‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 101 sur 151 · G: FAGNIEZ · texte numérisé non relu

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conscience, ont agi aussi sur son gouvernement et sa politique, que le Ja raie fut considéré par lui non seulement comme une règle de vie individuelle, mais comme une partie intégrante et nécessaire de la vie nationale et, dans les rapports de la France avec l'Europe, comme un intérêt qui méritait la plus grinde considération, À ce dernier point de vue, notamment, ses tendances furent assez aceusées pour 1 au tiers parti européen, dont Maximilien de Bavière était l'âme et | e chef, l'espoir d'attirer la France à lui et de soustraire à son hostilité les Habsbourgs autrichiens, Nous ne eroyons pas faire tort à M. Mariéjol et nous flatter nous-mmême en disant que ces vérités, qui sontencore loin d'être entrées dans la circulation. ont été reconnues par lui : « Richelieu, ditil excellemment, n'est pas un homme d'État qui est d'Église » (368). Ducroyant ilaurait dit tout ce qu'il Faut dire, ilavait parlé du controversiste, du théologien de l'écrivain religieux. Après avoir écrit que « Richelieu considérait l'unité de foi comme leterme idéal de l'action religieuse et politiques (175), il aurait pu ajouter qu'il ne s'en remit pas exclusivement au temps pour la réalisation de cet idéal, qu'il se flatta d'obtenir, è la façon d'un coup de théâtre. une conversion générale, que la duchesse

sa nièce, croyait agir comme sa fidèle héritière en travaillant “ un dessein « qu'il avait si avant dans l'esprit et dans le cœurs, Quant aux préoccupations religieuses de sa politique extérieure, si M. Mariéjol n'en a pas déterminé les variations avee une précision de détail qui n'aufait pas été à sa place dans une histoire générale, il les a bien saisies et bien fuit saisir.

I ne faut pas lui savoir moins gré d'avoir mis à la portée du grand public une autre vérité à laquelle celui-ci n'est pas mieux préparé, nous voulons dire le traditionnalisme de Richelieu et, par suite, la préoceupation purement pratique, étrangère à tout antagonisme systématique, avec laquelle le cardinal traita les institutions autonomes de son temps. Eofin il a revendiqué pour l'auteur de l'Histoire de la mère et du fils et du Testament ue, pour l'orateur du clergé aux États généraux, une/place dans l'histoire de notre littérature. I aurait done fait preuve d'une intelligence complète du personnage qui remplit de son génie dix-huit années de notre passé et la moitié de ce volume, sil n'avait payé tribut au lieu commun historique qui règne encore sur les rigueurs du cardinal (p. 362-364, 366, 451). IL semble bien lui reprocher d'avoir pris pour guide de sa conduite la raison d'État. Adressé à un homme d'État, de reproche ferait sourire s'il était permis de sourire en un sujet si grave et

1 Brisacier, Discours funèbre pour M°* la dachesse d'Aiguillon, 1675, in-4,

HENRI IV ET RICHELIEU. 469 presque si Lragiqui. Le premier devoir de l'homme d'État ne consiste-t-il pas, en effet, à subordonner les intérêts privés aux intérêts publics et, par exemple, dans le cas de Montmoreney, ne faut-il pas louer Richelieu d'avoir préféré la tranquillité du royaume, que son indulgence aurait mise en péril, au bonheur domestique de Marie-Félice des Ursins, qui devint, par son fait, une veuve si touchante? Ce devoir, le cardinal s'est appliqué à se le démontrer à lui-même avec une insistance qui prouve combien il lui a souvent coûté, de le remplir, Les anxiétés, la lutte qu'il lui a imposées apparaissent encore dans ec chapitre v du Testament politique où il établit, avec une irréfutable évidence, la nécessité et la moralité sociales de la peine, ear il ne condamne l'impunité des crimes d'État comme un erime de plus qu'après avoir admis la clémence pour ceux qui n'ont pas été prémédités. [n'y a plus, au contraire, qu'une absolue tranquillité de conscience dans les suprèmes paroles par lesquelles il déclare à son confesseur qu'il n'a jamais eu d'autres ennemis que ceux de l'État. C'est qu'il va paraître. devant Dieu, c'est que le compte qu'il va lui rendre, allégé des suggestions de la sensibilité, ramené à l'unique problème de la responsabilité et de l'expiation, ne lui laisse plus apercevoir dans l'usage qu'il a fait du droit de punir que l'accomplissement d'un inéluctable devoir.

La lagon dont M. Mariéjol a ris cette grande l'a préservé de la tentation d'opposer ere États n dt ï RE : ieu du premier ministère à celui du second. I est bien vrai qu'il écrit : » Richelieu a certainement beaucoup varié... » (p. 367), mais les contradiclions qu'il signale n'affectent pas les doctrines et les tendances fondamen: tales; elles s'expliquent par des considérations d'opportunité qui, dans les affaires publiques, doivent toujours être décisives. Les instructions à Schomberg, par la répudiation de la politique confessionnelle, posent déjà le principe dont le cardinal ne s'écartera jamais et, au sujet des rapports des Le pouvoirs, l'affaire de Santarelli ne prouve pas qu'il ait changé d'opinion sur le droit exelusif de l'Église à trouver une conciliation entre sa souveraineté et celle de la Couronne, sur l'incompétence de la société civile à le füire; elle prouve seulement que, devenu chef du gateau, il se préoccupait avant tout de la pacilication morile,

l'apaisement social. Nous ne eroyons pas trahir la pensée de l'auteur en disant que pour lui, comme pour nous, les variations de Richelieu s'expliquent par l'influence des circonstances.

