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tnédecine et de chirurgie parmi nous qui donneroieni une idée peu LSatisraisante de nos progrès dans ces deux sciences, sî on les prenort Uu hasard dans nos bibifothèques et qu'on les^ransportll à h Chine pour servir de spécimens de nos connoissances. On possède à la BiiLliothéque du Roi un pecit iraîié de Tacupunciure en chinois (i), et j Jes prescriptions qu'on y trouve ne s'accordent pas avec celles de I l'opuscule japonais. Ce qu'on peut dire, à fa louange des médfcins de F l'un et de Tautre pays , c'est qu*une longue pratique paroît les avoir guidés idans rapplicaïîon de i*aîguil(e et du moxa, et que le h'eu rféfection qu'ils I recommandent n est pas toujours aussi mal choisi que dans les exemples rapportés ci -dessus. Ils semblent aussi avoir été éclairés par Texpérience sur [es dangers d*iniroduire les aiguilles au-dessus des principaux nerfs, des gros troncs artériels et des organes esseniiels à la vie. [Du reste les aiguilles dont ils font usage sont sî déliées, qu'il y auroit peu d'inconvéniens à ce qu'elles pénétrassent profondément dans les I cavités. Ces aiguilles ne sont pas toujours d'or ou d'argent, comme on ri'a cru; le plos souvent elfes sont d acier. Quelques médecins, au • moment où lacupunciure étoît le plus en vogue » auroient désiré j qu'on pût faire venir des aiguilles du Japon ; ces médecins n*aurorent ► pas" appris, sams quelque surprime, que les Japonais tirent feurs aiguilles •de Hollande (2). L'ouvrage qui m'apprend cette circonstance renferme I quelques détails sur lés aiguilles; on en distingue de neuf sortes, parmi lesquelles on compte les lancettes; car, par un dernier trait bien L propre à caractériser les praticiens japonais, ils confondent la phlé- ^ boromie avec l'acupuncture ; et dans certains cas où ifs ne savent trop \Bi Ton doit saigner ou piquer, ils enfoncent f aiguille au hasard dans Wes environs de quelque veine, et, s'il y a émission de sang, le soulagement qui en résulte est considéré comme une preuve rnconte^rable [de la capacité du médecin*
Un professeur que la faculté de Paris vient de perdre, M. Béclard, Idisoit qu'avant d'avoir fait des expériences sur l'acupuncture, et avant qu'elle fût employée totnme moyen curatif , il avoît été disposé à i croire qu'il falloit la laisser à ses inventeurs, et il ajouioît que Fexpéj rience Tavoît confirmé dans cette opinion. Peut -être, après avoir lu [fcs observations contenues dans les dîfferens ouvrages que nous venons d'analyser, trouvera-t-on le jugement de M. BécTard un peu sévère;
(t) Catalogue de Founnont, n,** 3 22,^ Cet ouvrage est du petit nombre d< ceux qui ont été cavoyés manoscrits par les miisionnaires, — il) Encyçl. /apcn,
mais du moins on ne tombera pas dans l'excès opposé en accordant une confiance exclusive et sans réserve à un procédé qui doit encore être étudié long-temps, avant qu'on puisse prononcer définilivement sur son efficacité.
J. P. ABEURÉMUSAT.
pEREGRiNAZiONi EU A V EN TUBE deî nobik Romeo da Provenyu Torino, 1824, 2 voi. in-J2. — Voyages et Aventures du noble Romieu de Provence. Turin, 1824 > 2 vol, in-12,
RoMÉE DE Villeneuve, minjstre de Raimond Bérenger, comte de Provence, dans le xni/ siècle, laissai ses descendans un nom illustre et révéré dont ils s'enorgueillissent encore à juste titre.
Ce nom de Romée qui, en langage du pays, Romieu , signifie pèlerin ^ fut peut-être une des causes des fictions étrajiges qui attachèrtnt à sa mémoire une sorte de merveilleux; et ces contes, vraisemblablement imités des auteurs orientaux, et répétés d*âge en âge par la tradition populaire, accrédites même par des auteurs qui pouvoient imj^oser à l'opinion, donnèrent lieu dans la suite à un ouvrage publié en 1^3 5 par Miciiel Baudrier, historiographe de Sa Majesté, intitulé «Histoire de Hncomparable administration de Romieu, grand mî- » nistre d'estat en Provence, lorsqu'elle estoit en souveraineté, où se » voyent les eflfects d'une grande sagesse ei d'une rare fidélité, ensemble » fe vrai modèle d un ministre d estât et d'un surintendant des finances. »
D après l'exposé de Baudrier, qui recueillit les ajiciennes iradiiions et y ajouia d'autres détails romanesques, il parut tout-à-coup à la cour de Raimond Bérenger, dernier du nom et dixième comte de Provence, lequel commença de régner en 1206 et mourut en 1244» un pèlerin inconnu, le roquet sur le dos, le bâton à la main, arrivant de Saint- Jacques en Galice* Accueilli par Je comte, ce pèlerin mérita et obtint son entière confiance , parvint au3^ premières ^fonction s de létal, fut chef du conseil et surintendant des finances. Quoiqu'elles fijssent épuisées, le ministre trouva le moyen d'enrichir son [)rince, sans fouler le peuple. ïl fit rentrer dans le domaine public les biens qui en avoient été irrégulièrement détachés; il soutint la guerre et fit heureusement la paix. En peu d'années, Raimond Bérenger devîiu riche, puissant, considéré; des réglemens uiîles, des lois sages, une administration paternelle, assurèrent le bonheur du peuple. Les lettres furent protégées, ie* ^avam et les poêles encouragés. Le comte n'avoit point d'enfant
mâle; mars se^ quatre filles furent mariées, Furie à Louis IX, roi de France ; une autre h Henrr III , roî d'Angleterre ; la troisième à Richard, qui depuis fut empereur, et fa quatrième, au comte d'Anjou, frère du roi de France, et ce comte parvint au trône de Naples et de Sicile.
