‹ Journal des savants (volume 2)Chapitre 80 sur 130 · UN RÈGLEMENT MINIER SOUS U EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

UN RÈGLEMENT MINIER SOUS U EMPIRE ROMAIN

Il y a trente ans, on a trouvé dans les mines de cuivre d'.\ljustrel , en Portugal , une plaque de bronze portant au recto et au verso une in-

SAYANTS. 57

us. R. CAGNAT.

scriptîon latine. ËUe a ùit Tobjet de plusieurs publications^ et le Joaruai des SommUs n'a pas manqué d*en parfer (^. Tous les éditeurs j ont reconnu une loi relative à Texplaitstioin de la mine et à 1 administration du territoire Oii cdle-ci était située« Mais il résultait du texte luinnéme que «tte table n'était point isolée et était autrefois complétée par plusieurs antres, où figurait le reste du règiement. Un heureux hasard vient de nous rendre im nouveau finagment du document.

Cette année même, le 7 mai, M. Burthe, ingÀneur de la Société des mines , découvrait, sous une couche de scories d'époque romaine , une plaque de bronze couverte , elle aussi , de lettres latines. Il en prît une copie qu'il envoya à son ami et cofiègiie M. BabinskL Oehâ-cî la transmit à M. fiem^, professeur an lycée Lakanal , lequel la communiqua à son tour à M. Perrot. En attendant que les savants portugais donnent une édition défmitive de la table, il nous a paru que Tinscription méritait d'être portée telle quelle sans retard à la connaissance du monde savant.

La copie de M. Burthe, sans être exempte d'inexactitudes, permet généralement d'établir, sauf rectifications de détail , le texte véritable ; les corrections sont aisées à fiure« M. Bernes nous avait déjà signalé les principales; j'en ai ajouté quelques autms. U ne reste guière plus que quelques points douteux ; j'ai eu soin de les signaler en note.

Ulpio Afiliano suo salutem ,

Si. .... Ang. praesens numerato. Qui tta non feœrit et eonoictiB erit prras consse uenam quam preiium uciii supra sciiptum est soluisse pars oocupaioiis cominissa esto et puteum umuersmu proc. metalioruai uendito. Is qui probauerit ante colonum uenam coxisse quam pretîum partis dimidiae ad ûscum pertinentis numerasse partem quartam accipito.

S a. Puteî argentan ei fonii[a] exeroeri debent qaae hac iege continetar; quorum pretia aecundum liberaiiiaiem sacraliasimi împ. Hadriani Aug. ohaervabunlor it(a] ut ad eum pertioeat proprietas partis quae ad tiscum pertinebit qui primus pretîum

S 3. puteo fecerit et sestercia quatuor milia nummum fisco intuleril. — Qui ex numéro puteorum quinque unnm ad uenam perduxerit in ceterîs sîcut supera scriplum est opus sine întennissione facîto ; nî ita feccnt alîî occupandî [ius] esto. Qui posl dîes XXV praeparationi impensarum datas opus ^'^ quidem statim facere coeperit diebus autem oontînuîs decem postea in opère cessauerit alii occupandi lus esto. Puteum a fisco uenditum continuis sex mensibus intermissum alii occupandi ius [est]o ita ut

S 4. cum uenae ex eo proferentur ex more pars dimidia fisco salua sit. — .O[ccu]patori

t'î i. Flach y Nouvelle revue historique C, I. L., 11, 5 181; Dessau, Inscnp-

de droit Jrw^çait et êtmn^r, 1878, tkmes Itxîinœ selecîae , 6S^i ; Hîrschfeld,

p. 269 et suivantes; Wibnanns, Zeit- Verwaltungsbeamten (2' édition) ^ f. ib^.

schriftfàr BerQrecht,\l}i[iS']S)p. 21'j ^*^ Journal des Savants^ mois d avril

et suivantes; nùbneret Mommsen dans 1^77» p- ^^ ®* suivantes.

VEphnn. epîgr,, Ilf , p. i65 et smyantes; ^'^ La copie porte : datis opnm.

UN RÈGLEMENT MINIER SOUS LiaiPIRE ROMAIN. 445

pufeorum socios cpos uolet habere Cceto îta ut pro ea parte cpa quîs socîns erît impensas conférât. Qui ita non fecerit tum is qui impensas fecerit rationem impensarum factarum a se conlînpp tridoç i* h$r9 freqofflâl^immo loco propositam habeto et per praeconem denun^tô Boe^s ut pro sua qtdsc^e pôrtione im pensas conférât. Qui non ita contulerit quiue quid doio malo fecerit cpominus conférât quoue c[uem c|aDfiie ei tooM kSUâ » «os p«lei pcriem ne iiabelo etcpe Dan socn soeiorcm ut fftà kûftmsaM fecerH eslo. El n[s]M4oin[s]^) qui napénMin Kctamiî m et fmteo il quo piim socîi InmBl repetendi • jogds qnod btma fide rogatam esse appameril îoi cflDu Coloaàs inler te eas qwocfc pmies pateomni quas » fisco emefîiit et prvtmni soiusfini ueiMwrB qmnti qnki potvent ncefo. Qw VÊCOÔete sssm purtein cnniicf eittere noiet mnmI pffDc, qn meiMM iRraeeFtt profesnoneni ub^ 7 aitter emcro ant uendere iie fioeto. ES qvi aflnrtci[r^ nseî enf donare partem svnm ne neelo.

