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HISTOmE NATURELLE DE VHOMME,
ne rentrent guère dans ce quon a appelé jusqaîcî la paléontohifie. Elles se ratlaclient essentiellement à Varchéolocfic proprement dite. Puisque M Hamy voulait et devait embrasser les deux ordres de faits, il aurait pu chercher un titre plus général et moins exclusif; celui d'anthropologie paléontologîqae^, par exemple, m*auraît paru répondre dune manière plus exacte au contenu de Touvrage. Cette critique n est» du reste, à proprement parler, qu'une chicane, et la plupart de celles que j'aurai à adressera M, Hamy ne sont guère plus sérieuses.
Avec sir John Lubbock, M. Hamy admet, dans les temps préhistoriques, deux grandes divisions dont les noms sont empruntés à des con* sîdérations tout archéologiques : ce sont la période archéoUthiqae et la période néolithique. Celle-ci rentre en entier dans Vépoque géologique actuelle, et ne doit, par conséquent, pas nous occuper. La première embrasse Fensemble des temps écoulés depuis Fappantion de l'hornjne jusqu'au moment où la terre et les conditions générales d^existence ont pris les caractères que nous leur connaissons. Elle comprend trois époques déterminées par la succession géologique des teriains. Ces époqtïes elles-mêmes se subdivisent en âges, caractérisés par rexislence ou la prédominance de certaines espèces Rnimales. A chacune de ces dernières correspondent un ou plusieurs types, non pas d'hommes, maïs d'objets fabriqués par lui. On voit que l'espèce humaine, envisagée au point de vue des naturalistes, n'est pour rien dans cette classification, qui repose en entier sur la géologie, la zoologie, mais surtout rarchéologic» Elle ne peut donc avoir de rapports réels avec la paléontologie humaine, et ne doit être considérée que comme une sorte de cadre provisoire destiné k distribuer, dans leur ordre de succession ou de contemporanéité, les faits relatifs à rhistoire de nos plus vieilles races, Cest ce que Tauleur lui-même a évidemment compris, car il intitule son tableau : Projet de classification des âges préhistoriques. Voici ce tablenu :
* M. Hftmy semble avoir pris le mol d'anthropologie dans un sens reslreinl et rappliquer surtout k la connaissance du squelette (Précis, p. 3). Ce ?eraît une dérogalion au langage reçu dans toules les sciences nnturelles. Les termes de mammologie, ornithohgte, etCt, onl toujours signifié hiitoitv des mammifères , des oiseaux^ Jans le sens le plus général. V anthropologie csl l'histoire de Tliomme considérée au même point de vue.
premier compris la significalîon exacte de l'ensemble de faits du même ordre recueillis pendant tant de siècles. H avait sur ses prédécesseurs le très-grand avanlajje de posséder comme termes de comparaison un certain nombre d'armes et d'oufils en pierre apportés d'Amérique» Il les compara aux haches, aux flèches, aux céraunies de diverses sortes, et fut frappé de la ressemblance existant entre ces objets. Dans un mémoire imprimé en lytiS, dans le recueil de notre Académie des sciences^ il signala ces analogies, et n*hésila pas à en tirer la conclusion que notre continent avait été jadis habile par des sauvages plus ou moins semblables à ceux qui vivent encore sur divers points du globe; que les mêmes besoins, la même ignorance du Iravail des métaux, avaient imposé temporairement les mêmes induslrics, et <|ue ces armes, ces outils en pierre, devenus plus tnrd inutilc^s lorsque Ton connut le fer, avaient été jetés et ensevelis çà et là* « Voilù, ajoutait le naturaliste <i français, les pierres tombées avec la foudre.» Du même coup, de Jussicu résolvait complètement un problème posé depuis des siècles, donnnit une idée juste de fage de pierre, et fondait celte archéologie comparée, dont les savants Scandinaves et leurs imitateurs ont tiré, de nos jours, des résultais si remarquables. En rappelant à la mémoire de nos contemporains cet écrit injustement oiiblié, M, Hamy a donc rendu à rhistoire de la science un véritable service ^
M. Hamy glisse rapidement et avec raison sur les récits auxquels ont donné lieu une foule d* ossements fossiles faussement allribue'^s à des hommes présentant une taille exagérée ou d'autres caractères exceptionnels* Tout le monde sait que le Teutohochus de Mazuyer était un mas* todonte» et que llioîno diluvn iesiù de Scheuzer était une grande salamandre analogue ù celle qui vit encore au Japon, L*ostéologie comparée, la paléontologie des verlébrés, qui en est une application, n'existent que depuis les travaux de Cuvier. Les écrits antérieurs i cette époque ne sauraient donc avoir dautrc intérêt que celui qui s'attache à fhistoire même de nos erreurs.
Ces mêmes travaux posaient b question de Y homme fossile dans des termes précis , et montraient la possibilité d'en aborder la solution en suivant trois voies dilîérentes. 11 s'agissait désormais de constater ta coexistence de l'homme avec une ou plusieurs espèces animales appartenant à une époque géologique passée* Or cette coexistence peut res-
* Se dois loutefûis faire reniarqiier que M. Bouclier do Perthe^ avait aignalé ce mémoire cliins une des notes de son livre sur les Antiquités celiiqaes et antédilavienncs, t. I, p. Oaa,
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quà quel point les ossements de rhomme et ceux des inammilères juxtaposés dans des localités de celte nature étaient bien contemporains, Laclion des remous peut produire les affouillements et les transports les plus inattendus. Ou constate parfois sur soi-même combien ces effets sont rapides et singuliers. Pour avoir reçu dans les jambes la blanche écume d\m peiit flot de fond »qui m entoura jusqu'au-dessus du genou, je me trouvai avoir du sable et des graviers entre tous les orleils. Pourtant mes pieds étaient garantis par des pantalons, des bottes, des chaussettes, et il ne s'écoula guère plus d'une seconde entre l'invasion et le re^; trait du flot. Ce souvenir m'est souvent revenu à l'esprit quand j'entendais parler d'ossements isolés et comme glisses dans les anfractuosités d'une caverne* Je me rappelais également ces coquilles marines portant des trous forés avec uae netteté, une régularité |)arfaites, et que Ton attribuait à la main de Fliomme, tandis que j y reconnaissais de la manière la plus incODleslable l'ouvrage desannélidesou des éponges perforantes que j*avais mille fois admiré dans mes courses au bord de la mpv. Il nVétait bien permisse pense, de demander des preuves plus concluantes avant d'admettre un fait aussi considérable que celui de la coexistence de' l'homme et des grands mammifères éteints, tout en reconnaissant que la question était désormais posée d*une manière sérieuse.
