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LA VIE ET L'ŒUVRE DE JACOBI

une intuition géniale , il posa le problème de l'inversion pour les intégrales ultra-elliptiques, ses études sur les équations aux dérivées pairtielles, sur le calcul des variations, sur la théorie des perturbations, enfin ses résultats, si importants pour la théorie de la forme des corps célestes, sur certaines figures d'équilibre que peut prendre une masse fluide isolée tournant uniformément autour d'un axe. C'est à cette même époque que remontent ses découvertes et ses leçons sur la mécanique analytique, les équations canoniques d'Hamilton , et le célèbre théorème de Poisson permettant de déduire une nouvelle intégrale première de deux intégrales connues, au sujet duquel Jacobi écrivait au président de l'Académie des Sciences de Paris :

Monsieur de Humboldt vient de me communiquer un fragment d une Notice biographique sur M. Poisson, dont la lecture m*a donné envie d*adresser à vous. Monsieur, et à votre illustre Académie, quelques remarques sur la plus profonde découverte de M. Poisson, mais qui, je crois, n*a été bien comprise ni parLagrange, ni par les nombreux géomètres qui 1 ont citée , ni par son auteur lui-même ; . . . ce théorème, vraiment prodigieux, et jusqu^ici sans exemple, est resté en même temps découvert et caché.

Enfin , dans cette période se placent les premières relations de Jacobi et d'Hermite. De même que Jacobi, à ses débuts, écrivait à Legeudre pour lui communiquer ses premiers travaux sur les fonctions elliptiques, Hermite, à l'âge de 20 ans, entré depuis trois mois à l'Ecole polytechnique , envoyait à Jacobi une lettre sur la division de l'argument dans les fonctions ultra-elliptiques découvertes par Jacobi :

Je vous remercie bien sincèrement, répondit celui-ci à Hermite, delà belle et importante communication que vous venez de me faire, touchant la division des fonctions abéiiennes. Vous vous êtes ouvert, par la découverte de cette division, un vaste champ de recherches et de découvertes nouvelles qui donneront un grand essor à Tart analytique. Je vous prie de faire mes compliments à mon illustre ami Monsieur Liouviiie ; je lui sais gré d'avoir bien voulu me procurer le grand plaisir que j'ai ressenti en lisant le mémoire d'un jeune homme dont le talent s'annonce avec tant d'éclat dans ce que la science a de plus abstrait.

Ce jeune homme devait devenir un second Jacobi et toute l'école mathématique française actuelle le reconnaît et le vénère comme son chef.

La sixième période va de la nomination de Jacobi à l'Académie de Beriin (octobre i844) jusqu'à sa mort. Nous y suivons jusqu'au dernier moment l'épanouissement du génie de Jacobi : recherches sur le dernier multiplicateur, sur les intégrales abéiiennes, sur le principe de la moindre action, sur les fonctions de grands nombres, sur l'application des fonctions elliptiques à l'étude du mouvement d'un corps pesant suspendu par un point , sur la théorie des courbes algébriques.

SATAÏTTS. 1 9

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138 phiupk: fabia.

JacdM mourut le 1 8 février 1 85 1 , après huit jours de makdie. A cette époque, cependant bien près de nous, les commuincations entre Berlin et Paris étaient si lentes que, dans la séance de f Académie des Sciences du mardi 25 février i85i, Arago annonçait dans ces termes la mort du grand géomètre :

Une antre perte înfiDÎment regrettable est , si Ton doit ajouter foi à un article inséré dans le Moniteur de ce jour, ceHe de rfflustre Jacobi , Inn des huit associés étrangers de TAcadémie des Soences, décédé, dit*on, à Berlin, le 19 de ce mois.

Le compte rendu de la séance du 3 mars débute par la communication suivante :

M. Arago, qui, dans la précédente séance, avait exprimé le vif désir idiitdt que Tetpoir de voir démentie k nouvelle to«t k fait inattendue de la mort de M. iaoobî , annonce q«*ane lettre de BerKn ne ha a bientèt pkis permis de conserver le moindre doute à cet égard. Les sciences mathématiques, cht raateur de la lettre, ont fait une grande et rapide perte. Jacobi n*est pas mort de la maladie du diabète dont il avait longtemps soufiert, mais cette maladie parait, an dire de qwclqiies médecins, avoir contribué à accélérer sa perte. La maladie à laquelle le grand géomètre a succombé est une éruption gangreneuse (petite vérole noire); il laisse sept enfants et aucune fortune.

Paul APPELL.

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