S 5. Venaa tpae ad pvleoa proiafae [ijacetwint ab ortii sc^iis in ocgaaum ii qweruMi enint m oficînaa ri^iew deb^inif r (Jbb post oeeaaaoa solîs [u9]q. m o[r^t«[m] ^*) uenas a putm softoBne eomncto» erit RS 00 imimoa fisoo mferre debelo. Yeaae fbreaB si aeruoa erit proeorator eaedîlo et ea condîlkHie tiendHo ut în perpetab innGiaia fît ntue vn inoa uielMma ferrîtonsiie metalloruin moretur ; pmîfÎBni aefwi ad ouimniini pcfrtiiieto? nbemiii pfocufator cornsisalo ef bDibiia mctaifOnm ni

S 6. peipalu^u)!!! pn>lHAielo. -— Potei omnes diiîgeDter iiiiti destînafiqiie smito proqm poiri materîa eoioM» ccmiaqoe pdlei nouam edHionem Ktbpjcîto. Pilaa ant fnHiiras iîrmaniefrti caosa yeèicrtas attingwe aqt uic^are dokme mtào quid facere qnomîmis

cae piftae HiHiiraeiie firmae eî ^ sînt ne fieeto. Vi pnlecRB wlîasBe labelae-

tasae aiivlne qnîd doio malo fecisse qywuînnf îs pntefis nnniB sit eoruDetoa ént û fcnioa erit flageffia aHbitmlii proc. caesns ea conditione a doiii[i}fH> ueneat ne în atti mrtaUis mutcfin ; iiberi brnia proc. în iisenm eo^to eî fmània ca metottomn

S 7. in perpetunm înlerdieita — Qui puleoa aerarioa i^et a conîculo qui aqnam melalns sabdoœt necedîta et mm mim» qnam qaînoa denos pede» utroque latere rrlinqnîfo. (Oa]incalunt violare ne liœfo. Proe. eiploraiidi nooî taetaBi causa terwiyBiii a aunonlD agere uetuiiflilo ifa tit terw^ns non plufes latifodinia et alntndnis qnam qoatmioa pedea babeat. [Yjenam infra qnînoa denoa pe<les ei HtnH|ne latere a conîcido qnaerere caederetie ne hceU>. [Q^oÔl dfiter qnît în temagîa feebae conmctus erît aeiuus Hi^dos aibîtrata proc. caesos ea eondrlione [aj donbio Teniet ne m niiîs metailis morefnr ; liberi bona proe. m ftacima cogito et lînibi» eî me-

S 8. tanoram in MVpeliiuiii iiilefuieito. — Qm poteoa argentarioa [agetj a euiifciuo qm aqiiam nietailia sabdneel reœdîto et non mînns quam aeiagvnoa pedea ntfoqoe laliise reiinqQilo ^t eoa puteos qnos ocsen panent adûpna^MMe! aecepent m operv nli dctemnnati ci nul habeCo, née nnra ptoeeailo necie eebolas eull^flo iiene tei^ nagoa^ ita agîto esrtra finis pvieî adsignatî [vt]

On voit» à la simple lecture du tejUe, de queik importance e&t ce document pour rhistoire de Teaiploitation des mines sous TEmpire romain. Ce nVst point ici la place àe te commenter, même en quelques pi^es. H suffira, poor le moment, qulï ne reste pas inécPiL

R. CAGN.\T.

^^ La copie porte : ci u ooUnL — ^*^ kL : Ici noctiuu — ^'^ Id. : percaloâ. — ^^ La copie porte deux fois la forme ternagus par un g, deux fois temacas par un c.

Paul Wendland. Anaximenes von Lampsakos : Studien zur aéUuUn GtsckickU der Bhetorik. Festschrift fur die xlviii. Versammlung deutscher Philologen and Scfaulmaenner in Hamburg, loli p. Berlin, Weidmannsche BuchhancUiuig, 1906.

Sous ce titre collectif, M. Wendland a réuni cinq études très intéressantes sur la rhétorique grecque au rv* siècle, dont voici Ténumération : \. La lettre de Phi» Uppe et le discours en réponse; — 2. La Bhétoriqae d'Anaadmène et ses sources; — > 3. Un morceau ancien de technique oratoire (Xénophon, Mémor., 1. III, c. VI); — A, L'Eroticos faussement attribué à Démosthène; — 5. Le Discours à Démonicos.

1. La première de ces cinq études a pour objet de démontrer, d après un passage du commentaire récemment publié de Didymos sur Démosthène (col. 11, 1. 7 et suiv.) c[ue la lettre de Philippe et la réponse à cette lettre, telles que nous les lisons aujourd'hui dans le recueil des œuvres de Démosthène, sont en réalité des œuvres du rhéteur et historien Anaximène, disciple d'Isocrate. Ânaximène aurait remanié la lettre authentique de Philippe et recomposé à sa façon la réponse de Démosthène , en utilisant divers morceaux du grand orateur, puis il aurait inséré le tout dans son Histoire de Philippe: c'est de la que ces deux textes auraient été extraits pour figurer dans le recueil des discours de Démosthène. A vrai dire, le témoignage de Didymos sur ce point n'est pas parfaitement net. Tout ce qu'on en peut tirer de certain, c'est que, de son temps, on lisait, dans V Histoire de Philippe d Anaximène, un discours que l'historien avait mis dans la bouche de Démosthène et qui était « presc[ue le même » c[ue celui que nous lisons sous le titre de Réponse à la lettre de Philippe, Cela implique évidemment que notre discours est l'œuvre d' Anaximène. Mais il résulte du même témoignage qu'il y avait quelques différences entre les deux textes, et il est difficile, par suite, de ne pas admettre avec M. Diels, malgré M. Wendland , qu'il y a eu deux éditions de ce discours. J'ai grand' peine à croire , pour ma part, que le paragraphe relatif aux intrigues de la cour de Philippe, aux jalousies mutuelles de ses lieutenants, à la crainte qui régnait parmi eux^\ ait pu être inséré dans un ouvrage historique publié par un partisan de la Macédoine , probablement après la mort d'Alexandre , lorsque ces mêmes hcmunes étaient devenus les maîtres du monde grec. M. Diels a supposé que la première édition , celle que nous possédons, fut publié dans le recueil des trvfi^ùvXtvrixol d'Anaximène. Cela est possible. Toutefois, u serait surprenant que les Alexandrins se soient laissé imposer, conmie étant de Démosthène , un discours qui aurait été publié d*abord dans un recueil connu et avoué de son auteur. On peut donc se demander si Anaximène n'a pas prêté son concours aux libraires peu scrupuleux, qui, après la mort de Démosthène, cherchèrent à grossir le recueil de ses œuvres, et s'il n'a pas composé pour eux un faux discours de Démosthène, en utilisant un exorde authentique et en imitant ou en copiant divers passages des Philippiques. Plus tard, il aurait inséré ce même discours dans son Histoire de Philippe, en l'abrégeant et en le modifiant sur certains points.

