UNE PRÉTENDUE SOORŒ DE TACITE
que les nombreux artides et brochures auxquels il fait suite, il n'apporte û solution 5Ûre du problème. A qui doit-on imputer Tinoendiede BômeP Quoique M. Profuiûo ait tout mis eu œuvre pour établir la culpabilité de Néron , il ne la pas établie de &çon indiscutable; et ce que AL Boissier, il y a quelques années, rendant c(»npte de cette polémique, affirmait ici niéme^^^ tout récemment M. Andresen a pu Taflinner de nouveau ^^ après avoir lu le livre de M. Prolumo : nous en sommes toujours réduite à Imoertitude de Tacite, forte an iolo princifis, ineertum^^^; à moins toutefois, ajouterai-je, que nous ne voulions prendre en considération une troisième hypothèse, — celle qui, désignant les incendiaires parmi les chrétiens , a été le point de départ de toute la querelle ^*^, — et compliquer ainsi notre embarras.
Mais il serait injuste de constater amplement que M. Profumo a £iit une nouvelle tentative iofiructueuse pour résoudre tme question sans doute insokd>le, et de passer outre. On trouve dans cet ouvrage, oomme rindique un titre dont les promesses sont anq)lement tenues, un examen critique de tous nos témoins, en particdiier de Tacite , avec l'analyse minutieuse, non seulement de Tinoendie et de la persécution qui lui fut connexe , mais encore des principaux événements à peu près contemporains, les affaires d'Arménie et la conjuration de Pison, c est-à-dire l'analyse des trois grandes narrations qui remplissent presque le quinzième livre des Annales. Ces <hssertatiofis abondantes ne manquent jamais d'intérêt, bien que, prises dans leur ensemble, elles ne.réussBsent pas à nous faire accepter comme certaine la conclusion de l'autou*, et bien que, sur le point spécial que chacune traite, le plus souvent elles ne soient guère convaincantes. Par exemple, on se refuse à croire que Tacite, pour corser la conjuration de Pison, ait à dessein confondu deux complots distincts et sans rapports, celui des civib en &veur de Pison et celui des mditaires en faveur de Sénèque^^^. Sur les historiens anciens de Néron, M. Profumo émet beaucoup de conjectures et d'appréciations qui ne sont pas d'ac(X)rd avec l'opinion commune. Cest ainsi quli tente de prouver que la publication de l'ouvrage historique de Cluvius Rufus , comme cela était arrivé pour ceux de Sénèque le Père et de Pline l'Ancien , fut posthume et n'eut lieu que sous Trajan, après la composition des Histoires et avant celle des Annales de Tacite ^^l Les plus graves de ces désaccords ont naturellement pour cause la préoccupation d'oter toute
^^^ Journal des Savants, 190a , p. 167. (•^ Carlo Pascal, L'incendio di Roma e
^*^ Wochenschriftfàr klassische Philo- i primi Cristiani, Milano, 1900. logie, 1905, coi. 638. ^*^ P. i3oet suiv., 498 et soir.
(') Ami., XV. 38. (•) P. 79, note. .