‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 138 sur 151 · LE RETOUR À LA MERRE · texte numérisé non relu

LE RETOUR À LA MERRE

Le second fait, d'est D ne a comblé l'industrie, à eu également un regard pour l'agriculture, Celle-ci a cessé d'être routinière, comme au temps des voyages d'Arthur Young. Grâce à l'enseignement des professeurs départementaux, grâce aux comices agricoles, il n'est plus de paysan qui ignore ce que les engrais chimiques peuvent apporter de fécondité à sa terre, quelle richesse. récèlent, ces purins qu'il Jaissait se perdre et se répandre en l'infectant lui-même et ses voisins, quel avantage il peut trouver à ne pas üser toujours des mêmes semences.

Le troisième fait, c'est la création d'un) crédit agricole; et, bien que M: Méline ne le dise pas, il est bon de rappeler encore que c'est sous son administration, lors du renouvellement de la eonvention avee la Banque de France, que cellé-ei mit à la disposition du Crédit agricole français une somme de 4o millions, plus 210 annuités de 20 millions. Dès lors, partout se sont fondés des syndicats, des banques mutuelles

agricoles; celles-ci sont déjà au nombre de 1,500. Quand le paysan a besoin d'acheter du bétail, du grain, des engrais, il ne lui estpas nécessaire, de s'adresser au » à d'usurier, à l'intermédiaire : moyennant un intérêt très . de 3 ou 4 p. oo, l'argent nécessaire lui est avancé; et l'expérience est assez longue déjà pour démontrer que le paysan français est un débiteur exact et loyal, car des banques agricoles ne perdent rien avee leurs clients. C'est à elles encore ae ysan peut s'adresser, sil a besoin dé fonds acquérir la

vi lc ne A Ta pe pr fiches pour les anciens propriétaires, mais non pas: pour gi a Je plus grandit ep paye op her pu née

ition, +

ces faits donnent à penser que l' error Pom bre om ; elle ne peut plus

nel. Pourquoi done la France ne pourrait-elle réconstituer les classes D DB DE 6 do : 23 millions et demi sur 38 millions d'habitants. D'autres pays ont vu Fiquilibre rompre complètement entre l'élément urbain et l'élément agricole; il la poioteps que.c'est fait pour l'Angleterre, dont lagriculiar st, désormais inyabian insuffisante pour la nourrir; di une vingtaine d'années une évolution analogue s'est ébauchée en qui fut si 1 ps un pays presque entièrement agricole : en 1871, la population allemande vivant à la campagne comptait 64 p. 100 du chiffre total : il y avait, en 1895, aa ét RSA Le Li A ER 221 citadins; Ra de doute qu'aujourd'hui la population des, villes n'ait le

nombre pour elle li)». La situation di phique de la France reste, à ce point de vue, bien préférable à celle de l'Allemagne; et comme la vie rurale est en relation assez intime avec le progrès de la nätalité, on peut espérer que certaines conséquences de ce fait se réaliseront pour le plus grand bien de notre pays.

Les petites fonctions publiques qui exerçaient autrefois une telle fascination sur le paysan pauvre ou même le petit propriétaire, on commence à mieux connaître leurs misères : celles-ci se sont encore accrues sous l'influence des haïnes politiques locales. 1 vaut mieux rester dans sa misère à soi, vivre de sa terre à soi, être le maître chez soi que d'aller s'exposer à toutes les vicissitudes, à toutes les tyrannies, à toutes les injustices, à toutes les rancœurs qui sont le lot des petits serviteurs de l' nistration et la rançon de leurs pauvres galons de laine.

L'agriculture est-elle donc devenue une sorte de paradis terrestre, digne d'être chantée par le poète des Géorgiques? M. Méline n'a garde de le prétendre; il sait qu'il reste beaucoup à faire pour la rendre séduisante, non pas pour ceux qui lui sont restés attachés, mais pour ceux qui l'ont quittée, Il se contente d'affirmer que, dès maintenant, elle offre tout autant d'avanlages et de sécurité que les carrières de l'industrie et du commerce,

ICe qu'il reste à faire, le voici.