fjfi ce qui concerne la Lettre de Philippe, M. Wendland démontre d*une manière probante , en prenant pour base une comparaison des passages cités par Didymos

Réponse à la lettre, S 10.

avec les passages correspondants de notre texte, qu'elle a dû être remaniée par Anaximène : il retrouve d'ailleurs dans la lettre tous les caractères de sa manière. Il suppose donc c[ue cette lettre, ainsi remaniée, a figuré, elle aussi, dans ï Histoire de Philippe et cp'elle a été transportée de là , comme la réponse , dans la collection des Philippiques. Cela est tout à fait vraisemblable. Mais il ne parait pas nécessaire de supposer, avec M. Wendland, que les deux pièces y ont été transpcnrtées en même temps. La «Section a pu être éditée d*abord sans la lettre. Plus tard, on a trouvé plus conunode de mettre la lettre sous les yeux de ceux qui lisaient la réponse. Seulement, au lieu de publier la lettre authentique, qui pourtant existait encore, puisque Didymos en a eu le texte sous les yeux, un éditeur néffligent en aura pris le texte dans l'Histoire de Philippe, sans songer à en oontrMer Texactitude.

2. Anaximène étant ainsi reconnu, dans tous les cas, pour Tauteur de ces d^ix morceaux, M. Wendland, dans sa seconde étude, lui restitue également la Rhétorique à Alexandre, Sa démonstration est très précise et très forte. Elle repose surtout sur une comparaison serrée entre renseignement contenu dans ce traité et ce que nous savons de celui des techniciens contemporains , en particulier dlsocrate , de Théodecte et d*Aristote. Quand même il n'en résulterait pas, d'une manière absolument incontestable, que la Rkétoriqae à Alexandre soit bien d'Anaximène , on ne pourrait ffuère douter du moins cp'elle n'ait été écrite au milieu du iv* siècle , avant cdle d'Aristote. C'est une raison de plus pour considérer la préface, qui est censée adressée par Aristote à son élève, comme l'oeuvre d'un faussaire, ce qui résulte d'ailleurs, conune M. Wendland le fait ressortir avec beaucoup de force, de ses caractères intrinsèques.

3. Dans la troisième étude, le savant critique cherche à prouver que Xénophon, dans le chapitre vi du III* livre des Mémorables, où il rapporte un entretien ae Socrate et du jeune Glaucon sur ce que l'homme d'Etat doit savoir, a mis à profit un chapitre d'une réx^nf contemporaine, qui traitait du genre délibératif. Il se fonde, pour l'établir, sur l'analogie frappante de ce morceau avec un passage de la Rhétorique d* Aristote ^^^ et avec un autre de la Rhétorique à Alexandre^K Comme il lui parait inadmissible que ces deux auteurs aient fait un emprunt à Xénophon, on est bien obligé de croire que les trois enseignements procèdent d'une même source, qui est un traité (dus ancien. M. Wendland voit dans cette conclusion une confirmation des opinions en £ivenr aujourd'hui, qui tendent à refuser presque toute valeur aux témoignages de Xénophon sur Socrate. Pour ma part, tout en tenant la démonstration indiquée pour valable, je ferais de grandes réserves sur ce dernier point. Les idées prêtées à Socrate, dans le passage en question, sont de celles qui ont dû être arrêtées et définies dès que la théorie de l'éloquence politique a été ébauchée. Il n'y a aucune raison de supposer qu'elles fussent étrangères à Socrate. Si Xénophon, en reconstituant l'entretien , leur a donné, sous l'influence de traités récents, une forme plus précise et s*ii les a quelque peu modernisées, ce n'est pas une raison suffisante pour mettre en doute la réalité de l'entretien lui-même ni le fond de doctrine qui y est contenu.

4. La quatrième étade a pour oh jetVErotikos du Pseudo-Démosthène. C'est une tentative intéressante pour classer ce discours. Le critique estime qu*il appartient à la sophistique du nr* siècle, et il y découvre l'influence immédiate d'isocrate, particulièrement dans la conception que l'orateur te £iit de l'éducation ; celle-ci , en

<^> Aristote, Bkétor.» I, h, — - W Rhétorique à Alexandre, eh. s.

4<i6 U\^RES NOUVE.\UX.

effet, désignée sous le nom générai de philosophie, réunit à la fois la rhétoriqae, la morale et la politique. Tout le discours est daiUeors fdein de réminiseenoes is0cratiques, et, d'autre part, il ne trahit aucune influence des doctrines philosophiques de Tàge suivant.

ô. La dernière étude, relative au discours pseudo^isocratique à Démoniaos, ne vise pas principalement une attribution précise. Cest surtout une esquisse histot rîque du développement du genre parénétique, esquisse qui sert de cadre à une aniJyse des sources du discours. Nous ne pouvons que renvoyer à cette analyse, qu'il sejcait impossible de résumer icL Elle met en rdief les points de contact du discours avec les sentences attribuées aux Sept Sages, avec Démocrite, avec la Go^ médie nouvelle, avec la philosophie socratique « avec Isocrate, avec le Protreptikos d'Aristote^ enfin avec la Rhétoriqae à Alexandre. M. Wendland ne se croit pas autorisé à considérer Anaiimène comme l'auteur du discours, mais il note la possibilité àe cette attribution.

