SAINTEHELENE AU XVII* SIECLE
postérieure à lyoo^^^ et il faut descendre jusqua la « Carte de TOcéan méridional »f dressée par Lemoine en' i y 38, pour la voir franchement disparaître ^^^
Déçus dans leurs recherches , les directeurs de la Compagnie hollandaise des Indes Orientales se flattèrent de lespoir que larchipel Martin Vaz, qui est situé près de la côte du Brésil et sur lexistence duquel on n avait pas de doutes, pourrait servir de point d appui à leurs flottes. La mission dy établir un poste fut confiée à lassistant^^^ George Frederik Wreede, un agent originaire du Lunebourg, en Hanovre, qui était arrivé au Cap en 1 689 ou 1 660 et s y était signalé par la composition dun vocabulaire hottentot-néeriandais, lequel^ envoyé à Amsterdam en novembre 166 3, fut par malheur égaré avant d avoir été imprimé ^*^.
George Frederik Wreede partit du Cap le U février i665 sur le Pimpel, commandé par Jochem Jacobssen Hoogenhœck. Du 18 au 28 mars, le Pimpel resta sous voiles en face des trois ilôts qui composent l'archipel Martin Vaz. La carte sur laquelle G. F. Wreede en dessina le profil et les côtes est conservée aux Archives royales de La Haye^^^. Des trois îles, celle du Nord et celle du Sud nont respectivement que trois hectares de superficie; celle du milieu en mesure vingt-cinq. Sans débarquer, Wreede reconnut qu'elle était rocheuse, partiellement couverte de broussailles et défendue par une barrière presque continue de récifs. Il chercha d autres îles dans les mêmes parages, arriva inopinément sur la côte du Brésil (carte 2 ) et rentra au Cap le 1 9 juin 1 665^^1
selon les remarques des six Pères Jésuites envolez par le Roy de France en qualité de ses mathématiciens dans les Indes et la Chine, Paris, 1687.
^'^ Nieuwe wassende Graadigc Pas Kaart van de Kust van Guinea en Brasilia. Service hydrographique de la Marine, Archives, portef. lai, division a, pièce 3.
(') Carte réduite de l'Océan méridional dressée au Dépôt des plans et journaux de la Marine en il 38, sur laquelle on a rapporté les routes de divers navigateurs . et comparée avec la carte hollandaise de Picter Goos. Service hydr. de la Marine, portef. lai, division 3, pièce 5^ Cette carte est signée t Lemoine» et porte la mention : « Nouvelle S. Hélène suprimée • .
(^^ Grade inférieur a celui de sous-
marchand dans la hiérarchie des fonctionnaires de la Compagnie hollandaise des Indes Orientales.
(*) D'après M. G. Mac Call ïheal il parait probable que ce répertoire lut prêté à rhistorien Ludolf , rauteur de YHistoria Mthiopica, et figurait encore dans ses papiers, à sa mort, en i^jok. History of South Africa ander the administration qf the Datch East India Company, a vol. in-8% Londres, 1897. I, p. 139.
^*^ N* 1 13. Kaarten van de klippen van Martin Vaz, Sur cette carte figurent quatre croquis : 1 . Profil des trois iles Martin Va»; a. Profil de Tîle principale; 3. Côtes des trois iles; i. Côtes de Tile principale. Dans le coin droit du croquis a on lit : t G. F. W. fecit •.
<•) Journal 1662-1670, p. i38, i46.
mmiiiiftii: «atiouali.
27 il HENRI DEHÉRArs.
Nonobstant ces constatations peu favorables, les directeurs de la Conir pàgnie hollandaise des Indes envoyèrent ,• trois ans plus tard, W recède, qui avait été promu sous-marchand, explorer de nouveau larchipël Martin Vaz. Wreede partit de Delft sur le Grnndel, le 3 décembre 1 668. Cette fois il réussit à débarquer dans Tîle principale , maife son impression première ne fit que se confirmer, et quand il arriva au Cap, le îi5 avril 1669, il déclara que décidément larchipël Martin Va» était impropre à rétablissement d'une station permanente ^*^.
IV. Nouvelle-Sainte-Hélène était introuvable, Martin Vaz dépourvu de toute? valeur économique; d'un point descale, seule dans l'Atlantique méridional , l'ancienne Sainte-Hélène présentait les conditions reiquises. Les directeurs de la Compagnie hollandaise des Indes Orientales décidèrent de la conquérir.
Dans l'opinion des marins, ce projet ne passait pas pour irréalisable , ainsi qu'en témoigne vme singulière ouverture que reçut Colbert dans les premiers mois de 1671. Un marin anglais^ nommé Skinner, qui avait des griefs contre les directeurs dé la Compagnie des Indes, ses compatriotes, fit, sans se nommer, proposée à Colbert, par l'intermédiaire d'un certain Lafeljère, de conquérir l'île pour le compte de Louis XIV. Colbert, qui, dès la fin de 1669, avait des vues sur Sainte-Hélène, ainsi qu'en témoigne un passage des Instraciions à M. de La Haye, lieutenant général dans les Indes Orientales ^^\ demanda des renseignements détaillés sur l'entreprise. Lafeljère ayant refusé de s'expliquer avant )a signature d'un traité, l'affaire n'eut pas de suite ^^^ Mais qu'un pareil coup de main en faveur de « la couronne des lys » ait pu être sérieusement proposé par un aventurier, c'est la preuve qu'on tenait Sainte-Hélène pour faiblement défendue.
Telle fut évidemment l'opinion des directeurs de la Compagnie hollandaise des hîdes Orientales, puisque, profitant de la guerre qui éclata en avril 1672 entre . les Provinces-Unies d'une part et Charies II allié avec Louis XIV d'une autre, ils tentèrent cette conquête.
Le i3 décembre 1672 , une escadrille composée du Vrijheit, du Zwaentje, du Caitenburg, armés de cent huit pièces de canon, et de la flûte le Vliegende Zwaan , de seize pièces, quittait le Cap de Bonne-Kspérance sous les ordres du commandant Jacob deGeus^^^
'f'^ Joarnal £6621670, p. 173, 276. séries, i61i , \n^\ Londres, 189^,
^^ Papiers, lettres et instractions de p. 3i6. ' — Les Papiers, lettres et in-
Colbert, publiés par Pierre Clément, structions de Colbert ne coniïenneni an-
10 vol. in-8*, III, 2* partie, p. 469. cune trace de ces propositions.
^^^ Calendar of State papers. Domestic ^*^ Leibbrandt, Précis of the Archives