‹ Journal des savants (volume 3)Chapitre 39 sur 151 · LA POTERIE GALLO-ROMAINE · texte numérisé non relu

LA POTERIE GALLO-ROMAINE

Tout cela ne prouve guère en faveur de l'habileté artistique des potiers de la Gaule romaine ,et, sauf quelques exceptions, ils t bien la définition que M. Déchelette, donne de leur mode d'ornementation : un décor dé remplissage obtenu à l'aidé de poneifs choïsis plus ou moins intelligemment et groupés le plus souvent res or

lité excellente, C'est ce qui assura Jeur SE ronde mi à Gaule, mais aussi dans toutes les provinces romaines de d'Occident. * On peut facilement s'en eonvainere. Il a été découvert des vases de da Graufesenque en Germanie, dans un cimetière d'Andernach que l'on sait antérieur aux Flaviens, aussi bien sm 5 cendre qui recouvrait Pompét; ce qui prouve que, dès le milieu du r” siècle, les produits rutènes avaient. card rer du Rhin comme en Italie. I en a été recueilli également sur la côte orientale de l'Espagne et dans les ruines de’Silchester, non loin de Londres ; quelques exemplaires se sont même rencontrés en Algérie et en Tunisie. Cette poterie était donc recherchée au Sud comme au Nord. Un peu plus tard, celle de Lezoux donna lieu à un commerce d'exportation non moins important. On n'en a encore, il est vrai, signalé de spécimens dans l'Italie méridio- Pt dans l'Italie centrale; ca seulement au Nord de la péninsule ; par contre, elle abonde dans toutes les collections de Y'Angleterre, de Fa igne, des régions danubiennes ; — peut-être faut-il attribuer le fait à la fréquence des camps légionnaires établis sur les frontières de pen de la Germanie et de la Pannonie. On sait que ces camps avaient donné naissance, au 1 siècle, à autant de villes Aorissantes, peuplées de citoyens romains et remplies de marchands et de fournisseurs de toute sorte; grâce au réseau routier qui reliait entre ere mare grandes villes des provinces, grâce ausst à l'organisation développée Snbitélarie Guricles Vie x vien n'ébait plus aisé que de faire voyager àvpeu defrais, par terre ou par eau, ces légers ustensiles, Leur élégante ornementation , si Matteuse à l'œil, et la modicité de leur prix leur assuraient des débouchés importants, et ce succès er Pre lepase arvernes rie de plus en plus abondante, * La prospérité de l'industrie céramique gauloise fehartid'ans dique Honda colon Pénarque de: Me: Décalé.

# constaté, en étudiant L'aRRSE 2n GEST particulier, celles

imitations, reproductions grossières de ln forme des originaux, n'ar-

Gt er ea ps rod: éclat o8le ant then,

ni la variété du décor. Les potiers italiques, qui avaïent été les maîtres

de ceux de la Gaule, deviennent done, à leur tour, des élèves; au lieu de

Loin 4 jaloux leurs nobles traditions d'autrefois, empreintes d'élégance et de la délicatesse hellénistiques, ils les abandonnent pour

A rad avaient jadis inspirés. I LE rage vom Lea m a « Le développement de

l'in des del'Empire avait créé aux

de l'Italie une redoutable Pre et nécessairement ne

lissement des prix. Il: enr PÈRE

sivelet. La renommée et des arrétins

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OT tua) R. CAGNAT.

"LES HEURES DU DUC DE nenny.

Pau faut Chantilly. Les Très riches Heures de Jean de France, duc de Berry. Ouvrage accompagné de 64 planches en hélio-

vure. In-folio, de 264 pages, plus 4 feuillets préliminaires. Paris, Librairie Plon, 1904.

Depuis déjà un certain temps, depuis surtout de publication d'une notice insérée par M. le due d'Aumale dans le premier volume du Catalogue de ses manuscrits, on savait que lelivre d'Heures du due de Berry conservé au Musée Condé était l'œuvre de peinture la plus parfaite que nous ‘ait laissée l'École française du commencement du xv° siècle, Ce manuscrit n'avait cependant pas été l'objet de l'étude approfondie: et raisonnée qu'il méritait à bien des égards et qui devait en mettre toute la valeur en relief. C'était lune tächetrès difficile à remplir: elle demandait autant de goût que d'érudition et de critique. M.de comte Paul Durrièu s'en est courageusement chargé. Elle n'était pas au-dessus de ses forces: 1 vient de l'accomplir avec un completsuccès. Les félicitations auxquelles ia droït s'adressent en même temps à la maison Plon-Nourrit,et, C?, quiula rien épargné pourien faire-un livre irréprochable , et.x M. Du: jerdin, qui s'est surpassé dans l'exécution des héliogravures.gl convient

aussi de donner des éloges aux artistes à qui nous devons le:frontispiec en couleurs : Ce br A7 Ah Nr Wittmann, qui donne une assez juste idée du coloris d ME Ie er pars du manuserit.

