LA FRONTIERE D'ARGONNE
par sa seule existence le perpétuel renouveHement des actes de violence et des procès. MM. Stein et Le Grand sont bien fondés à reprendre d aussi loin la question , puisque les avocats du xvf siècle ont cru devoir en faire autant; étudiant dans son ensemble ce conflit dont un incident a été traité naguère, avec beaucoup d'autorité, par M. Julien Havet^^^ ils examinent un à un tous les textes relatifs aux limites de la France et de l'Empire dans le haut bassin de TAisne.
Dès le xii' siècle, sinon auparavant, la frontière est formée, de ce côté, non par la Meuse, mais par la Biesme, petit affluent de droite de l'Aisne, qui arrose TArgonne méridionale; c'est cette rivière qui sépare les diocèses de Ghâlons et de Verdun.
Dans une enquête ordonnée par saint Louis , les commissaires royaux déclarent ne pas avoir à se mêler d'un fait qui s'est passé sur la rive droite de la Biesme. Un peu plus tard, en 1288, l'information prescrite par Rodolphe de Habsbourg aboutit au même résultat, en établissant que le Clermontois relève de l'Empire. En ]3oi, le comte de Bar reconnaît tenir en fief, de Philippe le Bel , tout ce qu'il possède dans le Barrois en franc alleu, « par deçà la Meuse vers le royaume de France »; c'est la constitution du Barrois mouvant, qui dès lors releva sans contestation de la France; or le Clermontois, cédé en fief dès 1 1 34 au comte de Bar par l'évêque de Verdun, est resté dans la mouvance de cet évêcjue; ii n'appartient donc pas au comte de Bar en franc alleu et n'est pas transporté par lui sous la suzeraineté du roi. Philippe de Valois, ie dauphin Charles , Charles VI puis Charles Vil reconnaissent le fait sans protester; l'occupation des châteaux de Clermont et de Vienne par Charles V n'est que temporaire, et s'il subsiste une incertitude sur les liens qui rattachent ce petit pays soit à la France , soit à l'Empire, elle est voulue, sans doute, k la fois par les habitants et par les souverains, qui n'ont pas intérêt à la supprimer.
C'est seulement sous François l* qu'on voit apparaître « au sujet de cette frontière, une nouvelle théorie; en 1 53a, les habitants de Rarecourt, localité du Clermontois, prétendent qu'ils sont du royaume, et trois ans plus tard cette opinion fait la matière d'un nouveau procès.
En fait, personne alors ne savait au juste où l'on en était, et on^^omprend fort bien que Claude de La Vallée ait pu, en bonne coûsdence, faire appel au Parlement de Paris d'une sentence rendue par les gens
^*^ Julien Havet, La frontière d'Em- l'École des Chartes, 1881, p. 583-4a8;
pire dans TArgonne', enquête faite par réimprimé dans les OEavres de Julien
ordre de Rodolphe de Habsbourg, à Ver' Havet, tome 11, Paris, 1896, p. igS-
dun, en mai i288 (BiblioUièque de ^45).
Id8 BUeUBROBIL
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lemenl; ies «denk parties se soat effisoneées (TéUbUr leiini drotis par fesa- BDen d» teaàes iustorkpi^s loéiDe les plus anciens. 0 £iiit \ùhr mvee cpîel soin, en il38, TaTOcat génàni iaatjnes Cappei, reprenant pour ie compte dn roi rargomenUlîoii des appdanU , recherehe les TÎeox tndtéB et les chartes du moyen à^; H commence biavement sa démonstration par le traité de Verdun; au cours de son pfaâdojer^ il allègue un honvmage de la seigneurie de Oemumt^ dont fl ses! &it délivrer eipédition par la Chambre 4k5 Comptes; par malheur le nom lalin de Clma Mêtu, sur teqad A s'appne, désigne, dans cette pièce, non Cl«*mont-en-Argonne, mais Glefmont-en-Bassigny. Ce nest là qnune erreur pardonnable, et dont |dns d'an savarit, même à des époqpies moins recuiées, aurait pu se rendre eoo^aUe.
On était alors en 1 538; Glande dt La Vallée était moit; «étaient ses héritiers et leur a^roest qui soutenaient les prétentions de la fiemille. LaTOcat da duc de Lorraine répondit^ leurs argumeots par des preuves nombreuses, qui n^étaienl pas mai choisies, et mdgpré tout il ne semUe pas bien sÛr de son &it Dans les Etats du duc de Lorraine, on 4tait tout aussi décidéà ia résistance , mus moins correct , et fon navait pas attendu f ouvertore des débats pom* donner à Bar une sorte^le fieuve 4iti le Parlement de Paris était irrévérencicuwment bafoué. Dans une anascarade , qui se promena par les mes^ on rit figurer un personnage burlesque^ représentant le pmnier président, suivi de plusieurs autres, montés sur des ènes, et dans lesquels on pouvait sans peine reoonnajtre les gens du roi. ■ Puis sarvançaieot ies oosKeillers avec l^irs robes longues et leurs chaperom à bomrelets, -précédant une charrette conduite par le fou de la ville de Bar^ monté à califourchon sur le Umonier. En oette cfaamette se tenait une fonmie wêlnede deuils accompagnée de sa chambrière : c'était, soi-disant^ la veuve de Claude de La Vattée. Elle tenait à la main quelques papràrs et une bourse queile offirait aux gens du j^uiement*» pour donner a entendre que les juges de Paris avaient été corronupus. • Oe d^mertiMeaient d un goât douteux et les cur rieuses plaidoiries de Jacques Cappel et de son adversaire ne Airent que rentrée en matière d*Hi intermindUe procès. Nous ne mimons pas jusqua la ém cette longue quenelle; flend U lui-même^ après la conquête <îes Trots-Épéefaés^ n a pas réglé la question dn Clumontofs , et ceuK qui nous en font aujourd'hui un exposé aussi savant qu'intéressant , pour en Ifoover la sololîon, sont ob^gés de descendre, au cours des siècles, jusque Bjchdieu et Charles IV de Lorraine^ jusqua Maxarin et au Grand Condé.