AV1UL
lie ces médailles , depuis longtemps connue', a pour type principal la tête d'Hercule , couverte de la dépouille daUon, et, au revers, un chien courant à gauche, avec le caractère Ml; c'est une pièce de brome , du module 3, dans tous les exemplaires qu'on en possède. Mais M. Cavedoni, qui n'a peut-être jamais vu la médaille même, pourrait être embarrassé de donner les raisons pour lesquelles il la range parmi les incertaines de l'Etrurie, quoique celte opinion, soutenue d'abord par Lanxi*, ait été reproduite encore en dernier lieu par les RR. PP. Marchi et Tessieri 5. Le même caractère Ml, qui se trouve dans la légende PALACI/W. de la médaille de Palaciam, de l'Ombrie4, a été lu NV par l'illustra. Borghesi*. Moi-même j'avais proposé depuis longtemps <le lire ainsi ce caractère sur la pièce qui nous occupe • ; et . comme j'en possède un exemplaire trift-bien conservé, j'avais pu juger que la fabrique en était certainement campanienne; ce qui me l'avait fait attribuer à Nuceria À Ifatcrna, dont nous avons des médailles osques . une entre autres avec le type du chien1. La discussion a laquelle je m'étais livré an sujet de ces médailles a sans doute échappé à i'atten tibn du savant éditeur de Corel li. Mais, en la lui rappelant aujourd'hui, jo puis ajouter que le double type de la tête du Maure et de l'éléphant . qui se rencontre sur la seconde de nos médailles, s'explique très-bien, sur une monnaie de Nuceria, de Campanie, par le séjour de l'armée d'Annibal. Le type de Yéléphant est connu sur des médailles d'autres villes de la Campanie, telles que Capoae* elAleUa9, frappées au temps de la seconde guerre punique10; et ce serait un fait absolument ana logue, un souvenir de l'expédition d'Annibal, que nous offrirait notre médaille de Nuceria.
Les monnaies onciales, représentées sur la planche xiv, n** .1 et 1 , avec l'attribution k-Pisaaram, de l'Ombrie, ne sont connues jusqu'ici que par le livre d'Olivieri", d'où les avait empruntées Guarnacci1*. La forme des lettres grecques, HIT et hn, employées sur des monnaies onciales, rend ces inscriptions très-suspectes; aussi M. l'abbé Cavedoni a-t-ilcru devoir réputer/aïuses , omnino conficti, les monnaies qui les por-
' Mas. Hunier, tnb. 35, n. xxi. — * Saggio, etc., L II, p. o/»-gb; Uv. vu, n. »*. — * L'iBi grave del Mas. Kireker. Uv. di supplem. cl. III, n. 5, 6. — * Fr. Ctrelti, Nam. vet. Itel. Ub. xii, S. — ' Borgbesi, npnd Gaillard I. Mon. prim. itif lia), p. 35-36. — ' Joura. dm Soumit, xnm i84k p. 161 a63. — ' Fr. Carelii, Nam. vrt. /toi. Ub. hxxvt, 7. — * liai. tab. lux, n. i5. — • Ibii. Ub. ua, i3, là. — '* Vojee ma Nette* sur Us fouilles de Cupoae, p. 98. — " Olivieri, Fondas. tti Pesar. p. *h et »5. L'auteur avait tiré cas médailles de planches laissée» inédite» par Gori, tans avoir pu savoir quel «n était le pos*esicar. — " Guarnacci. Orig. ital. L II, p. 180, Uv. xv, 3.
