DEUX TEXTES RELATIFS À LA MINERVE DE PHIDIAS
î)ewk textes relatifs à la célèbre Minerve chryséléphantme du Parthénon, l'un de Pltitarque, l'autre de Cicéron, ont donné lieu à de longues discussions et à des interprétations variées. J'essayerai, dans cet article, d'en fixer le sens.
L\ MWERVie m PHIDIAS. ^?7
La 6taAlie<de h déesse,, .que les Grecs ^ppel^nt jh )y)u<rQfv jy^^, tétait r«Buvre de Phidias; ^peraoripe ne i-^ reootteaté, «i «cbc^ les j^icie^s, loi Gb<)z ies axM)dQrRe$. M«^, eo dohors de cette l^ditiom conajtar^te, y âMaitHdiune pièoeiqui t|ràt eQ foKuwr uxie $itCQuvç aiitbenUquePMqvis ;<i'«p ^eoniiAiaaciiks qulm^ aepJe, qpuî QSit -cUée par tRlutorque ; Ô ^ <b(fl^ a^-
•^<^pcir7«f ^^. ^oinopteoçons |)ar éfC^iTtorii^ie emevir de çens,^ a pa^ dam la traduction isn\m^ <de i)édHiQii «CUdot : m i^ua ooluH^m ^ ^ejus unoiotGRi inscr^H. Téypai^ est mi «pas^iif et non au aiioy<Qn > Phidias ^^ »îii5crà «UT lia etèje CQinfne fauteur rde f{a statue. Mais quqlie était oette ^(WAdr -doui >parie f^utuvque? CHfi>ed iMteiJer avait eatendu Ja rt^de s^r iaqu^le qq %i«oriYiitt les icomfM^es tdes 4éf)ien3ea p^Uiquea. J^aoï^-Hoohette objectait iqwi'il aidait ifaliu ^<r14^Yi sans ai^tide; ii juge^ôt que le ^sees le fllus jiatuFei était ^celui ique Re^ak/e axait admis : 4e nom 4t^t gravé sur :1a ibase niéi»e de ila statue^^. Cette interprétation JCut gémépajieiinont aoo€q|)tée;; noufi la i^eiirouvQnô à ^a fois.dans Jattraduction dePiesrron : « le nom de laittiate est .gravé aur lie aocfie » et (dw3 lUn .article (que Illùller-Sti»ibing piiblia en iMa aur le procès rde Phidias^^ UnedéoQU- ^veiTte arobéologique suggéra une variante -ingéiiûeui^. Ëp 1880, on f^xi au jour à Athènes '«oe statuette ide «narhre i)laQC «^e iqn PeQQOOMt 9omBQe une iréduotion ide i'Atfaénaide Phidias , népoodant as^ep ei^actement aux.deacriptiws queues .anciens nous .avaient iais^éïeï*^*^ JEJie ^portûit la •scuUit'ion dlun problème t^cbniqiue. qui. aviait vivemeutipréocjeupé le8;artiates et les archéologue^. Comment de «squlpteui .aivaiiiUrf^t •pour. que le Ibra^ 'droit de iaidéesse, tendu. en avant, pût ean qutre sup- )poiTtenle^poids4e)la Victoire en or de ^uatse coudées qidlelle twait«d%ns Ja main? On vit, non sans quelque surprise, que c était de la manière ^}a ipàus>sifqple-: QU)fait9ant jreposer le jatras«sur tune^o^qnne. )ion.ixH>ins simtplement, (Hejideiaann -^^rwt ly prouver l^xplication de ija phrase de BJu- Éarque; la jrlffhfi idont ipaiîle tlauieur in'eat autve ique rla (Ccdoitfie sur lûifuelles appuyait le. iw-aside la dée^^^, tel c'eatfta «quêtait gcavé le nom «detPhidias^).
•Maisrtel inleet jpas le â«os «des jmots : mHà^ivAuv^p tSnpâfm^^ 4v f%^ fçflff^ iilvai-yéyp97r1ixi. 4i iPlutai^ue axait voulu rpaffier dn^e imimptioïi^owm^ f?eUeiqued*on.voft sur un g];andnomiine de «bases rdcista tues «Qt que i'on
^^ ^PhxUiich, , JRmcl , |3. *^ HiBUViçttc, Ji^Ufflin 4^ .cfinespoR-
'*^ Raoul - Rochelle , Mémoires de dance hellénique, 1881, p. 54; CoHi-
tAcad, (les Inscriptions , t. ^7, P- 127. Jjrnon, Histoire de la scnlpture grecque,
'^KJahrh. fiir ckss. «PWoî., .i88a, t. 1, cp. àii,<(ig. a?^.
p. 2 1 8. (*^ /«Kifi. Mmeam , 1 883 ,^p. Ô 1 1 .
appelle, plus ou moins juslenient, la signature du scuipteui% il ne se serait pas exprimé de cette manière. La phrase signifie qu il y avait une inscription gravée sur une stèle , dans laquelle figurait accessoirement le nom de Phidias, comme étant fauteur de la statue. Otfried Mùller avait approché du sens , lorsqu'il supposait que cette pièce contenait les comptes des dépenses faites par f Etat. Michaëlis, qui a eu raison de le suivre dans cette voie, a cherché a préciser davantage, et il a supposé que ces comptes de dépenses étaient ceux des épistates^^l On appelait ainsi une commission de plusieurs membres qui était chargée de surveiller f exécution d une œuvre publique et s'occupait principalement de la partie financière. C est ainsi qu'il y eut une commission d'épistates pour la construction du Parthénon , une autre pour les Propylées. Il y en avait une également pour fAthéna chryséléphantine ; nous voyons dans une inscription qu'une année les épistates reçurent des trésoriers de la déesse une somme de cent talents, et qu'ils en employèrent la plus grande partie à acheter for et l'ivoire nécessaires à la confection de la statue î^l L'explication de Michaëlis était donc conforme au sens de la phrase de Plutarque et assez vraisemblable en elle-même. Mais des découvertes ultérieures ont montré qu'il s'était trompé en identifiant la stèle de fauteur grec avec les comptes des épistates. Ceux-ci, en effet, étaient rendus annuellement, et nous connaissons maintenant trois fragments qui appartiennent à des années différentes. Ils n'étaient donc pas gravés sur une seule et même pierre , ce qui serait nécessaire pour répondre à l'expression ») crltfXv au singulier. De plus, dans l'un de ces fragments, f intitulé est conservé au complet, et le nom de Phidias n'y figure pas; voilà un fait matériel qui empêche d'accepter l'opinion de Michaëlis.
H dffXv , avec l'article défini et sans autre désignation , ne peut être qu'une stèle unique , contenant une inscription assez connue pour que le lecteur sût immédiatement de quel document il s'agissait. Or, il y avait une stèle de ce genre dans le Parthénon. Elle figure même dans trois fragments d'inventaires parvenus jusqu'à nous ; mais ceux-ci étaient incomplets et cette mention n'avait pas été reconnue. Koehler est le premier qui a réussi, en rapprochant ces documents mutilés, à rétablir la partie essentielle de la phrase. Dans les deux inventaires de 385 et Syy, immédiatement après les noms des trésoriers , était gravée une ligne que Ton peut reconstituer de la manière suivante : [kyaXfJLa rb /^pvavSv rb
^*^ Michaëlis, Parthénon, p. 38. = Corpus inscr. attic, t. l\\ i, p. i46;
'ï Bail, decorr. kellén., 1889, p. 171 cf. p. 1^7 et t. I, n. 299.