Ces preuves, je les ai trouvées dans un travail dont M. Hamy ne me parait pas avoir suffisamment fait ressortir l'importance, bien qu'il rendi* d'ailleurs parfaitement justice à l'auteur, à qui son livre est dédié. Je veuJt parler du mémoire de M, Lartet sur la sépulture d'Auriguac ^ Ici le doute nï'lait plus possible. L'homme apparaissait partout; dans cette accumulation de squelettes que renfermait une grotte où n'avait pu pénétrer aucun cours d'eau; dans cette dalle apportée pour fermer l'entrée du caveau; dans ces cendres, ces cliarbons, ces débris de repas funéraires; dans ces insiruments do pierre qui avaient entaillé des os dont quelques-uns, portant la trace du feu, attestaient que la viande en avait été rôtie. Mais ces os eux-mêmes étaient ceux du giand ours des cavernes, du cerf gigantesque, de l'éléphant, du rhinocéros, toutes espèces qui n'existent plus. Un grand nombre montraient l'empreinte des dents d'un grand carnassier qui était venu profiter des restes laissés par rhomme. et les coprolitcs mêlés aux cendres de cet antique foyer permettaient de reconnaître dans ce parasite l'Iiyène des cavernes, autre
* Nouvelles recherches sur fa co€j:îstence de l'homme et des grands mammifères fossiles réputés caraclénstiques de la dernière période géologique. (Annales des sciences nafn^ relies, iSOl.)
espèce disparue. En préseuce de cette accumuiation de faits recueillis par lui observateur éminent cl d'une compétence îndisculable, je n hésitai plus; j'acceptai Texistence de riiomuie fossile comme clairemenl démontrée.
On excusera, j'espère» ce qu'il peut y avoir d'un peu personnel dans cette manière de présenter une appréciation lâstoriqiie. En présence de certaines assertions, trop souvenl et journellement répétées^ j'ai cru quil était juste de bien montrer quon a pu longtemps hésiter sans être pour cela retenu par aucun préjugé d'école, Lliistoire bien abrégée de mes propres doutes, de mes hésitations, de ma conversion finale, diraient certains croyants delavant-veille» est probablement celle de bien d'auîres naturalistes. Ici encore j'aime à répéter le nom de M. Desnoyers, qui, après avoir été des derniers à se rendre, s'est montré défenseur zélé de ce qui lui était désormais démontré, qui est allé dans cette voie plus loin que ses prédécesseurs eux-mêmes, mais en prenant toujours pour guide l'observation précise et minutieuse des faits.
Mcme en se plaçant exclusivement au point de vue historique, il est permis de regretter encore que M. Ilamy ait à peine indiqué ce qui s'est passé au sujet de la mâchoire découverte par M. Boucher de Perthes près d'Abbeville, à Moulin-Quîgrjon. Dans l'oidre de faits qui nous occupe, il n'en est aucun tjui ait eu autant de retentissement que le procès de la mâchoire, comme rappelait M Prestwich.
Depuis la découverte d'Ami Boue, dont on s'occupait alors fort peu» c'était le premier osscment humain trouvé en plein terrain d'alluvion, en dehors de ces cavernes qui prêtaient si aisément aux objections et aux réserves. Par cela même, faltenlion dut être Fortement excitée. L'authenticité de cette pièce fut d'abord acceptée, puis niée par un éminent paléontologiste anglais, enlevé trop tôt k la science, par M, Falconer, avec qui je l'avais soigneusement étudiée. Je crus devoir persister dans des conclusions qui nous avaient été communes et qu'adoptèrent, après un long et minutieux examen, quelques savants français et étrangers ^
Une sorte de défi fut alors solennellement lancée par les savants de Londres et relevée par leurs confrères de Paris. A la suite de plusieurs séances tenues au Muséum et de fouilles faites sous les yeux de tous les intéressés à Abbeville, fauthenticité de la mâchoire fut proclamée à
' Je citerai, comme s'étant les premiers rangés à mon opinion, MM. Delesse, Lartet. Desnoyers, Alphonse Mîlne-Edward», Gaudrj, en France; M. Piclet, de Genève; M. L^man, des Étuis-Unis.
runanirnité K Toutefois, de retour en Angleterre, nos confrères revinrent Tun après l'autre sur cette dérlaration. L opinion publique, le sentimenl national, s'étaient émus de ce que Ton appelait la victoire des saiants français. Jusqu'à qurl point la pression Irès-vive exercée sur eux influat-eile sur ce changement d'opinion? Cesl ce qu il ne- m appartient pas déjuger* Toujours est-il qiraprès s'être trouvés de notre avis quand ils étaient en présence des objets et des faits controversés, quand nous étions là pour répondre à leurs moindres objections, ils se séparèrent de nous quand ils n eurent plus sous les yeux ce qui seul pouvait sci'vir h asseoir et à motiver leur jugement.
Au reste, ce revirement singulier n*eut lieu qu*en Angleterre. En France, quelques personnes crurent devoir rester dans le doute. M. Hamy, sans être très -explicite ii cet égard, paraît être du nombre. C'était peut-être un motif de plus pour rengager à étudier de près une question qui a tenu pendant quelques mois en suspens, on peut le dire, quiconque s intéresse à la paléontologie liuniainc* En Suisse , en Allemagne, en Russie, aux États-Unis, on adopta généralement les conclusions des savants français. Les nouvelles découvertes faites quelques niois après par M. Boucher de Perthes dans le même terrain ne tardèrent pas, du reste, a fournir un surcroît de confirmation, et quiconque prendra la peine de lire avec quelque attention Fensemble des pièces relalives à ce procès ne conservera certainement aucun doute sur forigine et ranciennelé de la célèbre mâchoire^.
Si M. Hauiy passe un peu trop rapidement sur les découvertes vraiment paléontologiques de M, Bouclier de Perlhes, il insiste en revanche, et avec raison, sur ses longues et patientes études arcbéologiques. Nul, en eËFet, ne peut contester au savant abbevillois l'honneur d avoir le premier fait, S des temps géologiques, l'application des principes posés par de Jussieu, d'avoir le premier démontré i'cjtistence de l'homme fos
* Les savants qui prirent pfirl à cette disciîssion furent, pour h Fronce, MxM. Milne- Edwards, président; Delesse, Desnayers. Lartet, Bourgeois, Balcux.Gaudry, Alpb. MiJne-Edwards, de Quatrefages. L'Angle terre était représenté par MNL Busk. Carpenlier, Fakoner, Prestwtch. M. Evans, qui avait tté également désigné, ne put assister a no,i réunion». Cesl lui qui plus lard força pour ainsi dire ses compalrioles à revenir sur les conchisîons quHs avaient signées, — * Les procès-verbaux de la commission niîxie ont été imprimés dans les Mémoires de lu Société d' An thropologie , t. IL Toutes les pièces relatives a la question ont été réunies dans l'Appendice ajouté à la première traduclion du livre de LjpII (i86A)* Les Comptes rendus de TAcadéraic des sciences de lo même année contiennent une note dans laquelle j*ai fait connaître les dernières découvertes de M, Boucher de Pertbes et ajouté quelques observations sur les ossements humains qu'il m'avait envoyés.
sile par les restes de Tindustrie humaine. Et, circonstance impoitanle à signaler dans rintérêt de la gloire de M: de Perthes, le hasard n a joué aumm rôle dans ses premières découvertes. Non, cest guidé par la théorie que cet îufaîigahle chercheur a commencé ses fouilles, Longlenips ses efforts Jurent infructueux. Pendant bien des années, il rencontra des indices et non des preuves ^ Enfin celte persévérance porta SCS fruits. Dès i83a M* de Perthes reçut d'un des carriers employés par lui une de ces haches aujourd'liuî si connues; en 18A7 il pubha le premier volume de ses Aniujailcs ccUi(jaes et antédilavienncs, où se trouvaient figurées des ccnlaînes d'ohjcls retirés des alluvîons de la Somme. Mai!*, il faut bien le dire, les planches de cet ouvrage, dessinées au simple Imit et d'une façon assez grossière, ne donnaient qu une Idée assez imparfaite des objets. Ceux-ci étaient, en outre, bien loin d'avoir la même valeur au point de vue de la démonstration; au contraire, la Irès-gnmde majorité était plulôl de nature à faire naître des doutes sur finterpréralion adoptée par M. de Perthes. Les détails insérés dans le texte prêtaient parfois A la même objection.
