ALBERT BABEAU
courants contre lesquels on ne peut remonter, et bientôt il fallut se re- Dax et pre pee a avait abdiqué; Rambuteau n'hésita pas à se du Gouvernement provisoire, puis du Gouvernement D ae Do die qu'en temps de révolution, le plus difficile n'était pas de faire son devoir, mais de le connaître, Dans l'intérêt de ses administrés, le préfet devait rester à son poste, tant qu'on l'y laisserait. [l se préoccupait avant tout d'atténuer pour eux les consénces de l'invasion et du changement de régime; il eut à résoudre les dicultés financières qu'ils produisirent; il eut à défendre les fonetionnaires contre les prétentions du parti triomphant. Comme la duchesse d'Angoulême lui demandait la liste du personnel à modifier, il répondit qu'aucun changement n'était à faire. Son langage, empreint de fermeté, de modération et de respect, calme les exigences de la duchesse, comme plus tard il rallie le comte d'Artois, de passage dans sa région, aux A se et de conciliation qu'il eut toujours à cœur de: faire prév:
Lorsque Napoléon revint de l'ile d'Elbe, Rambuteau, s'abritant der rière le vœu de son conseil général, n'hésita pas à se rallier à la cause de son ancien chef, auquel lé rattachaient ses préférences personnelles. Mais on ne le inaintint pas dans la Loire, où le grand collège l'avait député à la Chambre; il fut envoyé à la préfecture de Moulins, qu'il n'accepta pas, puis à Montauban. Là, il se trouva en présence des rivalités des royalistes ét des bonapartistes, des catholiques et des protestants, et réussit à prévenir des luttes regrettables , surtout au moment où la chute définitive de l'Empire amena le rétablissement de l'autorité royale. Sa conduite fut appréciée de tous les partis; malgré les ilions qui lui furent faites de conserver ses Rennes il jugea qu avait fait tout son devoir, et se retira dans sa térre patrimoniale de Bourgogne, où il s'efforça de réparer les brèches qu'avaient faites à sa fortune les malheurs de son pays.
H resta dans la vie privée jusqu'en 1827, où les électeurs de Saôneet-Loire l'envoyèrent à la Chambre des députés, H y siégea parmi des libéraux, entre Casimir Périer et Royer-Collard, quoiqu'il ne se rangeât pas parmi les doctrinaires, tout en ayant toujours entretenu des relations avec des de Staël et les de Broglie. Ses goûts et ses aptitudes ne le rs taient pas vers les grandes envolées de Ja politique; il parlait surtout les Commissions sur les questions administratives qu'il connaissait bien, et sil abordait parfois la tribune, il était plus préoccupé d'en descendre honorablement que de s'y faire applaudir. Faisant partie des 221, il fut de ceux qui se prononcérent ostensiblement pour l'accession au
LE COMTE DE RAMBUTEAU. 217 trône de Louis-Philippe, bien qu'il ne se fût pas montré parmi les familiers du Palais-Royal pendant la Restauration.
Après la mort de Casimir Périer, dont il soutint la politique énergique, sage et libérale, Rambuteau quitta ta Chambre pour la préfecture de la Seine, à laquelle le désignaient ses rares aptitudes administratives, Les quinze années pendant lesquelles il exerça ces fonctions lui assignent une place des plus honorables parmi les administrateurs. de Ja ville de Paris et marquent sa place dans l'histoire de cette grande cité. Si son rôle fut plus utile et méritoire qu'éclatant, il faut s'en prendre aux circonstances, qui mirent des entraves à son initiative et à ses meilleures intentions. Il avait pris pour programme : « De l'eau, de la lumière et de l'ombre »; il avait projeté de vastes desseins de percées et de reconstruétions; mais Al lui fallait compter avec un Conseil municipal élu, tandis que ses prédécesseurs étaient secondés par un conseil nommé par le pouvoir central, il fallait ménager la garde nationale, qui était alors une puissance; l'autorité royale et ministérielle, qui s'appuyait sur le Parlement, s'occupait plus des questions de politique que de celles d'édilité. Les chemins de fer à cette époque débutaient timidement et n'avaient pas
+ encore produit cet afflux vers les grands centres, dont le baron Haussmann devait plus tard profiter, avec le concours d'un pouvoir fort et.sans ids, pour faire réussir son plan de transformation et de progrès.