En somme , ces cinq dissertations apportent à rhistoire littéraire du iv* siècle une contribution intéressante. Anaiimène doit être désonnais reconnu comme l'auteur du Discours sur la leUr» de Philippe et de la Rhétorique à Alexandre. 11 a très probablement remanié et inséré dans son Histoire de Philippe la lettre du roi aux Athéniens, en même temps que la réponse qu'il avait composée sous le nom de Démosthène. Quant à l'Erotikos et au Discours à Démonikos, s'il n'est nullement certain qu'ils soient de lui, ils datent en tout cas du même temps et se rattachent à la inême école. Manrice Crcusbt.

Ernest de Witt Burton. Principles of litterary criticism asnd the synoptie prohUm. 1 vol, in-d"*. Chicago. The University of Chicago press, 1904. (Extrait du v* volume des « Decenniid Publications » de l'Université de Chicago.)

Le problème de l'origine de nos évangiles synoptiques (Matthieu, Marc, Luc), d'une importance capitide pour l'historien des origines du Christianisme aussi bien

rî pour les chrétiens soucieux de retrouver la teneur primitive de l'enseignement Jésus, est l'un de ceux que la critique biblique n'a pas eaacore résolus d'une manière entièrement satufaisanie, malgré le grand nombre des travaux qui y ont été consacrés. On est généralement d'accord pour reconnaître que ces évangiles ne sont pas simplement des rédactions, indépcâidantes l'une à l'égard de l'autre, de la tradition oride et qu'ils ne sont pas davantage de simples remaniements l'un de l'autre. Ils ont été composés à l'aide de textes écrits antérieurs que nous ne possédons plus. L'hypothèse d'un évangile primitif unique, comfdété dans chacun des raioptiques à l'aide de sources orales particnlières, est également abandonnée, n parait bien établi qu'il y a plusieurs documents antérieurs. D*antre part, Tutilisation de ces documents par nos évangéliates canoniques n'^Lcfait en aucune &çon la possibilité qu'ils se soient inspirés de leurs écrits respectifs. C'est ainsi que la UMJorité des critiques actueb pensent que Matthieu et Luc ont connu et utilisé f évangile de Marc, soit sous la forme où nous le lisons, soit dans une rédaction antérieure.

M. Ernest de Witt-Burton apporte, de la part du département des étodes bibliques de lUniversité de Chicago, une nouvelle contribution à l'examen de oette

ration si complexe de critique littéraire. Son travail se distingue par les qualités prédaion , de clarté et de distribution pratique qui caractérisent les publications scientificpies américaines. 11 n'y a pas de phrases, pas.de considérations littéraires; l'auteur se contente chaque feb des arguments cpi lui paraissent décisifs; il

UVRES NOUVEAUX. Wl

n'éprouve pas le besoin d'en ajouter toute une série d'autres qui compliqueraient la <liscussion déjà bien sufBsanunent embrouillée par suite de la nature du sujet. Il s'efforce d'appliquer à cette étude de critique littéraire les méthodes qui ont donné de si beaux résultats dans la critique textuelle et se piait à figurer les diverses relations possibles de nos évangiles synoptiques ou de leurs sources, par des diagrammes analogues à ceux par lesquels on représente les relations réciproques des manuscrits d'un même texte. Cette disposition risque de faire illusion au lecteur; la précision y est parfois plus apparente que réelle. Mais elle contribue beaucoup à la clarté de Texposition. Qumqu'un qui voudrait s'initier aux multiples solutions possibles du problème des synopticpies aurait avantage à se servir de la dissertation de M. de Witt-Burton.

Ajoute-t-elle grand'chose à notre connaissance de la cpestion ? Je n'oserais l'affirmer. L'auteur lui-même, du reste, est le premier à reconnaître c[ue son étude a besoin d'être complétée par d'autres recherches. Voici ses principales oondusions , telles qu'il les résume lui-même :

i*" Notre Marc, ou un document en grande partie identique, a été utilisé par Matthieu et Luc;

q" Matthieu et Luc ont possédé en commun un document que l'on peut appeler Galiléen , correspondant à Luc, III, 7-16, 17, 18; IV, a*-i3 [i4-i5], i6-3o; V, i-ii;VI,ao-49;VlI, 1 à VIU, 3;

3** lis ont utilisé aussi, mais de manières très différentes, un autre document, c[ue M. de Witt-Burton qualifie de Péréen et cpii correspond a ce que l'on appelle ordinairement le document samaritain de Luc, IX, 5i à XVIII, id et XIX, 1-28;

4* Matthieu s'est servi d'un document que Luc n'a pas employé et qui comprenait surtout des discours. Ce sont peut-être les Logia de Matthieu , mentionnés an II* siècle par Papias;

5* Matthieu et Luc ont dû avoir à leur disposition d'autres sources secondaires, par exemple pour ce qui concerne les récits de la naissance de Jésus, de son enfance et de sa résurrection.

L'auteur reconnaît que ses hypothèses ne rendent pas compte de tous les points où Luc s'accorde avec Matthieu contre Marc et qu'il reste à rechercher quelles ont pu être les sources de Marc et du document Péréen.

Les thèses a , 3 et d sont discutables. Si Luc, par exemple, n'a pas connu les Logia, il a dû connaître un ou plusieurs documents qui avaient, en grande partie, le même contenu avec une autre disposition. M. de Witt-Burton attribue au document qu'il appelle Galiléen des morceaux que l'on rattacherait plutôt aux Logia, par exemple Luc, VI, QO-dg. L'utilisation du document Péréen par Matthieu est sujette è caution , au moins sous la forme où l'a connu Luc.