Enfin les idées théoriques qui avaient soutenu pendant tant d'années le courat,^c do M, de Perthes reposaient en partie sur une conception philo^oi>liique embrassant la nature entière, l'origine et la fin de tous les êtres, les rapports du Créateur et de la création, conception plus que disriilable^. Je me borne à résumer les conséquences que l'auteur en tirait rclativi rnent i l'histoire de rbomme. Il admettait deux apparitions d'êtres humains séparées par un grand déluge distinct de celui (le Nué. Les hommes anttdilavicns , dont il faisait connaître les haches et \c» oHlils. auraient appartenu i\ la première. ^^ Ces hommes, ajoutait-iL itn^o'nt j)his leurs liériliL^rs sur la terre et nous n*en sommes point les M fils • i • . il» ont appartenu à des temps en dehors de toutes les tra- (f ditîons et de tous les souvenirs. Le chaos, puis le néant» les séparent « de la création actuelle ^. » Il ajoute que ces hommes appartenaient h un typ«^ entièrement distinct du lype actuel, lequel remonterait à Adam; ((u'il a dû exister entre lui et nous des difTércnces analogues à celles (jui .sé|)arent les éléphants fossiles de leurs congénères vivants; et que, |mr ^ui!e, on a pu confondre leurs ossements avec ceux de certains inamnu'ières, en particulier avec ceux des quadrumanes. On voit que M. Br)uiîher de Perthes a dû éprouver quelque surprise en reconnaîs-
* E^pronsions do M. Boucher de Perlhes. — * De la création, Essat sur Vorighie R'I ta fmifjresnon dçt êtres, 5 voL iii-18, Paris, i84i. On trouve un court réauixiéde ottt ouvrngfl tinns h premier volume des Antiquités ccUitfaes, note 33. — ^ Antiqui- Us vvhii^acs, L L p. :i43. Voir aussi la noie 38.
sant plus tard que sa mâchoire de Moulin-Quignon ressemblait trait pour trait à celle dïin Esthonien de nos jours '.
Ce quil y avait d'incertain, dans un grand nombre de preuves invoquées par I archéologue d'Abbeville, de nuageux pX d*bypotb(^tique dans quelques-unes de ses prémisses et de ses déductions, n enlevait certainement rien à la réalité de rexistence de silex taillés de main d'homme dans les terrains de Monchecourt et de Moulin Quignon. Peuton, toutefois, s'étonner que ce qu'il y avait de vrai dans sa découverte ait été quelque peu masqué, même aux yeux les plus clairvoyants, par celte association malheureuse? Peut-on trouver étrange que MM. Falconer, Preslwich, Evans, Lyell en Angleterre, Hébert, de Gaumont, Henri Martin, Geoffroy Saint-Hilaire, Gaudry, Larlet. en France, aient eu besoin de voir par eux-mêmes?
La franchise avec laquelle ils se sont déclarés convaincus après avoir visité la collection formée par M. de Perthes suffit pour mettre hors de doute la parfiiite indépendance scientîlîque, seule cause du scepticisme qu'on leur reproche» Les préjugés d'école ny étaient certainement pour rien. J'ai fait à mon tour le voyage d'Abbeville pour examiner cette collection désormais célèbre^» et il est bien permis de dire qu elle aussi prêtait amplement aux chicanes et aux réserves. Parmi les pièces recueillies et classées par le savant propriétaire, il en était un très-grand nombre plutôt nuisibles qu'utiles à sa cause. 11 fallait souvent une imagination bien complaisante pour découvrir, dans certains cailloux que i\L de Perthes appelait des idoles ou des amaleites, ce quil croyait y voir clairement, des représentations d oiseaux, de mammifères, d'hommes même. Heureusement, à côté de ces objets sans valeur, d'autres en nombre très-suihsant portaient d'une manière évidente la trace du travail humain. Les armes et les oiUils rentraient, en général, dans cette dernière catégorie, et ce sont eux surtout qui ont déterminé les convictions aujourd'hui générales.
Au lieu d'analyser le premier chapitre du livre de M. Hamy» j'en ai développé les points essentiels; j'agirai autrement désormais. Sans
^ J*ai âignalé celte ressemblonce dans les Bulletins de ht Société d'Anthropùlo^ie^ 2* série, tome I. [Note sur trois tètes frEsthoniens et sar le prognatisme chez les français.)— * On sait que ïa plus grande partie de lo collection de M, de Perihcs est déposée au musée de Sûint-Germain, Etlo m'avait élé olTcrle pour le Muséum , mais à la condilion qu*el!e serait exposée immédiatement et en entier, Apn's une sérieuse lélïbération de TAsseniblée des professeurs» il fallut bien reconnaître que notre établissement tie pouv<iit accepter ce don, faute dVspnce pour satisfaire aux conditions imposées par le donaleur
suivre Fauteur dans le détail des faits nombreux que lui-même a du résumer Ircs-succinclement, j'en indiquerai la distribution systématique et les conséquences, me bornant à faire quelques remarques, soit sur ces fails eux-mêmes, soit sur les déductions qu'on en a tirées.
Comme nous l'avons déjà vu, M. Hamy a adopte, pour son exposition , la cbronologie géologique. Sa première époque répond à la période miocène, et embrasse par conséquent le milieu des temps géologûiues tertiaires, L'auleur examine d'abord quelques opinions théoriques émises par les hommes les plus compétents, sur le plus ou moins de proliabilitc de IVxistence de l'homme à cette époque. Je dois iavouer, les discussions de cette nature n'ont jamais eu pour moi un grand intérêt scientifique. Sans recourir à des considérations un peu détournées, qui ont été invoquées pour soutenir l'affirmative ou la négative, celle-ci pouvait d'ailleurs se ramener, ce me semble, à des termes très-simples. Nous savons , à n'en pas douter, qu'envisagé au point de vue anatomique et physiologique, l'homme n'est autre chose qu'un manmiifère, rien de plus, rien de moins. Dès que les mammifères ont pu vivre à la surface du globe, l'homme a pu y vivre comme eux. S'il a survécu à une époque géologique, ce qui est aujourd'hui incontestable, il a bien pu survivre à deux, à trois. Par conséquent, l'homme a pu être le contemporain non-seulement des mammifères miocènes , mais encore de ceux qui les ont précédés. L'a-t-il été en réalité? C'est une question de fait que l'observation seule doit résoudre.