Mais si la tâche de Rambuteau fut limitée, elle n'en fut pas moins efficace ; si sut gérer les finances de la ville avec autant d'habileté que de loyauté, il s'occupa avec le zèle le plus méritoire de l'amélioration des services hospitaliers, de leur extension, de la réforme de leurs abus, de la construction d'hospices nouveaux ; il organisa les secours de malades à domicile; il concourut à la fondation des crèches et s'efforçatde développer les écoles primaires, qu'il se plaisait à visiter et dont il aimait à présider les distributions de prix; l'enseignement du dessin et du chant fut spécialement favorisé par lui. Il s'intéressa également, avec le concours du Conseil municipal, aw Mont-de-Piété, aux caisses d'épargne, aux sociétés de secours mutuels, alors en voie de progrès croissants; il fit établir à Paris des conseils de prud'hommes, comme il en avait:vu fonctionner à Saint-Etienne et à Saint-Chamond. S'il eonstruisit moins qu'Haussmann, on ne peut oublier que c'est sous son administration que furent élevés l'hôpital de Lariboisière, la prison modèle de Mazas, l'église de Sainte-Clotilde; la rue de Rambuteau, à laquelle
I Voir l'Histoire de l'Administration parisienne au x1x° siètle, par Alfred dés Gilleuls,
versant nanésae.
218 ALBERT BABENU.
son nom a été attaché avec justice, fut pereée; la Madéleine et de sémimaire de Saint-Sulpice furent achevés; muis ja ‘grande dépense, qui a 3 millions , fut consacrée à la réfection et à d'achèvement de de Ville, Ron RENE purent étre données par le préfet et par M=de Rambuteau, qui fiat da collaboratrice aimable étoonstante de son mari Lines œuvres de bienfaisance 0mme dans les relations mondaines.
Les Mémoires drons ri Mairie coltmnt er duistaire dû
DR ER re Émouvants , ‘si 0e n'est -sur l'attentat de re PR RÉ PE AE
de la Révolution de 1848. Autant que possible le préfet, devenu pair de France ot membre de institut, se tenait à l'écart de la politique ; ses de rattachaient plutôt wax idées de Thiers qu'à celles de RS Do Docu
Aussi, ex princesse étant morte en 1848, il veut ilement accès de Louis-Philippe pour le mettre en garde contre les éventualités
d'un mécontentement «croissant de da population parisienne. Commeile
disaitn ministre : « de rime parle ; et je me parle pas au roi»; ue énunatère d'aduni- *
essaÿa vainement de se faire entendre. Professant qu'en mistration , il faut toujours prévoir l'imprévu, äl voyait grossir l'orage sans pouvoir faire prendre rpar les ministres les mesures nécessaires pour de
Saone LS le da roi étant connue, les délégués de la garde mwiondle vinrent annoncer à Rambuteau que ses pouvoirs étaient terminés. [A se retira immédiatement de d'Hôtel de Ville, étant resté à son poste jusqu'au bout, et quoiqu'il recucillit de divers sûtés des témoignages de sympathie ses appartements n'en furenit pas moins pillés par lpopulace. La garde nationale restant alors la seule garantie existante ‘de d'ordre, il s'y fit incorporer, et ee ne fat.que trois mois plas tard qu'il se metira définitivement de la vie publique, où il avait rendu de wéritables services à son pays, aussi bien dans le Parlement :que dans ises diverses Û
Ame sortit plas de da retraite, “où il passa des vingt dernières ‘années desawie, qui se prolongea jusqu'en 1869; il mourut à l'âge de B8 ns. Comme son St Poe ot qui M. Louis Passy a consacré un livre dés rpg il vécut le plus as dans ses lterres, qu'il s'était plu à améliorer, au miliea de ses plantes et de ses bois, où , frappé de cécité, il aimait encore à errer. Ce fut dans da dernière période de sa earrière, où il goûtait, avec les charmes de lu société, avec les consolations de la famille, un repos bien mérité, l'otium cum dignitate, comme le lui écrivait Victor Gousin, ce fut alors qu'avec sérénité et lucidité, il dicta
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discussion, C'est là naturellement pee ans pe pc 3
celle qui soulévera le plus d'objections. Nous ne pouvons songer, dans ce compte sa ae, equal ui en babe Véi a le,
Le Cratyle, suivant AL Horn, est une sorte d'introduction aux recherches platoniciennes sur la connaissance. Il à résultat de faire voir que la connaissance des choses ne doit pas être cherchée l'étude du langage, en d'autres termes qu l'on ne peut Re Mon noie eus te à cause se cesse ane ve Vue ingénieuse et intéressante, qui rattache ep np gr ne l'avait encore fait, à l'évolution Le Den Platon. 1 se trouve ainsi placé avant le Parménide et le cé que MERS Elo Hibeque d'encte rabous m0 moins dignes de considération (p. 65).
