‹ Journal des savants (volume 5)Chapitre 62 sur 79 · II. Egouts sous le second aspect · texte numérisé non relu

II. Egouts sous le second aspect

M. de Freycinet, en parlant des égouts, eu égard à la salubrité des habitants qui en sont voisins, signale deux causes d'accidents : les infiltrations des eaux et les exhalaisons dans les habitations.

Il cite le fait de plusieurs étudiants qui ont été empoisonnés à Liège par l'eau d'un puils où les eaux d'un égout avaient pénétré par suite d'infiltrations. L'édilité doit donc veiller de près à l'entretien des parties de l'égout qui doivent être toujours étanchées.

Quant aux exhalaisons qui pourraient pénétrer dans les habitations il suffit que les ouvertures des conduites des maisons qui aboutissent à l'égout soient munies de fermetures hydrauliques ou analogues entretenues en bon état; ces fermetures s'ouvrent du dedans de l'habitation en dehors par la pression des matières à évacuer, et sont fermées au contraire par toute pression exercée du dehors en dedans.

ni. Égouts sous le troisième aspect.

Quant aux égouts considérés au f)oint de vue de la salubrité intérieure relativement aux ouvriers, ils sont, à Paris, dans un état de salubrité qui peut servir de modèle, et j'ajoute de sécurité quant aux accidents qui pourraient être produits à la suite de pluies torrentielles, etc. et ici je parle d'après l'observation que j'ai faite en les parcourant plusieurs heures et lorsque les ouvriers y travaillaient.

On a reconnu à Paris que des eaux d'égouts d'une cité où chaque habitant dispose de loo litres d'eau par jour, et dans lesquelles eaux

se troiiveraîenl les maliere.'î fccales de ces habilants, n'affectent pas fodoral, si les eaux sont courantes.

Ce nest quà partir du deuxième jour, quand ces eaux .sont en refw^, que la putréfaclîon devient sensible parles émanations odorantes quelles exhalent.

En outre, h vitesse de l'eau dans un égout résultant d*une pente de 20 centimètres par kilomètre ne donne lieu à aucun dépôt.

Veut- on maintenant une preuve bien satisfaisante de la manière dont les ëgouts de Paris ont été construits? C'est qu'avec toutes les ouvertures qui les font communiquer à TatraDsplière extérieure, avec la pente donnée au canal et avec les moyens ingénieux employés à maintenir ce canal libre de toute matière solide qui, diminuant la vitesse du liquide, obligerait la même eau k séjourner plus de vîngt-quatre heures dans Tégout, la ventilation naturelle de l'égoul sufTit, grâce i\ rcnsemble de ces conditions, à en assurer la salubrité; dou on peut tirer la conclusion que la ventilation artificielle n est nécessaire que dans des ëgouts mal construits.

Je reconnais le premier que, si Ton venait à y établir des conduites de gaz, il faudrait très-probablement recourir à une ventilation artificielle.

Sans doute, si une administration unique avait présidé à la con:s truclion de fensemble des égouts de IjOndres, comme cela a eu lieu à Paris, le besoin d'une ventilation artificielle ue se serait pas fait sentir; quoi qu'il en soit, M* de Freycinet compte quatre moyens auxquels on a été ûbUgé de recourir à cause de ce défaut d'ensemble :

1° A des cheminées d'appel débouchant au niveau du sol dans Taxe des rues ;

a** A des cheminées d'appel s élevant au-dessus du toit des maisons;

3** A Tusage des tuyaux dos eaux pluviales pour aérer les égouts en temps ordinaire ;

à" Aux foyers ou cheminées d'usine pour aspirer fair des égouts.

D après M. de Freycinet, aucun de ces quatre îuoyens n aurait donné de résultats vraiment satisfaisants.

M. de Freycinet parle ensuite de (litres de charbon sec imaginés par le D' Stenhouse pour absorber les gaz nuisibles ou incommodes des égouts. Ces résultats n'ont pas répondu à 1 attente de leur auteur.

En défmitive, si les égouts de Paris ne devaient jamais recevoir les conduites de gaz, la question de ventilation serait dès aujourd'hui parfaitement résolue tels qu ils ont été construits.

Les lecteurs du traité de M. de Freycinet y trouveront des descriptions

^«SiÉ

très-instructives des égouts de Paris , de Londres , de Lyon , de Brujcelies , de Liège.

Enfin ils trouveront à la fin du deuxième chapitre, que nous examinerons, quelques détails sur le drainage des eaax ordinaires ou drainage perméable, et ici nous remercions l'auteur d'avoir insisté sur les bons effets du drainage eu égard à Yaération da sol.