La jalousie et la haine des courtisans travaillèrent à perdre le mioJstre dans lesprit de son maître, qui eut le malheur de céder à d'injustes préventions; il detnanda à Romîeu un compte sévère de son adnjinistration des finances. Il fut facile au ministre de prouver sa loyauté et sa droiture; mais, justement affligé des soupçons que le prince avoit conçus contre lui , dès que le compte de son administration eut été jugé, et que ce jugement Teut vengé de ses détracteurs, reprt-nant aussitôt le même costume qu*î[ avoit eu en arrivant à la cour, il vint prendre congé du comte en lui disant, Pauvre je suis venu, pauvre je m'en retourne, et il s^éloigna sans que les prières ni les ordres de Raimond Bérenger pussent le retenir. Le pèlerin ne reparut plus, et Ton ne put découvrir ce qu'il étoit devenu. Ce roman de MiAel Baudrier, quoique réfuté par divers historiens de Provence, avoit beaucoup contriLué à entretenir fa crédulité populaire. Les traditions locales conservoîent et propageoient le souvenir merveilleux du péierin,
Fontenelle ne dédaigna point d'occuper quelques instans de sa vieillesse à raconter l'histoire merveilleuse de Romieu de Provence, et, dans le Mercure de janvier 17J1, if publia le commencement d'un ouvrage où U revêtoit des couleurs de son style aimable ei facile les fictions depuis si long-temps débitées sur le pèlerin ; if y mêloit Thisioire du temps; et sans doute ce petit roman eût été très-agréable, si le Nestor de la littérature Tavoit achevé. Mais lorsqu'un écrivain aussi respectable et aussi accrédité que Fontenelle essaya de rajeunir ces vieilles traditions et de leur donner un nouveau cours, les savans craignirent que Tautorité d'un tel nom ne séduisît Topinion publique; et une lettre de dom Vaissetfe, auteur de THistoire générale du Languedoc, adressée à M. de Fontenelle et insérée dans le Mercure de France de mars 1751 , prouva sans réplique que Romée de Villeneuve avoit été un grand homme detai, qu'il avoit gouverné jusqu'à sa mort la Provence, heureuse sous son administration, qu'il avoit même survécu de plusieurs années à Raimond Bérenger, et que, comblé d'honneurs et de richesses, t! éioît mort en Provence, dans sa famille, après Tan i2jo. Fontenelle recula devant lappareil de rérudîtion du savant bénédictin , et ne donna aucune suite à Thistoriette qu'il avoit commencée. On trouve dans la Bibliothèque de$ rotnan^; octobre 178 1 , deuxième volume, un
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extrait de Touvrage de Baudrier, mais il n'y est pas question de celc de Fontenelle*
Puisqu'on publie dans l'étranger un nouvel ouvrage qui est fonài sur les mêmes traditions populaires i je crois convenable de recherchel Torigine de ces récits. Sans doute Ui sont amplement réfuiés par larl critique historique de dom Vaisselle dans sa lettre à fonieneile, et par J Pajpn» dans son Histoire de Provence; mais il appartient à la critiquei littéraire de remonter à l'origine de ces traditions meniez*
Raiinond Bérenger mourut en i 244 > e* Romée de Villeneuve apré^l Tan Jijo, date de son testament. Ce ministre avoii laissé un souvenil^l très-honorable de son administration, et il est vraisemblable que, dans! ^in siècle peu éclairé, le peujîle et les étrangers aï tachèrent quelque] idée de merveilleux au nom de cet homme » qui avoit exercé long-iî temps et avec succès un grand pouvoir. Le nom de Romée, ou pèlerin ^^ prêu facilement à l'invention des fictions que le vulgaire adopta aveoj crédulité. Je n'ai encore trouvé dans le XHl/ siècle aucun auteur^ qui ait quali^ Romée de Villeneuve de pèlerin. Un siècle ne s'éioît point écoulé» depuis sa mon, lorsque Dante, qui sans doute n'inrent^^ pas la fiction romanesque, mais qui faccrédita et la répandit en lai plaçant dans son immortel poème, s'exprima ainsi au sujet de Rotnét^ de Villeneuve ( chant VI du Paradis ) :
ce (i) Et dans cette marguerite éclate la lumière de Romée» dont le&l » grands et beaux travaux furent mal récompensés.
