ÉPOQUE DZS ANTON INS
Inscriplîon LilL i36 ap, J. C. Environ io4 éphèbes,
Inscription LXL i45 âp. J. C. De 90 à 100 éphèbes.
Inscription LXIV, i55 ap, J. C. Un peu pîus de 100 épbèbes.
Inscription LXIX. i63 ap. J. C. 85 éphèbes, sans compter les gyinnasiarquej ,
parmi lesquels il y a certainement des jeunes gen^ de 18 ïi ig iint. Inmeriptioii LXXl b. iô4 ap. S. C. 70 éphèbes.
' Ce chiffre et les chiUres suivants renvoient au catalogue que j'at donné des stèles épliébîaucs dans Y Essai sur ta chronologie des archontes. Pou^îa bîbliV h^ cha-
cune do ces stèles, voir au Catalogue. — ' L'éphèbSe admettait u ^ ^ K^oa Itiliigers mterfts sor dea catalogues spéciaux. Toutefois, quand un décret rappelle It ROttibra des éphèbes. on doit toujours remaitjuer qne ce chiiïre comprend les ^li^Ugars et les Adiéniens. Dans le tableau que nous donnons, nous oe paHons que d^ Alkèniens. Sur hs étrangers admis dans le collège des éphèbes athéniens^ voir mHk Hàmtit^ tniéré dans lea Confies rendm de l Académie 4h Mlet-letlres * janvier
POPULATION DE L ATriQDE. 647
Inscriptioii LXXIV. 168 ap- J. G. 77 éphèbes.
Inscriplion LXXVIIL InjcrîptîoDs des mômes temps que les ouméros LXXI b, et
LXXIV, mais dont je n*aî pu fixer la date précise. 8a éphèbes. Inscription LXXX. 17$ ap. J. C. 94 éphèbes* Inscription LXXXJL Môme période, 96 éphèbes*
5* ÉPOQDfi DES EMPBRBURS SYRIENS.
Inscription LXXXVII. 190 a ig^î ap. J. C. Environ 77 éphèbea.
Inscriplion LXXXîX. 193 à 19^ ap. J. C. 7^ épbèbes.
Inscription XCL Vers Tannée U09 a p. J- C. 60 épbèbes.
Inscription XCIL a 10 op, J. C. 67 épbèbes.
Inscription XCIX. îi 1 2 «p. J. G. io èpbèbes.
Inscription XCV. Même époque; tcite incomplet. Environ 60 éphèbes.
Inscription XCVIL Même époque. Environ 65 éphèbes*
Inscriplion XCVIJ b. Même époque. Entre 60 et 65 éphèbes.
Il suflBt de parcourir ce tableau pour remarquer que, sauf quelques exceptions, le oombre des éphcbes a toujours été en décroissant. A la fin du u* siècle avant notre ère» il est de i2h en moyenne-, à la suite des troubles qui signalèrent la fin de la république romaine, il diminue sensiblement. Sous les règnes de Claude et de iNérou, il se relève pour atteindre le même total quaux environs de [année i33- Il est de 100 environ au début de l'époque antooine; il tombe à 85 vers Tannée i63, puis à 77 et à 70; il remonte ensuite à 82, gi et 96. Après cette époque, la diminution redevient constante; de 79 nous passons à yli et à d autres chifTres plus faibles encore; durant les premières années du Hi' siècle, il ne dépasse plus guère 60 ^
La population totale d'Athènes, pour la période comprise entre les vi' et IV* siècles avant notre ère est bien connue, A cette époque, la ré-
' Les stèle§ XCIX (ai 1 -a 44 ap. J* C<), C (a 44-247). CI (a47). donnent réunis les épbèbes et les élèves du Diogéneion, 01 ^rnspi tù ^toyévstov : aag jeunes gens pour la stèle XCIX, 379 pour la stèle CI, de a3o a a4o pour la stèle C. le Diogénetoo était un g^nmase d'Athènes où s'exerçaient les enfants et les adolescents qui n'avaient pas encore atteint leur dix-huitième année; nous voyons par les catalogues où ils ligurent seuls qu'ils étaient en moyenne trois fois plus nombreux que les éphèbes. (Voir en particulier rinscriplion XLIX*) On peut admettre que de l'an a4i à a47 le nombre des éphèbes fut d'environ 60. Nous ne tenons pas compte de ces chiOVes dans nos calculs; il faudrait auparavant étudier longuement ia consttluti0n du Diogéneion» ce qui n'a été fait par personne. Cet exemple montre, du moins, combien sont importants, pour les cbungements survenus dans fa population, beaucoup de marbres dont nous ne pourrions parler ici sans faire tout d'abord l'histoire générale de Téphébie et des collèges créés à Athènes sous son influence.
as.