M. Mariéjol a consacré, en lui donnant une placé dans une histoire générale, l'importance de Fanean. La mémoire de ce vigoureux PE miste, de ce collaborateur distingué du cardinal n'a pas eu plus de bon-

Le ee RICHELIEU. a7l

maison d'Autriche. N'oublions jamais que Richelien mit aite système que le Père Joseph | et lui s'obstinèrent si longtemps à faire pré: valoir, mais par les TRE que sd ob ren a et lui offrirent. partent Combien ce succès fut lent, sine online peut er, d'heureux basards, tels: que les mouvements séparatistes de Portugal et de Catalogne, combien des «instruments de combat », l'armée, la marine, restèrent longtemps insuffisants, c'est ce que M. Mariéjol nous «& montré de façon à faire apparaître la lourde et rudimentaire machiné administrative dont le; jeu irrégulier est toujours un sujet de perplexité pour nos contemporains, bénéficiaires d'une administration qui se distingue par une inexorable perfection. Que d'entraves, que d'avortements dans l'œuvre du dehors quis ent par des crises intérieures, surtout par des embarras financiers!} La gêne, l'impuissance financière domine toute l'histoire de l'ancien régime; elles ont été la maladie constitutionnefle qui a rendu mortels pour lui des accidents ausquéls si elle ne l'avait autant affaibli, 1 aurait purrésister: Rien n'estplus apparent dans cette histoire que la paralysie qui ralentit les mouvements de l'organisme social, rien de plus imparfaitement connu que la vertu des remèdes d'empiriques qui lui ont permis de secouer-cette paralysie, de faire tant de grandes ehoses. Aucune époque ne justifie mieux entte réflexion que d'époque de Richelieu. Ces finances, dont le anécanistne et plus encore les disponibilités, à tel où tel moment de notre histoire, 2 ont Ca po Stars PRESS deg on or

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raient pourtant, M. Mariéjol,

Panini de Aloe tit reçu 800,000 livres em même temps

le mvilleur titre à la clémence de Ri- ges : du traité de Msusis: de resté douteux

MECHATTA. n73

Chosroës Il, qui l'aurait fait bâtir durant sa campagne de Syrie, vers l'année 620 de notre ère. Dès lors, l'énigmatique monument a exercé Ja sagacité d'un grand nombre d'explorateurs et d'archéologues, 2:08 lesquels nous ne nommerons que M. Brünnow, dont les beaux préparés avec un La ra soin, paraitront sous peu dans le tome second de sa Prouincia Arabia, Malgré tant d'essais, plus ou moins contradie. toires, pour fixer l'origine de Mechatta, il restait permis de poser ces deux questions : À quelle école d'art appartient ce monument? À quelle époque at-il été bâti?

Une partie considérable de la façade méridionale, entièrement sculptée dans la pierre, a été acquise récemment par la Prusse, puis transportée à Berlin et remontée dans le nouveau Kaiser Friedrich-Museum , inauguré solennellement au mois Rein 1904. À ne + Direction des Musées prussiens a fait tre une moi ie Mechatta. Ce travail comprend deux . La première est une description de M. Schulz, l'architecte chargé du relevé complet de l'édifice et du transport des fragments destinés à Berlin. La seconde, beaucoup plus longue, est un mémoire critique sur le caractère, l'origine et l'âge du monument, en un mot, un essai de classification, dù à la plume de M. Strygowski. On nous permettra de nous borner à signaler l'intéressant rapport de M. Schulz, basé sur ses relevés très consciencieux, pour consacrer quelques lignes au travail de M. Strygowski.

L'occasion très favorable qui s'offrait de reprendre l'étude critique de Mechatta, sur une base plus large ét plus solide, He. unigouit qu'elle SL con fiée à une plume autorisée; par ses brillants travaux sur l'art de l'Orient, M. Suzygowski paraissait tout désigné pour l'entreprendre. I n'est pas possible de résamer en peu de au arl dé chqiastrgrt pages, enrichi de notes et de dessins nombreux, i fait surgir, presque à chaque ligne, un nouveau problème. Essayons du moins d'en indi les très grands traits et d'exposer sommairement le point de vue de l'au. teur, Dans une analyse serrée, il étudie un à un tous les éléments de Mechatta. Le plan comporte une enceinte fortifiée, du type des castra du limes romain, et un aménagement intérieur analogue à celui du palais de Diodétien à Spalato : une vaste cour pp dl groupes de chambres et prolongée au nord par une halle à trois nets, que termine une pièce voûtée sous coupole et bordée par trois niches en cul-de-four. Cette abside triconque rappelle Saint-Laurent de Milan et quelques vieux monuments rhénans et la combinaison de l'abside ave la basilique à troisnefs se retrouve dans plusieurs couvents d'Égypte

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