Dans l'article suivant, je terminerai l'examen du Traité de Vassalnissement des villes; j'examinerai les essais tentés pour la désinfection ou la clarification des eaux d'égout. Le nombre en a été trop considérable , et les résultats trop conformes à mes prévisions pour ne pas en parler avec l'intention formelle de faire renoncer désormais à de véritables illusions, qui ne peuvent que retarder le bien qu'on a lieu d'espérer en cherchant le positif par la voie expérimentale.

Il est encore des sujets du plus grand intérêt relativement à l'emploi des eaux en agriculture et à l'infection du sol causée par les cimetières, sur lesquels je dois revenir à cause d'un sujet si important pour Vhygiène publique.

E. CHEVREDL.

( La suite à an prochain cahier.)

Mémoires militaibes relatifs à la succession dEspagne sous Louis XIV, t. IX, X et XL Paris, i855 à 1862, ^n-4^— ^wtoire da prince Eugène de Savoie (en allemand), par M. Arnelh. Vienne, i864, 3 vol. in-S^

TROISièME ARTICLE ^

Nous avons fait connaître la disposition des esprits et l'état des choses . lorque le duc de Vendôme eut accompli la merveilleuse campagne de 1710 et réiabli les affaires particulières de Philippe V en Espagne.

* Voir, pour le premier article , le Journal des Savants, cahier de Dovembre 1870, p. 661 ; pour le second article, le cahier de décembre, p. 726 et suiv.

MÉMOIRES MlLlliURES, 503

Pendant que ces événemenls se passaient dans la Péninsule et que la cour de Madrid voyait Thorizon se rasséréner autour d'elle, d autres événements s'accomplissaient en Angleterre, qui devaient prochainement exercer une salutaire influence sur la direction des aOaires générales de TEurope» bien quà leur début on nen parût pas prévoir les conséquences, lelles que raveoir les a montrées. Le cabinet whîg, dont Marlborougb était lame et qui lui prêtait son appui principal, venait de tomber par une intrigue intérieure de la cour dWngietcrre , mais en dehors de toute influence parlementaire; et les meneurs de la coalition . le prince Eugène surlout S que rassurait la reine Anne, dans sa correspondance, ne semblèrent pas s effrayer d'abord de la révolution ministérielle. Le secret de celte chute est d'un grand intérêt pour notre histoire, car la plupart des écrivains s'y sont trompés, et les contemporains eux-mêmes ont été induits en erreur à cet égard par des causes diverees; d'où il advient que, de nos jours encore* lappréciation de cet événement a partagé les esprits; mais des publications récentes, en Angleterre et en Hollande^, ont définitivement manifesté la vérité dans tout son jour, rétabli la logique des faits, et pleinement justifié les témoignages de la joie publique en France, au sujet do la victoire de Denain. Le mouvement inexprimable et unanime de lopinion, relativement à rimportance de cette bataille, n'aurait plus de motif, si le change ni eut du cabinet whig avait eu pour cause un changement de politique dans les conseils de la reine Anne. Le changement de politique a été une conséquence non préméditée du changement de cabinet; mais il n'a point déterminé le remplacement des whigs par les torys. La correspondance de la ducbesse de Marlborough et la grande histoire écrite par M*^ Strickland, ne laissent plus aucun doute à cet égard, contrairement à ce qu avaient pu penser le maréchal de Villars, Voltaire et le président Hénault^, sous l'influence des conversations de lord Bolingbroke, intéressé à substituer une portée politique à l'intrigue féminine qui l'avait élevé au pouvoir. On était, en général, très-inexactement informé à Paris, au xvm" siècle, et surtout en temps de guerre, de ce qui se passait à Londres, soit à la cour, soit dans le parlement. Pour expliquer

* Voy. la Corf^eipondance du prince Eugène, et Schoeîl , Histoire ^s États européens. — ' Marlborough, Leiters and dispeaiclies , Londres, ï845, 5 vol. in-8"; — Corrc$pondance diptomutique , Amsterd, ib5o. ia-8*; — Marlborougli (The Duchessof), Lj/* iind private correspondance , Loodrcs , 1 838 , A vol. in-4* ; — Slrickland (Agnès ) » Lims ofihe Queens of Engîand, etc. Londres, i854, la vol. pet» in-8". — * Mémoires de Villars sur Tannée 1710; Voltaire, Siècle de Louis a/F; le président Hénault, Abrégé cArano/. sur Tan 1710.

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