‹ Journal des savants (volume 5)Chapitre 63 sur 79 · V .. . 'r.^AL I/E5 5AVA\T5. — OCTO£F*£ Ivi · texte numérisé non relu

V .. . 'r.^AL I/E5 5AVA\T5. — OCTO£F*£ Ivi

-î Aft^ietrfTÇ. I: i tZh ïuhiriu^, a nnVneur. pi: la reunxm p:iitiqi;>r de î \rxgi«:tr:T* *:♦. d-^: ii>,04îC. Il 3 ^tr: rlxicnr. tf ï «t^Xftii^uT . par fmtrTTectJrci pf*rpor;'i^rari*r de i'Arj^eterr^ ddCi ia çr^iid* guerre de îa s^wirreséîoo d'E^pagri*: *^t pîf -2 p^r-ucipadoD de^tjire a ia pâli d'L'tre-:Dt. qui a eîe !e peint d^ départ de lirjflueiiC'e prédominante de lAnGielerre çcr f** ^iffafro^ de l'Europe. Ce r^r^iie na pas ele moifis remarquable p>cr La littérature an;daUe: maU :! s'en £ant de beaucoup que le carafCtêre et le ^enie de la reine aient êie pour quelque chose dsns cette gloire et daii? cette destinée. Elle avait épouse, en i6S3. Georges de DaneoiarL. lirince d'un esprit au^essous du médiocre . quoique ne manquant pas de ruse, devenu ridicuie par sa réponse banale a toute chose : Esi-it possihle? On ne l'appelait que le piince h it f'OSiille. « Jai sondé le prince Georges a jeun, disait Charles II. je l'ai sondé ivre, et ivre ou à jeun, je n'ai hen trouvé en lui. Lorsqu'en 1686 on annonça ao malheureux Jacques II la défection de son gendre Geoi^es. qui était parti pour se joindre à Guillaiime d'Orange : f Eh quoil s'écria- t-il. est-il possible est parti aussi? Un bon soldat serait, après tout, une ' perte plus grande. ' Mais il fut plus affligé lorsqu'on lui apprit quelques jours après, que sa Tille, la princesse Anne, avait suivi l'exemple du prince de Danemark. Sa première fille, Marie, avait pu être décidée par lesprit puissant de son époux Guillaume et oublier les sentiments de la nature pour suivre les conseils de lambition; mais Anne, indolente, taciturne, froide, hésitante et timide, qui donc Tavait entrainée? Le séducteur était lady Churchill, célèbre en sa jeunesse par sa séduisante beauté, sous le nom de Sara Jennings, épouse d'un officier général qui, sous le nom de Marlborough . élevait remplir le monde du bruit de ses exploits , sœur de ces autres Jennings. Françoise et Barbe, que le chevalier de Grammont a immortalisées pour leurs aventures â la cour de Chaiies II. Toutes devaient aux derniers Stuarts leurs honneurs et leur fortune. Lady Churchill, élevée avec Anne Stuart, avait •jns. sur celle-ci, dès l'enfance, un empire absolu. Anne, dont Tesprit -ijjt paresseiLx, le caractère faible et le cœur peu sensible, avait subi :♦? b«3nne heure le joug d'un esprit supérieur, violent et ferme, qui , -KaiC imposé on maître à une volonté toujours chancelante. Elle s était 'tu lUX «îrituelles saillies de sa compagne et s'était laissé dominer ur me scrte de charme irrésistible. Mariée à un époux grossier et i^B**i'î** i'«ii oe lui avait inspiré que des goûts dont un esprit délicat

MÉMOIRES MILITAinES.

aurait rougi , Anne s attacha donc facilement à la personne de lady Cliurclnll, qui semblait se charger de penser et d*agir pour elle. Cette femme étonnante exerçait un pouvoir non moins absolu sur son époux, dont elle fit ie plus puissant personnage de son temps, un duc d'Angleterre, un prince du Saint-Empire, le capitaine général d'une grande coalition de rois, farbitre des princes de l'Europe, et, ce quelle prisait davantage, le plus opulent seigneur de l'époque. Sara Jennings était, comme Anne Sluarl, zélée protestante; elle la détacha du cœur catholique de Jacques II, et, plus tard, lui fit mettre à prix la tête du prétendant son frère. Vive, ardente et emportée, son amitié devint une fascination à laquelle Anne, subjuguée, s abandonna sans retenue. Les inclinations les plus opposées régnaient en ces deict êtres, et leur union parut si étrange, que les ma! pensants y cherchèrent des causes extraordinaires. Lorsque Anne fut appelée au trône, à la mort de Guillaume llï , raffection sans bornes de la princesse associa lady Churchill au trône d'Angleterre, Celle-ci , enivrée de son crédit , ne daignait plus demander, elle ordonnait. Llutimité des deux personnes devint une passion. Lorsquelles restaient quelques heures sans se voir, cUes s'écrivaient sous des noms de tendresse qui ajoutaient le mystère à la satisfaction. La reine n'avait jamais connu l'amour; Tamitié d'une femme en remplaça les cliarmes pendant plus d'un quart de siècle. Mais il était évident, aux yeux des observateurs sensés et clairvoyants, qu'une alTcction si singulière devait finir par une tempête. La duchesse de Marlborough se perdit pour n avoir pas su modérer sa dominalion; et, dans le dépit de sa chute, elle donna ie spectacle de Tun des caractères les plus violents quon eût vus dans la société anglaise.