Dans quelles régions du globe peut-on espérer trouver la trace des premiers hommes ? Avons-nous quelques chances de les découvrir dans les terres que nous habitons? Quelques savants d'un mérite réel ont répondu négativement. Ils ont voulu rejeter le berceau de notre espèce jusque dans les régions tropicales. Là seulement, ont-ils dit, se trouvent réunies les condilions d'existence nécessaires à nos premiers parents, hommes sans doute absolument sauvages et ne connaissant aucun des arts qui leur permettent aujourd'hui d'habiter à peu près partout. Là aussi, a-t-on ajouté, vivent les espèces animales qui se rapprochent le plus de nous, et ce fait £st à lui seul une indication importante. Mais, comme le fait observer avec raison M. Hamy, en raisonnant ainsi, on oubliait une des plus belles pages de la paléontologie moderne. Les travaux d'un grand nombre d'hommes éminents français et étrangers, zoologistes et botanistes, ont, en efl'et, mis hors de doute que le climat de l'Europe a subi des alternatives jusqu'à présent inexplicables. Il a été tour à tour de beaucoup plus chaud et plus froid qu'il ne l'est de nos jours. Des recherches de M. Heer et de Saporta, il résulte qu'à
HISTOIRE NATUBKLLE DE I/HDMME.
Tépoquc miocène la température moyenne de FEurope élail de i8" A nf, M. Alphonse Edwards a découvei't, en Auvergne, des œufs fossiles de flaniants appartenant à celte période géologique. M, Lartel a moniré que notre bassin sous -pyrénéen nourrissait à peu près en même temps des singes voisins de nos anthropomorphes ^ La llore était en harmonie avec la faune. Tout annonce un climat qui devait être, selon la saison, tropical et subtropical. L'homme, queh^ue dénué qu'on le suppose des ressources qu'il a su trouver plus lard dans son intelligence, a donc pu vivre et prospérer en Europe, en France, à répoque dont il s*agiL Y a-t-il vécu? C'est encore là une question de fait.
M. Hamy regarde ce fait comme démontré par les recherches de M. l'abbé Bourgeois et de M. Delaunay. Le premier a retiré de trois couches distinctes situées au-dessous du calcaire de Beauce» aux environs de Pontlevoy ^, des silex qui! regaide comme ayant été taillés par l'homme; il a trouvé dans les sables de l'Orléanais un fragment pierreux paraissant composé d'une pàtc arlificielle assez dure mélangée de charbon. Malheureusement les objets rerueillis par le savant abbé ne se sont pas trouvés assez caractérisés pour enlever toutes les convictions. Un certain nombre déjuges tri»s*compétents les ont acceptés, il est vrai, comme autant d'œuvres de l'industrie humaine; mais des autorités non moins imposantes se sont formellement prononcées en sens contraire. Pour mon compte, après avoir examiné avec le plus grand soin ceux qui proviennent de Ponllevoy, je n'ai pu m'arrétcr à aucune conclusion définilive. Bien d autres naturalistes, et en particulier M. Larlcl, m'ont paru partager cette indécision. A mes yeux, le parti le plus sage est donc d'ajourner tout jugemenl*
J'en dirai à peu près autant à propos des ossements d*halitherium Ironvés à Pouancé^, par M Delaunay, dans une couche inférieure à celtes qui ont fourni les silex dont je viens de parler. Ces ossements portent des entailles transversales, obliques ou longitudinales, acceptées par M. Hamy et un grand nombre de paléontologistes comme autant d'incisions faites de njain d'homme. Je ne saurais, pour mon compte, être i\ beaucoup près aussi afErmatif. Sans doute» en pareille matière, rien ne peut remplacer l'étude minutieuse des objets eux-mêmes; et je n'ai pu que jeter un rapide coup d'œil sur ceux dont il s*agit. Toutefois les dessins reproduits par notre auteur confirment nies apprécia-
* Dryùpith^ctts Fontani » trouvé près de Saint-Gaudens, — * Département de Loir-et Clier, au sud ou^^sl de B!ois. — * Maine-et-Loire.
lions premières et justifient, ce me semble, mes hésitations ^ Si la figure 2 1 présente des traits à Tappui de l'interprétation adoptée par mes confrères, la figure q2 me paraît de nature à motiver des conclusions fort différentes. Il ne faut pas oublier, d'ailleurs, que les signes de la nature de ceux qu'on invoque, pour reporter fexistence de fhomme aux temps de fhalitherium , peuvent facilement induire en erreur. M. Hamy lui-même en cite des exemples. MM. Garrigou et Filhol avaient cru trouver des ossements dcSansan fracturés de main d'homme; M. Laussédat avait regardé comme des incisions faites par un instrument tranchant les entailles profondes que présentaient les fragments d'une mâchoire de rhinocéros miocène ^. Un examen plus attentif fit reconnaître le peu de fondement de ces interprétations. Les prétendues incisions en particulier se trouvèrent n'être que des impressions géologiques telles qu'on en rencontre même sur des cailloux de la plus grande dureté.
L'existence de l'homme miocène n'est donc, à mes yeux, rien moins que démontrée. On peut être bien plus affirmatif pour l'homme pliocène. Selon MM. William P. Blake, professeur de géologie, etWhitney, directeur du Geological Sarvey, on aurait découvert en Californie un crâne humain enseveli sous cinq à six couches de cendres volcaniques durcies et appartenant aux derniers temps pliocènes. Nous n'avons pas été aussi heureux en Europe; mais la présence de l'homme dans les couches supérieures des terrains de la même époque paraît résulter clairement des recherches dues à M. Desnoyers et à M. 1 abbé Bourgeois. M. Desnoyers le premier découvrit, sur des ossements provenant des graviers de Saint-Prest, près de Chartres, des empreintes qu'il crut pouvoir rapporter à faction d'instruments de silex manœuvres par une main humaine'. Un peu plus tard, M. l'abbé Bourgeois confirmait et complétait cette importante découverte en trouvant au même lieu les silex taillés dont les os d'elcphas meridionalis , de rhinocéros leptorhinus , etc. portaient les incisions. J'ai pu examiner à loisir les ossements étudiés par M. Desnoyers, les grattoirs, les perçoirs, les pointes de lances et de flèches recueillies par M. l'abbé Bourgeois. Dès l'abord il me resta peu de doutes , et tout est venu confirmer depuis celte première impression.
Ainsi l'homme vivait sur ce globe dans les temps tertiaires. Il y a laissé des traces de son industrie; il avait dès cette époque des armes et des outils. L'honneur d'avoir le premier reconnu ce fait, si peu d'accord
* Précis, p. 58. — * Rhinocéros pleuroceros. — * i863.
avec tout ce quon croyait naguère, appartient incontestablement à M. Desnoyers. Il est vrai que, plusieurs années auparavant, on aurait trouvé des silex taillés de main d*homme sur le fond argileux des tourbières de la Scanie, près d'Ystad, entre les petites villes de Trelleborg et de Falsterbro ^ Ces tourbières, au-dessus desquelles règne un ensemble, de collines de sable et de gravier nommé lejaraval, seraient, selon M. Hamy, à peu près contemporaines des alluvions à elephas meridionalis de France et dltalie^. Les Scandinaves auraient donc précédé notre compatriote dans la découverte de Thomme tertiaire. Toutefois il est k remarquer que l'illustre Sven Niisson , à qui Ton doit ces renseignements, ne parle d*aucun éléphant. Il ne signale comme caractérisant ces tourbières ou leurs analogues que Tours des cavernes et le renne *. Or ce dernier ne figure nulle part dans la faune pliocène telle que la résume M. Hamy lui-même, et chacun sait qu'il accompagne non pas YelepJms meridionalis y mais Yelephas primigenius , et le rhinocéros tichorhinas, mammifères caractéristiques de l'époque géologique suivante. Re synchronisme admis par l'auteur me semble donc pouvoir au moins être mis en doute. Au reste, M. Niisson ne parle des œsars et des tourbières d'Istad que comme fournissant la preuve des oscillations subies par le sol de la Scandinavie méridionale.
