‹ Journal des savants (volume 4)Chapitre 24 sur 53 · MAI 1815. Î · texte numérisé non relu

MAI 1815. Î

[itiination et aux rapports de l'encéphale dans ces quatre classes » et à la détermination du système nerveux des invertébrés»

Dans le premier chapitre de la première partie, M. Serres examine la formation de [a moelle épiniêre et de fencéphale chez les embryons des oiseaux. On s*est beaucoup occupé de Fincubaiion de Toeuf ; mais, dit lauteur, au milieu de l'ensemble imposant des faits produits par ces travaux, on cherche en vain quelques notions suivies sur la formation de fa moelle épinîère et du cerveau* Les observateurs ont éprouvé de grandes difficultés que M. Serres s'est attaché ^ surmonter pour répondre à la question proposée par Tacadémie des sciences. Quelques physiciens ont assuré avoir vu les premiers vestiges de la moelle épînière avant la vingtième heure de l'incubation ; M, Serres a aperçu le foetus bien formé à la vingt-detixîème heure; il a suivi la marche de Imcubation de Fœuf d'une poule dans toute sa durée de vingt-un fours, terme généralement fixé, quoiqu'il s'étende quelquefois davantage, connne nous en avons la preuve. M* Serres observe que l'incubation peut rester stationnaîre trois ou quatre jours , ce qui dépend sans doute, tantôt de la poule, tantôt de la température, tantôt d'autres circonstances. Ces recherches sur les œufs de poule, il les a faites sur ceux de la dinde, de Toie, &c., et a trouvé les mêmes métamorphoses, avec quelques différences produites par la durée de fincubaiion.

Les anatomistes se sont peu exercés sur Tincubation de l*oeuf des reptiles; on compte parmi eux, dit M. Serres, Swammerdam, Hochstetter, Hemmet et du Trochet. Celui-ci a rendu évidente l'analogie entre les enveloppes des vivipares et celles des ovipares. AL Serres croit qu'aucun anatomiste n'a dirigé encore sçs recherches sur le développement de Tencéphale et de la moelle épiniêre du têtard, produir d*un œuf de la grenouille ; if s*est donc vu obligé de recourir à ses propres observations. Cette lâche, qui est fobjel du deuxième chapitre, lui paroît plus difficile à cause de la pefitesse de Tœuf de lembryon. Un examen aussi suivi que celui de fœuf de la poule, lui a fourni des remarques curieuses ; il en rapporte une, cVst qu'à une certaine époque la queue du têtard disparoît, ce qu'on savoît déjll, ainsi que la moelle épiniêre et tous les nerf> qui s'y rendoient.

Arrivé au troisième cha|>itre, Tauteur rend compte de la formation de la moelle épiniêre et de l'encéphale chez les mammifères.

II esi question, dans le quatrième, de fencéphale des poissons, considéré dans félat permanent embryonnaire des reptiles, des oiseaux et des mammifères: l'auteur y détermine cet organe dans cette classe par sa comparaison avec celui des embryons des trois classes supérieures.

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joS ^ JOURNAL DES SAVANS,

Avant de pouvoir faire entrer les poissons en paratfêfe nVec fes oî^e^ïusf , les reptiles et les mammifères, il a fallu que J'aureur reconnût d'abord les éfémens qui coinj)osent la structure de leur cerveau. L'encéphale des pohsons, fe pfus simple en apparence, est, selon fui, le plus compliqué et même inextricable, i/ (>arce quU présente une variété infinie, nonseulement de famille h famille, mais de genre à genre, d'espèce à espèce: c'est «me métamorphose conïiinieJfe; i.* parce qtt*on a choisi Tanîmal aduhe pour comparaision. Pour frouter fa sciarion du problème , AL Serres déclare qu'il s'écarte de la route des autres anaiomistes: au lieu de les suivre dans toutes leurs détemnnalions et supposiiions, il va droit au but, prenant fa nature pour guide et choisi ssarrc ses exemples sur des poissons osseux et cartilagineux, marcbcuic du simple au composé, diaprés les procédés analytiques les plu5 srvères. C'est aux anatomîstcs qui liront son ouvrage h juger s'il tient ce qu'il promet. Nous ne le suivrons pas dans la manière dont il expose ses recherches, dans les conséquences qu'il en tire.