0: J'essaierai en quelques pages de faire. A a le qbosqie tite tee, la difficulté des, problèmes qui se ; l'élégance des solutions que ces problèmes ont reçues, : 1 fut avant ut déterminer dans quelles conditions lave à té

seit

Le point: de départ des recherches dire 0 un arte de lnvenire dressé en 1416 après lu mort du due de Berry et qui est ainsi conçu : « ltem en une layette plusieurs cahiers d'unes Très riches Heures, que faisoïent Pol et ses frères, très richement historiez historiez et enluminez, rs 5oo livres tournois.» :

On est unanimel à reconnaitre que cs testé s'applique bien au manuscrit du Musée Condé qui est maintenant connu sous la sonne de Les Taès mones Heures ov pvc pe Benny. :

Ce manuscrit, quand il al été examiné par le rédacteur dé on de 1416, était à l'état decahiers non reliés, Le téxte, ié.en dettres de forme très régulières, toutes tracées par la même main, devait être complets mais l'illustration n'était pas terminée; le travail, interrompu par la mort du ducde Berry, ne devaitétre1 repris qu'environ soixante-dix ans plus tard. Rien n'est plus facile Se de PAGE 2 Ra RE on avait été faite du vivant du due dé Berry, celle que le rédacteur de Ventaire avait sous des yeux en 1416 et qu'il déclarait avoir à pr Pol et ses frères. Li ua a Lu ER QT quén et Hermant de Limbourg dans diverses pièces de la comptabilité du duc de Berry. Is furent admis dans l'intimité du prince et attachés à.sa maison en qualité de valets de chambre. Hs: LE a à originaires du pays de Gueldre, de la même région que les Van Eyk. À partir du commen: cement du xv° siècle, ils se fixèrent à Paris out dans les domaines du duc de Berry ; leurs traces ap EP mort de leur patron.

Mile comte Durrieu à laissé indécise I question de savoir si es trois frères de Limbourg ne seraient paslles mémes'que Polequin , Janequin et Hermant, neveux de Jean 5 cité en 1ho7 RS ET div

fl) Pendant que cet article était en. ! œuvre: de Jacques .d nn en DE Re A A AE lit faudrait } meer tendant à établir que les lc Vu eu ont que des peintures des Trés riches Heures sont +! hypothèses trs hasardies

208 | LL DELISLE: Û du due de Bourgogne. Pour être fixé sur ce point, il faudrait re- Eve talée tie à travaïllèrent les Malouel et constater que l'illustration de cette Bible est bien dans le même style que les Très riches Heures.

Les ents qui nous sont parvenus sur les trois frères de Limbourg sont assez rares. C'est à eux que fuit allusion Guillebert de Metz quand il cite les trois frères enlumäneurs dans la liste des artistes qui honoraient la ville de Paris au temps de Charles VI. Les Très riches Heures durent être leur chef-d'œuvre. On ne peut pus distinguer la part qui revient à chacun d'eux dans l'exécution des peintures et des ornements de ce beau livre; mais tout porte à eroire que le chef d'atelier fut Pol, le seul mentionné dans l'inventaire; ee dut être lui qui dirigea le travail avec assez d'autorité pour que la partie exécutée du vivant du due de Berry nous frappe, comme l'a très bien exprimé M. Durrieu, par un très grand aspect général d'unité, « D'un bout à l'autre, dit-il, nous retrouvons des D Re aux formes «élégantes et} lancées, er ru hommes ou de femmes, le même arrangement des. étoffes, la même on du modelé, le même souci des détails avec la méme manière de les rendre, et sous le rapport de la technique exactement les mêmes principes d'exécution; les mêmes particularités de facture et de coloration: y à motamment, en ce qui concerne le coloris, l'emploi d'un mauve très doux-et de ton très fin qui est: tout à fait caractéristique. Or cette nuance mauve, avec sa tonalité particulière et, si Jose m'exprimer ainsi, personnelle, n'apparaît pas seulement dans. quelques miniatures; elle intervient dans toutes, ou peu s'en faut, d'un bout à l'autre de la série. Que ce ton si fin sait accompagné ici d'un ronge orangé, là, aù contraire, d'un vert doux ou d'un bleu clair, peu à , il reste toujours une note constante et uniforme pour tout l'ensen { Lestyle et le coloris des peintures exécutées dans les Très riches Heures par les frères de Limbourg sont assez nettement caractérisés pour que M. le comte Durrieu ait reconnu leur faire dans plusieurs autres manuscrits du commencement du xv° siècle, Comme ayant cette origine, il a cité :

