‹ Journal des savants (volume 2)Chapitre 37 sur 130 · LA FRONTIERE D'ARGONNE. IW · texte numérisé non relu

LA FRONTIERE D'ARGONNE. IW

Les pièces justificatives que MM. Stein et Le Grand ont jointes à leur dissertation forment, à eÛes seules, un dossier d'environ deux cents pages; on les a recbercliées^ittrtoM, dafeis ie^ '^Bretsê^ collections de la Bibliothèque nationale; aux Archives nationales, dans les layettes et les rc^^îstres du Trésor de» Chartes « dans ks rjegistres du Parlement de Paris; à la bibliothèque de rinstitot, dans la collection Godefroj; à Chantilly, dans les archives du Musée Condé; aux archives de Meurtheet-Mos^e, aux archives de la Meuse, arux archives de G3érmont-ea-Argbnne. If est à peine nécessaire d'observer que rétablîsseknént de ces textes et le soin qu^on a mis à les recueilfir sont dignes de rhabHétë avec laquelle les auteurs les ont utilisés.

Grâce à eux, nous savons à quoi nous en tenir sur cette question qui, en réalité, o a été posée qaime seule fois au mcyen âge, et que les rois de France, au cours des temps modernes, ont longtemps laissée sans sokrtion* EHe n a préoocapé ni les derniers descendants de Ghariemagne, ni les premiers snccesseors de Hii^oes Capet , trop feiUes on trop peu avisés pour chercher à rectifier, dans fArgonne, la frontière de leor royaume; Philippe Auguste et Blanche de CastiUe, occupés à lutter contre les Plantagenets, menacés par les révoltes de leurs grande vassaux; n'ont pas eu le loisir de porter leurs regards de oe côté. Saint Louis, qm k la fin de son règne s'est troofvé tout puissant en faœ de f Empire désorga^ nisé et sans chef, aurait pu, s'il lavait voulu, faire en Barroîs, en Lorraine, dans le Luxembourg, de bien autres conquêtes que cdle de ce petit domaine; mais poor le malheur et pour la gloire de son pays, fl a préféré an rMe de conquérant oehn d'aribitre; le seul qui convint à ses idées de justice et à sa piété. Son petit-fils Philippe le Bfà a bien formé le projet de s étendre à fEst, mais, entouré d'eanenûs, il n a jamais eu les mains libres pour une action décisive contre les empereurs. On cooipnoid que pendant la guerre de Cent Ans les rois de France n aient guère songé à TAjrgonne et à ses défilés, dont personne alors ne soupçonnait Timportance. François 1^ et Henri II ses seraient (vcdontiers emparés, s'ils avaient pu le faire par une action judiciaire, mais un si modeste enjeu ne vdait pas les malheurs et les dangers d'une guerre. Plus tard, aux jours des grands règlements de comptes, le Qermontois est revenu à la France avec tout le reste; cette petite annexion, qui s'était fait attendre si longtemps, a certainement été l'un des £ûts les plus natlirels et les plus inévitables de notre histoire.

ÉuB BERGER.

200 G. PAIUSET.

Page 1