1 ne suffit pas d'avoir, à l'aide des engrais chimiques et des autres ressources élaborées par la science, traité l'agriculture comme une industrie, qui serait la première de toutes. Îl faut aussi la traiter commerciale-

ment : les profits que le rural erti va chercher dans le commerce,

des villes, que ne les cherche:t-il chez lui-même, dans le commerce bien compris de ses PERrA pod ? Pourquoi ne travaille-til pas à rendre plus lucratif son ? Pourquoi laisse-t-il tant d'intermédiaires se placer entre le consommateur et lui, le producteur, augmentant pour celui-là Are et diminuant pour celui-ci les bénéfices? H n'est pas question, ici, d'engager l'agriculteur à perdre une journée de travail pour aller vendre lui-même à la ville un cent d'œufs ou un panier de porames! Non, car il n'y à qu'un moyen ralionnel de supprimer l'intermédiaire parasite : c'est de constituer en syndicats les producteurs, comme on a déjà fait en plusieurs provinces pour les fromageries et les beurreries, en d'autres pour les primeurs, à Hyères pour les fleurs, etc. Ces syndicats auront des agents rétribués, astreints à rendre des comptes, et qui ne. pourront exploiter leurs commettants. Ces syndicats et ces agents

4) Exposition universelle de 1900: Catalogue officiel de la Section allemande, Avant-propos, pi 7. }

LE RETOUR À LA TERRE. CM permettront au cultivateur français de déjouer les concurrences qui lui naissent maintengnt sur tous les points ‘dumande, del Nou Nouvelle-Zélande pe nr de s'ouvrir des marchés dont il n'a pas encore tiré tout le

parti possible. I faut bien que nous péchions par i tion, puisque nous FE mare du terrain sur le marché d'Angleterre, où nous occupions, il y a vingt ans, le premier rang, où nous ne sommes plus qu'au troisième. Pourquoi nos exportations, de beurre y, sont-elles tombées (en 1900) à 44 millions, tandis que, celles du Danemark, le plus petit royaume d'Europe (a (a anis habitant}, 0 sont élevées à 226 millions ? Pourquoi, avec notre excellent bétail, ne vendons-nous à l'Angleterre que pour 2,610,000 franes de viandes abattues, tandis que le Danemark lui en vend pour plus de 100 millions? C'est peut-être parce que le Danemark est si bien organisé qu'il possède. 26 abattoirs coopératifs. Il possède 465 sociétés coopératives rien. que pour tion des: œufs. Et pourquoi, sur le marché de damage nYons-nous laissé ER par Pltalie2, os nat

FA Th touche à bien d'autres, Ariane toutes inté- Es au és pr point la classe agricole : enseignement plus pratique dans nos écoles de village; organisation d'assurances contre {ous les ris-

ques professionnels, de l'assistance médicale, des, institutions de -préa à intangibilité du + bien de famille » dit homestead,, trans, Là distance dés fôrces inotrices afin de pouvoir reconstituer l'atelier et décongestionner un peu les usines-casernes, fin de l'absentéisme pour Les gros propriétaires ruraux qui, eux aussi, ont émigré dans les villes, ete. L'auteur a pensé aussi à rendre plus agréable lave rurale; - «utile dulei. Assurément On ne peüt pas avoir l'opéra si village et on ne peut lui souhaiter le « beuglant », mais p ï ne pas LTentrut. les sociétés de musique instrumentale, 4e chant, Ex ür, Ru nastique, qui rapproer les papes d'une même SRE. nn à s'enfermer chez eux comme. s une tanière ro) en coteries | et jalouses les unes des autresÿ « Qu mp pédherait de sf taalapereu sombre et enfamé, d'aspect lugub: et itibeblé véritable assommoir qui pousse à boire et à sat jour Gublierta t'istessé du livû, ua café un pèu prop “et élégant, bien our où l'on pourrait Spy en un instant de,repos ? »

Tout ce que recommande M. Méline, n'est-ce. donc. RE er Ce qu'il souhaïterait de voir chér-nous, est-ce que cel d'en d'autres pays ? N'est-ce pas à ses merveilleuses organisations : que le Danemark doit les succès qu'il remporte contre n anarché anglais ? N'est-ce pas grâce à leurs écoles ménagères et à leurenseignement

laire? Cette question, M. Jagié se l'est ag pire À tantôt un

de siècle dans le sravail que | San be Evil y nee Marko a resté si », c'est sans, er me sique, C'est aussi, je suppose, i a permis d'être très insolent vis-à-vis, des. Dr ri rte pro te Eh resté reconnaissant de) son impudence et dé sesisaillies brutales. Cette foree a fait de lui un héros de légende, C'est peut-ètie encore parce que le rôle, ge nent os in a de rendre de sérieux services à ses compagnons à une dede vers

