‹ Journal des savants (volume 2)Chapitre 50 sur 130 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

Nous avons pu voir à Paris, en i883 , une admirable coupe dor sur laquelle la Vie de sainte Agnès était représentée en émaux translucides, d'un dessin rappelant tout à fait le style des plus belles miniatures des manuscrits de Chartes V et du duc de Berri. La perfection du ti'avail et la modicité du prix qu on en demandait étonnèrent les conservateurs de nos musées et les empêchèrent d'en faire Tacquisition. A leur défaut, le baron Jérôme Pichon Tacheta pour une somme supérieure de très peu à la valeur du métal. Il avait eu la main heureuse : des recherches habilement conduites lui firent découvrir que la coupe, venue directenient à Paris du couvent espagnol de Médina de Pomar, avait été donnée à ce couvent au commencement du xvii* siècle par Juan Velasco, duc de Prias et connétable de Castille, lequel Tavait reçue en cadeau de Jacques I**, roi d'Angleterre, à l'occasion de la signature d'un traité de paix conclu entre l'Angleterre et l'Espagne. L'authenticité de la coupe était ainsi mise hors de doute. C'était un merveilleux exemple de ce que les meilleurs orfèvres parisiens pouvaient exécuter il y a plus .de cinq cents ans.

Le baron Jérôme Pichon était si heureux de voir une aussi belle pièce dans son cabinet qu'il aurait voulu ne pas s'en séparer ; il offrit cependant de la céder au Musée britannique pour un demi-million ; mais le prix parut excessif, et la coupe dut rester quelques années à Paris. Ce fut seulement en 1891 que le possesseur se dwida à accepter a 00,000 fr. offerts par la maison Wertheimer de Londres.

Le conservateur du Département des antiquités britanniques et médiévales du Musée britannique Sir Augustus Franks, qui avait été mêlé aux négociations engagées avec le baron Pichon, voulut pix)fiter

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