M Mats les Provençaux qui agirent contre lui n^ont pas eu à se >» réjouir de leur injustice; et certes celui 4à n'est pas dans b bonae
(i) E deniro alla presetite'Tnargheriia
Luce la !uce é\ Honieo, di eut Fu Topra grande e bella mal gradiia.
Ma i Provenzali che fer concra lai Non tiaiino riso; e perô nii^l c^mmina Quai si fa dannq dcl ben farç ^luui»
Quattro figlîe ebbe, e ciascuna reina, Ramondo Berîînghteri, e cio gli ftcc Komco, per5on«i i^ile c peregrina,
£ pot si mo&ier te parole biece A di mandat ragione a quesio gius;to Chc gli assegno seiie € cinaue per dicçç-
ïndf partîssi povero e vetiisto ; E se 1*mundo sapeise 'I cuor ch* egli cbbe, Mendicando foa viia a frusto a friuto»
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» voie qui cherche son propre dommage dans le bien qu'un autre » fait.
î» Raimond Bérenger eut quatre filits, et chacune d'elles épousa un » roi; et ce fut Romée , personnage d'une basse extraction, Roniée >^ sijnple pèlerin, qui [es établît &r glorieusement*
» Et ensuite les caloïnnies excitèrent le prince il demander à cet >» homme juste le compte de 5on administration. Ce ministre lui rendit »> douze au lieu de dix » et aussitôt il s*éloigna pauvre et âgé.
» Et si le monde savoii le courage*qiie Romée montra en mendiant >» son pain morceau à morceau , ce monde , qui le loue beaucoup , » le loueroit encore davantage, *^
Ainsi Dante répandoil Topinion que Romée étoit un peîerin de basse extraction, et qu ayant été calomnié, il avoit quitté la cour de Raimoiid Bérenger et s^étoit éloigné en mendiant son [niin*
Villani , livre vi , chapitre 92 , ajouta que le pèlerin étoit arrivé dans cette cour venant de Saînt^Jacques, avec un mulet, un bourdon, une escarcelle, et qu'if reprit le même équipage quand il s'éloigna; que les instances du comte n'ayant pu le retenir, il disparut sans quon sût jamais ni d*où il éioit, ni ou il alla; Villani annonce quon crut généralement que c'étoit un saint personnage. On voit que Villani» qui a écrit plus d'un siècle après Dante, a recueilli ou créé de nouvelles circonstances sur le pèlerin. Villani avoit ajouté au récit de Dante, et les commentateurs de Dante ex{»Jiquèrent les vers du poète par les ampliBcations de l'historien; et ainsi se perpétua, de cotnmeniaire en commentaire, le roman relatif au pèlerin Romée. M- Bîagioli, dans son travail sur Dante, a rétabli les faits historiques concernant Romée de Villeneuve, et on doit lui en savoir gré ; il est à désirer que désormais les personnes qui voudront expliquer ce poète, adoptent les faits constatés par fhistoire, et aient le soin de réfuter les fictions romanesques,
L*auteur des Voyages et Aventures du noble Romée de Provence ne s*est point nommé dans son ouvrage; mais on sait qu'il appartient à une des familles les plus distinguées de la noblesse piémontaise, Le mérite de son roman ajoutera encore h la durée des traditions populaires, et j'ai cru convenable et utile de réclamer en faveur de la vérité historique avant de juger les nouvelles fictions.
Il eût appartenu sans doute à M, Ginguené de déclarer et de prouver, dans sa brillante analyse du poëme de Dante, que le poète n'avoit rapporté qu*une tradition populaire, quand il avoit parlé de Romée de Villeneuve ; mais puisque un écrivain du talent et de rautorité de M. Ginguené n'a pas réclamé en faiveur de la vérité
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historique , y'aî cru encore plus nécessaire de réclamer moi-même , en rendant compte du nouvel ouvrage.
On peut le diviser en deux parties ; la première contient les aventures de Romée de Villeneuve depuis son arrivée à [a cour de Provence , jusqu'à son départ de cette cour ; et la seconde ses aventures deput» quil feui quittée. Je pense que fauteur n'a choisi ce cadre que pour fiiire connoître les mœurs, les usages, les opinions, Té'at potinque, guerrier et littéraire du xilt/ siècle, H peint d'abord la cour de Raîmond Bérenger , protecteur* des troubadours et troubadour luimême. La comtesse Béatrice , son épouse» préside une cour d*amour ou se trouvent plusieurs de ces poêles. Vn pèlerin se présente; le troubadour Perdigon le reconnoît pour un de ses amis : ce pèlerin est Romèe de Villeneuve^ qui, accueilli par la comtesse et ses dames, leur raconte ses aventures d*aniour, Il plaît au comie, qui lui confie bientôt Tadministration de letai; après quelque temps, il est envoyé en ambassade vers Louis IX, roi de France, et Henri III, roi d'Angleterre , et il conclut avec eux le mariage de deux des filles du comte» A son retour, envié, dénoncé par les courtisans, Romèe est mal reçu du comte ; forcé de se Justifier, il le fait avec succès: mais il se décide à quitter la cour, au grand regret de fa comtesse, qui en reçoit des conseils pour le mariage de ses deux autres filles* On voil que le nouveau romancier a, pour (e fond, suivi jusque-là les traditions populaires; il est vrai qu^il y a rattaché beaucoup d'incidens, et sur-tout des détails de moeurs qui les ont un peu rajeunies: mais comme, depuis fexil volontaire de Romée, les traditions se Baisent, Fauteur a eu le champ libre , et il en a profité.