pouvaient plus espérer de reconquérir leur indépendance. Cette. …

physique . en est lrès fier et il se donne par moment des, allures de matamore.. | liœurie idluinemeut: au Ain PE Sn à Fr mt

sd iot4 Mte ai toy « Autant il yreide jours denss l'aanéas autant jai remporté de vic- D er Vila dans la montagne. Sa force, toutefois, n'est pas Loujours elle-même; il lui arrive ie succomber ou d'avoir besoin du, secours d'autrui. i Ae ntod AL est surtout terrible quand il manie son busdovan, sa, masse d'armes à six ailettes, Nul ne résiste aux coups qu'il porte; Hoperes ex autour de lui. Un jour il lutte contre douze Arabes et il les coupe en deux, si bien, dit plaisamment le chanteur, que de, douze ennemis il s'en fait vingt-quatre. Autant il est terrible à l'ennemi, autant il reste insensible aux coups qu'on lui porte, À un adversaire, qui lui décharge un coup dans le dos, il se contente de dive:« Ne réveille pas mes puces. » 8 qu mn AN nor restent huit jours entiers sans oser:approcher de son corps. Comme un grand nombre de héros légendaires, Marko, cheval merveilleux dont le nom est inséparable, du sien, ni s'appelle Sarac (Scharats), le chevalipie, et sert tour à tour de monture à son maître pour chevaucher, de coussin pour sommeiller. Les récits différent sur ses origines. Suivant certains textes, Sarac fut donné à son maître par une Vila et, comme lui, il a sucé le lait d'une, Vila. Suivant d'autres, Marko l'avait tout simplement acheté à un maquignon. [l'avait essayé beaucoup de chevaux et pas un ne pouyait le porter, Un jour il aperçut un cheval qui le tenta, H le prit par la queue pour le faire tourner autour de lui. C'était sa façon, d'essayer les che. vaux; mais le cheval ne se laissa pas faire et resta immobile, Marka, ravi de trouver une monture si vigoureuse, en fit l'acquisition, guérit la Ba.

avons cité. plus haut quelques exemples de sa cruauté envers elles; — mais jamais il: ae pont Vel des femmes le moindre acte d'immoralité. |

Marko est ER Rai + it ste Cire pete le métier des armes. Un’ jour, tout en buvant du vin avée lui, sa vieille mère Euphrosyne lui fait remarquer qu'elle est lasse de laver les vêtements ensanglantés qu'il lui rapporte: et elle l'engage à labourer la terre et à semer du blane Ha RO ie FAR GR primes re à sa mère; mais il pratique l'agriculture d'une façon peu commune, H laboure la grand'route:Viennent à RÉ ra à conduisant trois charges d'or, qui lui disent : « Ne laboure pas les chemins,» Une querellé s'engage; Marko laisse les bœufs et lu charrue et tue les janissaires; puis il rapporte les trois charges d'or à sa mère: Voilà ce N'a momie per 9 m'a fait gagner aujourd'hui. » |

Ce n'est généralement pas lui duic commence dlarpamlers il attend qu'on le provoque où qu'un plus faible, parfois un-pobratim un frève d'adoption, l'appelle à son secours. Ce secours, il ne le refuse ni à ses compatriotes, ni à: ses maîtres les Tures. Le bandit Mousa Kesedjia, autrement dit Mousa le coupe-jarrets, ne peut être vaineu par aucun musulman. Le sultan, dans un accès de mauvaise humeur, a jeté Marko en prison et ne sait à qui demander secours. On lui ‘que Marko est encore en vie dans la prison. I donne l’ordre de le mettre en liberté. On va de chercher dans sa geôle et on le conduit devant le sultan; sa chevelure tombe jusqu'à terre; ses ongles sont devenus tellement. Jon qu'il pourrait s'en servir pour labourer; l'humidité du cachot l'a et ilest devenu noir comme une pierre brune; «Se peut-il! bien que tu sois en vie? lui demande le sultan: — Je suis vivant, Seigneur, mais cela ‘va mal», et pour se refaire, il demande: à passer trois mois nn cabaret. Quand il s'est bien sbreuvé dé vin noir, il est de nouveau en état dé courir lesaventures. Il Mousa et le fend du bas de la poitrine ‘x son blanc. osier: Moasa m'était. facile à réduire: il a de trois cœurs héroïques; Mars le coup terrible porté par Marko, l'un de ces cœurs s'agitait enéore; dans le troisième un serpent était endormi. Quand le serpent se réveilla, le corps de Mousä se mit à sauter sur le gazon. Et le serpent dit à Marko :#Remercie Dieu que je ne me sois pas réveillé alors: et pureneircey en vie, c'en était fait de toi. »:

