‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 120 sur 151 · INNOCENT HI ET LES: ALBIGEOIS · texte numérisé non relu

INNOCENT HI ET LES: ALBIGEOIS

portent la nn EE critiqués par les uns, condamnés par d'autres; peu de gens s'avisent de les absoudre. La croisade des Albigeois est une de ces crises dont le souvenir reste troublant et le grand pape Innocent EL, qui, par force, sy est trouvé mêlé, n'échappera jamais au reproche d'avoir laissé faire en Languëdoé d'horribles choses. Qu'impc les bonnes intentions, les serupules, le sentiment de la justice,

charité même, quand, RDRRR PÉTER EEE me a MT né peuvent s'opposer à d'inexeusables violences ! | ï

Dans quelle mesure Innocent II est-il responsable des nirocités qui, au début du x siècle, ont ensanglanté plusieurs de nos rs C'estce problème compliqué que M. Luchaire a pris à tâche de résoudre dans un livre dont la forme, agréable et vive, sert à mettre en relief une pensée nette, constamment appuyée sur une: sérieuse connaissance des faits. Nous regrettons seulement que d'aussi justes aflirmations ne soient

pas annotées ; mais on peut à peine, dans le cas présent, reprocher à un je dont la compétence est incontestable ce système qui consiste à. ne pas donner ses références. complément indispensable des opinions même les mieux fondées; il cède au goût du jour. Les contemporains de Guizot et d'Augustin: Thierry n'auraient pas voulu que d'aussi bonnes pages leur fussent données sans notes; le leur d'ajout mpe ces exigences.

OR Pa hu ar 7 rc ir que M. Luchaire nous apporte. I n'expose les faits.que dans la mesure où il en a besoin pour mettre en lumière le rôle d'Innocent IL. Tout d'abord äl décrit à grands traits ces provinces du Midi, si peu semblables au reste de la France, livrées, plus que d'autres, à l'anarchie féodale, relâchées dans leurs mœurs et indulgentes aux tendances hétérodoxes. Depuis le temps où M. Gharles Schmidt a étudié, dans un livre célèbre, l'Histoire et doctrine de la secte des Gathares on Albigeois, on n'a jamais consacré un meilleur chapitre à ces Vaudois:et à ees Manichéens du Languedoe, dont les croyances, si différentes à origine, ont vécu côte à côte else sont trouvées confondues dans uné même réprobation. y avait là des opinions et des-préjugés qui semblaient s'exclure : chez les uns, une simple! prétention de rétablir lareligion dans la pureté de son état. primordial; chez d'autres, l'affirmation très franche d'idées tout à fait contraires aux données même du Christianisme; des maîtres, les

parfaits, qui aspiraient à la pureté et à l'abstinence idéale, et qui tolé raient chez leurs disciples, les croyants, le scepticisme pratique avee Loutes ses conséquences; c'était le fanatisme vivant en commun avec l'indifférence et le dévergondage. La :noblesse ayant à sn tête 25

me nMARIR TATUNALE,

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i at-elle si longtemps fermé les yeux sur ea qi 86 passait dans le Midi? Le clerc, nous dit M. Luchaire, était ps rnt et «plus on remontait dans la hiérarchie de Ja passion religieuse s'atténuait». La Papauté, quand on la sévir, PL se rer ir « Ce pouvoir essentielle aber Le ait réagir aussi bien contre les er les iniquités et les coups de force des laïques, Aussi | à poursuivre rigoureusement l'hérésie, » Cette explication, si excellente qu'elle soit, ne nous suffit pas. Souvent la patience éclairée du clergé a dû être favorisée par son es comme tous les seigneurs, les évêques et les autres prélats du Midi avaient leurs intérêts matériels, FANS SN aussi soucieux que personne; ils étaient hommes, et il fallait des événements graves, une situation dingereuse , pour révéler cz eux les préccupaions d'ordre moral et religieux. Et le Saint-Siège ? n'avait-il pas autre chose à faire, en temps ordinaire, que de ferrailler contre l'hérésie ? M. Luchaire vient de nous montrer, ‘dans “un autre divre, Innocent LIL lui-même n'épargnant rien pour assurer à Rome le pouvoir de sa famille, souverain temporel avant toutset quand il portait ses regards au delà de cet horizon borné, les grands événements qui remuaient le monde chrétien lui donnaient assez APR ETEER qu'il füt peu désireux de faire la chasse aux Cathares.

1 fallait cependant parer à un danger at ddrnsi cint logis menaçant: les essais de répression qui Sétaient produits au x siècle, le nombre et l'influence des hérétiques augmentaient rapidement sur des bords de la Garonne et du Rhône, et, dès son avènement, Innocent HE commença contre les doctrines condamnées par l'Eglise une campagne de prédications. C’est à cette entreprise que se consacrent plusieurs séries de légats pontificaux, Moins éclairés, moins tolérants que le pape, ils luttent sans succès contre des hostiles et cherchent en vain à pousser dans les voies de la répression le comte de Toulouse Raïmond VL Alors Innocent IIL s'adresse à des hommes dont le désintéressement et la sincérité lui pérmettent d un résultat plus favorable; M: Luchaire a fort bien montré l'influence du

Le dans l'œuvre de conciliation entreprise par Diego de Acebes, évêque ra; et par son collaborateur saint Dominique; mais là encore sa dépr dut être grande; en définitive ces hommes, préocoupés de bien faire, mais qui malgré tout restaient durs et intransigeants, n'obtinrent

INNOCENT 1 sus ‘ALBIGEOIS. 531

niet i nous soit reg qu saint. | PE mr Pme rm lui, en 1207 où De bre er à de Tréville en Lauraguais : Pendant trois dimanches dé suite, LA rie 16 d6s nu, suivi d'un

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Une. de Sierre qui dtus le célèbre sous LEDians infligeñt à ses pénitents était celle de porter les croix, e de leur retour à la foi catholique. Elle a survécu à la guerre des Albigeoïs, à la paix de r229 et aux commotions qui ébranlérent 1e Midi en 1aho et raha. On la retrouve à tout instant dans les de sition et dans les enquêtes de saint Louis. ‘de malheureux, hommes et femmes, rentrés au moins enapparence dans/la communauté catholique, étaient alors désignés au mépris et à l'avérsion de leurs concitoyens par ces croix defeutre U qui'attestaientleur repentir! Elles étaient simples ou à doubles bras transversaux, suivant les cas: l'obligation de pe éd; bcu très duré, car les pénitents faisaient tout leur:

pere: or affranchir, au risque d'encourir des peines sévères, Si saint minique est l'inventeur de ce triste ma il “y *: pes lieude

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Croix simples:

«cruces simplices pro crimine lieresis +, non cruces,

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