‹ Journal des savants (volume 4)Chapitre 28 sur 53 · JUIN 1825. I^'L 3IÎ · texte numérisé non relu

JUIN 1825. I^'L 3IÎ

tagnes , et bornées au sud par le Taurus, d'où découlent une multitude de cour,nns qui, après avoir fertilisé les vallées, réunissent le surplpi' de leurs eaux dans une chaîne de lacs, s*étendant depuis le voisinage de Fancîenne Synnada en Phrygie, à travers toute la Lycaonie jusqu'à rextrémiié de la Tyanitis de Cappadoce. Dans h saison pluvieuse , ces lacs couvrent la partie basse des plaines, er pourroîent former une îiiondation continue de 200 milles en longueur, si elle n'étoit interrompue par quelques chaînons qui séparent les plaines en plusieurs bassins. Par la disposition des montagnes ^ ces bassins se forment en tfcis prîucipaux récipîens qui n'ont aucune communication Tun avec Taurre , excepté dans les saisons extrêmement pluvieuses. « Si les inten- « tîons bienfaisantes de la Providence, dit M* Leake, étoient secondées » par un gouvernement raisonnable , les inondations pourroîent servir ?> à préparer les plames à produire d'abondantes moissons. Maintenant ïï les eaux ne funtqu*alimenter une immense étendue de pâturages, et v> les (acs fournissent aux habiians du poisson pour leur nourriture , et » ^es roseaux pour la construction de leurs misérables cabanes, »

L'examen de ce fait curieux de géographie physique conduit M. Leale h une hypothèse nouvelle sur le cours du Niger, et sur la manière dont se perdent les eaux de ce grand fleuve dans Tintérieur de l'Afrique: il considère la vallée de ce fleuve comme pouvant former une succession de lacs qui «e débordent périodiquement sur les terres environnantes et les feriilîsenf. Nous n'entrerons point dans le développement de cette hypothèse, parce que, grâce au courage et à la persévérance des voyageurs anglais, elle est déjà surannée. Le grïind problème du cours du Niger est presque résolu ; et, de ce ccté du moins, la carrière des hypothèses est à peu-près fermée.

Quant aux villes anciennes situées sur la route d'Eski-Shehr à Konieh, il y a peu de doute sur remplacement de deux d'entre elles: Tune est Laodicée Combusta, dont le nom se conserve encore dans le nom moderne de Lndik; l'autre est Polyhoîon , dont le nom, prononcé à la manière ét% Grecs modernes, est encore presque intact dans celui de Buhvoâun ,m\\^^^^ au pied de TEmir Dagh. La position la plus importante \ déterminer pour la géographie de cette partie de l'Asie mineure est celle de Synnada, En combinant les distances de la Tabie de Peutinger avec des textes de Tite-Live, de Cicéron et de Strabon, M. Leake est conduit à mettre remplacement de Synnada un peu au nord d'Aphiom Kara-Hissar. Il n'est pas facile de dire à quelle ville antique correspond ce dernier lieu. D'AnvilIe a supposé que c est l'ancienne Apamic ; mais M. Leake observe que les eaux de Kara*

ii% JOURNAL DES SAVANS,

tivé de la Lycaonie, de la Galatie et de la Phrygie; malgré fes dhcnssions et les combinaisons ingénieuses au moyen desquelles M. Leake a rapporté sur sa carte les diverses routes des itinéraires anciens.

Notre iSavant voyageur fiiit ensuite des recherches sur la position des trois yiHes les plus considéndbles de la partie septentrionale de ia Phrygie» sz\oir ^ Ju/iêpolis , Pessinunte et Ammum. La première étoh sur Teoiplacement de l'ancien G^rdium, au confluent du Sangarius et duScopas, circonstance qui, jointe à la combinaison des distances, dans les' itinéraires, la placé au confluent du Sangarius et de TAIadan/ qui descend defOlympe. Quant aux deux autres, M. Leake convient de rinsufiisance des renseigoemens anciens. Pessinunte, au témoignage de Strabon, étoit située sur. le Sangarius au pied du mont Dindymmn, ce à J50 stades des sources; du fleuve. Notre* autflr avoue encore GOisIbien il est difiicile d'en fixcr.Ia position avec les seuls textes anciens : il ne donne son opinion à cet égard que comme conjecturale. Il en est' de même SÀmorium, dont on ne peut connoitre la situation que d^inemanière très-vague*