La grosse difficulté dans cet ordre de recherches, c'est le caractère vraisemblablement amorphe et inorganique des sources , recueils de récits ou de paroles , de ^fsCa et de dicta Jesu , qui pouvaient s'augmenter, se diviser, se modifier en teneur, suivant les besoins de l'évangélisation et suivant les milieux. Un même document primitif a donc fort bien pu parvenir à nos évangéiistes sous des formes assez différentes Tune de l'antre. Les identités verbales de Matthieu et de Luc , par exemple , impliquent l'unité d'une rédaction grecque primitive; leurs divergences peuvent provenir aussi bien des variations que cette rédaction a subies avant de leur parvenir que de la manière libre dont us ont utilise leurs documents. Il faut, en effet, ne jamais perdre de vue que ces textes , qui ont pris pour les chrétiens un carac-

kkS LIVRES NOUVEAUX.

tère sacré et dont nous commentons aujourd'hui la moindre parole, n'avaient pas ce caractère à Tépoque où se formèrent nos évangiles canoniques. Il suffit de voir avec quelle extraordinaire liberté les auteurs chrétiens du ii* siècle traitent les textes évangéliques (par exemple, Marcion, Justin Martyr) pour s'assurer que les rédacteurs de recueils de récits ou de discours de Jésus n'ont pu éprouver aucun scrupule à les disposer d'après leurs convenances. C'est pour cela qu'il sera sans doute très difficile d'arriver jamais à une précision beaucoup plus grande dans la détermination exacte des documents dont chacun des évangélistes devenus canoniques a fait usage. Jean Rbvillb.

Louis Jacob. Le royaume de Bourgogne sous les empereurs franconiens (iOSS* i 125 ). Essai sur la domination impériale dans Vest et le sud-est de la France aux xi' et XI l' siècles, i voL in-8'. — Paris, Champion, 1906.

Depuis une quinzaine d'années, l'histoire des pays arrosés par la Saône et le Rhône a fourni la matière de travaux justement estimés. Tous ceux qai s'intéressent au moyen âge connaissent le beau livre de M. Paul Fournier sur le royaume d'Arles et de Vienne, au xiii* et au xiv* siècle; après lui, M.Poupardin a raconté les destinées du royaume de Provence sous les Carolingiens; il a marqué comme terme de ses études sur cette question le moment où le premier empereur de la dynastie franconienne , Conrad le Salique , devenu roi de Bourgogne , établit sa maison dans l'ancien royaume de Boson et des Rodolphiens. La période comprise entre les dernières années de ce prince et la mort d'Henri V n'avait pas encore été l'objet d'une étude générale ; en prenant à tâche de combler cette lacune , M. Jacob vient de rendre un service c[ui lui donne des titres à notre reconnaissance.

Entré en possession de ce bel héritage en 1 o38 , du vivant de son père Conrad II , Henri III fait pendant tout son règne de constants efforts pour assurer sa domination dans le royaume légué à sa famille par Rodolphe III, mais dès les premiers joui^ de la domination franconienne , les dispositions des grands seigneurs bourguignons à l'égard de leurs nouveaux maîtres ne sont guère encourageantes; i'indifiPérence ou l'hostilité de presque tous les vassaux laïques est à peine compensée par le dévouement temporaire et intéressé du haut clergé. Aussi Conrad II prend-il le parti d'élever son fds Henri au trône de Bourgogne ; c'est à la diète de Soleure , en io38, qu'il donne cette satisfaction aux aspirations séparatistes de ses nouveaux sujets, il meurt l'année suivante , et c'est seulement alors que l'action de la dynastie franconienne se fait sentir dans une partie du royaume.

A cet égard, la politicpe d'Henri III est nette et bien suivie; il s'appuie sur l'épiscopat, sur les abbayes, et cherche à gagner la noblesse, en particulier les maisons de Bourgogne et de Maurienne ; il se rapproche de Renaua , comte de Bourgogne , l'adversaire acharné de Conrad II , en épousant sa nièce la princesse Agnès d'Aquitaine ; pour empêcher ses feudataires bourguignons de se coaliser avec le roi de France , il s'arrange avec Henri 1" à l'entrevue d'Ivoy; il fait des séjours en Bourgogne, vient trois fois à Besançon, et sur la fin de son règne, il crée entre l'empire et la maison de Savoie un lien nouveau par les fiançailles de son fds avec Bertne de Maurienne. Mais il se fonde surtout sur le clergé, dont la puissance est considérable. 11 comble de privilèges et de dignités l'archevêque Hugues de Besançon, contraint à la retraite Burchard, archevêcpe de Lyon, hostile à sa maison, et lui donne des successeurs dévoués à l'empire , en dernier lieu le célèbre Halinard, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, son partisan déclaré : les autres représentants de l'épiscopat ne lui sont pas moins favorables. Malgré tout , son influence est moins

dominante qu'on ne pourrait le croire, et M.Jaoob insiste sur ce fait qu'Henri III ne parait pas avoir joué de rôle dans l'établissement de la Trêve de Dieu, a l'institution de laquelle le haut clergé du royaume de Bourgogne a pris une si grande part. Quant aux seigneurs laïques, lorsqu'ils mentionnent dans leurs actes les années de Tempereur, ils le font avec une incorrection qui est la marque de leur indi£Gérenoe ; or, s il faut en croire M. Jacob, le régne d'Henri III « est peut-être la période du moyen âge au cours de laquelle l'autorité impériale a été la plus respectée et la imeux établie dans le royaume de Bourgogne •.

