‹ Journal des savants (volume 5)Chapitre 20 sur 79 · V. Nicéphore de Constanlijiople et Théodore Studite · texte numérisé non relu

V. Nicéphore de Constanlijiople et Théodore Studite

VI. Saint Athanase; trois dissertations de Léon Allatius sur les écrivains qui ont porté les noms de Nicétas, de Pbilon et de Théodore; et auti'es opuscules.

Le VII' volume, celui dont nous nous occupons, est divisé en trois parties, que nous examinerons successivement.

La première est presque entièrement consacrée au conimentaire de Théodore de Mopsueste sur les douze petits prophètes, dont le cardinal Mai a donné le texte grec, accompagné d'une version latine. Ce commentaire, qm* n avait jamais été imprimé, provient d'un manuscrit de la bibliothèque Colonna , manuscrit remarquable par sa conservation et son antiquité. Il a été conféré avec un autre de jnoindre valeur. Les bibliothèques de Vienne et dltalie en possèdent des copies sous le nom de Théodore, Lambecius et Monlfaucon le croyaient de Théodore d'Antioche \ évcque de Mopsueste en Cilicic, ou de Théodore cillcraclée; d'autres pensaient qu'ils sont de Théodore de Daphnopale. Le cardinal Mai s'est décidé en faveur du premier. Du reste louvrage était connu dans l'antiquité. Le cinquième concile général rite trois passages du commencement, où l'auteur prétendait montrer que les prophéties ne doivent point s entendre de Jésus Christ , mais des Juifs.

L^obscurité des Livres saints, et surtout des prophètes, a été l'objet dun grand nombre de travaux. Polyehronius évêque d'Apamée» le frère de notre Théodore, a composé sur ce sujet un traité qui fait partie des Amphilocbia de Fhotius, et qui a été publié par le cardinal Mai, dans le premier volume des Scriptores veteres. Deux homélies de saint Jean Chrysostome sont consacrées au même sujet. On peut encore citer

* Le cût^lot:iie cl'li,Tnel , coh 3ao, mentionne, sous le n" 3 des manuscrils greCâ de ta bibliottièque de l'Arsenal» un volume ifi-/i*, contenant un toramenlaire inédit de Théodore dAnliocbe sur les pelils proplictes. Tcius les manuscrits ayant été mis à rabri, à cuuse du siège, il ne m'a pas été possible de vérifier le tait,

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saint CyriHe, Théodoret, saint Jérôme, RuGn, etc., tous imprimes. Epoque féconde, qui, indépendamment de ces commentateurs, on produisit d'autres perdus aujourd'hui; tels sont ceux de Didyme, de saint Cbrysostome, d'Ephrœmius d'Antioche et de Fimpératrice Eudoxie.

Mais, de tous les commentateurs qui nous ont été conservés, Théodore de Mopsuesle est Je plus célèbre sous le rapport de la clarté des explicatîoiis et de l'élégante simplicité du style.

Syrien d'origine et né à Antioche, de parents nobles et riches, il se rendit habile dans diverses sciences. Bientôt, d'après les conseils de saint Jean Cbrysostome, avec lequel il avait étudié l'éloquence sous le sophiste Libanius, il se retira du monde et se donna tout entier à la lecture des Livres saints. Mais, étant revenu à ses premiers goûts, il reprit sa vie mondaine et pensa même h se marier. Nouvelle insistance de son ancien conjpagnon d études. Théodore se laisse persuader et reprend, pour ne plus les quitter, les exercices de la vie solitaire.

Il fut le disciple de Gartère et de Diodore, qui gouvernaient de célèbres monastères, et de Flavien, évèque d'Antioche , qui lui conféra la prêtrise. On croit que c'est en 392 qu'il succéda à Olympiusdans l'épiscopat de Mopsueste. En 628, année de sa mort, il l'occupait encore. Il était très-aimé et très-respecté dans toutes les villes d'Orient. Entre ceux qui l'ont comblé d'éloges, on doit citer surtout Facundus et Théodoret. C'est le prêtre Ilesychius qui , dans son Histoire ecclésiastique, s'est déclaré contre Théodore; le nom de ce dernier fut ôté des diptyques de l'Église de Mopsueste comme celui d'un homme indigne d'être nommé à l'autel parmi les évêques catholiques. Traité d'hérétique par beaucoup de personnes, il fut enfin anathématisé dans le cinquième concile général avec ses ouvrages.

Facundus en fait monter le nombre à plus de dix mille. Quoi qu'il en soit, ses écrits, dont un petit nombre sont veims jusqu'à nous, jouissaient d'une grande réputation dans les Eglises de Syrie, et beaucoup furent traduits en syriaque , en arabe et en persan.

Celui dont nous nous occu|)ons en ce moment, le commentaire sur les douze petits prophètes, était connu en partie par les fragments que le cardinal Mai avait publiés dans le tome VI des Scriptores veteres. Il le donne ici en entier d'après un ancien manuscrit dont nous avons parlé plus haut.

Le but principal de Théodonî de Mopsueste est d'éclaircir l'histoire juive, à tel point qu'il recherche avec soin l'esprit prophétique des principaux passages, en l'appliquant, pour les faits, au Christ et aux choses chrétiennes. Ce genre d'interprétation, familier aux autres in-

PATHUM NOVA BIBLIOTHECA. lU

terpf'ètes de l'iLcriture sainte» pariil suspect chez un écrivain de ce genre, aussi Théodore a-t-il été regardé comme un ïovSoLiôfpfiùjp ^ cest-àdire un parlistm des Juifs, bien qinl déclare forraeUement croire au Christ et adorer sa divinité.