Le grand parti des torys avait dirigé, jusqu*î!i fan 1708, la guerre de la succession; les succès de la coalition étaient son ouvrage, et le cabinet auquel étaient dus ces succès avait mérité, avec la confiance delà souveraine, la sympathie des puissances alliées* Anne avait personnellement un penchant déclaré pour les torys; mais, par des motifs particuliers, la duchesse de Marlborough préférait les whigs, qui semblaient offrir plus de facilité au contentement des passions désordonnées de la favorite. Elle conlraigiiit la reine à composer un nouveau cabinet dont les membres dirigeants étaient le comte de Sunderland, gendre du duc de Marlbolough, et le comte de Godolphin, dont le ilh avait épousé une autre fille de milord-dac; et, comme lady Marlborough dirigeait elle-même les actes poUtiques de son époux, les desUnées de l'Europe , et spécialement celles de l'Angleterre, se trouvèrent, par la constitution du ministère nhig, sous la main impérieuse et avide do cette femme ambitieuse. Elle

JOURîSAL DES SAVANTS. — OCTOBRE 1871.

ne mit dès lors plus de ménagement dans ses caprices» et Anne s*y Irouvti plus nssujellie que jamais. En dépit de ses sympathies, elle avaîl renvoyé des ministres de son goût et subi les volontés de sa despotique amie. Les intérêts de la coalition n'en souffrirent pas sans doute; ils n'en parurent gouvernés qu avec une passion plus vive. Mais, chassés par une intrigue sourde, les torys, et, à leur tête, deux hommes d'État célèbres, Robert Harlcy, depuis comte d'Oxford, et Henri SainlJoIm, depuis vicomte Bohngbroke, travaillèrent aussi dans l'ombre à ressaisir le pouvoir. Harley était un orateur agréable, un politique babile. Sa souplesse et son talent l'avaient porté à la présidence de la chancre des communes et au ministère. Il passait pour le plus capable financier de TEurope. Homme desprit et de goût, il aimait et protégeai! les lettres et sélait fait des amis des plus beaux génies de TAngleterre, de Swift, de Pope, de Prior, quil avait associés à la politique* Henri Saint-John, dWîgine normande et de grande famille, était è vingt-six ans membre du parlement. Il avait toutes les qualités requises pour y jouer un rôle : la figure, la parole et le travaiL Son esprit étonna plus tard Louis XIV et Voltaire. Sa mémoire était prodigieuse : il évitait de lire des ouvrages médiocres, dans la crainte, dtsaît-il, de les retenir. Son éloquence, nourrie d'une solide instruction, captivait les chambres anglaises. Ses manières, sa libéralité, félévatiou de son caractère, lui attachaient la société éclairée; il se ressentait bien des habitudes et des traditions de la cour de Charles H, mais les affaires uen soullraient pas. Les sots étaient les seuls, disait-il, qui ne savaient pas se donner des loisirs.

Ces deux hommes expulsés ne s'emportèrent point en inutiles éclats, mais ils miirent leur ressentiment et leurs ressources contre la femme qui avait arraché leur disgrâce à la reine. Renversés par une inlrigun , ils ourdirent une intrigue pour renverser à leur tour le ministère de lady Mariborough. La politique ne leur en oflVait guère le moyen, car les (irospérités de la coalition contre Louis XIV semblaient plus assurées que jamais. Ils attaquèrent secrètement cette amitié, qui faisait la force de leur ennemie, et lui cherchèrent une rivale pour le supplanter dans le rmur de la souveraine* Le hasard les servit au mieux. Il y avait alors i la cour une jeune femme charmante, Abigaïl Hill, parente de I» ducliessc elle-même et placée auprès de la reine dans le service de sa chambre. Elle était en même temps cousine de Robert Harley, qui favaît mariée à un ofiîcier-générai , le chevalier Masbam, employé à la cour. Ses opinions étaient jarobites, ce qui n était point un obstacle, à ce moment où la reine, par un retour de sentiment vers sa famille, ^e

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montrait disposée à favoriser le rétablissement des Stuarts, si son frère voulait embrasser la religion anglicane- Elle était dune humeur douce et accorte, simple en ses goûts, attachée à la reine, zélée protestante, d*un esprit facile et ouvert, dévouée de cœur à Harley, qui, par elle, avait une habituelle commodité pour des communications à la reine.

