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Cartk ï. — Océan Atlântii)tie austral.
On admettait qu'il existait entre Sainte-Hélène et la côte d'Angola une île qu'on appelait « Nouvelle-Sainte-Hélène ^ (carte a ). Elle figure sur toutes les cartes marines du milieu du xvn* siècle. Les dires d'un maître charpentier nommé Lodewijk Claassen , qui résidait à Batavia vers i66o et qui prétendait y être allé deux fois, contribuèrent à accréditer l'opinion courante. Les Portugais passaient pour en être les maitres.
Bien que déjà en 1667, ^" ^^ novembre au 6 décembre, le navire Maria feût infructueusement cherchée ^^\ îes directeur^ de b Compagnie des Indes Orientales envoyèrent au commandeur du Cap des ordres pour
^*^ Leibbrandt, Précis of the Archives of tke Cnpc of Good Hope, Joarnal m2-i61&, p. 4-5.
^^ Rieheeck's Joamtd, II, p. 102. — Un voyage d'exploration a mèitie peutêtre précédé cefiiî de 1657.
272 HENRI DEHERAIN.
qu'il fît préciser la situation de cette île et la fît conquérir sur les Portugais, avec qui les Provinces-Unies étaient alors en guerre.
Le 6 mai 1660, la flûte Loenen part du Cap; Thydrographe Pieter Potter a mission de dresser en cinq exemplaires la carte de toutes les terres qui vont être découvertes. Mais, le 28 juin, le Loenen rentre au Gap « sans avoir découvert la moindre trace de Nouvelle-Sainte-Hélène » ^^K
Cet échec confirmait les doutes exprimés par quelques vieux capitaines de navires, qui pensaient que cette île était imaginaire ou placée à une latitude inexacte.
En i663 cependant la tentative est renouvelée. Le 6 août 1661, un traité de paix avait été conclu à La Haye entre le Portugal et les États généraux des Provinces-Unies, mais les ratifications mutuelles subirent de longs délais, si bien que les directeurs de la Compagnie hollandaise des Indes mirent à profit ce retard « pour voir s ils ne pourraient pas s emparer de cette ile » , de même qu'ils avaient conquis précédemment sur le Portugal tant de forteresses à Ceylan et à la côte de Malabar. Us adressèrent, le lU septembre 1663, des instructions circonstanciées au commandeur du Cap , Zacharias Wagenaer : la conquête devra être accomplie parla « flotte de retour » qui passera au Cap au commencement de i663; une fois les Hollandais maîtres de Nouvelle-Sainte-Hélène, car il est invraisemblable « que les forteresses de cette île soient capables de repousser Tattaque de la flotte ■ , le sous-marchand Roeloff de Man , actuellement « second » au Cap , y sera nommé commandeur ; la nouvelle possession sera occupée par une garnison de 5o à 60 hommes et munie d'artillerie , de munitions et de vivres.
Le 18 mars i663 l'amiral Harman Van Odessen arrive de Java au Cap à la tête d une flotte de onze navires. Les ordres des directeurs de la Compagnie lui sont communiqués et le 8 avril la flotte part en guerre. Mais le i"juin, le Velthoen, une galiote qui raccompagnait, rentre au Cap et les officiers annoncent que Tamiral Van Odessen a croisé jusqu'au 27 avril sans découvrir « Nouvelle-Sainte-Hélène »^^K
Incontestablement cette ile était imaginaire, et pourtant les géographes hésitèrent longtemps à se rendre à l'évidence. Si Coronelli, tout en la laissant sur sa carte de 1687, ajoute cette légende dubitative : «Nouvelle L S. Héleine que plusieurs disent estre imaginaire » ^^^ , Joannes van Keulen la maintient encore sur sa « Nouvelle carte marine » , qui est
^'> Leibbnnd\ , Précis of the Archives ^*^ Journal 16621670, p. Ay, Ag et
of the Cape of Good Hope, Letters des- 57.
palched 1652-1662, 3 vol. in-8". Le '^^ Route maritime de Brest à Sium et
Cap, 1900, IJlip. 172-173, 180. de Siam à Brest faite en 1685 et 1686