Savait-il l'hébreu? Cest ce qu'on ne pourrait afltrmer. Quant au syriaque, il est certain qu'il le connaissait, car il réfute souvent la traduction syrienne faite d'après l'iiébreu. Il admire, loue et suit uniquement la version des Septante. Il évite les reclierches d'érudition curieuse et ne sattache qiih expliquer les expressions des prophètes.

Suivant le catalogue d'Kbedesius, Théodore d'Antioche adressa son ouvrage A un certain Mar Turim , nom qui, dans une autre édition donnée parAsseraani, est écrit iWar Tyrium, Le cardinal Mai corrige avec raison et lit en un seul mot Marlyrhiin. Ce Martyiius. en enel, était le contemporain de Théodore et de sainl Jean Chrysostonie; il fut plus tard lui-même évêquc d*Antiocbe*

Le savant éditeur se pose ensuite une question. Pourtjuoî les manuscrits portent-ils toujours Théodore d'Anliochc et non de Mopsueste? Parce que, dit-il, dans cette dernière ville il y eut deux personnages de ce nom, l'un qui souscrivit au second synode, lautre, postérieur et trèscélèbre, l'ut désigné par le nom de sa ville natale, Antioche. C'est ce tjui est arrivé pour Xiphilin , qui , bien que pa Iriarche de Constan tinople » fut dit de Chalcédoine, du nom de sa patrie, ou peut-être de son premier épîscopat.

Le commentaire de Tliéodore de Mopsu este est précieux h plusieurs points de vue; k part la netteté et la sage intelligence qui régnent dans l'interprétation , il fournit plusieurs variantes nouvelles et remarquables pour le texte de l'Ancien Testament. Suivant rautcurja Trinité a été inconnue aux prophètes. Les Juifs, suivant Photius, connaissaient le Père et le Saint-Esprit, mais ils ne connaissaient pas le Fils, Hippolyte et Apollinaire, de leur coté, observent que Daniel avait la connaissance du Fils, Quant aux anges, Théodore, conformément à la doctrine des Livres saints, les considérait comme les gardiens des hommes. Nous pourrions relever encore dans ce connnentaire beaucoup d'outrés notions, dont cpielques-unes paraîtraient peut-être entachées d'hérésie aux yeux de certains orthodoxes, mais les limites de cette analyse ne nous permettent pas d'entrer dans des détails de ce genre ',

Un interprète de» propliètes d*un genre différeoi de celui de Théodore, et inconnu jii5r|u*tt ce jour, cest Basile, év^^'que de Néopatra , rw Thessalie, dont le Cardinal Mai a trouvé un manuscrit provenaîit do Paltutis. Le comaieinnirecorapîeî ,

Nous trouvons ensuite quelques fragments du même écrivain, extraits de son commentaire sur les Psaumes. Le cardinal Mai espérait en publier des parties plus considérables, mais il s'est aperçu que les citations quon rencontre dans les Chaînes des Pères sont pleines d'incertitude; tantôt elles portent simplement le nom de Théodore, tantôt celui de Théodoret, sans parler même de toutes celles qui figurent dans le recueil de Cordier. Dans le doute il s'est contenté de donner les fragments nouveaux qui sont cités sous le nom de Théodore d'Antioche.

Les questions d'histoire littéraire sont très-obscures en raison de Tomission ou de la confusion perpétuelle des noms d'auteurs dans les Chaînes des Pères sur l'Ancien et le Nouveau Testament. Ces noms sont «îcrits à l'encre rouge et en abrégé, à la marge et quelquefois au milieu (ht lextc, on tête de chaque citation. Ce travail, fait soit par le calligraphe lui-même, soit par un rubricateur spécial, navait lieu, engé« néral , (pie lorsque la copie du manuscrit était terminée. Or il est arrivé souvent que, par négligence ou parce que le temps avait manqué, beauroiip de ces noms ont été omis. Il en est résulté que le même écrivain se trouve avoir î\ son compte une foule de fragments qui appartiennent à d'autres, les noms do ces derniers n'ayant pas été indiqués. Pour remédier à cette confusion, on a mis dans quelques manuscrits les mots dvemypd^ov, dSffXou^ rarement dvojvvfiovy c'est-à-dire dont l'auteur est inronnu.

Je possède un précieux manuscrit grec du xi* siècle, dont j'ai fait l'acqui.silion au mont Athos. C'est une Chaîne des Pères sur les Psaumes, liill'érente des Chaînes qui ont été publiées, et qui contient un grand nombre do fragments inédits. Malheureusement il est très-rare que |(»s noms dos écrivains y soient indiqués. Quelques-uns de ces fragments pouv(»nt recevoir des attributions certaines, grâce à la comparaison avoc les autros (ihaînos où la nomenclature est complète ou avec les ouvrai**** mêmes des Pères, mais le plus grand nombre doivent être rangés parmi les anonymes.

(lonl In pn-fnro Hnulo n élô publiée clans le volume précédent, comprend les grands ri lr« priilB propliMes. Il combat continuellement les Juifs persécuteurs du Christ, iippli(|iiant A rK^^Jino rhn^ionne tous les dits des prophètes. Basile vivait au comnuMiroMïml du x* sièrio, comme il findique lui-même. Il parle de Siméon, roi des hul^iin'u. fiU(|uol Nicolas l" a adressé un grand nombre de lettres. Le cardinal Mai doiinr, (lauN 1» prél'arc de la première partie, un prologue anonyme placé en l^lr du manuscrit du Vatican, et quelques courts fragments du commentaire, reiiiMiquahl**» nu poini do vue historique et théologique. L'auteur y critique viveiiiiMit la vi'rnion irA<piila.

PATliUM NOVA BIBLIOTHECA,

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