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HISTOmE NATURELLE. 'M
jotit lion (ie fhirtici nouvelles, iïorganes nouveaux, La séleclion était incupîible de déterminer leur apparition première, tout aillant que de provoquer la sensibilité spéciale du nerf optique. Elle pouvait développer reiui'ci, en étendre l'extrémité de manière ii former une sorte de rétine, accroître la délicatesse de perception. Elle ne pouvait faire naitre ni le crislallin, ni l'iris. Elle ne pouvait pas même provoquer la formalion du premier grain de ces pigments colorés qui accompagnent le*^ yeux les plus rudimentaires* Toutes ces [Jarties sont incontestablement fort utiles; mais, pour que cette aiilité se fît sentir» pour quelle procurât un amntagc et donnai prise à la sélection naîareUe, il fallait évidemment que le cristallin, l'iris, le pigment, eussent d'abord pris naissance.
Il est presque inutile d'ajouter que tous les appareils, tous les organes, toutes les fonctions, tous les instincts, toutes les facultés» prêteraient à des observations de rnémc nature. Ainsi, en vertu même du principe d'utilité rigoureusement appliqué comme il Test par Darwin et par M. Wallace* on est amené à conclure que tout fait, tout phénomène vraiment noavean pour le monde organique» n'a pu naître ou se manifester qu'en vertu d'une force, dune loir d'une cause quelconque, absolument étrangère à la sélection naturelle.
Rendons encore ici justice à Darwin. Bien supérieur en cela à fiminense majorité de ses disciples et peut être à M. Wallace lui-même, il a su voir le côté général de la question. Sans doute il s*abuse souvent et regarde un fait initial comme une simple modification. Je viens de montrer un exemple de ces mépîises. Mais, du moins, il reconnaît en principe ne pouvoir rendre compte des variations premières, u Quelques- «uns, dit-il, se sont inia^jiné que l'élerlion naturelle produisait la va- «friabilité, tandis quelle implique setilemenl la conservation des variau tions accidentellement produites, quand elles jiont avantageuses aux «individus dans les conditions particulières où ils se trouvent placés^ m On le voit, j'ai pu, sans injustice aucune, dire que ïaccident, le hasard, dominent toutes ces lois de la sélection naturelle, qui suflîseot, assure-t-on,pour expliquer scientifiquement le passé, le présent, ravenîrdu monde organique -.
Mais Yaccident, le hasard, ne sont que des mots imaginés par rhomnn pour parler de son ignorance sans l'avouer franchement. Pour quiconque réfléchit, ces mots supposent toujours des causes ^ inconnues il est vrai, mais non moins réelles. Dans le cas actuel, c'est à la connais-
' De V origine dei espèces, cbop. iv, section i. — * Charles Darwin et tes précarsetirs français , deuxième partie, chap, m. Le passage que je cite ici m'avait échappé lor» de la rédaction de mon livre.
sance de ces causes que M. VValiace a voulu suppléer par Thypothèse que j'ai fait connaître plus haut. A tout prendre, elle vaut bien la plupart de celles qu'invoquent à chaque institut les darwinistes absolus, dans le but de résoudre quelques-uns des problèmes spéciaux que pose la nature vivante. Le seul tort réel de Fauteur aurais a été de ne l'appliquer qu'à l'homme, de ne pas avoir su voir qu'en physiologie l'appari^ tion de la sensibilité visuelle, qu'en anatomie l'organisation du premier cristallin » qu'en psychologie comparée la naissance d'une foule d'ins* tincts, étaient des faits tout aussi en dehors du principe d'utilité que le développement du sens moral; et que si, pour expliquer la nature de l'homme, il est nécessaire de recourir à l'intervention d'une cause supérieure aux lois de la sélection telles qu'il les comprend lui-même, cette intervention est également indispensable partout pour rendre compte du présent et du passé dans le règne animal, dans le r^ne végétal.
A. DE QUATREFAGES
BuDDHAGHOSUA*s PABABLES, trauslated from barmese by captain T. Rogers , R. E., wilh an Introduction coniaining Buddha's Dhammapada, Iranslated from pâli, by F. Max-Mûller, M. A. prof essor of comparative philology at Oxford, foreign member of the french Institute, etc.; London, Trùbner and C°, 1070, in-8, CLXXII-206.