Nombre de peintures des Heures du due de Berry, conservées dans le cabinet de M, Edmond de Rothschild; La partie des Très belles Heures du même prince qui appartient à M" la baronne Adolphe de Rothschild; La miniature finale des Petites Heures du due de Berry, à la Biblio

thèque nationale; Quelques images du Térence de la Bibliothèque de l'Arsenal ;

La miniature de l'initiale de la charte de fondation de la Sainte-Chapelle de Bourges, en 1405 (pièce qui a péri dans l'incendie des archives du département du Cher);

Quelques peintures d'un livre d'Heures de Paris daté de, 1407, et conservé à da Bodléienne, n°144 du fonds Douce;

Plusieurs des petites miniatures de la Bible moralisée, manuscrit français : 66 de la Bibliothèque nationale.

Pour M. Durrieu, les frères de Limbourg sont des artistes français : tout jeunes, ils sont venus s'établir au cœur de la France; ils y ont accepté, en les modifiant, les traditions françaises; ils ont subi l'influence des peintres parisiens des règnes de Jean et de Charles V, avec plusieurs desquels ils se sont trouvés en contact; ils ont partagé et dirigé les goûts des premiers princes de la branche de Valois, qui les avaient retenus à leur service et honorés de leur amitié. C'est à la France qu'ils ont demandé des types de paysage, d'architecture, de physionomies de personnages, de costumes, d'ameublements et de divertissements. En un mot, ce sont dés peintres français, bien que nés en terre d'Empire, au pays d'Allemagne.

M. Durrieu explique sans parti pris, et tout naturellement, les analogies qu'on peut relever entre certains morceaux des Très riches Heures et des œuvres incontestablement italiennes ou flamandes, Ii est le premiër à reconnaître la réciprocité des emprunts qu'ont pu se faire, que se sont incontestablement faits au commencement du xv' siècle les Écoles de France, d'Italie, de Flandre et des pays rhénans. Fréquents et divers étaient les rapports des représentants des différentes Écoles; mais des d'une rigueur absolue prouvent que, pour plusieurs pages des Très riches Heures où certains critiques voudraient voir, sinon l'œuvre direete de peintres italiens, au, moins la copie ou l'imitation d'œuvres exécutées en [talie, la chronologie oblige absolument à renoncer à cette hypothèse. La partie des Très riches Heures qui est ainsi mise en cause est incontestablement de l'année 1416 au plus tard, tandis que la date des prétendus modèles est postérieure. Rien n'est plus intéressant que l'exposé des voies par lesquelles l'art italien a pu infiltrer dans le tempérament et les habitudes des frères de Limbourg. Les sources de leur inspiration ont d'ailleurs été fort variées. Beaucoup plus que leurs devanciers, ils ont eu le sentiment de la nature; ils se rendaient compte de la conformation et des attitudes du corps humain; ils excellaient à rendre les branchagés, les fleurs, les animaux et surtout les oïseaux; ils ne dédaignaïent pas de prendre pour modèles les morceaux de antique qui se voyaient encore de leur temps sur le sol de la France.

SATANTS. 28

Inpmmenie HATrONNLE.

Hs s'attachaient à rendre ce qui depuis s'est appelé la couleur locale, et plus d'une des scènes qu'ils ont représentées porte à un haut degré Tempreinte d'un goût prononcé pour l'orientalisme. ? ajMr ait Je ne puis pas indiquer toutes les questions que M. Durrieu a ‘été amené à traiter à Ep a a HE te en est une Er je ne saurais passer sous silence, Elle se rattache au caractère de fidélité qu'il convient de reconnaître aux représentations que nous offre une des plus eurieuses séries des tableaux du ip aus * Sous le de de Valois, l'usage s'introduisit d'insérer dans le ler des livres de luxe, outre les tableaux des occupations Ro tr Les TE resp figures sr etc Li gation. et les apôtres de versets ties Eee pins lb, l'évangélisation RTE

Maple pa À Betis de ph er ir driers que nous trouvons dans les Ses et les petites: Late duc de Berry conservées à la Bibliothèque nationale,

Un système différent prévalut pour le calendrier des tivores que le même prince fit entreprendre pendant les dernières années de sa vie, et dans. État freres chair mme Aux

scènes caractéristiques de la vie de chaque mois il voulut qu'on ajoutât l'image de divers châteaux, notamment de ceux qu'il avait fait construire res avec Île fuxe le plus raffiné, par les plus habiles architectes de son temps. L'identification des sujets de chaque tableau ne présente plus aucune espèce de doute.

