LA POLITIQUE DU GRAND ÉLECTEUR. SW
cours de publication depuis 1889 (4 volumes), et les Urkanden and Actensiacke zur Geschichte der inneren Politik (un seul volume paru en 189S). L'histoire définitive du Grand Electeur ne pourra être écrite qu'après l'achèvement de ces trois collections, et elles sont menées avec une telle lenteur qu'il faudra sans doute attendre encore bien des années.
C'est pourquoi M. Martin PhiKppson a rendu grand service en esquissant dès à présent une synthèse provisoire ^^^ Le travail a été plus long qu'U ne pensait. La rédaction a duré près de sept ans. L'ouvrage ne devait avoir que deux volumes : il en a pris trois. Les documents imprimés ne suffisaient pas, et bien souvent, surtout pour la seconde moitié du règne, l'auteur a dû faire de, longues recherches d'archives. Mais, pour la première fois, on possède maintenant une histoire du Grand Electeur qui n'est pas seuletnent une histoire diplomatique. M. Philippson a étudié dans leur développement successif, au cours d'un règne long de quarante-huit années , toutes les institutions de l'ancien Etat brandebourgeois : la oour, f administration , la justice, les finances, la colonisation intérieure, l'industrie, le commerce, les voies de communication , les postes, l'agriculture, les villes, les classes sociales, la religion et les églises, l'enseignement, l'armée, la iharine et les colonies; il a raconté les luttes du prince contre sa noblesse et les Etats provinciaux, à leur moment chronologique, entre la diplomatie et les guerres, et ainsi il a pu faire apprécier, dans toute sa complexité , l'œuvre historique du Grand Electeur. ^
Une comparaison souvent feite^^^ veut que le règne du Grand Électeur au xvif siècle (de 1 6ào à 1 688) soit « comme le prototype du règne de Frédéric II au xvnf* (de lyào à 178G). Sans doute; il est exact qu'on « retrouve des deux côtés la même disposition générale des événements et tm curieux parallélisme des époques de guerre», mais cette « étonnante concordance » n'est vraie que si l'on considère les deux souverains dans leurs rapports a(vec l'étranger. À l'intérieur, la différence est grande. Fi'édéric II conquiert dans sa politique extérieure, par ses guerres et sa diplomatie, une gloire etiropéenne; il double l'étendue des terres prussiennes. Mais , ^our en arriver Mk . il a dà , pendant "de longues années, tendre jusqu'à l'eitréme limite tous les ressorts dei*État. En en usant ainsi, ill'a usé. Lamachîne se détraque. L'œuvre de Frédéric II est
(*J Martin Philipmon. Der Gr-oiie 44^ et v-5i4 pages. T. I*' : de i64o à
Karfàrst Friedrich WHhelm von Bran- 1660; 11 : de 1660 à 167g; 111 : de 1680
(fenfror^. Berlin, Groiibacè,i8j)7, 190a k 1688. et 1903, 3 volumes in<4* dtf vn-453, ^*^ Waddington , t. I, p. 94.
im G» PARISET,
comparable à ceile de Mazarin on France : brillants succès au dehorst, désorganisation au dedans. Tout au contraire, le Grand acteur FrédérioXjuillaume a été, par a]U)ellenoe, un d^andsatràr* Suivant son énergique déclaration aux Brandebourgeois en i65o^^^ il a voulu faire de tous ses États « également les naembres d*un setd corps : ^kicKsam membra unius capitis ». Et c'est avec raison qu'au début de sa condiuâion, lorsqu'il dresse en raccourci le bilan du rè^, M. Philippson appelle Frédéric-Guillaume « le fondateur et le créateui* de TÉtat prussien», et quil énumère d abord «la puissance brisée des États provinciaux, Tunité administrative, les réformes financières systématiqueiSaent ooor^ données, Tannée instituée sur des bases solides et permanentes ^^^ ».
Aussi estril permis de regretter que M. Waddington, revenant en arrière de M* Pbîlippaon, à la tradition de Pufendoif et de Droysen, nmi voulu se placer qu au « point de vue des relations extérieures •. E sest du reste si bien rendu compte de Timportance des affaires intérieures sous le Grand Électeur, qu'il leur a consacré une longue introduction, pleine de faits et pourtant très daire, qui sera pour lô lecteur français une des parties les plus instructives et les phis nouvelles du volume. Oserons^ous dire, toutefois, quil ny a là qu'un expédient, et qui n'est pas très historique? Est-ce donner de la réalité une idée conforme aux faits que de grouper, en un tableau d ensemble « des réformes dont révolution a duré un demi^âède, alors que surtout, après qu'oip est arrivé trop vite à la fin du règne, on en recommence le récit, niinor tieusement, pour les affaires extérieures? M. Waddington na donc pas donné l'équivadent français du livre de M. Philippson. Mais pour toutes les parties communes entre les deux historiens, id soutient sans désavantage la comparaison avec son prédécesseur. « Les trois volumes récents de M» Philii^son, écrit-il ^^^ mont souvent donné ta regret de nétre pas venu avant lui : par leur netteté , leur comâsion et i^ sdidilé, as constituent une de ces œuvres qui approchent du définitif, qui s imposent presque au lecteur, et dont on ne saurait dire « après les avoir eues sous les yeux, si elles vous ont plus gêné que servi. » L'éloge nest pas exagéré : il est aussi celui de M. Waddingtonlui^mâme,
Le premier vcdun^e de Thistoire du Grand ÉlHtétir FrédérUhGmUaame de Jurande fcourj sWête en l&6o , et c'est en > 660 que ooounence le travail publié par M. Pages» qu^^ueci semMaes avant la livre de M. Waddington; de sorte qu'il est dès maintenant possible, sans l'aide allemande
(*^ Urkanden a. Actenstuckç^ , X. X, l'^ Fb^ippSoii,^, fli, pi A99.
p. igôçt^fqÎY* ^'^ ï. Ijp.^iii,