Marko coupe la tête de larvictime; la Faodes \dattih et va la porter au sultan. En la voyant, le sultan tressaute de frayeur, « Sois sans crainte, Sire Empereur, dit Marko; si tu tressautes ainsi devant une

le

souvent le rôle d'un chevalier errant, vengeur d'i qui ne sont pas les siennes. On l'invite volontiers aux noces, où il tantôt corame conducteur de la fiancée (djeuer)H}, tantôt comme témoin, parce qu'il est bon compagnon.et aussi parce que l'on compte sur la vigueur de son bras pour mettre à la noel is de 1

H oblige sans distinction les Serbes et les Tures. Au service de ces derniers, à n'oublie pas qu'il, est chrétien; mais il invoque et accepte au Pr A auras 2 lement serbes et qu'elles n'ont rien à voir avec les superstitions Maps Sa déférence pour les Turcs est parfois vraiment scandaleuse. Un jour il reçoit à la fois trois invitations : celle, du roi de. Hongrie pour noce, celle de Janko de Sibin pourun ation de ROUE me sultan Bajazet, qui l'invite à venir combattre contre les Arabes. C'està cette dernière qu'il se rend. H fient à remplir, son devoir de vassal ; d'ailleurs , lorsqu'il s'agit de batailler, Marko est toujours prêt à partir. accepte du sultan le titre de! pasinak ssl (dpt are A celui de’pobratim (frère d'adoption). : quand il est en. colère , il ne connaît ni amis, ni ennemis. Parfois les Turcs ont fort à se plaindre de lui et viennent se pi AN a EEE à Markoux 1 0

Le viäir Mourat aisé Marko a doadte an Hértot dela de son faucon favori. Marko entre en fureur : n C'est grand dommage, pe on en Peer ie d'aller à la chaste avec Jes/Tiros sans des Serbes,»

Bodprieivitrremenadé Dés ouce mama) Tomas Te de compatriotes et massacre les Tures. Une autrefois, il délivresune captive en combattant contre douze Arabes ; il délivre trente. jeunes filles captives chez les Tures, L'Arabe d'outre-mer qui a affermé le pays de Kosovo exploite le peuple, exige un tribut des nouveaux mariés des deux sexes: Hg Le sultan Souléïman a, fait défense aux chrétiens de boire du vin pendant le Ramaran, de pote des doïmans verts, de ceindre des sabres forgés et dedanser avec des dames turques. (ri la fantaisie du chanteur en prend vraiment bien à son aise : on.ne voit pas très bien des dames turques dansant avec. des chrétiens, surtout pendant le Rarazan.) Marko ne tient nul compte de l'ordre impérial, etle sultan, informé de sa désobéissance, le mande à son conseil; les envayés: du sultan arrivent auprès de Marko aulmoment où il esten train de vider uné coupe de douze ocques (quinze litres). Il pousse. même l'impudence

1 Ce mot veut dire proprement le frère du mari: GE Je grec ôæp, le latin lerir.

chrétien ; il ne manque jamais, même chez les Tures, de célébrer la fête de son saint patron. Ce jour-là il sert ses hôtes, assisté par sa mère et sa

L er de Le PEN AL FN le lui permet ce de sa caractère.

le bey Kostadin, l'invite à la fête de la Slave. Mas L de rte e amèrement de manquer aux devoirs d'an bon Serbe et d'un bon chrétien. Un jour, pendant le festin, deux mendiants sont venus Jui demander du pain et du vin: I leur Te Marko DE a habillés magnifiquement et les a renvoyés chez Kostadin, qui, cette fois, les a hébergés. D'autre part, Kostadin. n'invite pas à sa ee père et sa mère pour bo à Le ee Save Le pre de vin.