Au mois de janvier, le duc de Berry prend son repas dans un de ses châteaux; il y reçoit ses familiers, qui sont probablement venus Yi offrir, avee leurs vœux , les étrennes dont il est si souvent question dans les inventaires et les pièces de comptabilité. Nous avons sur cette page un des meilleurs portraits du prince.

Au mois de février, une ferme dans un paysage, avec effet de neige.

Au mois de mars, le château de L

Au mois d'avril, des fiançailles dans un très gracieux paysage; a fond du tableau, le château de Dourdan, et non pas celui de Brosse comme on l'avait d'abord conjecturé.

Au mois de mai, ravissante cavaleade, dans une clairière de forêt, aux environs de Riom.

Au mois de juin, la fenaison, et en arrière-plan la pointe de la Cité de

LES HEURES DU DUC DE BERRY. 211 Paris, avec le Palais et la Sainte-Chapelle, vue prise de l'émplacement de l'hôtel de Nesle, résidence parisienne du due de Berry.

Au mois de juillet, Ja moisson, avec une vue du château de Poitiers, latte done role etiiit à Mn Eamien hlalruns dgtdr de rene ration de ce monument.

Au mois d'août, demain. Lane chiteau d'Étampes féheniécaiioes qe M. le comte de “Banocheep a étés premier à proposer).

Au mois de septembre, ds Et NE On avait cru d'abord que le tableau du mois de septembre représentait le château de Bicôtre. L'identification avec le château de Saumur,

* posée par M. Lucien Magne, paraît devoir être acceptée, d'autant

qu Le château de Biche devait tre an ruines depuis plusieurs années quand da mort du duc de Berry interrompit exécution du tableau ;'qui fut seulement complété dans le dernier quart du xy' siècle. * 1 |

Au mois d'octobre, des semailles, avec ane vüe du Louvre pour fond de tableau. ee eh dé qe ain tie tie A Signe Dambhe cement de hôtel de Nesle.

Au mois de novembre, jarglandéel, la parie principale du table ne date que de la fin du xv' siècle.

Au mois de décembre, l'hallali dans le bois. de Vincéemed C'éstané reproduction en couleurs de cette presque TS Lao st de M. Durrieu:

LOS ipisemieniann ph K Mésomien dnrslen ton!

te do lery choïsirent comme sujets de tableaux et des vues de villes ou de châteaux. 4 «

+ Le fond da Liblcenroi copniséetd l'ennoncbl dde Blast suc bte. gers, rappelle la silhouette de la ville de Poitiers (fol. 48, pl: XXXV).

Six tableau dela Tentation du Christ, qui accompagne la Messe du premier dimanche .de Carêmé, nous offre au premier plan une vue du château de Mebun-sur-Yèvre (fol. 161 v°, . LVTT).

«En tête de la Messe de la fète dé saint Michel (fol. 195; pl: LXIV), nous avons-uné magnifique vue du Mont-Saint-Michel.

Après s'être rendu compte de l'état dans les Très riches Heures se trouvaient à l'époque de la mort du due de Berry, après avoir analysé et vanté comme elles le méritent les peintures des frères de Limbourg, ms A Pa s'est occupé des peintures qui furent faites À une date

remplir certaines pages ou parties de s restées en

ue 2. M Dia à Savoie et PA Er à sur une

de ces pages (fol. 75) lai ont fourni la preuve que Le livre avait appar-

tenu à Charles E', due de Savoie de 1484 à 1489, et à Blanche de Montferrat, que ce prince avait épousée en 1485 : l'effigie des deux personnages, DIF VAT l'un et l'autre, du duc de Berry, est peinte sur la même page. C’est donc pour eux, entre les années 1485 et 1489, que l'illustration du volume a été achevée, Or si l'on réfléchit :

1° Que dans la série additionnelle des peintures des Très riches Heures, se trouve ms rod d'ane partie du portail de la cathédrale de Bourges;

a* Que le due Charles de Savoie pensionnait un peintre résidant à Bourges et appelé Jean Colombe;

3 Que ce Colombe est sans conteste l'auteur de plusieurs des peintures d'une ypse conservée à l'Escurial;

Et 4° que le style de ces peintures de l'Escurial est identique à celui de la seconde série des peintures des Très riches Heures,

H est impossible de ne pas attribuer à Jean Colombe Les peintures des Très riches Heures dont il est ici question.