Soumise à lascendant de Harley, ayant aussi quelque ressentiment particulier contre la favorite, madame Masham s^appliqua activement à miner le crédit des wliigs; elle trouva roccasion d'exciter la jalousie de la reine au regard de la puissance exorbitante des Marlboiough disposant du parlement, de larmée, du cabinet, de la cour, pkis souverains que la reine, et pesant si durement sur tout le monde du poids de leur crédit. Ils venaient de refuser avec opiniâtreté k la reine même une faveur quelle demandait pour un officier de mérite, parent de madame Masham; la duchesse de Marlborough, se croyant la maîtresse absolue, ne se gênait plus avec personne et ne ménageait pas même à la princesse des humiliations publiques : 1 affection de madame Masham en devenait pour Anne plus consolante, plus insinuante et plus goûtée. La duchesse avait trop d'esprit et de pénétration poiu* que ce manège pût longtemps lui échapper; mais, loin de chercher à ramener la reine, dont le cœur avait encore de la faiblesse pour elle, lady Marlborongii éclata violemment. Lady Masham fut accablée de dédains» de sarcasmes, d'insultes, de calomnies; el la reine eut sa bonne part dans Texplosion de celte colère, tournée à rimperlinence.Aumoîs d'août i 708, au service religieux célébré à Saint-Paul h foccasion de la bataille d'Oudenarde, !a reine s aperçut quelle avait oublié ses diamants, et en lit le reproche à la duchesse, qui aurait du l'en aviser comme siu*intendantc de la garde-robe. Lady Marlborough répondit avec hauteur. La reine, blessée , insista et la duchesse furieuse lui imposa silence. La reine se tut pour éviter le scandale, mais elle n^oublia point cette journée. IL Walpole raconte que la duchesse donnait souvent ses gants à tenir à la reine, et que, les reprenant , la duchesse aflectait de détourner ia tète dans une intention offensante, qu*une femme, une reine, ne pouvait pardonner. Un jour, Anne portait une bouteille de vin à Tune de ses domestiques qui était infirme. Lady Marlborough lapprend, court après la reine, lui prodigue des remontrances déplacées, et s'emporte tellement, que tout le service fut témoin de la scène. Anne voulut s'y dérober en sortant de la salle, mais la duchesse la retint, barra la porte et força la reine à souffrir s€s invectives* Celle-ci outragée s indigna, se révolta. La rupture fut marquée dès ce jour; la correspondance cessa; les visites devinrent rares, et les relations tournèrent notoirement en brouîlle-

JOtniUL DES MVâftXS. — OCTOBftE 1871.

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rie déclarée* dont innbbîi se

¥iit àam la poKliqiie H I» Tktmm «le

perdtt émê te oonir de b tomreraîiM!.

Les toffjf ne m bomfaeal paînl à k dîrecuoii i»iiiie <fe madme

HaibMi » celle iiitr%oe iotémore. B» enra»! mmis eoeoce i b

rcKgjim. Ui eiciiereni oo prédimew aofjiicui» te docteur Sadieftret,

i pt^cbiT daot h alliédfik de SBiol4^al contre radmoiBlfaliaQ de

Marlboroi^ et cootre le êogme de h BOQtermneté oatiooak. dwl stf^

maJeiit lei wfasgt pottr silij^ttgiier b coaronne par rooittipolèiice éi

parlement, La rdoe ëtaJl présente; elle portail on mtérél coniiii au

poâteur; niais elle oe fui pas aatez poÎMiiiie poor aii|ièdicr qoe k

doeteitr ne fût traduit â la barre doparleiDeol. qii3 oefikt tfilenlit pomr

deta annexa, et que son sermon ne iïil brûlé par autorité de joitice.

Ce proc^, qui retenUt bruyamment « fit sentir encore plus i b rcbe

sa itijétion» et conHrma rintimité dévouée de madame Mashim. qui-

conseiilée par Uarley« donna bien à comprendre à h reine les rome-

qucrires de la condaninafion. Une dernière riolence de bdy Mariboroagh

précipita sa disgrâce définitire. MaHborough allait être parrain Ji»

baptême où lenfant devait receroir le nom de la reine. La dochcw

déclara qu elle ne voulait pas de ce nom pour la filleule de son épi».