À l'occasion Marko sait même être bo pour lbs asimans: Ün:ÿ ‘jour ‘il se sent malade sur le grand chemin; il, s'écrie : « Celui qui me dise dé l'eau à boire et FEU NT un peu d'ombre aurait droit au paradis.» Aussitôt un faucon arrive, lui apporte de l'eau dans ses serres, lui fait de l'ombre avec ses ailes. Marko s'étonne de.cés bons traitements, Le faucon lui rappelle qu'au temps jadis, lors de la bataille de Kosovo, il eut les ARS ess Ipaq es Ace de releva, le mit res / PA Les 1 Ce chant fait partie d'un petit groupe ivement peu nombreux qui essaient de rattacher da de Marko aumials

un tableau d'une nue vraiment épique: La Vila; sa pe er Jui a prédit de quelle façon il quittéra ee mionde. 1 ne mouvra ni d'un coup d'épée ni d'un coup dé lance, — il n'ya pas de héros capable de se mesurer avec lui, mais de la main de Diéu le vieux bourreau (stari krunik), autrement dit de mort naturelle. Elle l'envoie dans la montagne; R, entre deux sapins élancés, il doit rencontrer une source, se mirer dans l'eau et yapprendre Je secret de sa mort. H se rend au lieu dit. A considérer son visage dans l'eau de la souree , il deviné qu'il doit mourir. Il se résigne et fait ses préparatifs. IL commence par tuer son fidèle Sarac, pour qu'il ne tombe pas aux mains des Tures; il brise-son sabre. il Jance sa masse d'armes dans la mer, én Sécriant : s,

masse sortira de fa mer, qu'il naisse un héros tel que mois,.et

son testament. H lègue trois sacs d'or (c'est le nombre: tra pour ses funérailles, pour les fais et po les À PPS : D'suspen

1 La fête du mit patron. # SAVANTS. 83

DCIOOETC ETES

650 (Ain LOUIS LEGER: I: | re puis il ôte son dolman, l'étend sur l'herbe, item de da croix, rabat son bonnet sur ses yeux et meurt, /

i Pendant huit jours entiers il reste étendu sur le sol. Tous les passants PA mea or arr et craignant de le ré- Hp ce Prog era sb rare = ser le grand sanctuaire serbe du mont Athos; il remarque le testament pendu à l'arbre et relève le corps de Marko. 1 le charge sur son cheval, puis sur une barque et le transporte au monastère ; il l'ensevelit dans l'église et élève aueun monument afin qu'on me connaisse pas sa tombe et que ses ennemis ne puissent exercer aucune vengeance sur ses restes.

are oi avé dans paie “sf AT NE Karadäié et publié dans la nouvelle édition des Pesme (t. V, 1899) nous raconte autrement la mort de Marko:

Û Un corbeau et un loup rencontrent dans la montagne un héros blessé, couché dans une grotte, et s'apprêtent à le dévorer. Le héros sort de son évanouissement et se met en défense. Puis il s'adresse en ces termes au corbeau : « Prends cette lettre et va la porter à Kosovo, à la Blanche Église, et remets-la à lhégoumène Sava. Je te nourrirai dé viande à discrétions» Dans! cette lettre il invite l'hégoumène à venir lui porter la communion et les derniers sacrements. Sava arrive, accompagné de douze voïévodes. Il trouve Marko encore en vie et l'administre. Marko demande à être enterré sur le champ de bataille de Kosovo et lègue Sarac à l'abbé. On charge Marko, mort, sur le généreux coursier et on Tensevelit dans la tombe qu'il a demandée, Les funérailles à peine/terminées, Sarac pousse trois hennissements et meurt, On l'enterre non loin de son maître, ét sur chacun des deux tombeaux on élève un monument. Peu de temps après les Tures deviennent, définitivement les maîtres de tout Je pays serbe 0). :

Nous avons vu que l'imagination populaire s'était quelquefois essayée

à rattacher de cycle épique de Marko Kraljevié à celui de Kosovo: Nous SO un Len DL :

mousse, quand Îe sabre sera sorti tout Fat pas mort = il dort dansune grotte: entier de la roche, Marko se ee A one ete pores d que et son sabre dans ro- it publié re her. Sarnc se nourrit de la mousse qui fois dans le tome XIV du SE de mr dans la groîte; peu à peu le sabre Sofia, a été réimprimé dans le Recueil sort lentement de la roche où il est fiché, de M, Jordanov, p. 212-222:

& D oral Ha $Sarac aura fini de manger la Me ss ré À Ar « Al SX

LE CYCLE ÉPIQUE DE MARKO KRALJEVIC. * 651 Marko est allé guerroyer en Anatolie contre les janissaires. À. son retour il a un mauvais rêve. Îl voit lé ciel qui s'ouvre et toutes les étoiles qui tombent à terre. 11 demande) l' de ce rêve à sa mère, Celle-ci lui explique.que pendant son! les Tures sont devenus les maîtres du pays. [n'a plus qu'a les les clefs de Prilep et à se soumettre. Il: veut résister, mais saint Élie lui apparait et lui annonce qu'il doit se résigner : ce qui était bulgare sera maintenant ture et le Ture régnera à Prilep. Alors il ge se cs iqu'elle ne tombe } mains des Turcs, il tue son fils Bogdan , il tue son bon-cheval et s'enfuit lui-même... aussi Join que les yeux peuvent voir. | ip J'arrête ici cette longue analyse. Elle suffit à donner une idée de l'in finie variété des thèmes développés par la fantaisie sudislave et groupés par elle autour du personnage légendaire de Marko. A y a une vingtaine d'années, j'avais signalé ce cycle épique à un de mes élèves en quête d'un sujet inédit pour une thèse de doctorat. H a reculé devant la grandeur de la tâche et depuis cette époque le domaine sur lequel je l'invituis à porter ses recherches s'est encoré agrandi, Î y aurait aujourd'hui un travail bien intéressant à entreprendre : ce serait de grouper en un-corpus tous les textes en langues diverses (serbo-croate, bulgare, slovène, roumain, petil-russien) qui paraissent. se rapporter à Marko Kraljevié ,.de disposer ces textes par ordre,de, matières et d'y joindre une table bien faite avec un index très complet. Un tel travail ne pourrait être, à mon avis, que l'œuvre colléetivé d'une Académie, Je souhaite vivement qu'il soit entrepris, ER 08 pr VAR pie ane: soit poseneiiqinns rte gun ét ur vu w (ul ‘ons LEGER. (ET

put " 1 jé dr tr

LA TOPOGRAPHIE y CARTHAGE ROMANE.

Aug. AUDOLLENT, Carthage. romaine. Jn-8?. Paris Fami, l 1901-2908; DOTE ITA Lagrrmd alto le Etoile Mein ete enr mn Lt le souvenir des luttes héroïques que ses soldats et ses habitants soutinrent contre les Romains, l'acharnement des vainqueurs après leur triomphe ; la renaissance de la ville à l'époque impériale, l'éclt, du christianisme défendu par Tertullien et saint Cyprien, enfin da figure de saint Louis,

LA TOPOGRAPHIE DE CARTHAGE ROMAINE, 653 fouillé jadis par Sainte-Marie, et celui du temple de Cérès dont le P: Delattre a retrouvé des indices nssez caractéristiques entre Bordj Djedid et Sidi-bou-Saïd; malheureusement on ne peut guère juger de leur plan, ni de leurs détails. Au contraire c'est leur forme même qui trahit l'emplacement d'autres édifices, destinés à l'amusement du peuple; des fouilles heureuses nous ont rendu l'aspect actuel de trois d'entre eux, l'odéon, le théâtre, déblayés partiellement par M. Gauckler, et l'ampbithéâtre, mis au jour par le P. Délattre: Quant au cirque, les lignes s'en dessinent encore sous la terre qui le recouvre. s forte raison ne saurait-on hésiter devant certaines constructionsutilitaires dont la nature est évidente et la conservation meilleure : l'aquedue qui amenait à Carthage les eaux du Zaghouan et les deux groupes de citernes qui lui servaient de déversoirs, à Bordj-Djedidet à la Malga. À côté de ces dernières, sur le bord de la mer se dresse un grand massif de b] fort apparent. On a trouvé l'inscription gravée jadis sur la façade; elle nous apprend qu'il y avait là un établissement thermal: ce. n'est point par hasard que da région où ils’ élévait porte aujourd'hui encore le nom de Dermèche, déformation du latin Thermas où Thermis. I y aurait lieu, d'ailleurs, de fouiller à fond ces thermes et d'en dresser un complet. Û tr 4 '

Voici donc’en tout une douzaine de monuments dontl'emplacement et la destination-sont certains. Autrement plus nombreux et, on peut dire. autrement intéressants sont ceux dont il va maintenant étre question, :

