E. BABELON
vue de l'histoire de l'art, que ne peut en avoir celni des titulaires d'autres professions ou de métiers. H est à peine besoin, au surplus, de faire observer que les listes de M. Rondot, pour la période antérieure au xw siècle, ne contiennent qu'un nombre de noms tout à fait infime par à celui qui correspondrait à la réalité si on pouvait la rétablir. vent ces orfèvres, tailleurs des fers de la monnaie, étaient en même temps graveurs de sceaux. C'est ainsi, par exemple, qu'un certain Jean de Tornay grave, en 1326, les sceaux du roi Charles [V le Bel, et ES l'année suivante, tailleur des fers du duc de Bourgogne Eudes IV.
Le premier nom que cite Rondot est un certain Ebraldus, qui était le monnayeur du comte de Champagne Henri E* le Libéral, vers 1453: son office est ainsi désigné : Magisterium et sculptura ferrorum moneteæ. Le second personnage mentionné est un certain Henri Plastrart, à qui le roi Louis VIF concède, en 1245, la taille des coins des monnaies de Paris et de ln région au nord de la Loire (cuneos monetæ Parisiensium faciendos et habendos citra Ligurim). On retrouve le gendre de Henri Plastrart parmi les graveurs des coins monétaires du temps de saint Louis: il s'appelle Philippe dit Le Verrier.
À cote époque, il y a déjà des tailleurs privilégiés, feffés: on hérite de la charge, on la cède, on l'achète, on la vend. Mais un nouveau titulaire, héritier où acquéreur, quel qu'il soit, n'entre en fonctions qu'après avoir reçu des lettres de provision octroyées par le Roï et avoir rempli des formalités d'examen, donné des preuves d'honorabilité et de compétence, rigoureusement exi par les généraux maîtres des monnaies. Nous omettrons à dessein de parler de l'organisation administrative des Hôtels des monnaies, puisque ni M. Rondot ni M. Mazerolle n'envisagent ce point de vue. Rappelons seulement qu'aussitôt que les généraux maîtres des monnaies avaient arrêté le type d'une pièce nouvelle, ils envoyaient aux tailleurs disséminés dans les multiples ateliers du royaume des patrons, sous la forme de pièces de paréhemin, de carte ou de papier épais, sur lesquelles le nouveau type était dessiné ou estampé, comme une sorte de gaufrure; des échantillons de ces patrons sont parvenus jusqu'à nous; les tailleurs reçoivent en même temps l'ordre « de donner aux fers à graver méme compas, même mésure, et de n'ouvrer en nul autre lieu que Ja Monnaie ».
Aux siècle, époque où les noms relevés dans les documents d'archives commencent à devenir nombreux, on se rendfortbien compte des formalités exigées des tailleurs de fers pour qu'ils fussent pourvus de leur office, dela surveillance dontils étaient l'objet, des abus lucratifs auxquels
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ils pouvaient se laisser entraîner. Ainsi, par exemple, de 1330 à 1340 environ, nous trouvons comme tailleur des coins de la monnaie de Lyon, Jean de Rochetaillée, qui paraît avoir succédé dans cette charge à son père: Étienne de Rochetaillée. Lorsque Jéan môurat, en 13404 une femme, l'une de ses parentes, Amphélise du Péage, hérita « de la maitrise, de la prévoté et de l'office de graveur des coins des monnaies de l'archevêque de Lyon »; mais cet héritage lui fut contesté, si bien qu'il fallut un jugement, rendu de 8 novembre 1340, pour qu'Amphélise reçût l'investiture personnelle de la charge; Mais Armphélise ne pouvait la remplir; elle garda seulement da en ohne ri honorifique et elle céda la maitrise et la gravure des fers (magisterium et seulptura ferroram) à un fils de son premier mariage, Guyonet l'Amoureux. Cette donation elle-même n'alla pas sans protestations réitérées et tenaces, car, tée une ière fois par J'arch et le cha de Lyon en 1359, elle it a rs ae en 1 sas et encore en 1371
Vers la fn du x sièdlé, nous phtatris juiitralaisai ES étaient, parfois au moins, de ‘très habiles /orfèvres; doriers et émuilleurs. C'estle cas, en pour pe du Vivier, qui fut nommé tailleur de la monnaie Parisvers 1390: Étant en même temps orfèvre et valet de chambre du Roi, il exécuta de nombreux ouvrages d'or, d'argent doré et d'émail, enrichis de pierres finés} pour le Roi et pour le duc de Touraine. H signait ses œuvres. d'orfévrerie : vivien; son sceau por l'inscription : SEEL TEMAN DV VIVIER. | : Les fraudes et les abus des tailleurs de eo pret éd ‘EBiases fréquents, en dépit de l'étroite surveillance dont ils. étaient l'objet. Un orfèvre qui était sans doute déjà tailleur de fers officiel, Jean Ghiselin le Charpentier, fat condamné à la prison pour avoir forgé des coins à limitation de ceux du Roi; ces coins étaient destinés au comte de Ligny ét Saint-Pol et à l'évêque dé ‘Gambrai. Jean Ghiselin obtint des lettres de rémission du roi Charles Ven janvier 1376 (n,s. 1377); de plus, chose curieuse, il fut nommé peu après, le 5 décembre 1377, par le Roi, tailleur de la monnaie de La Rochelle; plus tard enfin, le 1 à juillet 1385, transféré dans le même office à Rouén, il refusa d'accepter ee poste, « pour ce que les gaiges sont trop petis». Il reprit son métier d'orfévre-émailleur, et exécuta en 1399 «un esmail armoyé des armes de la ville de Tournai, qui fu mis au couvièele dudit gobelet par dessus ». Il s'agit d'un gobelet fabriqué par le fameux orfèvre Jean de Brye, pour être offert au due de Bourgogne.
Jean Vaudoyer était tailleur et garde de la monnaie de Villeneuve-