ajoutant um- injure grossière à son insolente exigence. Le propûs fiil

rjpj)orlé é Saint-James, et ce sanglant outnage acbera de di^dder Anne

k secouer an joug insupportable, La duchesse, reconnaissant trop tâid

son imprudente audace, voulut s en justifier; mais la reine, redûutani

les fureurs de son ancienne amie, refusa raudience, répondit que b

duchesse pouvait s'en expliquer par écrit, et partit pour Kensiuglon afin

cré%iter une rencontre; la duchesse insista, suivit de près b reine, el,

se glissant dans le château pnr les escaUers dérobés, arriva jusqu'il la

chambre royale en réclamant un enfretien. La reine surprise neuf pas

le courage de refuser la porte, et la duchesse entra. Anne était seiJe,

dit M"" Strickland. ^iTai reçu voire lettre» fil-elle à la duchesse, etj'al-

ûlais y répondre. Je pense que vous pouvez m écrire tout ce que vou^

«voudrez me dire. — Je ne saurais écrire de telles choses, répondit

\.h duchesse, en faisant allusion à la grossièreté de 1 injure qui lui

ti était imputée. — Ecrivez, écrivez, répliqua la reine, qui voulait en-

•I tir une querelle, » Lady Marlborough , sourde à toute injonction , débita

pendant une heure sa défense avec une violence toujours croissante,

malgré la reine qui vainement voulut lui fermer la bouche. La froide

résistance de la princesse enfin l'emporta. Je vais quitter la chambre.

dit -elle avec dignité. En entendant ces mots, lady Marlborough fon-

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plomale disait à Eugène, en parlant de la reine ; «V, A. ne saurait «croire quelle est son animosité. Je crois qu elle laisserait përir dix An- «gielerresel les quatre parties du monde, pour seulement nj or tiiîer ((milady Morlborough et tout ce qui lui appartient. >> Le prince Eugène nen fut pas moins contrarié de celte révolution ministérielle, et le comte de Gaiiascli avait tout fait pour Téviter. La passion dévouée de Marlborough pour la continuation de la guerre était une garantie que la cour de Vienne ne trouvait plus dans le ministère tory* Aussi rambassadeur {autrichien, fort passionné ausii, écrivaîl-îl le jour du renvoi de Godolphin : if II faut cerlainenient tenir bon avec ce parti ici, car le nouveau u ministère n'a ni le vouloir, ni le pouvoir, ni le savoir pour bien faire, ((étant composé ou de sots ou de fous; et, pour la pauvre reine, si « elle mérile detre plainte» je lui fais son pronostic qu elle court grand «risque delre la plus malheuretise princesse du monde, pendant quil («ne pouvait lui manquer d'être la plus heureuse et la plus glorieuse « qui ait jamais régné. Mais j'espère en Dieu que son nouveau conseil » qui «est véritablement la plus méchante partie de la nation, ne régnera «pas longtemps et naura pas le pouvoir de faire tout le mal qu*il fait « appréhender, lorsque le parlement sera une fois rassemblé K »

De leur côté, les nouveaux ministres seirorcèrcnt de persuader soit aux cours étrangères, soit aux membres du parlement anglais, que fa politique étrangère du cabinet britannique restait la même, et que le cliangement se bornait, de la part de la Couronne, i quelques convenances personnelles, et, de la part du ministère, à plus d'exactitude dans la gestion financière du royaume» Les iorys narrivaient pas au pouvoir, en elïet, par un coup de parti net et déclaré, mais en petit nombre et successivement, un à un. C étaient des remplacements individuels plutôt qu'une révolulion ministérielle. Le comte de Darmouth avait succédé, le a 5 juin, au comte de Sunderland; Robert Harley avait pri^a place de Godolphin le i8 août seulement, et Henri Saint- John n'était rentré amt affaires que le i" octobre. Il ne tenait qu^aux whigs, en possession des autres grandes charges, de les garder^ en se conformant aux allures de la nouvelle administration* En reprenant le portefeuille, lord Bolingbroke mandait à M. Buys, envoyé extraordinaire de Hollande a Londres : « J'ai toujours envisagé les intérêts de nos patries H d'une manière a me faire croire qu'on ne peut les séparer sans les «blesser; c'est une règle qui n'a jamais manqué depuis la fondation de a votre république. Quand nos princes ont suivi les véritables intérêts

^ Tiré des archives de Vienne, dans Arnelk, loe, cit, U, page ^ 7.

« de leur royaume, ils onl élc les auiis de la Hollande, « Le inêiiie ministre, écrivant à lord Cadogan (octobre 1710), Ton des officiers généraux les plus distingués de Tarmée anglaise^ et fort attaché a Mailbo* rough, sous lequel il servait eu ce moment en Flandie, lui disait : «Je loue votre ferme résolution de rester atlaché au grand humme a u qui vous avez tant d'obligation » et j'ose croire que vous le servirez i^avec de sages et solides marques de votre gratitude* «»