Dans la seconde partie , Rotnée est à Bologne avec son écuyet Giimond. L'auteur décrit Tétat des études dans cette ville, le concours des personnes qui y arrivoient de tous les pays. Romée y trouve le poète Guido Guîniceilo, avec lequel il étoii lié : ii vient i Florence, oti il échappe à une intrigue d'amour ; if passe h Pise ; ensuite if s*emban^iue : une tempête le jette en Sicile; if y rencontre Monna Nina, célèbre par ses vers, laquelle peut être alloil sur les traces de Dante de Maiano.
Romée, Lien accueilli i Palerme par Mainfi-oi ♦ assiste h des fêtes, et ensuite s'eml>arque pour la Palestine , arrive à Ptolémaïs. L'auteur , entièrement libre de créer des détails , mantre soji héros sur les champs de bataille, dans les conseils, où il se distingue également. Romée contribue à une grande victoire; mais dans une autre rencontre, il reste prisonnier. Conduit en Egypte, il est présenté à la sultan©
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Chegger*Fydour , dépose à ses pîeds h seuFe nrme qui luî étoît resiée, en est bien reçu et bien traiié. Elle devient amoureuse de lui : ih résiste ; elle n'en est que plus éprise. Voulant se venger d'un époux qui la al)andonnée et s emparer du pouvoir, elle offre son coeur et le troue à Roinée, qui ne peui con.sentir à rien qui offense la religion ou l'honneur : il échappe 5 la vengeance de son amaniej qui périf après avoir voulu fe faire périr fui-inême. Ayant recouvré alors sa liberté, il arrive à Chypre, et apprend les entreprises de Cj^rles d'Anjou, marf deBéatrix, fille de Rafrnond Bérenger, contre lïtalie. Roniée se hâte d'arriver à farmée du prince français qui coinbatloit Mainfroi. Béairîx accotnpagnoit son époux; elle reconnoîi Romée, qui assiste h h bataille de Bénévent. Charles radmelà ses conseils; mais le vertueux Romée, témoin des excès que se permettent les Français et les Provençaux , s en afflige, les désapprouve et se relire à la campagne. Quand Conradîn est vaincu et fait prisonnier, Roiné^ accourt et es>aie de fléchir le roi; mais, ne pouvant rien obtenir, il rentie dans sa retraite. Quelque temps après, instruit du danger de la reine, qui, pendant Télo^gnement dti roi, étojt assiégée dans son palais par des révoltés, il &*éfance à son secours, parvient h la délivrer; mais, blessé h mort dans le combat, il expire consolé par les regrets de la princesse. Un monument hono* rable est élevé k la mémoire de Romée ; la reine ne lui survit pu long^temps.
Telle est l'analyse rapide des principaux fatls. Je ne me suis point arrêté à de nombreux détails qui pourroieni donner une idée plus avantageuse de l'ouvrage. Si j'avois à le juger, je dirois que le style , qui entre pour beaucoup dans le mérite d*une telle composition , m'en a paru clair, pur et agréable ; que les détails sont racoruts ou peints d\ine manière précise ou brillante; que les sentimens des personnages sont souvent nobles et quelquefois touchans : J'ajouterais que la rapidité d'exécution nuit à riniérêt,qûe plusieurs situations heureuses ou dramatiques nont pas les développeiiiens qu'on pourroit désirer î enfin je pense qu'en général les lecteurs, saiîsfiiils de cet ouvrage, le trouveront Ijeaucoup trop court, Quune telle observation soit une critique ou un éloge» il est assez rare quon ait la juste occasion de ladresser à un auteur de romans.
RAYNOUARD
pp
EssAi CHIMIQUE SUT ks r/dctions foudroyantes (extrait), par C. J. Brianchon , capitaine d'artillerie. Paris , Dondey- Dupré père et fils, imprimeurs-libraires, rue Saint-Louis» n.** 45 • au Marais » et rue de Richelieu , n.* 67 ; Ancelin et Pochard, libraires, rue Dauphine, 11*** 9; Meiiiac, libr. CIoître-Saînt-Benoît , 1825,
Le capitaine Brianchon nous a adressé cet essai , avec finviiation cle Texaminer et d'en rendre compte dans le Journal des Savans; il y expose les bases d'une nouvelle ihéorie. de la fulminationj avec la louable intention de mettre les physiciens et les chimistes à portée «Ten apprécier fa valeur 1 il espère, en agissant ainsi, recueillir des jugemens qui Féclaireronti et des conseils propres à le guider dans la cojîiposiiion d*un ouvrage spécial sur les mixtes détonans , explosifs et fujminans , qu*jl se propose de publier. Mais avant dVxposer les idées de fauteur, nous croyons qu*il ne sera pas inutile de définir les mots détonation , fulmïnatïon , explosion, diaprés le sens qu'on y attache généralement.