Depuis la mort de ce grand prince , les liens qui rattachent le royaume k l'empire ne font que se relâcher. Rodolphe de Rheinfelden, nommé recteur ou vice-roi en Bourgogne par Timpératrice Agnès d'Aquitaine, pendant la minorité d'Henri IV, n'a pas d'inâuence sur la noblesse; et cependant ii est le propre beau-frère du jeune souverain, en attendant de devenir son compétiteur. A partir de io65, le nom d'Henri se rencontre dans les actes de certains seigneurs, dans les cartulaires de certaines abbayes. Saint- Victor de Marseille, Saint-Barnard de Romans; et voilà tout. Les choses se gâtent bien davantage à partir du moment où éclate la querelle des Investitures; le royaume tout entier prend alors fait et cause pour Grégoire VII, et quand Henri IV se rend en Italie pour se soumettre à la douloureuse humiliation de Canossa , la maison de Savoie elie-môme ne lui livre le passage des Alpes qu'au prix d'onéreuses concessions. Sous Henri V, dans tout le royaume, les nobles comme le clergé sont pour le pape ; Calixte II y reçoit un accueil que jamais les empereurs n'y ont trouvé; en même temps on voit poindre dans le royaume de Bourgogne une influence nouvelle , celle du roi de France.

Les textes narratifs étant peu nombreux , c'est surtout sur l'examen des chartes et de leurs souscriptions que M. Jacob se fonde pour arriver à des conclusions qui nous paraissent justes. Mais puisqu'il fait ici œuvre de dipiomatiste , pourquoi n'at-il pas pris la peine d'éviter certaines erreurs matérielles qu'on s'étonne de rencontrer dans un bon livre? Sans compter de nombreuses fautes d'impression, qu'il a laissé passer comme à plaisir, on peut lui reprocher de n'avoir pas toujours donné aux termes les mieux détinis leur sens exact; l'expression de fiUa karissima, dont les papes se servaient en général quand ils écrivaient à une femme, ne prouve nullement qu'Adélaïde de Maurienne ait été très bien vue du Saint-Siège , et ses rapports avec la papauté, s'ils ont été confiants ou intimes, doivent s'étabUr par d'autres arguments. Cette criticpe et d'autres du même genre , que nous ne tenons pas à faire ici , n'enlèvent pas à ce livre sa valeur et son intérêt.

Dans une série d'appendices, l'auteur étudie les rapports du Vivarais avec le royaume de Bourgogne, dont il faisait encore partie, soit dit en passant, à la fin du XIII* siècle , le rattachement de Bàle à l'empire , le passage des Alpes par Henri IV en 1077,1a nature des concessions faites en cette occasion par l'empereur à la comtesse Adélaïde. Il termine son ouvrage en démontrant que le royaume de Bourgogne était rattaché à l'empire par l'union personnelle, et qu'en fait, les raisons pour lesquelles la maison de Souabe en hérita sont tirées de bien loin ; cela peut être vrai , mais le royaume d'Arles qui , à part la Franche-Comté , était fort éloigné de l'empire, n'avait pas alors intérêt à se séparer de princes qui ne le gênaient guère. Eiie Bergbr.

Karl Wbngk. Philipp der Sckône von Frûnkreick, seine Persônlichkeit unddas Urteil der Zeitgenosien. 1 broch. in-4*. — Marburff, 1906.

Même après les travaux de Ch.-V. Langlois et de Heinrich Finke sur Philippe le

IMrMMZklB SATfOI&U.

Bel, ddui de M. Wenek est une eontribiitioii utile et importante à Téinde de cette grande figure rio^ale qui appartient presque k i'instoire moderne. Par nn examen approfondi des ehroniqaes et des docmnents d^arcbivea, i'aatem' a eaaayé de résoudre ce proMème difficile entre toc», savoir si Philippe le Bel a en nne Taleur pei«sonnelle et une influence directrice comme dief de GouYemement, ou s'il n a été

Se Tinstrument docile des légistes qui composaient son oonseiL La condusîon de Wenck est que l'histoire doit prmdre à son compte le jugement des contemporains impartiaux. Philippe le Bel a été un grand roL Non pas qu'il ait lien £ût de duraMe pour l'avenir prochûn et immédiat de sa dynastie, mais il a montré à ses descendants éloignés dans queUes voies la France devait s engager pour atteindre le preiàier rang parmi les nations. L*auteur affirme même quà n^arder cette physionomie de roi, telle qu'il a essayé de la retracer d'après les sources, on se sent involontairement amené k le comparer à Louis XIV. t H semble que le Roi Soleil^ pour sa politique ecclésiastique comme pour sa politique étrangère, ait pris modèle sur le grand Capétien. • L*idée est soutenable, men qu'& mon sens cea comparaisons à longue portée, entre personnages d'époques si différentes, pèchent too- (onrs par quelque oMé. Achille Lo€Haim.

F. Hbnky. Let Somett portugais (t Elisabeth Barrett Browning traduits m sonnets français, i voL in-8*. -^ Paris, Guilmoto, igoS.

Quels poèmes étrangers modernes ont été, comme les Sonnets poriagais, traduits k trois reprises en vers français, sans parler d'une version en prose? Fortune plus exceptionnelle encore, ils rencontrent dans leur dentier traducteur, M. Henry, le rare interprète qui , à la fois maitre de son art et respectueux de son modèle , peut donner de ce modèle une copie assex souple et assez aisée dans sa fidélité pour qu'elle semble un original. Point de version en vers qui soit plus que celle-ci littérale et littéraire tout ensemble; point qui conserve davantage l'allure, les nuances, les intentions du poète imité, qui perde moins de la précîense liqueur transvasée d'une langue dans une autre; seuls k notre connaissance, dans les dernières années, les sonnets de Shakespeare et les Ruhâiyât d'Omar Kheyyàm ont été rendus avec un pareil bonheur, et c'est également par M. Henry. Le texte anglais, imprimé ici au bas de chaque page , permet à chaque instant une comparaison qui pourrait être redoutable, mats ne Tait ressortir que les difficultés vaincues; une bonne introduction présente M"* Browning au lecteur français , un commentaire copieux éciaircit divers détails obscurs, Tun et l'autre témoignant d'une connaissance approfondie des lettres an^aises; la traduction fait mieux, elle ajoute vraiment à notre patrimoine poétique les sonnets célèbres qu'avec quelcpie partialité, sans doute, mais après tout sans grande exagération , l'illustre mari de M*** Browning tenait pour « les plus beaux qui aient été écrits en aucune langue depuis ceux de Shakespeare •.