Dans ce même temps, M°" de Mainlenon marquait au duc de Noailles : ti Nos ennemis ne veulent point de paix;» et les flatteurs, courtisans du pouvoir, à la condition que le pouvoir triomphe et répande de:> grâces, délaissaient M"" deMaintenon, dont la puissance était ébranlée du même coup que le trône de Louis XIV; elle disait au fidèle duc, son ami, confident de ses ennuis et de ses appréhensions : « Il faut bien u vous parler aussi on moment de mon personnage : il est assez aban- «donné; je me retranche à M'"*de Caylus et aux femmes de ministres, et qui me manquent même assez souvent. Je deviens un peu lobjet de la «générosité» et il me parait quon se sait assez bon gré quand on vient unie voir. Je porte, jusqu'ici, cette humiliation avec assez de courage; a elle sied mieux à ma faiblesse tjiic la foule qui ne me laissait pas res- <( pirer, ^> Louis XI\^ n était plus, en effet, ce lier souverain qui» A l'occasion de laffaire célèbre du salut des pavillons, écrivait à son ambassadeur à Londres, ao sujet des prétentions anglaises et des velléités de hauteur de Charles II : «Le roi mon frère, ni ceux dont il prend cou- «seil. Jie me connaissent pas encore bien» quand ils prennent avec moi «des voies de hauteur et d'une certaine fermeté qui sent la menace. Je a nn connais puissance sous le ciel qui soit capable de me faire avancer « un pas par un chemin de celte sorte, et il me peut bien arriver du

« mal , mais non pas une impression de crainte Cest à moi de faire ,

« par ma conduite, quils ne demeiu:ent pas longtemps en de semblables

M erreurs Je prétends mettre bientôt mes forces de mer ej^tel état,

«que les Anglais tiendront à grâce que je veuille bien entendre a des «tempéraments. »

Les temps étaient bien changés. Une défensive énergique, mais mtidesle, était la seule ambition du cabinet de Versailles au moment où les lorys reprenaient le pouvoir. Ceux-ci mettaient le comble aux ménagements envers les wighs influents et ne se relâchaionl d'aucune rigueur envers la France* Le maréchal de Tallard, prisonnier et raaiadcî» sollicitait la faveur peu dangereuse de rentrer en France» sur parole» et, le 7 noven^bre» Bolingbroke la refusait avec une politesse inexorable. Poussant plus avant les explications avec les Hollandais,

le mmîslre anglais écrivait, peu de jours après, au Pensionnaire de la ville d'Amsterdam, tres-eogagë dans la question de la guerre : «Les «maximes que vous approuvez sont celles que j'ai toujours suivies; u elles sont gravées, d'une manière à ne pouvoir jamais être effacées, «dans mon cœur et dans celui de beaucoup de personnes chez nous, « qui peut-être auront été représentées en Hollande sous un caractère «bien diflerent. Le duc de Shrewsbury et M. Harley sont fort vos serti viteurs, de même que ces autres messieurs, qui ont eu Tavantagc de H vous connaître pendant le séjour que vous Ries ici. Ils ont coniinaé dans M les mêmes sentiments à l'égard de la cause commune et des intérêts de nos «deux nations, dans lesquels ils étaient dès ce temps-là, et, s'ils n'ont t« pas à riieure quii est les mêmes liaisons ni les mêmes amitiés qu ils vont eues alors, je puis vous assurer que ce changement n'est pas ar-

«rivé par leur faute Les alliés ont été alarmés quand la reine a

•< trouvé h propos de faire des changements dans son ministère, «et nous savons parfaitement bien les artifices dont on s'est servi pour ii troubler les esprits. Je veux espérer que ces premiers mouvements «sont passés, etc, etc.» Les mêmes assurances se trouvent répétées dans une autre lettre du 12 janvier 1711, où Bolingbrokc ajoutait : «Vous u voyez, Monsieur, que, bien loin de négliger la guerre de Flandre, *t toutes les mesures sont prises d'un mois ou de cinq semaines plus tôi u qu*elles n'ont coutume de fêtre, pour la soutenir de notre colé; en u effet, les préparatifs extraordinaires des ennemis exigent cela de « nous* n

Au mois d'août même de l'année suivante 1711, Bolingbrokc écrivaît à M d'Hervaert, ancien agent de Guillaume III et ami de Heinsius, la lettre suivante, alors que cependant il avait déjà confié à un agent secret la mission de porter des insinuations pacifiques au cabinet de Versailles : a Les réflexions que vous faites sur les soupçons qui sont a entrés dans l'esprit de M* le Pensionnaire, me paraissent fort justes. « Ofi a tâché de semer des jalousies et ici et en Hollande. Il est certain «quelles ne font pas grande impression chez nous, et j'espère que les M ministres des Etats ne seront pas plus ombrageux que nous ne le t« sommes. La désunion des puissances maritimes ne peut être que fuu neste à l'une et à l'autre .C est une vérité incontestable. De noire côté, t< rien ne manquera pour cultiver cette harmonie entre les deux nations* n

Un aïois plus tard, Bolingbrokc donnait encore Tassurancc aux États de ne pas plus se séparer d eux dans la paix qu'on ne s'en était séparé pendant la guerre.