publique comptait ig^Soo citoyens et i 0,000 métèques âgés de plus de vingt ans. En France, la population m*ile qui a passé Vàge de h majorité représente les 7^ de la population totale ^ Les recensements de la Grèce moderne ont été, jusquici, très- imparfaits. Cependant les documents que me communique M. Spiliotakis, chef du bureau de ]a statistique au ministère de rintérieur à Athènes» prouve que la proportion -pj^ peut être admise pour le royaume hellénique comme pour la France, Si nous la prenons pour base de nos calculs, la population libre de TAttique (d^origine athénienne), du vi* au iv" siècle, était d'environ 57,000 âmes, et on comptait 29,600 métèques, ce qui donnait un to* lai de 86 à 8*7,000 habitants. Le nombre des éphèbcs pour cette époque est inconnu, mais nous pouvons le découvrir; on remarquera qu*à cette date la période éphébique était de deux ans.
En France, les hommes de dix-huit à vingt ans représentent en moyenne j-^ de la population totale-» 87,300 habitants supposeraient donc I ,oq3 éphèbes^; on comptait, pour la première année de Téphëbie^ un peu plus de 5oo éphèbes; pour la seconde, un peu moins de 5oo, Boeekh et Letronne ont montré qucn /jd^ , quand on eut relire le droit de citoyen à 4,760 habitants de TAttique qui l'avaient usurpé, le nonibi^ des Athéniens libres tomba à 1 4, 260*, ce qui supposerait une population totale de 42,000 âmes, et 378 jeunes gens environ pour chaque année de collège* C'est à ces cbilTres que nous devons comparer ceuit des périodes suivantes. Mais» auparavant, on me permettra de renvoyei* le lecteur au mémoire de Clinlon sur la population de la Grèce ^ Il faut lire , à la fin de ce travail , tous les textes qui témoignent du manqae (i7ïomm^5 dans les pays helléniques, après les temps macédoniens. Polybe et Plularque parlent avec émotion de cette bktyavSpla, de cette ipnfuioL, qui sont le malheur de leur pays. Plutarque dit que la Grèce entière, de son temps, ne fournirait pas 3, 000 hoplites, et lui même commente ce mot dans vingt passages de son traité : Pùnr(juoi les oracles oui cessé? Au temps de Strabon, la Béotie na plus que deux villes, Tanagre et Thespies; Thèhes est abandonnée, quelques rares maisons couvrent
' De ta mortalité et de la popidulion en France, par M. Matthieu. Annuaire da Bureaaldes lon^itades, 1871. p. 276. — ' On compte, sur 1 million criicihilanis, 17,883 individus des deux sexes âgés de di\-huit à dix-neuf ans; 17,710 individus des deux sexes âgés de dix-neul' h vingt ans, total 33,4f)3. — ' It n'est pis besoin d*avertir que ces cbiHVes ne sont jamais qu'approximatifs. — * Philocko' frag. édit Siebelis, p. 5i; Svhoi Arht. ad Vcsp. v. 716; Lxxxiu* olymp. 4» «rcb, de Léotjchydc. — * Clinton, Fatii Heîîenici^ Extent and population of ancient Greece. t. Il, p. 38 1.
POPULATION DE L'ATTIQUK,
seules la Cadmée, qui est si peu étendue. En Laconie, ou ne retrouve qu'une seule cité, Sparte» et une trentaine de bourgs. L'Étolie, i'Lpire, l'Arcadie, la Thessalie» sont dépeuplées; la ruine de la Grèce est gêné* raie. Je n'ajouterai qu'une considération au résumé si précis de Clinton. Nous avons, dans les Petits Géographes, des éléments suflisants pour établir un tableau comparatif du commerce dans les difl'érentes parties du monde gréco- romain. Pline note assez exactement les produits qu'exporte chaque province* La Grèce n exporte rien; quelques marbres H des plantes médicinak^s sont tout ce quelle donne au commerce général de cette période, pendant que fAsie Mineure » la Syrie, rtgypte, atteignent un si haut point de prospérité. Au milieu du m" siècle avant notre ère, la décadence de TAttique était si complète, qui! lui fallut abandonner les mines du Laurium ^ Elles renfermaient cependant encore de grandes richesses, comme on le voit de nos jours en reprenant les tiavaux abandonnés. Aucun fait ne montre mieux quelle était alors la pauvreté du pays.