A. Barbbau.

Chbistian MABécHAL. Lamennais et Victor Hugo, i vol. in-8% — Paris, Savaète,

M. Chr. Maréchal a déjà publié, l'année dernière, sur Volupté et sur les relations de Lamennais avec Sainte-Beuve, un livre fort intéressant, très solidement documenté, et qui éclairait d'un jour décisif ce qu'on peut appeler ia crise catholique de Sainte-Beuve : La clef de « Volupté ». D'autre part . il vient de publier un important ouvrage de Lamennais , re«té inédit jusqu'ici : V Essai ton système de piuosO' pkie catkûHque. iSSO-iSSi. H annonce, en même temps, nn Lamennais et Lamartine,

C*est assez dire qii*U s'est voué à mettre en lumière ia profonde influence exercée par Lamennais sur les pins hauts esprits et sur ies plus aéKcatés eomcîences de son temps* De telles études joot en elles-mémei di^^oes 4*atteation; elles en deviennent |dus dignes encore, si l'on oibserve qu'elles portent sur un mouvement d^idées renaissante» de nos iours« et pleines peut-être d un grand avenir.

M. Chr. Maréclui ne se contente pas d analyser arec un soin minutieux les relfttions du catholicisme joennaisien avec le romantisme tel que le définit peu à p^ Hugo; son livre contient notamment des pages pleines d attraits sur quelques articles du Mémorial caituJiifme et de la Mase française^ et d'autres plus curieuses encore sur les préfaces des premiers recueils poétiques de Hugo, qui ne font, y compris et surtout la célèbre préface de Cromwell, que transposer en termes littéraires la doctrine de ï Essai sur l'Indifférence: 9 mêle à son analyse, sans qu*dle en ait à souffrir, lui récit vivant de Tafiûitîé, n féconde pour Hvigo, qui s*établit pendant quelques années entre Lamennais et lui. Ainsi, non seulement nous appw* nom que Pinfluence du catholieîsme esthétique et sentimental de Chateaubriand, pour n''ètre point négligeable, n'en fut pas moins presque elfaeée par celle du cathoBcisme social de Lamennais, mais nous goàtons un plaisir rare et charmant, à voir comment le coeur chaud et tendre de Lamennais s*éprit de la belle âme de Hugo jeune « oomment il la dirigea, Taida à se reconnaître dans ies incertitudes de sa pensée et de sa volonté , sut la réconforter, Télever au-dessus des décou ragements et au besoin de Texalter. On éprouve en même temps une impression eonti« nuelle de sécurité; Fauteur connaît à fond ce dont il parie, — il prouve avec autant d*abondance que d'exactitude. Il fait voir, très heureusement , combien la composition de Noire-Dame de Paris s*est ressentie des flottements de la pensée de Hugo après i83o. Ici encore, il discerne, à des signes indiscutables, la présence de la

Sensée mennaisienne en voie de transformation. Il conclut rapidement sur ce qui evait mettre En , de si triste manière , à une si noble amitié , que nous lui saurons ^é d'avoir fait revivre.

Je ne chicanerai pas M. Ghr. Maréchal anf la thèse tradition naliste qui, çà et là , an début surtout , apparaît dans son livre; peu importe qu'elle soit eontestable , puisqu'elle ne nuit pas à l'impartialité supérieure de son étude.

M. Chr. MaffHk^hal croit que V. Hugo a reçu de fionald, et non de M*** de Staël , l'idée fameuse de la littérature expression de ia société. Gela semble plus que pro» bable, après ce qu'il en dit. Je remarque d'ailleurs que, vers le même temps, Jay, et un homme non suspect de complaisance pour Bonald , Sénancour, lui en attribuaient rinvention. H est vrai que c'était pour le plaisir de le réfuter.

n reste à M. Chr. Maréchal à nous donner mamtenant tout ce que nous attendons de lui : une étude d'ensemble sur Lamennais et son école , qu*ii est , de toutes manières, qualifié pour mener au meilleur succès. Joachim Merlant.

CHRONIQUE DE L^INSTITCT-

ACADÉMIE FRANÇAISE

Nécrologie. M. ëomoho Rouan^ anden bâtonnier de l'ordre des avocats, ^ avait été'câu membre de l'Aeadémie le 1 3 mai iSSù, est décédé à Paris le i" août 1906.

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES

Communications. 6 imïlet. M. René Pichon communiqne une étude sur la p<ditiqne de Constantin , d après le témoignage des Panegyrici latinL Cette politique dont les harangues officielles permettent de suivre pas k pas les transformations successives peut se résumer ainsi : substitution d*une monaraiie héréditaire à une monarchie fondée sur Tadoption ; élargissement du paganisme en un déisme éclectique susceptible de s'accommoder avec le christianisme; renoncement enfin à la politique défensive h Tégard des Barbares , en faveur d*une politique belliqueuse.

— M. Héron de Yillefosse donne lecture d*un rapport de M. Tabbé Leynaud sur les fouilles des catacombes d'Hadmmète.