A. DE QUATREFAGES
( La suite à un prochain cahier, )
* Niisson, Les habitants primitifs de la Scandinavie, p. 807. — * M. le professeur Giovanni Ramorino croit avoir trouvé dans le val d*Arno des ossements portant la trace de la main de Thomme. Sir Charles Lyell était resté dans le doute après avoir examiné un certain nombre de pièces provenant de la même localité. — ' Lac. cit, , p. 3o8.
liuDDHAGHOSHAS p ARABLES, translalcd from burmese by captain T. Rogers, R. E., with an Introduction containing Buddha's Dhammapada , translated from pâli, by F. Max-Mûller, M. A. profcssor of comparative philology at Oxford, forcign member of ihefrcnch Institute, etc.; London, Trûbner and C®, 1870, in-8, CLXxn-206.
Les Paraboles de Bouddhaghosha, traduites du birman par le capitaine T. Rogers, du corps royal des Ingénieurs, avec une introduction contenant le Dhammapada du Bouddha ou le Chemin de la vertu, traduit du pâli, par M. F. Max-Mûller, maître es arts, professeur de philologie comparée à Oxford et associé étranger de r Institut de France, etc.
TROISIKME ET DERNIER ARTICLE
Les Paraboles de Bouddhaghosha, qu'elles soient réellement de lui ou (le quelque autre main que la sienne, ne répondent pas tout à fait à l'idée qu'on se fait d'une parabole on général ^; elles ne contiennent pas la moindre nuance dallogorie, qui est le fond même de la parabole. Ce sont plutôt des sermons adressés par le Bouddha aux diverses classes de personnes avec lesquelles il s'est trouvé en rapport, soit dans une de ses existences antérieures selon les superstitions bouddhistes, soit dans la dernière existence qu'il ait fournie avant d'entrer dans le Nirvana. Des vingt-neuf morceaux qui composent le recueil, la presque, totalité représente le Tathâgata parlant directement à ses auditeurs; il en est aussi quelques-uns où l'auteur, Bouddhaghosha ou tout autre, se met lui-même en scène, et expose des préceptes de morah» en son propre nom. Ces derniers morceaux sont les moins iioinhn'ux; mais ce sont ceux qui donnent à l'ouvrage entier son véritahh» caractère; car tous les autres pourraient sembler une sorte de
' Voir, pour lo premier Article , le cahier de novembre 1870, p. 709; pour le dciixii'iiio, 1(* rallier de janvier 1871, p. 3a. — * Notre dictionnaire de l^Âcadémie rntnvtii'«<*d(*l'unt la parabole Av la façon suivante : t Allégorie qui renferme quelque f vrritiS impoi'lanto. ■ Daii!! le» prélondues paraboles de Bouddlioghoslia , il n*y a guère ipic de riiiftloiro et do lu biographie, et parfois aussi des dissertations morales.
PARABOLES DE BOUDDHAGilOSIlA. 89
supplément aux Soutràs ordinaires, tels qulls nous sont connus acluellenient.
Afin c[u on puisse juger mieux de la diversité des aspects sous les* quels les paraboles dites de Bouddhaghosha peuvent être considérées, j en reproduirai iei quclquesimes dViprès la tiaductîou anglaise de M. le capitaine Rogers ^
Le second des vingt-neuf chapitres est intitulé l'Histoire d«» Mîiddbakoundalii et voici cette histoire d'après le texte birman :
«Para Taken ^ (le Bouddha), étant dans la contrée de Sàvallhi «(Çrâvasti), prêcha la loi de la manière suivante, en en donnant Texu pHcation par rapport à Maddhakoundali, le fds d'un homme riche « (thuthe) ^
w Dans le pays de Sàvallhi vnait alors un thuthe nommé Adinna- Mpoubhaka. Ce nom, qu'on lui avait infligé, signifit>it qu'il ne donnait cgamais quoi que ce soit à personne- Ce thuthe avait un fils unique «r qu'il aimait très-tendrement; mais son avarice était poussée si loin, i»que, pour épargner la dépense en s'adressant à un orfèvre, il avait tt fait de ses propres mains pour son fils une paire de boucles d oreilles*; « et de là le nom de Maddhakoundali donné au jeune homme.
u Le jeune homme étant tombé malade de la manière la plus grave, *i le père, qui redoutait les (Vais de la guérison et des remèdes , le cacha udans la maison afm que personne ne sût cju'il souffrait ^. La mère, <( inquiète de voir son fds dans ce triste état, supplia le père de faire (• venir un médecin; mais le thutlic s'écria : «Femme, voulez-vou.^ tidonc nie ruiner ?o Alors le père se détermina à se rendre lui-même
* Le texte birman des Paraboles de Buuddhaghoshn avait été imprioié sans doute h naugoiin par M. Latler, dans un recueil intitule : Sélections from the Vcrnacalar Bùodhui Uleraturc oj Burmah. Cesl sur ce lexle qu*a Iraduil M. T. Bogers, maii en le colhilionnanl sur un des manuscrits de la compagnie des Indes; ce manuserit a offert d'ailleurs peu de diffère nce» avec le lexlc imprime. ^ — * ParàTaken, en birman, signiiic «Le Seigneur niaîire, le souverain maître* • C'est le nom habituel du Bouddha en Birmanie, et celte nuance s'éloî^nc assez sensiblement de tous Ici* noms doimt^s au Bouddha dans les deux collections hindoues du nord et du sud, La dénomination qui s'en rapprotbcraît le plus est ceUc du Vainqueur, Para est sans doulc le même mot que l'hra, titre honoriijque chex les Birmans aciuels. — * Thuthe, ou aussi ihouggué, signilie en biruKin un homme de la classe des riches. — * On sait qu'au Birman tes boucles doreilles sont un ornement des deux sexes, des hommes tout aussi bien que des femmes, — * Il parait qu'en Birmanie c'câl Tusage comme chez tant d'aulres peuples, que les parents et les amis se rendeat en foule à la maison mortuaire. L'avare craignait donc que loule celte foule, entrée chez lui, ne vit toutes ïics richesses; et il voulait, en outre, n*avoir point à riiéberger pendant vingl-quotre heures, selon la coutume birmane.