Les actes du ministère furent en harmonie avec ce langage. Marlbo-

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sa lelli e â M» Buys, insistait bien plus sur les malversations des whigs que sur le blâme de leur direction politique : « Avec le temps tous nos ftamis verront combien ils ont été trompés par ces gens^ qui leur ont u voulu persuader qu'il s^agissait de rintërét de la cause commune, a quand il ne s'agissait que de celui de quelques particuliers. . , il ne M faut pas que nous oubliions que nos parlements ont été institues par la u sagesse de nos ancêtres pour examiner la distribution des deniers puif blics, aussi bien que pour les donner. , . Le duc de Marlborougb est *t présentement ici; il a pris le parti de se soumettre en toutes clioses au « bon plaisir de la reine, et, sur ce pied, il pourra se soutenir. Tous ceux u qui sont dans les affaires sont prêts à le prendre prtr la main et à rendre u les meilleurs services à la cause commune de concert avec lui; mais il «(faut marcber droit. . • Les ordres de la reine sont donnés de fournir <i largeni n(''ces5aire . . . . . j)

Enfin Marlborooglî lui-même était satisfait du cabinet tory, car Bolingbi'oke mandait le 2 3 mars au même diplomate, après fassassinat tenté sur Robert llarley par un Fiançais insensé, le marquis de Cuiscard, assassinat auquel le grand trésorier n'écbappa que par un tiasard miraculeux : uNous espérons quen fort peu de temps il sera en a état de recommencer son travail, pour le plus grand avantage des deux u nations cl de la cause commune. . , . J espère aussi que les dilïicultés aque nous avons eu à combattre sont aplanies. Nous fournirons près «de 7 millions de livres sterling (i 57,600,000 livTes tournois) aux dé- «penses de Vannée courante. , , * Je suù fort aise de voir que le duc de t« Marlboroiî^h est content de nous. Ce qu'il y a de certain, ccst qu on a usé «à son égard de toute la bonne foi et de toute la sincérité possibles. >i

Marlborougb dirigea donc la campagne de 171 1 en Flandre, sous le cabinet tory, comme il avait dirigé les précédentes sous le cabinet whig. Lorsqu'il eut forcé les lignes de Villars, en août 1711, Bolîngbroke lui adressa la dépêcbe suivante ; u Milord , ce que je vous ai écrit dans mon il autre lettre (perdue) ne vous rendra que faiblement la surprise et le n plaisir que m'ont fait éprouver larrivée du brigadier Sutton et des « nouvelles qu'il a apportées. Les plus sanglantes batailles que vous avez u livrées, et les plus grandes victoires que vous avez remportées, ne « peuvent donner de plus honorables preuves de votre rare habileté, et «de votre zèle infatigable pour le service public, que vos derniers «succès. Pour moi, j'éprouve la joie que tout homme de bien doit res- 0 sentir, lorsque lennemi commun reçoit un échec; et je jouis, en outre, «du plaisir d\m ami sincère, en pensant que c'est Fouvrage de Votre 0 Grâce. . • . - J'ignore ce que fera le maréchal de Villars avec les forces

(( qu'il peut rassembler, et les ordres qu'il recevra de sa cour; mais j'es- M père, et je ne doute nullement, que Votre Grâce ne soutienne ce (I quelle a si glorieusement commencé; et permettes que j'ajoute que, upoar plusieurs raisons, vos actions auront, à l'époque actoûUe, an édat ex- « traordinaire. Je désire avec la plus vive ardeur que cette prospérité non a interrompue se soutienne, et que vous puissiez, à tous égards, terminer (( cette campagne à votre entière satisfaction , comme à celle de tAnyleu terre et du dehors, n Et, après la prise de Bouchain, le même ministre écrivait à Theureux général : a Milord , je n'avais rien à mander à Votre u Grâce sur les affaires courantes , lorsque le courrier ColKns arriva il "y a un instant, et nous apporta des nouvelles qui ajoutent à votre (« gloire et à votre bonheur. J'ai envoyé un exprès à Windsor, avec la « lettre de Votre Grâce pour la reine; j'ai donné ordre de tirer le canon (( de la tour, et je vous prie de croire que je prends à ce succès toute •' la part qu'y doit prendre un honnête homme. »

On voit par ces détails la situation singulière où le ministère tory (3tait conduit par la Force des choses. Heureusement pour lui la considération personnelle du duc de Mariborough était fort médiocre en Angleterre. En dehors des champs de bataille, ce grand homme de guerre Il était guère estime. Il avait dû ses premiers succès dans le monde, sous Charles II, à des aventures peu honorables et à des mérites fort excentriques ^ qu'on ne saurait rappeler ici. Éminent à la tête désarmées, sa mauvaise réputation en fait d'argent le rendait suspect aux yeux des gens honnêtes, et le bruit en arrivait aux oreilles du peuple. Il existe une lettre de Louis XIV k M. de Torcy qui est accablante pour la mémoire de Mariborough. On ne se permet point de faire de semblables propositions à l'homme qu'entoure une bonne renommée^. Si l'on fer-