Le mot détonation, dérivé de ronare, signifie raciîon de produire un bruit plus ou moitis grand qui rappelle celui du tonnerre. Fulmination , d'après son éiymologîe , ex|)rîine l'action qui donne lieu îl un dégage* ment subit de lumière lorsqu'une matière détone , puisque fulmen, foudre, est le feu céleste, le feu électrique, cause du bruit appelé tonnerre* Quant au mot explosion , il exprime Faction de rejeter. Remarquons que ces mots s'appliquent non- seulement à des actions, mais encore aux efieis, aux phénomènes qui en sont les résultats; remarquons en outre que tonnerre est synonyme de foudre^ Jorsqaoïî dit le ùruit du tonnerre , le tonnerre est tomi^é, &c. Tel est le sens grammatical de détonation , fulniination , explosion. Voyons les rapports que la science a établis entre ces mots , soit qu on s'en serve pour désigner des actions , soit qu'on s'en serve pour désigner de simples phénomènes que des matières présentent dans certaines circonstances.
Le bruit d'une matière qui détone est occasionné par le choc plus ou moins violent contre l'air, de celte matière ou de sesélémens; par exemple, renfermez de Teau dans un globe de cuivre, du mercure dans un globe de fer; faites-les chauffer; il arrivera un instant où fenveloppe, incapable de résister à l'expansion des liquides, crèvera, * Tatmosphère, frappée par la vapeur qui se produira alors, résonnera
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forlement. Chauffez de Toxide de chbre dans un petit ballon de verre ; vous remarquerez un phénomène analogue, avec cette différence que, dans fe premier cas, Teau et le mercure n'éprouveront aucun changement de nature, tandis que, dans le second, Foxide de chlore sera réduit en ses élémens* On voit donc que toute matière susceptible d'éprouver une augmenïatîon de volume plus ou moins rapidement, «st susceptible de produire du bruit. Si le bruit est très-intense et accompagné de lumière , on dit que la mMièrefu/minc ; conséquemment hfu/mm/jfion est une détonai ion qui , par le bruit et la lumière auxquels «He donne lieu , rappelle le bruit et la lumière de la foudre.
La liaison qu'il y a entre la détonation, la fulmination, d'une part , et lexplosion, d*une autre part , est facile h saiiîr d après ce qui précède. En effet, si une matière détone ou fulmine dans un espace limité par des corps que nos yeux aperçoivent» la matière, par Textension de volume qu'elle prendra, tendra à écarter, à projeter, en un mot k rejeter ces corps plus ou moins loin de Tespace qu*ils hmifent ; c'est certe tendance qui, venant à s'efl^ectuer, donne lieu à l'exphshn. Il est visible que f explosion, considérée comme phénomène", est une circonstance de la détonation , de la fulminatîon , produites par les causes que nous venons d'indiquer, et quon peut ajouter que toute matière qui détone ou fulmine sous la simple pression de fatmosphère, produit une explosion , puisque Ton peut considérer la couche d'air qui touchoit la matière avant la détonation ou la fulmination , comme un obstacle à Textension de volume de celte matière , obstacle qui a été rejeté plus ou moins loin par TefFei de lextension de volume. Mars parce que l'explosion qui rejette une couche d*aîr produit un effet qui n'est pas sensible à la vue, comme Vest celui d'une explosion qui rejette une matière solide ou liquide, dajis la langue usuelle le mot explosion ne s'applique pas au premier cas. En dernière analyse , rexpûns'wn d'une matière est la cause à laquelle on a rapporté la détonation et fexplosion que cette matière produit ; et il fiiut ajouter que, par la raison qu'il se fait un bruit plus ou moins fort quand fair se précipite dans un espace vide , on dit encore dans ce cas qu*il y a détonation. Telle est la manière dont la déio* nation, la fulmination et Fexplosion ont été jusqu'ici généralement envisagées; maintenant nous allons parler des modifications que le capitaine Brîanchon propose de faire à celte manière de voir.