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« auprès du docteur, et il lui demanda quels remèdes il fallait employer, «après quil lui eut expliqué la nature du mal. Le docteur, voyant à aquel homme il avait affaire, lui conseilla d'employer la racine et «récorce de larbre appelé Hû-hû-nyâ-nyâ. Le thulhe, rentré chez lui, «traita le malade ainsi quon le lui avait prescrit; mais le mal ne fit « que s accroître et fut bientôt sans guérison possible. Alors le père «envoya quérir le médecin; mais il n était plus temps. En apercevant «le patient, le médecin reconnut que le cas était désespéré, et il dit: « Je suis trop occupé en ce moment; je ne puis rester ici pour les soins «nécessaires; vous auriez mieux fait d'appeler un autre que moi.» Le «thutbe, craignant encore que ses parents et ses amis accourus en «foule ne vissent tous ses trésors en pénétrant dans ses appartements, «fit transporter le moribond dans la partie la plus reculée de la «maison.
«Au point du jour de la matinée suivante, quand Para Taken se « leva avec son parfait esprit de charité et d'amour, sa première pensée « fut de chercher quel pécheur il pouvait délivrer de l'état de châtî- «ment. En portant ses regards autour de lui il aperçut Maddha- «koundali, le fils du thuthe, qui était, comme il le savait fort bien, «sur le point de devenir sotâpan ^ Alors il se demanda : «Ce cher «jeune homme a-t-il une foi parfaite en moi et un amour égal à sa «foi?» Il trouva que le jeune homme était animé de ces sentiments; « et, voyant aussi qu'il était sur le point d'acquérir le bonheur des Nats «dans la région de Tâvatinsa 2, il convoqua tous les religieux qui «étaient auprès de lui, et il s'en alla dans le pays de Sâvathi. Dès quil «(fut arrivé à la porte du thuthe Adinnapoubbaka , il envoya une de ses «apparitions sacrées* au fils du thuthe, qui, la reconnaissant sur-le- « champ avec un cœur rempli de foi et d'amour, leva les mains en l'air « et lui rendit hommage. Alors Para Taken se relira; et le jeune homme,
' En sanscrit çrolàpanna. C'est le premier des quatre degrés qui conduisen( k la dignité suprême darhat. Le çrotâpanna est le simple auditeur, le novice. (Voir Eugène Burnouf, Introduction à l'histoire du buddhisme indien , p. 290; et Lotus de la bonne loi, p. 620 et 549.) — * En sanscrit, Trâyasirimsas. Ce sont les trenlc-lrois dieux gouvernant les trente-trois parties du monde, selon les rêveries brahmaniques empruntées par les bouddhistes. Les Nab sont les génies qu'adorent les Birmans. (Voir M»' Bigandet, Life of Gaudama, 2* édition, p. 16, en note.) — ' Ces apparitions sacrées du Bouddha sont, je crois, d'une invention relativement récente; cette superstition , très-naturelle d'ailleurs, n'est pas du premier temps du bouddhisme indien. Hioucn-Thsang voit dans l'Inde forabre ou l'image que le Bouddha avait laissée au fond d'une grotte. (Voir mon ouvrage : Le Bouddha et sa religion, 3* édition, p. 2o4 et suiv.)
PARADOLES DE BOUDDHAGHOSHA.
«mourant avec on cœur pleîn de foi et d'amour, passa tel qui! était du «sommeil au réveil, se trouvant dans un palais de trente yodjanas * de tilong, au milieu du pays des Nats Tàvatinsa.
«Après avoir bridé le corps de son fds, Adinnapoubbaka prit l'habi- «tude d'aller tous les jours sur sa tombe, y pleurant amèrement la (f perle cruelle qu'il avait faite. Quand Maddbakoundali aperçut, du «palais quil habitait dans le pays des Nats, son pè]^ pleurant sur son «tombeau, il prit la réfolution de se rendre auprès de lui et de lui «donner imc meilleure disposition desprit, afin do le guérir de ses « erreurs. En conséquence t il reprit la forme qu il avait durant son exîs- « lence parmi les hommes, et il descendit sui' la terre. Là, .se glissant «près de la tombe oà était son père, il se mît à pleurer violemment. «1 Alors le thuthc lui dit : «Jeune homme, quavez-vous i pltnu'er? « — ^ Je pleure , répondit Maddhakoundali, parce que j ai besoin du soleil tt et de la lune pour faire les deux roues de mon char, — Jeune homme , «dit le ihulhe, ê(es-vous donc fou? Comment pouvez-vous faire les « roues d'un char avec la lune et le soleil ? — Le Ids des Nats répondit ; « Vous pleures^ bien pour un être mortel dont l'existence était passagère; «moi je pleure pour le soleil et la lune, que j'ai constamment devant «moi. Le thuthe. en entendant ces mots, rappela en son esprit la «loi des gens de bien et se sentit soulagé* Il dit alors h son interlocu- «leur: Éles-vous le Nat Mahàrâdja? ou etes-vous le roi Saklca?>v Le ofds des Nats répondit : «Je suis Maddbakoundali, le fils du thuthe, «MaiSf comme, au moment de ma mort, mon cœur a été rempli de «foi et d'amour, je suis devenu fils des Nats; et j'habite dans le pays «de Tâvalinsa un palais qui a trente yodjanas d'étendue.» Quand le « tbutbe eut entendu ces mots, son cœur fut rempli de joie; et il ^e «décida le jour même à aller contempler Para Taken. Le fils des Nats, «après avoir engagé le thuthe à faire une offrande et un hommage à « Para Taken et à garder avec persévérance les cinq commandements ^, i»sen retourna au pays des Nais.
«Cependant le thuthe, après avoir contemplé Para Taken, lui posa a cette question: «lUn homme, qui ne fait d'ailleurs aucune bonne «œuvre, petit-il uniquement, par un cœur pur et aimant, arriver au «bonheur des Nats ? — Para Taken lui dit : « Pourquoi me faites-vous « cette question ? Votre fils Maddbakoundali vous a dit que, s'il jouissait
* Le yodjana est le lo' ou le la* d'une lieue. Le palais avait donc plus de deux lieues cic long. — * On verra plus loin une parabole ou piulôt im chapitre consacré tout entier à Texposilion des cinq commandeinenls: Ne pas iucr, ne pas voler, ne pus commettre d'adultère i ne pas raentir» et ne pas boire des liqueurs enivranles.
(• acluellement du bonheur des Nais, cest quil citait mort avec le cœur «plein de foi et d'amour pour luoi. — Quand est-ce que mon fils m*a ((dit cela? répliqua le thuthe. — Aujourd'hui même, sur le tombeau, » « répondit Para Taken.
"Ensuite Para Taken raconta de nouveau toute l'histoire de Mad- « dhakoundali, et, voyant que l'esprit du thuthe Àdinnapubbaka restait («toujours rempli d'erreur, il commanda à Maddhakoundali de des- « cendre avec son palais sur la terre. Maddhakoundali apparut avec son «palais, et, en sortant, il vint faire acte de soumission à Para Taken. «Para Taken lui dit : «Jeune Nal, par quelles olfrandes et par quelles «bonnes œuvres avez-vous obtenu de jouir du bonheur des Nats? — (. Le fils des Nais répondit : « Sans accomplir aucune bonne œuvre ; mais « seulement en mourant plein de foi et d'amour pour le Soigneur et « maître \ j'ai obtenu la félicité des Nats. w — Alors Para Taken dit : (» C'est le cœur plein de foi et d'amour qui, accompagnant les bonnes M œuvres, répand comme une ombre bienfaisante, du monde des «hommes jusqu'au monde des Nats. » Cette sentence divine fut comme « le cachel d'un sceau royal sur un royal édit.