La deuxième partie a pour objet Tanatomie comparative, appfiquée à b détermination et aux rapports de l'encéphale dans les quatre classes des \eriébrés, et à la détermination du système nerveux des invertébrés.

Avant de décrire les nerfs et tout ce qui fes concerne, M, Serres établit des consîdéranons générales sur ce qui a été fait et sur ce qu*il a cru devoir faire pour parvenir h la découverte de la vérité: il croyoit la Trouver dans Texamen de la moelle épinière et de Tencéphafe des Jeunes embryons* Persuadé que leur ténuité les dérobcit à la vue simple, il fit usage de la loupe et du microscope; il ne fut pas plus heureuit: cet parties lui parurent dépourvues de nerfs; mais, en suivant tous ceux de la tète et du tronc, il vît qu'il n'y avoit pas de communication entre ces organes et la moelle épinière et l'encéphale.

On avoit prétendu que les animaux se développoîent du centre à la circonférence: de \h on croyoit que les nerfs dévoient procéder de la moelle épinière et du cerveau , aux parties excentriques du corps. M. Serres assure qu'au coniraîre ils se développent de la circonférence au centre- D'après ce principe , il réfute l'opinion de MM, Gall et Spurzheim sur la nutrition primitive des nerfs par la matière grise de te moelle épinière et de Tencéphale : cette nutrition, dit-if, est imaginaire, puisque les deux ordres d organes ne sont pas prirnîtivement en communication l'un avec l'autre. Cette communicaiîon n'existant pas aussi dans les invertébrés, leurs nerfs ne doivent pas 000 plus tirer leur origine de la moelle épinière et du cerveau. Pour que l'opinion de MM, Gall et Spurzbekn ftii admissible, il faudroh

support que la uiadère grise de la .moelle épioière et du cerveau* < formai les couthes extérieures, tandis que cesi la matière blanche.

On trouve, à fa fin du deuxîèjne chapitre de cette deuxième partie] des rapports d-s nerfs olfactifs et de la vision, comparés entre eux» chez les mammifères, les oiieaux, les repnles et les poissons , comme il y en a à la fin du premier pour représenter les dimensions du nerf oiftciitdans (es différente^ classes d'animaux.

Au troisième chapitre, il s'agit du nerf trijumeau, considéré dnns ses rapporis avec les organes des sens ; dans le quatrième , du nerf facta); el dans le cinquième, de i'appiication de la névrologte au nerf jmeumato-gastrrque , dit accessoire de Willis, ou grand sympathique, et cf autres congénères. Ces cinq chapitres offrent les tableaux des dimensions des nerfs, et de leurs rapports da«s les quatre classes.

Le sixième chapitre traite de trois choses, savoir; 1° des lois du jystème nerveux ; i."" de la structure de ce 5ysièn>e; j."" de Tinfluence du système sanguin sur le système nerveux.

En résumé, M. Serres a présenté dans tous leurs détails les lois fondamentales du système nerveux ; if a fait voir que tomes (es parties cïe ce système se forment de dehors en dedans et marchent de la circonférence au centre de fanimal. De cette loi première il en fait dériver de secondaires j elles sont au nombre de deux , la loi de symétrie et celle de conjugaison. D'après la première , toutes les parties du système nerveux doivent être doubles; Japrès Fautre, elles doivent toutes se réunir, s'engrener et se confondre sur Taxe central du système, pour donner naissance aux parties uniques que Ton r^icontredans (es animaux vertébrés. C'est à ces deux principes généraux que fauteur rattache tous les faits contenus dans son ouvrage. Cette marche est celle qu'il a suivie dans son travail sur Tostéologie.

L'ouvrage est accompagné d'un atlas lithographie, de formai petit iit-folio, lequel représente trois cents figures: un second volume ne doit pas long- temps se faire attendre.

Par Texposé que nous avons fait de ce que contient le premier volume, on peut juger qu*il est le fruit de recherches très- savantes, qui supposent dans l'auteur une grande sagacité pour scruter fa nature et tu tirer des observations applicables au développement de la physiologie peu connue de quatre classes d'animaux*

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