' Voy. le général de Grîmoard dans rinlroduction qui précède rédition française tle la correspondance de Bolingbroke, Paris, 1808, 3 vol. in-8'. -— * Voici cette lelire, monument curieux de l'opinion qu*on avait, k Gertruydenberg, de la probité privée du duc de Mariborough : t Je ne doute pas, Monsieur, que vous ne M profiliez des occasions que vous aurez de voir le duc de Mariborough, pour « lui faire connaître que j*ai été informé des démarches qu'il a faites pour empêcher «• les progrès des conférences pour la paix et même pour les faire rompre; que j*en «ai été d autant plus surpris, que j'avais lieu de croire, après les assurances quil « on avait données , qu il voulait y contribuer, et que je serais bien aise qu il s'attirât t par sa conduite la récompense que je lui ai fait promettre; et, pour vous mettre ■ en état de vous en expliquer encore plus clairement avec lui, je veux bien que < vous lui donniez une parole précise que je lui ferai remettre deux millions de « livres, s'il peut contribuer par ses offices à me faire obtenir les conditions sui* • vantes, etc. Je consentirais à porter cette gratification à trois millions, s'il contri-

mait les yeux ^ cétait par la nécessite de ses services et à cause de l'impor* tance de sa coopération à ToBuvre de la guerre. Les vices de caractère de son épouse contribuaient encore à rendre plus difficile la prolongation de la prépondérance politique du héros dlIo( hstett et d*Oudenarde. Les violences de la duchesse et des circouslances fortuites dégngèrent le cabinet de ses embarras et lui permirent de prendre des allures plus indépendantes et plus conrormes aux vrais intérêts de l'Angleterre, dont quelques événements nouveaux modifièrent la direction. La duchesse» maintenue dans sa charge malgré sa brouiilerieavec la reine, rendit en efiet impossible sa présence à la cour* Chaque jour on la voyait parcourir les salons de Londres, annonçant qu'elle allait publier les lettres de la reine et quelle mettrait au grand jour les honteux et vrais moliFs de sa disgrâce. La reine, atterrée et irritée par ces menaces monstrueuses, voulut décidément en finir avec cette créature indomptable. Soutenue et enhardie par ses ministres, Anne enjoignit, dans les premiers mois de 17 i i , au duc de Marlhorougb de redemander à son épouse les clefs d*or qui étaient les insignes de la grande maîtresse. Marlborough, qui craignait de nouveaux éclats, conjura la reine d'attendre la fin de la campagne, promettant qu*il se retirerait alors des emplois publics avec sa femme. Mais Anne, poussée à bout par des calomnies qui la faisaient rougir, horred insinualions , exigea la remise immédiate, Marlborough se jeta vainement aux pieds de la reine sollicitant un délai de dixjours pour ménager le coup. Anne accorda trois jours, et, ce temps expiré, renouvela ses ordres avec une intlexibîe fermeté. Marlborough aijronla le courroux de sa femme et lui demanda les clefs avec une douceur parfaite, mais résolue. La duchesse, courroucée, refusa et accabla son mari d'injures et de reproches. Blessé au vif, le duc parla ferme et en maiire, pour la première fois de sa vie. Prenant alors ces déplorables insignes, la duchesse les jeta au visage du guerrier, et celui-ci, les ramassant froidement, les fut rendre à la reine, profondément touchée de Tobéissance de son sujet, qui partit pour son commandement de Flandre, croyant avoir assuré sa situation.

Au fond, les torys essayaient une chose impossible en laissant au duc la direction de la guerre, alors que toute sa famille était en proie à l'irrilation la plus violente contre le cabinet* Et comment, d'autre part, éloigner un aussi grand capitaine de la conduite des armées! C était une chose également diRicile à Fégard des alliés et à l'égard du peu|de

1 biiiiit, elc* En dernier lieu, je veut bien que vous offrifz au dur fie Marlborough • jusqu'à quatre millions, s'il laciïïtait les moyens, etc. •

biilanniqae. Le cabinet tory fut donc, par la nécessité de se soutenir, amené à désirer la paix, qui devait le débarrasser de Marlborough et de ses amis. Voiià quelles furent évidemment les péripéties de lu situa* tion. Mais il fallait une habileté consommée pour oiener une teUe partie à travers tant d'écneils et de dilîicultés* L'homme habile se rencontra dans Henri Saint-John^ lord vicomte Bolingbroke» Le succès tenait à la passion de la reine, et, si la reine eût abandonné son ministère ou si elle fût morte avant la paix, comme elte mourut un an après, en lyi/j, le ministère était perdu, toute espérance de paix avec lui, et les destinées de la France plus que jamais compromises.