«Quand Para Taken rut achevé ce discours, 84,ooo personnes de «la congrégation furent converties. Maddhakoundali obtint la récom- « pense due au sottâpatti. Adinnapoubbaka devint un sotapan; et, ap- «pliqué comme tel à tous ses devoirs, il consacra de fortes sommes «d'argent à l'accomplissement de bonnes œuvres. » Fin de l'histoire de Maddhakoundali 2.
Si l'on se rappelle les Soùtras les plus ordinaires du Canon bouddhique, on voit que cette parabole, si c'en est une, ne se distingue (Mî rien d'un Soùtra, si ce n'est peut-être par la concision et la netteté du récit. En analysant la vie du Bouddha birman, d'après l'ouvrage de M*' Bigandet, nous avons vu dans la biographie de Gotama des incidents tout à fait pareils à l'histoire de MaddhakoundaU, des conversions subites comme la sienne et comme celle de son père*. Le Bouddha convertit le jeune Rallia par les mêmes moyens et avec le même succès; c'est un récit édifiant que fait l'auteur; ce n'est pas une
' H y a dans tout ceci des idées et même des expressions qui se rapprochent bonucoup de certaines idées chrétiennes et même catholiques. — ^ Baddhafjhoshas Parables, elc, p. la à 17. — ^ Voir le Journal des oavants, août 1869, p. h^}2 et suiv.; cl septembre 1869, p. 54o et suiv. L'ouvrage birman qu'a traduit M'' Bigandet est fort récent, puisqu'il est de 1773; mais le ton des parahole.H do Bouddhaghosha se rapproche beaucoup de celui qu'a pris lauteur birman, .sans doule d'après cet illustre modèle.
PARABOLES DE BOlJDDHAGHOSHA, 95
allégorie, ni une fable» ni un mythe quil propose; il prétend s'appujer sur des faits réels; et cest au cœur de ceux qui le liront qu*il s'adresse; il veut les convaincre, sans chercher à les charmer ni surtout h les divertir.
Je passe à une seconde parabole, qui est à peu près dans le goût de celle qu'on vient de lire; elle forme le chapitre vni, et est intitulée : THistoire du novice Tissa,
0 Dans une autre circonstance, ParâTaken, résidant alors au monasu tcre de Djélavana , prêcha un discours relatif au novice Tissa*
«Dans la cofÉtrée de Radjagaba (Râdjtigriha) vivait alors un brahu mane nomme Mahaséna; il était fami du brabaiane Vanga, père de « Sàripoutla (Çàripoultra) *.
uSàrîpontta, prenant pitié du brahmane Mabâséna, vînt à la porte ude sa maison avec rintention de lui porter secours. Mabàséna se dit à u lui-même : "Voilà Sâripoulta, le fds de mon ami Vanga, qui attend t» que je lui donne des aliments; el je n'ai rien à lui offrir* » Il sen alla u doue et se cacha.
uUn jour Mabâséna se rendit â la maison d'un thuthe, et il y reçut a un vêtement et une Utsse de lait de vache. 11 se dit alors qu'il était c( désormais en état de faire une offrande a Saripoutta, Au même mo- «menl, Saripoulta, qui se levait après avoir accompli le Samàpatti ^, «cherchait à découvrir qui il pourrait délivrer; et, voyant que Mahà- «séna, qui avait un don à lui faire, désirait venir A lui, il sen alla à la u maison du brahmane et se tint devant sa porte* Dès que le brahmane ' l'aperçut, il l'engagea A entrer chez lui, et il lui mil dans son thabet^ <« du riz cuit dans du lait. Sàripoutta, après avoir reçu la moitié du rh uqui lui était offert, ferma son thabet. IjC brahmane lui dit : uMon «seigneur et mon maître, sauvez-moi dans ma future existence ; ne « me donnez aucun secours dans la vie présente, n En disant ces mots , «il déposait le reste du riz dans le thabet. Alors Sâripoutta mangea le (^riz; et, quand il eut fini, Mabâséna lui offrit un vêtement de coton, a en cxprîmaiil cette prière : wMon seigneur et mon maître, puissé-]e
' Çànpouttra (SAripoiilti, fh\ï) est un des disciples les plus illustres on Bouddha, avec Ànnnda^ Oupali cl Krtçyîip*'»* (Voir Eugène Burnouf, Intnxluchon ù Vhistoiiie diL hivUhisme indien, p. 48, 173, etc.) — * Le sens du root Samapatli nVst pan bien (jxé; mais c'est un des degrés de profonde méditation (]ui amènent à Findiiïéïence. Cet élat est Mipposè conférer des pouvoirs surnaturels, et notamment une seconde vue, (Voir Eugène Burnouf» Lolita de la bonne lai, p. 348.) — ^ Le thaltet est le vuse aux aumône:» que les pr(>tres bouddhistes portent soui le bras gauche cl où ils reçoivent la nourriture quon leur donno.
9'i JOURNAL DES SAVANTS. — FÉVRIER 1871.
« aussi connaître la loi que vous connaissez. » Sàripoutta lui prêcha la « loi et partit.
c« Le brahmane Mahàséna étant mort selon ie cours ordinaire de ia u nature, devint un embryon dans le sein d^une des femmes apparte- «nant à la congrégation de Sàripoutta dans le pays de Sâvatthi. La «jeune fille, dès le moment quelle était devenue enceinte, désirait «(vivtMnent doiHïcr des aliments i Sàripoutta et à ses prêtres, porter « olle-nu^ino la robe religieuse, le thingan ^ et avoir du lait préparé pour « les religieux dans une coupe d'or. Ce désir de la jeune fiile de porter M le thingan du moment qu'elle avait conçu, signifiait clairement que « reniant serait un jour un rahan , un arhat, dans la société des fidèles. « Mais ses parents, supposant que leur fille voulait devenir elle-même « un arlial, ce ([ue la loi religieuse n interdisait pas, donnèrent du lait de «vache en abondance i\ Siiripoutla et à ses compagnons; et, revêtant « la jeune fille du thingan, ils la placèrent après tous les religieux pour HquVllo ollVît sa pnrl de lait dans une coupe dor.