DVbord il définit les mixtes fui min ans j ceux qui, chauffés à fair libre, se dissipent avec bruit; puis il établit les quatre propositions suivantes qu'il donne comme nsultars d*expérkncrs,
pp a
« I,** Dans leur effet sur une surface plr»ne, les mÎKtes fuf minant^ » développent une force principale qui agit dans (e sens de la 3i gravité;
» 2.* Lorsqu'une petite quaniité de mixte ful^nîjtRiit est renfermée » dans ua grand va^e de \erre dus, celui-ci supporte, sans se » rompre, une chaleur capable d'opérer lu réaction du mtxie, randii » qu il $e brise toutes les fuis qu'il peut donner einrée à l'air » extérieur j
» 3.** Tout mixte fulminant contient de roxigène ;
» 4-° Les |>roduirs stables, qui tendent à se former par faction d© M fa chaleur sur le mixte fulminant» exigent plus d'oxigène que n'en » contient celui ci. »
De ces propositions fauteur lire cette conséquence générale ;
et La fulmination ne procède j>as d'une sim|>le expansion de gaz ou a» de vapeurs; il se produit en outre dans ces réactions foudroyantes 3» yne vive succion doxigène gercée par le iriixte sur fatmosphère I» ambiante. »
Suivant le capitaine Brianchon, cette succion d'oxîgène s'opérani au» dépem de la couche d^air qui est en contact avec le mixie fulminant, elle détermine un vide dans lequel les couches d'air supérieures se précipitant , occasiiunient un choc vertical contre le plan où la fulmination sVst faire î c'est ce chcc qui perce , brise une lama métallique sur laquelle on chauffe lor fuhninant, de même que fair écrase avec bruit une vessie que Ton a tendue sur l'une des bases d'un cylindre creux dans Kquel on fait le lide. Le capitaine Brtanchon caractéii:>e la fulmînatioji par cette succion d'oxigène; il la distingue par- ta de f explosion qui, suivant lui, est toujours le résultat d'une simple force expansive- D affres cela , il ne seroit plus pennis de regarder la fulmination comme une détonation énergique, ainsi qu'on fa fait jusquai, IJ croit en outre que la quantité d'oxrgène contenue dans le mixte, îert d'amorce , qu'el/e commaice k mouvement €i iiUimine Vafpel des cohnnes d*alr. L'auteur fait une application de ces vues à for fulminant ou orate d'ammoniaque, au cyanaie d'argent et à la poudre fulminante fortnée de nitrate de potasse et de sulfure de potassium.
Ce qui a conduit le capitaine Brianchon & modifier les idées qu*on a généralemtnt sur la fulmination, est sans doute le peu d'effet produit par la poudre à canon, lorsqu'on f enflamme II X^\t libre sur un plan horizontal I comparaiiven>ent à la force que déploient les mixtes fulminans lorsqu'on les chauffe dans la même dfconslance : mai*
fS faits sur fesquefs fauteur appuie ses raîsonnemens sont-ils assex précis pour fiiire adoiettre h nouvelle théurit; de la fiilminaiion ! c'est ce que nous ne pensons pas. En énonçam franchenieni notre opinion à ce sujet» nous ne craignons pas de blesser le ca;)îraiiîe Brinnchon , parce que, dans Texamen que nous fitisons de sa^ théorie, pous ne sojîiïues dirigés que par le de^ir de nous conformer aux intentions qu1I nous a manifestées*, et nous sommes prêts ù renoncer k nos idées dès qu'il nous sera déinorrlré quVIIts ne sont pas fondées.
Le capitaine Brfanchon pose en principe que tout mixte fulminant conifent de i'oxigène ; et comme l'expérience n'a point dcmoniré l'existence de cet élunenl dans le chlorure et l'iodure d*azote, qui ont la propriété de fulminer au plus haut degré, il pense que, dans [a préparation de ces deux composés , 1 azoïe, au moment ou il se combine avec le chlore et fiode, absorbe I'oxigène de l'aimosphère ; de même que des métaux plongés dans des solutions de chlorures où ils ne s'altèrent pas hors du contact de fair, sont attaqués quand ils peuvent souiirer progressivement luxigène de ratnvosphére pour s'unir ensuite avec les chlorures ; de même encore que le cuivre qui ne colore pas rammonîatiue privée d^air, la colore en bleu dès qu'il peut absorber le gaz oxigène. Mars avant de mettre les faits précédens en parallèle, il nous semble qu'il auroit été nécessaire de prouver d'abord que le chlorure et fiodure d'azote ne peuvent se former qu autant qu'on les prépare avec le contact de fair, et en conséquence que fiodure d'ammoniaque mis en contact avec Teau privée d air , ne donne point d'iodure d'azote ï if nous semble enfin qu'avant de po>er le principe que tous les mixtes fulminans contiennent de foxigène » il auroit fallu indiquer les moyens de démontrer lexistence de cet élément dans le chlorure et fiodure d'azote: car, dans fétat actuel de la science, ce seroit s'égarer que de reconnonre dans un corps, sur de simples anaJogîts, l'existence d'un élément que l'analyse n'en a pas séparé.
Le capitaine Brianchon croît que h possibHité de décomposer Sûns iruft des composés fulminans, tels que Forate d'ammoniaque, le cyanaîe d'argent, lorsqu'on les chaufie dans des vases sans le contact de fair, est une preuve de son opinion : nous pensons que les faits qu'il rapporte sont insuffisans pour rétablir. Un effet , il a vu que o*,o6de cyanate d'argent chaufîés dam un verre de motnre font brisé en éclats, tandis que 0^,12 de la même matière chauffés dans une cornue de verre suspendue à des cordons, et dont le bec plongeoit dans leaU| se sont décomposés sans bruit et sans briser la cornue,
joa JOURNAL DES SAVANS,
quoiqu'il se soit dégngé du gnz et beaucoup de ïumîèreT rauteuf dit qu*îl n'y a pas eu de fuimination , parce que l*oxigène de Tatinosphère n a pu être soutiré par le carbone de l'acide cyanîque , et que conséqueinment i[ ne s'est pas produit le vide qui est nécessaire pour qu4 toute fuimination ait lieu.