On sait Ja controverse qui s'est élevée au sujet des ports de Carthage. Tous ceux qui ont visité la Tunisié ont vu'ces deux petites lagunes, au pied de Byrsa, où l'on avait coutume: il y a quelques années encore de reconnaitre sans diseussion les deux bassins carthaginois ; le Cothon ou port de guerre, et le port marchand. Falbe, Dureau de ki Malle, Beulé sont les auteurs de cette-théorie; ce dernier nous a même donné un plan complet de l'ensemble; devant lequél, il faut bien le dire, on demeure sceptique. 1 n'est donc point étonnant que leur système ait trouvé ; surtont de nos jours, des contradicteurs. Les uns, comme Jal, ont imaginé que ces fliques d'eau minuscules représentaient les restes d'un port étabii au moyen âge, supposition bien improbable, Carthage étant alors fort peu de chose. Les autres ont cherché à se persuader que les bassins car- Po o étaient aménagés en avant des lagunes, dans la mer; ou que les lagunes ne constituaient jadis qu'un des deux ports, l'autre, celui par léquel ôn pénétrait dans le premier, étant actuellément recouvert par ln mer, — ce qui reste, en somme, la solution la plus plausible, Pour tenter de résoudre la question, nous avons.voulu faire sonder ln bande du

654 Wii R2/CAGNAT. | wi ed qu dr D in ds cs de marine

Draps D'abord, il afest pas sait de déterminer àre ! Les massifs de maçonnerie que la sonde a révélés, car on est 1de déterminer nettement la différence une ‘d'une jetée romaine; d'autre part, on ignore si les tins et romains ont les formes des ports puniques, ou, ce qui est bien , S'ils offraient quelque originalité. On raisonne done un Le en sans points de départ suffisants; et ilest bi des recherches ultérieures, même menées mere demande, sur terre et sous la mer

parallèlement

ne nous donnent jamais des résultats décisifs.

Mêmes difficultés pour déterminer l'emplacement du forum. H n'est a nb otre great ‘füt voisine des ports. Mais en était-il

ad A D a or C: Gracchus et César firent envoyer

des Italiens à Carthage pour la peupler, qui nous dit qu'ils établirent La place dela colonie la où était l'agora des vaineus® Étant données les lois qui régissaient les RAS de de colonies, on peut méme supposer le contraire sans invraisemblance. On admet pourtant l'identité des deux places et on localise la seconde où l'on qu'était la tpremière, derrière les lagunes. Pourquoi? parce: ‘que Faite, nous raconte que le centurion envoÿé par Mucien pour saluer Pison empereur s'acquitta de sa mission dès qu'il atteignit le port, — le port romain dont on ne peut pas affirmer la place exacte; — bientôt, ajoute-til, le se joint à lui et se précipite au forum en ‘acelamant le nouveltélu ; parce que Procope , énumérant les édifices de Justinien , parle d'un double portique qui entourait l'agora maritime, — que l'on assimile au forum ; parce qu'aux environs du jardin de Mustapha-ben-Ismnil , près des lagunes, On: a recuilli un misérable fragment d'insoription portant encore quelques grandes lettres mutilées, qui forment le groupe FORV, — et rien d'autre. — Sont-ce vraiment là des argaments probants? D'autre part on ne lient presque pas compte d'un texte de saint Augustin d'oivil résulte-que, de son temps, le forum était tel qu'il existait en contre-bas (subter) une rue hubitée par des pese M ce qui paraît va. ul 3

0 His, AN, q : » Vulgus, eredulum (Ps dsuper prennent; Son0 +

gere FA forum, Y securis audito Con ar-

? Comfess., 14: Furingrésus gentarii qui subter erant.s La oies est ad enneellos dates qui Marge passe au

LA TOPOGRAPHIE DE GARTHAGE ROMAINE. 5 655 se développait sur un terrain sensiblement incliné où sr ‘avait aménagé sa plate-forme par des travaux dé terrassement, 11 faudrait donc en chercher la place au moins are dissous seb de toute autre colline.

Tanit ou en intino|Cecisati était lavgrande-ditinité, de Canhage: ls avait un temple célèbre, qui fut dans la suite transformé en église. On se persuadait jadis qu'il occupait la colline dite de Junon , voisine de Byrsa. Le P. Delattre, par des sondages décisifs, a prouvé que c'était là une. erreur, On l'a transporté alors hypothétiquement sur Byrso, d'où on doit pareillement le chasserÜi}, Où done faut-il d'établir? M. Audollent a sup, posé, comme je l'avais fait, qu'on pouvait le localiser à l'endroit nommé Feddan-el-Bahim (dans la plaine au-dessous de. Byrsa), parce que là on a recueilli, dans un mur romain, dit Sainte-Marie, pêle-mêle dans la terre, assurent MM. Babelon et Reïnach, un grand nombre de stèles votives à Tanit. Nous avions cru trouver la confirmation du fait dans We rapprochement curieux: D'une, ee Ulpien }, parlant de Caelestis, la nomme