La vraie cause de la dépopulation de la Grèce fut la misère. La Grèce tomba dans une pénurie dont elle ne put jamais se relever. Au milieu de cette complète décadence, Athènes seule garde quelque prospérité-, elle eut la fortune de rester une ville d'études, un rendez-vous pour les étrangers; elle vécut de fargent de ses hôtes. Malgré cette situation exceptionnelle, la pauvreté en Attique était grande. Les stèles éphébiques en témoignent en termes précis* Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, au n' siècle après notre ère le trésor public dut renoncer â fournir aux éphèbes un uniforme qui, cependant, était peu coûteux; il fallut que le fisc impérial fît les frais de jeux qui demandaient quelques milliers de drachmes; fargent manqua souvent pour des dépenses plus importantes, comme la réparation d'une catapulte^. L^Alhénicn quitte son pays, il va chercher fortune ailleurs. Athènes est réduite au rôle d'une ville de province qui ne peut entrer en comparaison avec les grandes cités commer<;antes de cette époque, comme Alexandrie, Antioche, Béryte, Smyrne, Cyzique, et vingt autres.
* On a recueilli récemment, dans les galeries des mines du Laurium, une foule de timbres amphonques de Bhodea et de Guide. Ces timbres portent le oom «réponymes, el, par conséquent, nous indiquent répoque oii chaque galerie était exploitée. On trouvera quelques-uns de ces documents dans mes Inscriptiom cémmiqaef de Grèce; les autres seront pmcliainenient publiés et j*uivis d'un mémoire c|ui en montrera rimportance. CL Inscriptions céramiques, ïnlroduclioo » p, 44» — * C'est* ce que j*es5ûje de montrer dans un ouvrage cjui est sous preèèe ^ Essai sur Véphébif aUii^ae, a vol. in*8*, typographie de A. F. Dîdoi,
En France, sur i million d'habitants, on compte 17.883 jpuoe* gens des deux sexes, âgés de dix-huit à dix-neuf ans. La population de dix-huit à dix-neuf ans est donc le yï de la population totale* et les hommes de cet âge en sont environ le ytt- Nous admettons ce cbifire pour nos calculs ^
Nous avons vu que les catalogues des années i33 et suivantes dan* nent, en moyenne, 1 2 A éphèbes. En augmentantes nombre de j^ pour tenir compte des abstentions, et en multipliant le chiflre de i36 ainsi obtenu, par 112, nous avons le total de la population Ubre dWîgine athénienne, t5,2SiQ àxnes. Si nous comparons ce nombre à celui qui futdonn^ par le recensement de Tannée A4 a» la diminution en trois cent neuf ans, après tant de calamités» a été de 26,000 kmes. Toutefois les Athéniens libres furent toujours en minorité en Attique. Aux beaux temps, on comptait un mélètpie pour deux Athéniens, cinq esclaves pour un homme libre. Athénien ou métèque^. Bien loin que le nombre des métèques diminuât en Attique avec la décadence, il ne Ct qu'augmenter; nous en avons pour preuve fabondance des épitaphes de cette époque^ consacrées à des hommes qui ne sont originaires ni de TAttique ni delà Grèce, mais surtout les catalogues des ^époi sur les marbres éphébiques. Sous rempîre, les ^voi sont plus nombreux que les Athéniens ^ Cest rester beaucoup au-dessous de la vérité que d'admettre la proportion des beaux temps, qui suppose un méu^ue pour deux Athéniens. Cette proportion « cependant, porte déjà la population libre de lannée i33 a 23, 000 âmes. Kn multipliant ce chiffre par 5, pour avoir le nombre des esclaves, nous arrivons à un total de i4o,ooo habitants. D après les tableaux contenus dans les Renseignements siatisticjues sur la Grèce , ouvrage publié en 1855 par le gouvernement hellénique^, en 1821, fAllique comptait 20,262 habitants; en i832, 10,520^; en 1842, 34,027, en i853, 4o.362; en i856, 50,965 ; en 1871 la population de FAttique ne dépasse pas 60,000 âmes"',
^ Les Français qui sont appelés chaque année à tirer au sort représentent -j-i
de la population lolale, — ' Boeckli et Letronne sont d'accord sur le nombre des mélèque»; pour le nombre des esclaves, nous admeUons les chiffres de BoecLb, — * M, Koumanoudis a préparé un recueil de ces épitapîies de rAlUque» quil a bien voulu me communiquer. On y trouvera de précieux renseigoeraents sur ta popula* tion étrangère d'Athènes. — * V^oîr le mémoire cité plus haut sur les éphèbes étnm~ gers, — * Imprimé à Paris , chez Flamant, 1 voL in-4**, i855. — Voir aussi Renêmrgnemenis statisliijuessarla Grèce, Inip, royale, Athènes. 1860» i voL in-4\ — • A cette date, Égine avait une population de 30,235 âmes, qui tomba, en i84a. à 4«o33* — * La nomarchie d'Attique et Béotie, qui contient les éparchies d'Atlique,
POPULATION DE L'ATTIQtfE. 651
Le catalogue de Tannée 3 9 avant notre ère, bien qu'isolé, est important; il indique, à cette époque, une eiïrajànte dépopulation. Le nombre des Athéniens de condition libre est tombé à un chiffre si faible, quH faudra arriver jusqu'aux plus mauvais temps de fempire pour retrouver an mantjae d'hommes aussi complet. On ne peut, sur un seul texte, affirme^' que le nombre des Athéniens, à cette date, ne dépassait pas 8,000, et la population de fAttique, 60,000 âmes; il faut attendre que de nouveaux catalogues conlJrment les données fournies par finscription XX, qui est peut-être une exception; mais à coup sûr, en ce temps, TAltique el la Grèce étaient épuisées.