Les Paraboles de Bouddhaghosha , traduites du birman par le capitaine T. Rogers, du corps royal des Ingénieurs, avec une introduction contenant le Dhammapada du Bouddha ou le Chemin de la vertu, traduit du pâli, par M. F. Max-Mâller, maître es arts^ professeur de philologie comparée à Oxford et associé étranger de t institut de France, etc.
DEUXIÈME ARTICLE
Lo Dhiiiiiiuttpada est écrit en vers; c'est un ouvrage rhythmé; il ne » Viiir» IHUM' II» pmuior •rlide, le cahier de novembre, p. 709,
PARABOLES DE BOUDDHAGHOSHA, 33
iaudiait pas dire, un pocme, bien qu'il ne soit pas, comme on le verra, sans quelque recherche de style. Ces vers, au nombre de /i!i3, sont répartis en a 6 chapitres de longueur inégale; et les matières sont rangées dans un ordre qui, sans être romplélemeiit régulier, a évidemment queltjue chose de systématique. C*est un résumé de doctiiue (jue lauteui* a vouhi faire; et, s*il a donnée son œuvre la forme rhylhmique, c'est uniquement pour soulager la mémoire de ccu\ qui doivent l'étudier» et pour fixer les saintes règles qu'il prescrit d'autant mieux qu'il en rendra le souvenir plus facile. Il n'y a point ft s'étonner de ce procédé quem ploie Tauteur du Dhammapada. Il est très-fréquent dans la littérature des brahmanes*; et il y a une foule de livres, même de grammaire et de législation, qui sont rliytbmés par les mêmes motifs que Fauteur du Dhammapada semble avoir eus, Cependant on doit remarquer que des œuvres ainsi rédigées supposent nécessairement de* travaux antérieurs. On ne sent le besoin de se résumer qu après de longues recherches» quon trouve un peu diffuses et qu*on veut préciser en les condensant'^. Il n'est pas impossible sans doute que, dès le troisième concile, auquel M. Max-Muller fait remonter le Dhammapada, le bouddhisme éprouvât déjà ce besoin; mais, si Ion en juge par les autres monuments quon peut rapporter aussi à cette époque reculée, la concision n'était pas le goût dominant de ia religion nouvelle. Les livres bouddhiques, mêuie dun temps postérieur, sont d'une lecture accablante à cause d'incessantes redites et de détails tellement développés, quils Unissent par en devenir dVnc obscurité presque impénétrable. On pourrait en citer mille exemples tous plus frappants les uns que les autres. Les ouvrages mêmes qui paraissent un peu mieux composés, comme le Lalitavistara, sont encore remplis de répétitions nau* séabondes^. Le Dhammapada n*est pas exempt tout a fait de ces dé-
^ La phtlosopliie grecque, a son début, offre des exemples de ce genre. Hésiode écrit en vers \es Œuvres et les jours : Xénophane , Pamiénide, Empédocle, écrivent aussi en vers: mais pour eux c'est piuiôt une lanlaisie qu'une nécessité; l*écote d'ionie n*a fait que Je b prose. Dans l'Inde, au contraire, la forme rhythmique semble réponilre davanlage k un besoitu — ^ On doit se rappeler les Kârîlcâs ou vers mémoriaux, appliqués \\ toutes les branches du savoir. C'est ainsi que la système Sânkhya a sa Kârikâ^ dont j'ai donné la traduction dans le lll** volume aes Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques. Voir aussi sur le Prâti> çâkhya du Rig-Véda le Journal des Savants, février, i858, p* 97 et suivantes. — ' Voir Tanalyse du Lalitavistara, Journal des Savants, août tSbà, pages ^96 ei suiv«; et aussi l'analyse du Lotus de la bonne loi, ibid. Dans le Lotus de la bonne loi, Tauteur répéle souvent en ven ce qn^il vient de dire eo proie avec une prolixité inépuisable.
»i4 JOURNAL DES SAVANTS. — JANVIER 1871.
laut.H; mais coniparativemeni il est dune rédaction très-supérieure,
( oiinne st inbleot lelre en général les monuments de la Collection du
Pour quon puisse juger d'un coup dœil le caractère du Dhammapadu et IVnsentble des matières quil renferme, voici les titres des vingt-six chapitres qui le composent. Je donne ces titres d'après M. Max- Mùllrr.