« Cuelestem Salinensem deam Garthaginis »: de l'autre, les Arabes appellent les terrains voisins du port et par suite du lieu dit Feddan-el-Bahim « les Salines ». Mais nous avons rencontré des contradieteurs. M. Gsell a fait re marquer, avec quelque raison sans doute, que cette dernière appellation ne remonte pas plus haut que le moyen âge; et il faut reconnaître que la lecture Salinensem dans Ulpien est Join d'être certaine : quelques éditeurs admettent Selenen, d'autres Sidonensem ; M. Gsell a pensé à Saminensem transcription du punique Sama, lequel signifie précisément « Céleste ». La conclusion est pen ne sait pas au unie. situation du hiéron de Caelestis. l de

On n'est guère plu aancé pour le Capitole, Tout rade auteurs nous apprennent à son égard, c'est qu'il s'élevait. sur une bauteur, puisqu'il fallait monter y accéder; lon aurait pu s'en douter sans eux. Or Byrsa étant PA A plus fameuse de la ville, on devait être tenté de l'y ériger, sans la moindre preuve épigraphi : ou archéologique d'ailleurs. On a seulement découvert à 1 de la cathédrale de somptueux hauts-reliefs représentant des Abondances et des Victoires : s'ils à t qu'il existait à cet endroit un grand édifice, ils ne prouvent pas, cela est évident, que cet édifice füt le Gapitole, On ne saurait donc, sans faire les cam tee do AO AAA rene mo pe pr re rm va)

PA ET ei Rev. areh. (AR: 1894, p 188 mir). —

ab + AA LR CAGNAT

C'est pareillement à Byrsa, cette fois en avant du temple d' dont il a été parlé plus haut et à l'extrémité Sud-Est ue D et d'autres à sa suite ont voulu placer le palais: du proconsul. En effet, rl Emme , On voit une série de voûtes, qui sont le jet que l'on aperçoive en ph rm dé “dans l'enclos de Saint-Louis. Leur utilité pratique était, évidemment, de soutenir la plate-forme et de combattre la poussée des terres de la colline. Ces absides sont établies aver grand soin et étaient jadis richement décorées, surtout celle du centre dont le sol était pavé de marbres ; quelques-unes semblent avoir abrité des statues, dont les ux se sont retrouvés en place, Pour Beulé, ces niches devaient former le fond d'une série de pièces voütées, et ces pièces ne pouvaient convénir qu'au palais proconsulaire. La première est possible, encore qu'on n'ait trouvé jusqu'ici aucun mur de refend qui justifie l'hypothèse: actuellement rien ne décèle, en avant des absides, une construction quelconque. Quant à Ja! désignation de palais proconsulaire attribuée au peu ps du monument, elle est sans le moindre fondement. On sait seulement de la demeure du proconsul qu'elle était assez proche du forum pour qu'on püt de là ser eh que le peuple EE — mais nous ignorons où était le forum; A était voi-

de la platea Venerea et de la plalea Salutaria, voisine aussi du vicus Satarni, tous inconnus; qu'elle s'élevait sur une hauteur, ment vague; enfin que des prisons qui dépendaient du palais on avait vue sur l'entrée du port et sur le lac de Tunis); — or il n'y a pas que dé Byrsa qu'on puisse apercevoir La Goulette et Kéreddine.

De tout cela il résulte que sur les points les plus importants peut-être de la topographie de Carthage à l'époque romaine, nous sommes sans renseignements suffisants, et que les Fonds a mises 2e a l'on met en avant sont très discutables,

Je n'ai parlé jusqu'ici que des édifices païens; nous ne papa : plus avancés pourles édifices chrétiens. Nous ne savons où chercher ceux dont nous parlent les martyrologes ou les écrivains ecclésiastiques tels que saint Cyprien et saint Augustin; comme aussi sommes-nous | dom: emmpéchés de donner un nom aux ruines que nous rencontrons: Tel est le cas, par exemple, de la grande basilique de Damous-el-Karita, si ris reusement mise au jour par le P. Delattre. Tout donne à penser qu'elle figurait parmi les plus importantes de Carthage + In dimension des difiés rentes parties, les traces de tombeaux de martyrs qu'on y a rencontrées, le

1 Tae., Hist., IV, 38. — M Act, procour,, 2. — % Procop., Bel Wand,, Ka0:

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