De celte complication naquit pour le minislcre tory la nécessité d un double jeu, qui consistait à mener la guerre avec une réLSolution apparente, pendant que, en sccj'et et sans se comproniellre avec ses alliés, il travaillait pour préparer la pacification. Ce double jeu, devenu désespérant pour Louis XIV, a duré jusqu'à la veille de la bataille de Denain laquelle a donné ses franches coudées à lord Bolinghruke, qui ne les avait pas jusqu'alors, malgré levénement imprévu de la mort di l'empereur Joseph V\ survenue en avril 1711. Bolingbroke écrivait alors encore à un ministre de lEmpereur, le a /i juin : w Le plan que u vous m'avez envoyé est tout A fait beau . • . Mais songeons en premier (« lieu à pousser une guerre vive dans les endroits où elle est déjà allu- « méc, elc. . , , Par tout ce que le parlement a fait, je ne doute pas qui «vous ne soyez convaincu que cette bonne volonté ne se ralentira

(• pas » Il désirait la paix , mais aux meilleures conditions possibles»

et, pour cela, il falhiit réduire la France sur tous les points*

La reine Anne n'éprouvait pas moins d'embarras personnels que ses ministres et participait au jeu périlleux où son cabinet s*engageait et 011 tout le monde pouvait être dupe. Elle donnait des espérances aux Ja* cobites contre Télecteur de Hanovre, qu'elle détestait. On trouve dans les mémoires du maréchal de Berwick ^ beaucoup de détails sur ces trames secrètes, et le maréchal de Villars raconte , de son côté, quêtant de passage à Avignon, en 17^6, il y rendit ses devoirs de politesse au Prétendant qui venait d'échouer dans son expédition d'Ecosse, Villars ajoute : « L'intention du feu roi avait été de lui donner Ie3 moyens «de remonter sur le trône. C'était aussi le dessein delà reine Anne, sa usœur, et il y avait diverses mesures déjà prises pour le rétablir dans i<ses Etals. Il m'apprit là dessus bien des particularités que jignorais. n Lnitrigue jacobite, que favorisait M'"" Masham. qu'accueillait fespril

* Édition de 1778, seule aathentiqiie. Paris, 9 vol. in-ia.

faible, mobile, capricieux de la reine» en haine des Hanovre et des Chuichill, faillit être une cause de dissolution pour le cabinet tory; car, parmi les minislres, Harley seul inclinait vers le parti des Stuarts, Bolingbroke en était ladversaire. Les deux personnages principaux du ministère avaient, d'ailleurs, peu de sympathie l'im pour lautre. C était une cause de faiblesse pour laclion commune, un péril de plus pour la durée du cabinet et une chance de moins pour l'intérêt français. On peut h're dans les Mémoires secrets que j ai déjà cités les témoignages de cette diversité de sentiments, iransformée plus tard en animosité violente, et qui arrachait à Bolingbroke des réflexions amères , qui peuvent être appii* quées k d'autres temps : u J ai bien peur, disait-il^ que nous ne soyons «entrés ft la cour et dans les afl'aires avec les mêmes dispositions qui raniment tous les partis; que le principal motif de nos actions uait été « d'avoir le gouvcrneineot de TEtal entre nos mains; que nos principales (tvues n aient en pour objet la conservation de ce pouvoir, de grands ri emplois pour nous-mêmes, des moyens de récompenser tous ceux qui «avaient servi à notre élévation, et des armes pour nuire à tous ceux «qui s y étaient opposés. Il est vrai cependant qu'avec ces considérations u d'intérêt particulier et d'esprit de parti, il y en avait d'autres mêlées «qui avaient pour but le bien public de la nation, ou du moins ce que «nous croyions l'être. n Bolingbroke, en bulle à ces tracasseries intérieures, eut beaucoup de peine à les dominer pour faire prévaloir la politique des véritables intérêts britanniques, que consacra le tniilé d'Uireclit, et dont ne s'est plus départi désormais, au grand profil de rAogleten*e, le gouvernement du Hoyaumc-Uni, quel que fût le parti dominant qui conduisit les affaires.

D'autre part, Anne écrivait à f archiduc , prétendant à la couronne d'Espagne et reconnu roi par les alliés : «Je ne consentirai jamais «à une négociation sans qu'il soit établi et cédé par la France en pré- «liminaire, que la monarchie d'Espagne serait rendue tout entière « et sans démembrement. » Assurances qu elles avait données aussi de sa main au prince Eugène et à rempercur Joseph *, cependant qu^elle autorisait son ministère à faire des ouvertures mystérieuses à la cour de France, promettant d'appuyer des propositions raisonnables auprès des Hollandais et des impériaux ses alliés. Ces intrigues diverses furent conduites, d'ailleurs, avec une grande dextérité. Nous eu raconterons plus tard les destinées diverses. Tenons pour assuré que le sort des né-

' Voy. Arnclb, Prinz Eugen, tome 11, pages 466, 467; et la Correspondance imprimée du même prince.

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