Le chapitre iv contient, sur la route depins Sbughut au pied du mont Olympe jusqu'à Adalia sur la cote de Pamphylté, des discussions analogues aux précédentes et d'un égal intérêt. Cette route, qui a été parcourue et décrite par le général Koehier, travene une région sur hquelle l'histoire jette peu de lumières; la inarche d'Alexandre» de la Pamphylie à Gordium, racontée par Arrién', et la description que. fait Tite-Live de la route du consul Cneïus Manlius, de Cibyra en. Pamphylie jusqu'à Syfinâda., tels >ont.ies icnseignemens. historiques que l'on possède. M. Leakq reconnoîtque leseui point de toute fa. route du général Kœhler qu'on puisse considérer comiiie absolument^ certain , est celui .dé Cbtyaiiin, qui répond à Kntaiah. Il en est deuxautres qui, sans être d'une certitude ^ parfaite , lui semblent laisser peu* défrise au doute; ce 4ont- Tirmtssus et le lac Ascanla: ce dernief COtrrespond au. hc de Hyjoé^r ^ Termusus a dû être sur l'emplacement dH ruines tonsfdérables quéie jgénérafi Kœhler â' vues à la nn^ntée ^' Tâl^s, au deuxième jour dô son, voyage en jpartaiift d* Adalia; Le resCe <^ villes' ançièfii^s. ne pçui être déterminé, que .parde^ cpnjectutes. ]4u PU moifi|\pjv3bibIe$ , qne.M. Leake expose avec ^out^ le. savoir et: laciajté possible dans(^>ui|e.feik matière. Nous mentionneroris toutefois deux viHèïdb.W?^l^'pditti6rafct^ cena^ne; celle dé' 1Ç4b'{S ', dpnt'fè no)p/ie 'çônsè^^^ félii| M, Domlfij^ vfllâgè qui cêi:reQ3wdi Uè^fc^/ J^iÛçîirS:^:!* nï^^atj^^ que Slra^i^ Assigne à Tabi; de même que la fenile plaine *>« noAmée Dootbày-Ov^i (vallée

JUIN 182^ 32f>

de Doinbay ) correspond très-bien au TetCmcv TnJicv , qui , selon Strabon , étoît placé sur les confins de la Phrygie et de la Pisidie ; fauire ville est celle d'Eumenia; elle éioh située sur remplacement du lieu appelé Ishcklc f un peu au nord d*un des affluens du Méanfire. PococJte a cru que ce lieu répond à la fiiineuse Apamée; mais cette opinion est démontrée fausse par une inscription très^fruste t|u*if a découverte luimême, en ce Iieu> et publiée, sans y remarquer les mots xtmeneQH (pour EJf«v*«i'j BOTAH qui décident le fait, selon robservalîon de M. Leake. Pococke a publié deux autres inscriptions trouvées en cet endroit, et qui sont intéressantes à plusieurs égards. Si je ne me trompe, elles prouvent que la ville d'Eumema, qui devoit son nom \i Eutnène. frère d*Attale, fut une des villes qui joignirent h leur premier nom celui de Sétaste. Comme le fiit n'a point été remarqué, je donnerai la restitution de ces deux itiscriptions curieuses* Voici fa copie que Pococke (i) a jmse de fa première^ et, en regard, le texte restitué.

OKPATOPAKAISAPA ANTaNEINOT eEOYAùPlANOT TIONeEOTTPAlA nAPeiKOTEITO EOTNEPOTA ONONMAPKON AIONANTHNE N2EBAZTONHBOT

KA10AHM0X02EBA2 nNTONiaiONeEON

ETEPrETHM MEAHeENTOSTI

SiKETHlKAlAN iEaXTHNTEAA NTaNKAITHNTn BASEON PPnNOTEPMEOr

[AwTJox^ctTc^ut Kûûim^ ôio2 AJ^itUH [y lia]

^]ovov» McLpiLûV [Aiip»] ?jov Ai'7a»i't[iVo] i' XîCciçcv n /hn

[o]Cci«;iû»'

HfeaJhu ( l ) hffiêiou . . . s

« Le peuple des Sébûsténkns honore Fempereur César Marc Auréfe i> Antonîn Auguste, fils du dieu Antonin , petit-fils du dieu Adrien, >* arrière petii-fils du dieu Trajan Parihique , fils de rarrîère-pelit-fils

(i) Idscr.ûnûq. p. 1 1 , n. 2.

Tt

mo JOURNAL DES SAVANS,

>3 de Nerva , leur dieu et bienfaiteur ; Hérode fifs d'Hermias ayant '^ surireillé Texécution et rérection des statues. »

La leçon p Jifxoçl 2tf«o-[TMi'] m^ qui est le trait principal de Tins- *crtptfon, me parcA hors de doute. Je croîs que cette même dénommation de Sébaste exis'e également, et sous une forme difTéjrente , dans J autre inscription trouvée îi Eumen'm , et qui est beaucoup plus curieuse que Pautre. J'en dirai ici quelques mots, qu:ind ce ne seroit que pour appeler sur ce monument fattention des antiquaires, qui me paroissent lavoir entièrement négligée* M, Leake n*y fait lui-même qu*une allusion qui, encore, me semble manquer de justesse. La copie de Pococke est extrêmement mutilée; on en jugera en la comparant avec la restitution que je hasarde.

Page 1