Nous remarquerons d abord qu*il n'est pas étonnant que la décomposition de Foraie d ammoniaque, du cyanate d'argent, s'opère sans brutt quand les maiières sont chauffées dans des tubes fermés, puisque un volume d oxigène et deux volumes d'hydrogène qui détonent fortement \ l'air libre , ne font point entendre de bruit quand on les brûfe au moyen de fétincelle électrique dans un eudiomètre au-dessus du mercure ou de leau , et cela parce que Tébrantement que l'air reçoit par l'intermède de cette eau ou de ce mercure est très-foible, la force expansive de la vapeur d*eau produite s'érant déployée sur une masse de liquide beaucoup plus grande que la sienne. En second lieu, noua remarquerons que, dans Ja description que lauieur fait de son expérience , on ne voit pas de raison pour que la fuimination ne se soit pas opérée comme elle auroit eu lieu à Tair libre ; en effet , puisque le bec de la cornue où le cyanate a été chaufï'é plongeoit dans leau^ ta cornue contenoit un gaz ; et Fauteur ne disant pas avoir remplacé les six litres d\iir qu'elle contenoit avant Fexperience par un fîuide élastique dépourvu de gnz oxigène , le lecteur doit penser que le cyanate a été décomposé dans un volume dair que par approximation nous réduirons à cinq litres sous une pression de o'",?^© de mercure, et k h température de zéro ; ctfa suppose 107 j centimèïres cubes d'oxigène. Or les o*,i2oo de cyanate contitnnent oSooçz, ou plutôt 8,4 cen« fîmètres cubes de carbone » lesquels demandent un vohime double d'oxigène pour se convertir en acide carbonique; mais il y a déjà 8,4 centimètres cubes d'oxigène dans o*ti2 de cyanate, conséquemment cette quantité de matière fulminante ne peut soutirer h Fatmosphèrc ou à Fair de la cornue que 8,4 centimètres cubes d'oxigène ; conséquemment s*il n'y a pas eu de fuimination dans (expérience précédente, comme le prétend le capitaine Brianchon, le lecteur ne peut admettre que cela ait été faute d'oxigène, sur-tout quand il ne trouve aucune expérience qui prouve que les 1075 centimètres d'oxigène contenus dans la cornue aient été retrouvés à Féiat libre après la décomposition du cyaoate-
Examinons maintenant si ce que nous savons de Fintensité du bruit qui peut êire produit par Fair lorsque ce fluide se -précipite dans un espace vide, est conforme ^ h nouvelle théorie de Fauteur^ o/o£ de
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cyanate chauffas dans un verre de montre le brisent en fulminant violemment : or, celte quantité de cyanaie ne peut absorber que 4i^ centimètres cubes d*oxîgène atmosphérique; d'après cela la vitesse de Tair qui se précipite dans un vide aussi petit est-elle suffisante pour quon lui attribue le bruit de la fuJminaiion et le brisement du verre l Et ajoutons premièrement qu*en admettant un vide produit dans la couche d'air qui enveloppe la matière fulminante par la soustraction de loxigène, il reste toujours dans cette couche les ^ de son volume primitif d azote qui doivent réduire à ^ la vitesse que fair auroit s*il se précipitoii dans le vide absolu; deuxièmement, que nous ne connoissoos aucun cas où du carbone venïmt à se combiner avec du gax oxigène, celui-ci perde son état gazeux au moment de la combinaison, puisque le gaz acide carbonique a le même volume que Toxigène qu il contient : c'est pourtant ce qu'il faut admettre dans la nouvelle théorie de la fulmination du cyanate d'argent ; et troisièmement enfin, que si Ion calcule, d'après la loi de Mariotle , la hauteur d'une colonne de mercure nécessaire pour amener un volume d'azote gazeux, au volume que le même poids d'azote a dans sa combinaison avec lïode, on verra que le choc produit par l'expansion subite de lazote ainsi condensé, soit contre le verre, soit contre l'air, sera, au choc produit par l'air qui se précipite daos le vide occasionné dans une couche daîr par la simple soustraction de foxigène , comme la longueur de la première colonne de mercure est à la cinquième partie de la longueur de la co/onne de vingt-huit pouces , sous la pression de laquelle Tair se précipite dans le vide dont nous parlons.
Nous bornerons à ce que nous venons de dire nos observations , quoiqu'il nous fût facile d'en ajouter d'autres, sur- tout relativement au tôle que lauteur fait jouer dans la irulmînatîon à Foxigène , qu il admet dans tous les mixtes fuhninans, pour commencer le mauvcmcni tt dcUrminer V appel des coUnnes d*a'ir. Nous engageons le capitaine Brianchon à continuer son travail, h revoir chacun des élémens de la théorie de la détonation en les soumettant à Texpérience, et au calcul quand ils en sont susce|>tibles ; par ce moyen il établira des explications qu'il ne sera plus peniiis de me tue en discussion.