Le Parménide, d'a En EG , M. LS en doute l'authentici QE En Pt TL RER pts l'intention et le plan du sont suffisamment expliqués. ité de l'entretien entre Socrate, tout jeune encore, et les deux "d'la pale, et cela met ï semblent décisives : no
invraisemblances se qd done a rm our pr
cation ou d'avertissemen Se an s'il a fiction, Haut jet ? Le Parménide est une sur les Idées, Platon HT il en sent la nécessité; mais, DRE DACUES de À Era de henrte à une foule de difficultés qu'il ne parvient pas encore à résoudre. sont ces dificultés-qu'il expose loy Nr dans cet entretien fictif Re La
psp vient de ce que l'idée pre principe d'unité; or forme absolue où elle se présentait alors, d'après la formule éléate, est chose imet même contradictoire, La discussion vise à établir que, si la notion ‘unité est indispensable, CAT libérée de da fonde ic de l'école d'El et suffisamment éla: place à la notion non moins indispensable de jte En me ; le Parménide est la premiére tentative de rétablir sur un terrain pale la doctrine des Idées, énoncée préan dans le Phèdre sous une forme encore vague et purement que. 11 doit donc se placer avant le Sophste, où est traité l'un des points essentiels de cette doctrine, et, par conséquent aussi, avant le Théétète, qui est inséparable du Sophiste,
mais après le De r les raisons RAA ci-dessus,
Nalen troisième “Fu de Théétète. À propos du prologue, M. Horn revient avec de détails sur sa théorie des indications préliminaires (p. 203-205), et il en conclut ici ue Jes idées attribuées à Socrate dans le Thectète ont dù être réellement les siennes. L'objet du dialogue est d'étudier les conditions de la connaissance, soit en découvrant certaines erreurs fondamentales, soit en développant les principes directeurs Écdnir de po lesquels elle doit s'orienter (p. 260-161). Peut-être pourrait-on la critique, ordinairement si ferme, de l'auteur de s'être montrée moins senagrhrrts Le Théétète est plein de subtilités qui nous fatiguent, parce qu'elles nous semblent sans valeur fps il fallait en donner la raison. Elle est, je crois, tout entière dans ce fait Platon ne posséde pas plas que ses contemporains une notion exacte de la ANA de la connaissance. ñ la considère, du point de vue
ue, comme une chose absolue, Pour lui, on eonnalt où on ne connait pas, De là, des contradictions insolables, rs enorme
connaissance humaine, qui est par nature toujours incomplète Per pol ana que en à bn get c'est le résultat général de In discussion,
“men que aan ne ous em on te it de din mer n'est pas non plus identique à la Û mais qu'elle est inconcevahle sans un élément à la fois subjectif et commun à tous les êtres pensants, et que l'erreur ne peut être définie sans que la connaissance le sait préalablement (p: 261). Quant à sa place dans la série , elle est déterminée d'abord par les allusions
qui le rattachent directement au Sophiste, d'une part, etau Parmenide, de l'autre;
en second ea, parles relations intimes avec. autres , relations que
M. se note avec la finesse et la précision qui rois 273-279). nriere
se le quatrième di ne pe ne. + hp ea longs combat le pri les prit KP ven
consiste an … histique. Elle est li, en définitive, un art de tromper,
Eee TE
à se demander comment la tromperie est Bo
c'est-à-dire à examiner de prés la théorie Pere ut dur non-etre, Danse
il avait considéré le non-être comme inexistant et ste he a ni Des dès semblaient i
lors, l'erreur ou le le Sophiste, il corrige pacs ne qd mr par conséquent d'être
pass Tape ces très claire.
el même des allusi l'auteur, D'autre part, M. orme qu, dans Ja Répablique, Plain a ranoneë à la théorie du om-dtre conça some et ane pare que la République marque une phase ultérieure de sa pensée,
ok iest rerenu à la dociriné du Thédile, sou en la oocifantises Heat paris distinction du mondé du devenir, où toute connaissance est flottante et dépourvue dem du momie de, dame deco prarmat ie, Cet exposé des variations de la théorie platonicienne semble ilest vraiment intéressant, Ce qu'on peut regretter, c'est que M. Horn n'ait pas cru devoir marquer comment Platon, dans le Sophiste, a onde virth obus complètement. La distinction entre l'être et le non-être est au fond la dis- 2m ep em pr man ne de te qui pou,
FE Théctète.
| se rattache au Sophiste, comme le se rattachait au
EE mem seen ne fut jamais écrit, — mais qui aboutit en réalité à la République et aux Lois. Le Poli- 2 da cr rar error dr dialogue est de rechercher ce que doit être Je véritable homme d'Etat done un retour de
Platon vers les question: rai et, h, il dôt la dérierAes dialogues dix. ent à qe Pitrcortitue. comme le montre très bien M. + un premier essai es =
nement scientifique, sur robe de l'intérêt individuel, sur la classification *E constitutions.