Lo pnMnior chapitiv est intitulé les Vers jumeaux [twin-verses); on vrrra un pou plus loin , par la traduction de ce chapitre, ce que signifie vv titiv; lt\H vei^ se i^|>ètont presque tous deux à deux, avec de trèslôgères variunlos, clans la lornie du moins, si ce n*est dans le sens (vrr.s I i\ uo).
1.0 arrond rhapitro traito de la réflexion ^vers a i i Ss); le troisième, do la pon.NÔo (vors ^^i^ t\ yS^\ lo quatrième s'appelle les Fleurs (vers àk i\ Si)); Iv (Miiquit^mo est intitule lo Fou (vers 60 à 70); le sixième, le Sttgr (vors -jii h 89^; lo septième, le Vénorable ou Arbat (vers 90 i\ ()()). I.i« huitième ohapitro a un titre assez biiarre et assez obscur, loM Mîllo (vors 1 00 \\ I I 5). ot ce titre so comprend d*autant moins que. Ni lo mut do Mille ost quelqiioiois répété dans ce chapitre, celni de ConI I'ohI hion pins muivouI. Lo neuvième chapitre (vers 116 à 128) oNt intitulé lo Mal; le illxiènu' ost intitulé le Châtiment (vers 1 119 à 1 AS); lo (Huièmo. la Vioillosso (vors \U(i^ ià6). Le titre du douzième chapilroprnl iMro roiUln \wv la Poi^oune (vers 167 à i66); le treizième «fct lo Moiulo (VOIS i<i7 à 178); lo quatorzième chapitre est intitulé It» ViKÎliml. on d'aulmn tormos lo Kouddba , sans que d'ailleurs le Bouddha «oit tupritMiiomonl nommé (vors 179 à 196); le chapitre quinze est In llonlioiir (vor.N i|)7 A «ioS); lo chapitre seize, le Plaisir (vere 209 1^ l'uOi lo ohapitro ilixseptiomo. le Chagrin (vers aai à iSi); le chapllro iliH hiiiliomo oM intitulé l'Impureté (vers a35 à a55); le chapitre illMionvi^mo, «pu nomhlo rovonir à un sujet déjà traité, est intitulé lu Junio (vnii iS^i \\ 'i7i); h^ vingtième est nommé le Chemin, la Vnio (voift i/.i A iHii); lo vin^t ol unième chapitre renferme des ma- \U\\A\tk rt*««o/ ilivomo'». ot M. MavMùller rintilnle, dans sa traduction, Molanni»'' (>•»••• 'MM* '^ *'*'*^*^'' '** vingt-deuxième chapitre reprend le fil do 1.^ pon*i»o, ot \\ o^t intitulé la Course en bas, la Descente (vers 3o6 A \\\l\x W hlio lin vingt trniMièmo chapitre est emblématique : il se ^viu>mo nfli^pUnt . pin ro qiio l'éléphant esi pris pour le type de la
'^ U .s^W^U^^H s\s\ ?*«»l «Hiin|mrt^o à colle du Nord, voir le Journal des Sa- ^* ui^H* \W^. \^^ st^y\ •»♦ •»«•'»"•* r"K'' '®*^-
PARABOLES DE BOUDDHAGHOSHA S5
patience et de la sobriété (vers 3ao à 333); le chapitre vingt-quatrième est intitulé la Soif (vers 334 à SSg); le vingt-cinquième rliapilre est intitulé le Bhikshou, le mendiant pris au sens bouddhique (vers 36o à 382); enfin le dernier chapitre, intitulé le Brâhmana ou le Brahmune (vers 383 î\ 4^3), semble apparleuir à des idées qui sont bien plutôt du monde brahmanique que du monde des bouddhistes. Mais nous insisterons plus loin sur cette grave divergence.
Nous revenons maintenant au Dhammapada, et nous croyons devoir présenter d abord la traduction complète du premier chapitre « afin qu'on puisse voir plus clairement le ton général de Touvrage, et, pour ainsi dire , la couleur des pensées, C*est là un des éléments essentiels de notre examen.