capitole, qui ne cessent de me solliciter pour faire finir cet ouvrage, comme s'ils craignoient quon emportât la colonne. Us ont exigé qu'il y eût toujours un commis de leur bureau, nommé à cet eflfet, pour veiller à ce qu'on n'endomage point ce monument; il est impossible qu'il y arrive la moindre chose après tous les soins que j'ai pris pour cela.

D'ANGIVILLEB A MENAGEOT.

Le 3o juin 1788.

Vous m'apprenez le funeste accident arrivé à l'ouvrier qui avoit établi le pont volant de la colonne Trajane pour mettre le s' Percier en état de remplir la tâche que l'Académie d'Architecture lui a demandée. Je suis bien fâché que cet ouvrage soit aussi périlleux que vous me le représentez; il est probable que si l'Académie l'avoit présumé , elle ne l'auroit pas demandé , et probablement aussi je m'y serois refusé, si j'en avois été plutôt prévenu. Vous ne saïu'iez trop recommander k ce pensionnaire toute la circonspection possible pour ne point courir de risque.

MÉNAGEOT X D^ANGIVILLER

A Rome, le 2 juillet 1788.

Le pauvre s' Percier a ancore eu une attaque de fièvre qui l'a tenu dans son lit pendant huit jours, ce qui a suspendu ses travaux de la colonne Trajanne; heureusement, il avoit terminé ce qu'il y avoit à faire au chapiteau et au corps de la colonne , en sorte qu'on défait le grand échalaud et cpi'ii n'aura plus à faire que les faces du piédestal, où il sera beaucoup moins exposé. Avec cela je lui ai défendu d'y travailler encore de quelques jours, pour attendre un temps plus doux et qu'il soit bien rétabli.

D'ANGIVILLER X MENAGEOT.

Versailles, le a 3 juillet 1788.

J'apprends avec plaisir que l'ouvrage dangereux que faisoit le s' Percier est à peu près fini et qu'il en est au piédestal de la colonne, où il n'y a plus de risques à courir. Vous avez bien fait de lui faire suspendre son travail pendant ces chaleurs extrêmes. Vu sa disposition à reprendre la fièvre, il couroit danger de quelque nouvelle maladie grave.

MÉNAGEOT X DWNGIVILLER*

A Rome, le 7 août i788« Le s' Percier a fini ses travaux à la colonne Trajanne; il est présentement occupé à mettre ses dessins au net. Nous n'avons. Dieu merci, actuellement, aucun malade parmi les pensionnaires , quoique les trois quarts de Rome ait la fièvre.

JUGEMENT DE L'ACADEMIE D'ARCHITECTURE SUR LES DESSINS DE LA COLONNE TRAJANE, PAR PERCIER.

Les coaunissaires nommés par 1* Académie pom* lui rendre compte des dessins de la colonne Trajanne faits par M. Percier, architecte, pensionnaire du Roy, et destinés à être déposés dans la bibliothèque de l'Académie , après avoir examiné ces dessins avec l'intérêt qu^inspire ce beau monument de l'antiquité, ont trolivé dans les dessins de M. Percier toute la correction, l'intelligence et l'exactitude qu'on y peut désirer. Il a paru aux conmiissaires -que ce travail est fait d'une manière à mériter beaucoup d'éloges et qu'il est à désirer que ceux cpi'on fera dans la suite pour compléter la collection des édilices antiques pour l'Académie soient faits avec le même soin et le même esprit.

Fait à l'Académie , le 3 1 mai 1 790.

Signé : De Wailly, Boul^b, Guillaumot et Paris.

Lu à l'Académie et approuvé par elle.

Signé : Sbdaine.

Page 1