Le raisonnement de M. Durrieu ne laisse aucune prise à la critique.

C'est ainsi qu'il est arrivé à constituer l'œuvre de Jean Colombe, dont il a encore retrouvé la main dans quatre manuscrits de la Bibliothèque nationale : les Heures de Louis de Laval (lat, 920), les Passages d'outremer de Sébastien Mamerot (fr. 5594), la Vie du Christ copiée pour Louis, bâtard de Bourbon, comte de Roussillon (fr. 177-179), et le Romuléon del'amniral Malet de Graville (fr. 364).

Jean Colombe n'est pas à coup sûr un artiste de premier ordre; mais di ait de Jui assigner la place qu'il a droit d'occuper dans l'école de Tours.

Les Très riches Heures appartenaient donc 4 Charles, duc de Savoie, mort en 1489. Pour déterminer l'influence qu'elles ont pu exercer sur le développement de l'art, il fallait découvrir ce qu'elles sont devenues après 1489. M. le comte Durrieu $est demandé si elles n'auraient pas appartenu à Philibert le Beau, duc de Savoie (1497-1504), puis à da veuve de celui-ci, Marguerite d'Autriche, morte en 1 530),

On sait de source certaine que Marguerite d'Autriche, après la mort de son mari, emporta de Savoie dans les Pays-Bas des livres dont plusieurs figurent sur un inventaire dressé à Malines en 1513. Un article de cet inventaire est ainsi conçu : « Îtem unes grandes heures, escriptes à la

( La Bibliothèque de l'École des chartes Ma ite d'Autriche. Elle est msts: Jess t. LXIV, p. 821-328) contient Les Très riches Houres du duc de Berry. . a dissertation dans laquelle M, le comte et le Bréviaire Grimant, Le trans Durrieu a discuté ls question de savoir des Heures dans les Pays-Bas n'est ro si les Très riches Heures ont appartenu 4 encore absolument démontré.

main , lesquelles n'ont point de couverte ne fermeilletz. s M. Durrieu a conjecturé que cette indication se rapportait aux Très riches Heures. L'hypothèse n'a rien d'invraisemblable : elle. expliquerait une particularité qui a frappé plus d'un critique. Quelques pages des Très riches Heures ont été copiées plus. ou moins servilement, vers le commencement du xvr' siècle, par peintres flamands, notamment pér ceux qui ont travaillé au Bréviaire de Grimani, de la Bibliothèque de Saint-Mare de Venise, et aux Heures dites de Hennessy, de la Bibliothèque royale de Belgique. L'exécution des copies aurait été bien facile pendant que le manuserit original était à Louvain, Rappelons en passant que, dans les temps modernes, le manuscrit était conservé en Italie chez les Spinola, puis chez les Serra, et qu'il fut acquis en 1855 par M. le duc d'Aurmale de l'héritier du marquis Jean-Baptiste Serra.

Dans les pages qui précèdent, j'ai bien incomplètement résumé les recherches de M. le comte Durrieu. Ses observations ont en effet porté non seulement sur les Très riches Heures et sur d'autres livres du duc de Berry, mais aussi sur beaucoup de manuscrits à peintures dispersés dans les bibliothèques de tous les pays de l'Europe. Les comparaisons qu'il a établies éntre ces manuscrits et les rapprochements que lui ont

différentes œuvres de peinture et de seulpture l'ont conduit à des constatations fort importantes pour l'histoire de l'art pendant le xv° siècle. Il a toujours eu grand soin de distinguer, d'une part, ee qui résulte de témoignages positifs et, d'autre part, ce qui ne repose encore que sur des hypothèses plus ou moins ingénieuses. |

Quel que füt le nombre des observations qu'il avait à développer, quelle qu'en ft la variété, il,a toujours su les présenter dans un ordre parfait, sans jamais laisser perdre de vue le volume qu'il s'était chargé de faire connaître. Grâce à ses lumineuses explications, grâce aussi à la perfection des héliogravures de M. Dujardin, les Très riches Heures seront considérées plus que jamais comme l'une des plus merveilleuses œuvres d'art que M. le due d'Aumale a réunies dans le Musée Condé, Le meilleur éloge qu'on puisse faire. du travail de M. le comte Durrieu, c'est qu'il répond de tout point à la grandeur et à la beauté du sujet qu'il a traité,

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