— M'' Duchesne donne à TAcadémie quelques renseignements sur les fouilles entreprises à Bologne, par M.Albert Grenier, membre de TÉcole française de Rome, et qui ont pour objet de déterminer les rapports entre le dévdopjpement des deux nécropoles antiques. Tune étrusque et Tautre italiote. Ces recherches peuvent éclairer les relations de la civilisation étrusque avec celle qui Ta précédée dans cette partie de Tltalie.

iS juillet. M. Salomon Reinach communique une note relative au passage dans lequel Pline parie d'une statue de Vénus, œuvre de Polymarchus. Il s'agirait suivant lui de la Vénus debout sur un pied, dont il existe de nombreuses répliques, parmi lesquelles celle qui a été découverte jadis à Alésia.

— M. Homolle annonce que MM. Jacquet et Lesquier ont découvert à Ghoran (Fayoum) un manuscrit daté de l'année 27 de Ptolémée II (287 av. J.-C.) et donnant un devis de travaux de terrassement et de canalisation accompagné d'un plan très clair et bien conservé.

20 juillet. M. Paul Monceaux expose ses recherches sur les ouvrages donatistes de Gaudontius, évoque de Timgad au temps de saint Augustin.

— M. Ed. Cuq signale l'intérêt que présentent pour l'histoire de la propriété foncière certaines inscriptions provenant de Suse et conservées au Louvre.

— M. Mispoulet expose comment les institutions politiques mentionnées dans VHistoria Augusta peuvent servir à dater les biographies d'empereurs qui la composent.

il juillet, M. Salomon Reinach annonce que MM. Regnault et Cartailhac ont découvert sur les parois de la grotte de Gargas, près Saint-Bertrand-de-Comminges, des peintures représentant des mains humaines et que M. l'abbé Breuil a découvert sur les parois des cavernes voisines de Santander des peintures représentant des animaux : éléphant, bouquetin et singe.

— M. Cagnat annonce la découverte dans la mine de cuivre d'Aljustrel (Portugal) d'une table de bronze portant une inscription latine qui donne le texte de la loi relative à l'exploitation de cette mine. Nous publions plus haut (p. 44 1) ce texte intégralement.

— M. Salomon Reinach étudie les assertions de Pontenus et de Caelius Rhodiginus , humanistes de la Renaissance , relatives au tombeau que les Gètes auraient élevé À Ovide devant les portes de la ville de Tomes (Varna). Pontenus s'en réfère n un « bon auteur ■ que M. Reinach suppose être le moine Planude , qui traduisit Ovide en grec vers l'an 1 3oo.

CHRONIQUE DE LINSTJTUT. 453

— M. le marquis de Vogué commanique une charte du i5 octobre la^o donnant le nom d un évèqne de Vivier, Bertrand , qui ne figure sur aucune liste.

— M. Lairlit une lettre de M. Brutails signalant que Téglise de Saint-Orens de la Reaile (Hautes-Pyrénées] possède une pyramide k peu près anaio^e a celle de I*égliae de Saure-Flantade , dont M. de Vogué a récemment entretenu 1 Académie.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Nécrologie. M. Paul Brouardbl, ancien doyen de la Faculté de médecine de Paris, membre libre de T Académie, est décédé k Paris le a 3 juillet 1906.

Présentation, L'Académie présente k M. le Ministre de Tlnstmction publique pour le poste de Directeur de TObservatoire de Bordeaux, en première ligne M. Luc Picart et en deuxième ligne M. Henry Bourget.

V American pkilosophical Society de Philadelphie a fait hommage à T Académie d*un exemplaire de la médaille frappée en Thonneur du deux centième anniversaire de la naissance de Benjamin Frankfin.

ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS

Grand prix de composition musicale. Le premier grand prix est décerné à M. L.-C. Dumas; le premier second grand prix à M. A.-C.-S. Gaillard et le deuxième second grand prix à M.-G.-E. Le Boucher.

Grand prix de peinture. Le premier grand prix est décerné à M. F. Roganeau; le deuxième premier grand prix (non décerné en 1906) à M. G.-P. Leroux; le premier second mnd prix à M. Rousseau -Decille et le deuxième second grand pnx k M. P. FenouUlet.

Grand prix de sculpture. Le premier grand prix est décerné à M. A.-G. Biaise; le premier second grand prix à M. M.-A. Gaumont et le deuxième second grand prix à M. L.-F. Prost.

Grand prix d^archiiectare. L'Académie avait proposé pour sujet : Projet dW nouveau Collège de France. Elle a décerné le premier grand prix k M. P.-B. Bonnet; le premier second grand prix k M. C.-P. Abella et le deuxième second grand prix à M. L.-E1. Moreau.

ACADÉMIE DES SQENCES MORALES ET POUnQUES.

Élection. Lord Rbay, président de la British Academy, correspondant de la section de monde, a été élu le 23 juillet associé étranger en remplacement de M. d*01ivecrona, décédé.

Communications. 7 juillet. M. Xénopol lit un mémoire intitulé : La conscience dans Thistoire.

28 juillet. M. Louis Renault expose les modifications apportées cette année à la convention de Genève élaborée en i864.

Prix du budget (2,000 francs). Sujet proposé : 1 De la puissance paternelle et de la tutelle sur les enfants naturels, étude de législation comparée». Le prix est partagé entre MM. Maurice Travers et Henri Rousseau.

&54 CHRONIQUE VUE LWSTmiT.

PUBUGATiONS DE L'INSTITUT.

Institut de France. Académie Jrançaise. Inaagnratioii de la ttaine il*AleuuBdre Dumas, à Paris, le la juin 190DU Diicours de Wi, V. Saidoa« Pani Boui^, Banl Hervîeu et Jdes Claretie. 1 brochure in-4*.

Institut de France. Académie in BeamX'-ArU, Funérailles de M. Jules Breton. Discours de M. Achille Jacquet. 1 brochure iii*4^ U. D.

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