Sous les premiers Césars, TAtlique retrouve ime prospérité relative; la population athénienne revient au chiffre de Tannée i33. Les maux de la guerre civile commencent à être oubliés,
A partir des Aotonins, le nombre des Athéniens de condition libre ne dépasse plus guère 11,000, ce qui suppose encore une population totale de plus de i<yo,ooo habitants, c'est-à-dire bien supérieure à celle qui occupe celte pi'ovincc aujourd'hui. La fin du n' siècle est marquée par une renaissance temporaire , que les historiens permettaientde fcoup*confier; inàis, en l'année 109, on compte tout au plus 7,000 Athéniens, et la population totale de TAttiqùe tombe à 60 ou y 0,000 âmes, chiffre qu elle ne dépasse pas de nos jours.
Ges oonclnsions ne sont pas surprenanties ; peut-être même le lecteur ' B*étohnera-t'il que ta dépopulation de TAttique ait été aussi lente. Ce qui donne à ces chiffres un certain intérêt, c'est qu'ils nous sont fournis par des documents officiels. Il est toujours utile pour fhistoire de pouvoir mettre à côté des assertions un peu trop générales des auteurs anciens des chillres et des faits précis. Les écrivains du monde gréco-romain se proposaient surtout de raconter et de peindre; ils se plaisaient aux réil exions morales. Les modernes qui s occupent de ce passé lointain sont heureux quand ils peuvent découvrir sur ces époques des renseignements d'une parfaite exactitude. La statistique et féconomie politique de l'antiquité sont pour eux des objets d'étude qui les attachent et les passionnent. Or les documents conservés sur les marbres antiques sont les plus utiles suppléments que nous trouvions aujourd'hui aux témoignages des auteurs grecs et latins, et. parmi les découvertes de ce genre, celle des marbres éphébiques a, dès le premier moment, paru
d'Égine, de Mégare, de Thèbes et de Livadie, n'a que 1 16,000 habilants, nombre inférieur à celui que nous trouvons, pour rAttique seule, en Tannée i35 avant noire ère.
d*une grande importance. Des textes si nombreux nous donnent une fooie de renseignements; ils^nous font d'abord connaître riirstitution ;i laquelle ils se rapportent, el cest là, pour nous, une singulière nouveauté; mais ils nous rendent bien d'autres services. Us nous metteni A même de restituer les fastes éponymiques d'Athènes pour une longue période ; c est ce que j'ai essayé de faire; c est ce qu a tenté aussi M. Neubauer. Us nous donnent le calendrier des cérémonies religieuses en Aftique, comme on peut le voir dans YHéorlohgie de M. Auguste Momnisen; ils complètent nos connaissances sur les usages militaires et gymnastiques des Grecs; ils nous permettent d*étudier les rapports des étrangers el des Athéniens, en notant à quelles villes appartiennent ces Asiatiques, ces Thraces, tous ces ^voi que réphebie admet par centaines à ses cours; enfm il ma paru que les marbres -éphebiques intéressaient tous les savants qui s'occupent de la population de TAttiquc ancienne. Sur ce point, on voit de quelle valeur sont les données qu'ils fournissent. Toutefois on ne doit pas oublier que ces marbres sont à peine publiés; qu on en trouve les textes dispersés dans vingt journaux, qu'ils ne sont point réunis dans un recueil complet, que beaucoup reposent en core inconnus dans les caves du Varvakéion ^ Dans ces conditions, on ne pouvait que donner une idée de ces documents de statistique. JVspère, en écrivant une histoire générale de l'éphébie, nonseulement à Athènes, mais, autant qu'il se pourra, dans les antres villes grecques où l'on retrouve cette institution, montrer quil est facile de faire entrer dans les calculs les catalogues partiels qui contiennent un si grand nombre de chillres. Les textes inédits qui conservent en abondance des renseignements précis trouveront place naturellement dans ce travail. Je puis dire, dès aujourd'hui, que les conclusions de cette étude, qui sera prochainement soumise aux savants, confirmeront de tous points les résultats qu'on vient de voir dans ce court exposé.
Albert DUMONT.
^ Musée archéologique d Alhènea.
NOUVELLES LITTERAIRES. 653
NOUVELLES LITTÉRAIRES-
INSTITUT NATIONAL DE FRANCE