« Au bout de dix mois (mois lunaires), la jeune fille donna naissance « i\ un iils. Quand renfanl eut été lavé, on le déposa sur une couverture a(pii valait <*ent mille pièces dor. Sàripoutta fut compris parmi les în- «vités, v{ il eut la nourriture quon lui présenta. L'enfant, qui était sur nia couverture, se dit à lui-même : «Ce prêtre est mon vieil instituer t(»ur; c'est î\ lui que je dois toute celte opulence. Je dois lui faire une •t olVrande. »
«A ce moment, les parents, désirant donner un nom à l'enfant, le u prirent pour l'enlever de la couverture; mais fenfant, introduisant «son petit doigt dans l'étoffe, femporta avec lui. Les parents s'efforcèu reul de dégager le doigt qui était pris: mais fenfant, retenant la cou- «verlure avec force, se mit à crier. Ils l'enveloppèrent donc dans la «(Couverture, et ils portèrent le tout aux pieds de Sàripoutta; mais Il reuDuit , entraînant la couverture avec son doigt, vint la mettre devant .. le religieux. A cet aspect, les parents dirent à Sàripoutta : «Seigneur u et nuuMre , daignez accepter la couverture que cet enfant vous offre. » «SAriptnitta accepta le présent, et les parents lui dirent : «Veuillez u iluuner \\\\ nom à votre disciple, » et il l'appela Tissa.
u Obuqiu' ToiN cpie tes parents avaient à accomplir quelque cérémonie M pour renituit , ils ne manquaient jamais d'inviter Sàripoutta, et de lui
^ 1.0 ^i^«i«v«('* t*"t lo vAtoniont particulier des prêtres birmans ; il se compose de In^Iv tAUi^^i \UvU<^ ou triti» lUOrceAux distincts, qui se replient les uns sur les
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u donner des aliments. Dès que Tenfant eut alteint Fâge de sept ans, on «le confia à Sàripoutta pour qu*il en fît un rahan. Sâripoutta apprit «donc à Tcnfant à répéter le Kammathana, et il en fit un arhat. Penudanl sept jours entiers, les parents de l'enfant oirrirenl de la nourri- «ture k Sàripoutta et à ses prêtres, et ils se retirèrent ensuite chez « eux^
u Le septième jour, le novice Tissa dut accompagner les rahans dans "(le pays de Sâvatlhi pour recueillir les aumônes. Dès quîls y furent tt arrives, les habitants sortirent pour recevoir le jeune novice, et ils ttUii oflrirent cinq cents putzos^ et cinq cents bols de riz. Le iende- «maio ils allèrent au monastère où résidait le novice» et ils lui oITri- «rent cinq cents putzos et cinq cents bols de riz de plus, de i< telle sorte que» tout en nayanl encore que sept ans, il possédait dëjà u mille putzos et mille bols de riz. Il les oflVit aux rahans de TAssemblée. «Cette richesse considérable le récompensait d'avoir jadis donné une u simple étofFe grossière et une tasse de lait à Sàripoutta, dans le temps a qu il était le brahmane Mahàséna. A dater de ce jour, le novice prit u le nom de Pindapâtika^ Tissa -
«Une nuit qu'il faisait très-froid, le novice allant au monastère pour uy accomplir ses devoirs, vit les rahans qui se clmuflaicnt à un feu wquiis avaient allumé. — «Maîtres, dit-il, comment vous chauffez- « vous à ce feu^? — Novice, répliquèrent les rahans, nous nous chauf* « fonsà cause du froid. — Si vous avez froid, dit le novice, entourezuvous de couvertures, — Mais, reprirent les rahans, vous seul, «o novice, vous avez le pouvoir de procurer ces chauds vêtements, uMais d'oii aurions-nous des couvertures? — S'il en est ainsi, repartit «le novice, que ceux de mes maîtres qui désirent des couverttires, «veuillent bien me suivre, n A ces mots, comme ils sentaient le besoin
' Dans le bouddhisme du nord , les ordinatioiia ne se faisaient jamais à un âge îii peu avancé. Cest au Birman que cette coutume commença q s'introduire: mais c^ n'était pas à proprement parler une ordination; c'était, pour les jeunes entants» aller à l'école et presque rien de plus, de même que, chez nous, bien des laïques ont passé par le séminaire. — * Le pulzo est le vèlenienl national des Birmans, c'est une longue camisole dont rélofTo est, en général, soie et colon. — ^ Eugène Burnoufa bien expliqué le mot Pindapâta du glossaire penlaglotte; ce mot signiiit' • le jet d'une boule de riz,» c'e?l-à-dire une aumône. Pindopàtika veut donc dire ici • celui qui donne des aumônes» » que d'ailleurs ces aumônes viennent de lui ou quil les ait lui-même reçues. (Voir Inirûdaction à l'hiitoire du buddhhme intlien ^ p. 3o6 et 3o7*) — * 11 paraît qu'au Birman les monastères ne doivent jamais ôlre ctiaullés. C G5t une privation de plus que les religieux bouddhistes ajoutent à tant d'au 1res,
«d'avoir des couvertures chaudes, un nullier de rahans suivirent le (( novice, qui n avait encore que sept ans.
« Le novice, entraînant avec lui les mille rahans, sortit dans la ville; «et il se présenta de maison en maison, où les habitants, pénétrés à M première vue d'affection pour lui , lui donnèrent cinq cents couver- « turcs. Comme il rentrait dans le centre de la ville, un thuthe des « i)lus riches faisait vendre des couvertures dans le bazar. L'esclave qui «surveillait la boutique s'approcha de son maître et lui dit : «Voici un « novice qui vient avec cinq cents couvertures ; maître , cachez les vôtres. » « Le thuthe répondit : « Le novice prend-il les couvertures après qu'on « les lui a données? ou les prend-il sans qu'on les lui donne? » — 11 ne «les prend que quand elles lui ont été données, repartit l'esclave. — «Très-bien, repartit le thuthe, laissez les couvertures où elles sont et « ne les cachez pas. » A ce moment, le novice arriva devant l'étalage des «couvertures avec les rahans qui l'accompagnaient. Le thuthe, à qui «elles appartenaient, ne l'eut pas plutôt vu, qu'il l'aima comme son «propre fils, et il lui offrit sur-le-champ cinq cents couvertures, en lui «disant : «Seigneur et maître, puissé-je aussi connaître la loi que vous «connaissez si bien.» Le novice lui prêcha la loi du borfheur (iénoMmaudami).
«Voilà comment un jeune novice, se procurant cinq cents couver- « turcs en un seul jour, les donna aux mille rahans. A dater de ce jour, «les rahans appelèrent le novice du nom de Kambalâra^ Tissa. Si, à M l'âge de sept ans, il avait reçu mille couvertures, c'est que jadis il avait «offert une couverture î\ Sàripoutla, lorsque celui-ci lui avait donné « un nom.
«Ainsi, vous le voyez, dit Para Taken, rahans bicn-aimés : le « moindre présent fait aux prêtres est récompensé plus tard comme s'il «eût été considérable. Des présents plus grands reçoivent aussi une « plus grande récompense. »
«Le novice, après avoir appris le Kammathâna de la bouche de Para « Taken, s'en alla et résida dans un monastère qui était à i 20 yodjanas. M lift, durant trois mois entiers de retraite, il répéta le Kammathâna et « atteignit le rang de rahanda^. » Fin de l'histoire du novice Tissa.
' Kamhaln , en sanscrit, signifie « manteau , couverture ; t Kambâlara doit signifier ir'i t vvlin (pli donne des couvertures. • — ' H y a encore dnns les cliapitres ix et xui (l<;ux liiitloires do novices, Von appelé P<indita, Tautre, Schouila Soumana, qui re«s(iiil)lonl beaucoup à celle de Tissa. Les deux novices sont âgés également de Hopl ann; et ils sont aussi avancés pour leur âge. Le but de ces récils est sans doulc do poiisstM' les parents 4 envoyer leurs enfants aux monastères, c*est-à-dire à l'école.