E. CHEVREUL
■ - • r,s par^F"'»'- '""' fpari ! et. Gabon et
^'«-^,fer
MAI 1825. ^ joj
déduiie de celle des animaux : plus tard, on put disséquer le corps de rhomine, auquel ou rajiporta tout. De rexameii de l'encéphale des quadrupèdes, on passa à celui des oiseaux, puis des poissons, où Ton trouva des diflerences. Les anatomistes s'attachèrent d'abord aux formes extérieures; ils établirent des systèmes sur la préexistence des germei et de leur éternel emboîtement. De deux opinions qui se formèrenf , Tune supposoit que tous les germes qui sont nés et qui doivent naitr« sont contenus dans le premier; l'autre avançoit que, malgré leur incomparable petitesse, les germes étoient en miniature des animaux parfoits. M. Serres, loin d admettre de semblables hypothèses, pense que les organes des embryons, avant d'arrêter leurs formes perma» nentes, traversent une multitude de formes fugitives et de plu> en plus simples. S'étant livré depuis douze ans à Fétude de Yorgan^génit , il présente i etiseinble des principaux faits auxquels il est arrivé. Il met sous les yeux du lecteur les principes philosophiques qui font dirigé et les apph'calions principales qui en ont été faites dans les sciences anaiomîques- «Plus les sciences, dit*îl, se perfectionnent, plus elles » se concentrent, plus elles se rapprochent de la nature. Les hommes »> de génie qui en surprennent le secret se distinguent des observateurs » ordinaires par le talent de saisir les principes généraux, et par celui >* plus singulier encore d'enchaîner les idées entre elles par la force t> des analogies- « ( Il cite à celte occasion Descartes, Bacon, Galilée, Newton, Haller, Buffon» Lavoisier, &c, ) «C'est, a|oute-t-iK un petit i> nombre de principes généraux et féconds qui, dans les sciences phy^- «iiqueSy semble avoir donné la clef de funivers, et qui, par une 9» mécanique simple, explique Tordre de rarchiteciure divine : pourquoi » n en seroit-il pas de même dans les sciences anatomiques et phy- » siulogiques î >> Le but auquel M, Cuvier prétend que doit tendre celui qui culiive les sciences naturelles, e>t de connoîire les rapporrs généraux et les lois fixes de la formation. M* le professeur Duméril, eml>rassant les rapports des vertèbres et de leurs muscles, a émis J*idée que le crâne des animaux n'était qu'une grande vertèbre j et le cerveau, que la moelle épinière renflée : cette idée, d'abord repoussée . e%i devenue classique. M, Geoffroy de Saint-Hilaire, après trente ans de médiiatiuns, a proclamé Tunité de composition; M* Cuvier, gui |ouit d*une célébrité justement acquise , rassemblant et réunissant des ossemens éparst des fragmens mutilés, trouvés dans les entrailles de fa terre » « évoqué pour ainsi dire les restes d*un monde primitif submergé par le déluge. C esc pour marcher sur les traces de c^s savans que M. Serres a entrepris louvrage cjius nous analysons*
Loin d'être de ropinion de Haller et d*Albinus, qui adïnett^m comme foi générale le développement central des animaux, il fth reposer toute la zoogénîe sur le développement excentrique, d*où dérivent toutes (es lois de la formation des organes, et par conséquent fa névrologie , sur laquelle Tacadémie avoit appelé ratteniion dts concurrens. Ce principe étant étabfi, Faureur explique la formation dei nerfs er celle de la moelle épinière, &e.
On a regardé le système nerveux comme l'organe par lequel $*exécuient les sensations et les volontés de lame, dont on a cherché à expliquer Pharmonie par les esprits animaux , sorte d'absiraciioit à faqitelfe on donne un corps plus subtil qu*aucun fluide , et qu'on îoge dans IVncéphale. M. Ss^rres rejette Texistence de ce fluide tmagiiiaire.
II entre dans des détails sur forgane encéphalique dans les quatre classes d animaux vertébrés , dont les formes permanentes sont produites par le bafancement respectif de ses diverses parties , et par rînf\\ittïce réciproque qu« ces parties exercent les unes sur les autres.
Le phénomène qui lui paroît le j)lus curieux dans la formation de fencéphafe , est la marche opposée du cervelet et des hémisphères cérébraux; le cervelet se dirige d arrière en avanr^ et les hémisphères suivent une progression inverse et se portent de devant en arrière. Aucun autre organe n'a offert une marche analogue : M. Serres fut fong' temps à en découvrir la raison; enfin, il la trouva et la voici ;^Ie qu'il la donne. « Les carotides internes , sous finfluence desquelles » se développent les hémisphères cérébraux, se dirigent de devant en » arrière; fes vertébrales, qui forment le cervelet, se portent au » eontraire d'arrière en avant : on voit donc que le cervelet et le » cerveau dévoient nécessairement suivre une direction opposée chex » tous les embryons et chez tous les animaux vertébrés. »
M. Serres développe lorganisation insolite des monstres , qu'il déduit des conditions diverses d'existence de leur système sanguin artériel- Quelque singulières et bizarres que paroissent leurs associations organiques , elles sont toujours assujetties à une règle inviolable |. ceJfe de la connexion des parties.
-^*Les notions préliminaires que nous venons de présenter ont paru à fauteur nécessaires pour donner la clef des faits dont se compose son ouvrage.
Il est divisé en deux parties ; Tune traite de fanatomîe comparative de Tencéphale des embryons dans les quatre classes des animaux vertébrés, la deuxième, de la névrologie comparative appliquée à la déter^