tent; et il est sensible que Millingen était de cet avis, exprimé encore en dernier lieu par M. Mommsen ', lorsqu'il affirmait qu'on ne connaissait pas de monnaies de Pisaurum*. Cependant Avellino, qui s'est occupé particulièrement des médailles de Pisaaram, et qui en compte cinq, parmi lesquelles il comprend les deux dont il s'agit, sous les n" à et 5 \ déclare qu'U a vu chez un antiquaire de Naples une des médailles en question, non fondue, mais frappée,. et, du reste, sans aucun vestige de l'inscription. Si les médailles sont réellement antiques , ce que le témoignage d'Avcllino permet difficilement de mettre en doute, il ne resterait donc à rejeter que l'inscription, justement suspecte4, HIT, sur laquelle se fonde l'attribution a Pisaamm ; et c'est une question qui ne saurait être décidée, puisque Lanai déclare qu'on ne sait en quelles mains se trouvent les médailles publiées parOlivieri, et que, depuis, elles n'ont été vues par aucun antiquaire. Je renvoie, du reste, pour tout ce qui regarde les médailles de Pisaururn, au travail exact et critique d'Avellino \
Les planches xxxi à lvui offrent la - suite des as- romains connus de Carelli, et tirés pour la plupart des recueils de Zélada. d'Arigoni et de quelques autres, sans qu'il y en ail à peine quelques-uns de nouveaux, ajoutés d'après la collection propre de Carelli. Nous, n'avons donc aucune observation à faire sur cette partie du recueil de Carelli, d'autant plus que la suite des as romains est maintenant bien plus considérable qu'elle ne l'était du temps où l'antiquaire napolitain disposait ses planches, par suite du travail des RR. PP. Marchi et Tessieri. Parmi ses as romains, Carelli a trop souvent mêlé des os italiques, dont l'attribution
1 Ueber das l\6m. Mànzwesen, p. aa5, à). — ' Considérations, etc.. p. 1 56. — Ital. ift. numism. p. 78, 3). — * Eckhel avait déjà reconnu que 1 inscription était fausse, vitiata inscriptione , et il s'appuyait sur cette pbsirvalion , vraie encore de notre temps, comme du sien, qu'il n'existait point d'inscription grecque sur les monnaies onciales, Doctr. num. t. I, p. 07. — * Carelli possédait une médaille grecque, qu'il n'a pas fait graver sur ses planches, mais qu'il a comprise dans sa Description, p. 1 , avec l'attribution douteuse à Pisaururn. C'était uno monnaie de brome, avec une tite de Minerve casquée de face, d'un coté, et le Cerbère en marche, de l'autre. Les restes d'une légende grecque, . . . £A .... qu'il avait cru y découvrir de ce coté, motivaient, mais faiblement à ses yeux mêmes, cette attribution à Pisaurum. Déjà Avellino avait reconnu que les lettres restées visibles sur la médaille étaient plutôt . . . AEA, et, d'après un autre exemplaire mieux conservé de la même médaille, publié par M. de Cadalvènc, Rec. de mèd. grecques, p. îbti, où se lùait la légende presque entière EAEQ. ... il proposait de la rendre à une ville de la Béou'c-, voy. ces Annotât, in Carell. Num. Descript. p. a. Je crois avoir fixé définitivement l'attribution de celte médaille, qui appartient à 1a ville à'Eléa d'Epire; voy. mes Monum. inéd. Odysséide , p. 368, a).
lui manquait, dont il ignorait la provenance, et qui sont restés encore pour nous, en ce qui concerne le plus grand nombre, à l'état de monuments incertains. Plusieurs de ces as ont été restitués de nos jours , avec toute probabilité, à la fabrique de Laeeria, dont la ricbesse.se trouve maintenant bien constatée par le travail de M. Gennaro Riccio. que j'ai fait connaître à nos lecteurs \ et que son long séjour à Laeeria avait mis à même de recueillir un grand nombre de ces monuments nouveaux. Le savant éditeur de Carelli n'a pas manqué de rendre à Laeeria les as qui lui appartiennent dans cette suite de Ihonnaies onciales italiques, confondues par Carelli avec les as romains. Mais peutêtre a-t-il été aussi parfois trop libéral envers Laeeria, comme, par exemple, lorsqu'il lui a attribué'fc superbe as avec le type de la tête de lion de face, tenant entre ses dents an fer de lance brisé. Cet as est bien plutôt de fabrique campanienne, et je le crois exécuté à Capoae. J'en ai dit les raisons dans mon travail sur les monuments de cette ville9, et je n'ai pas a revenir sur cette question. Sauf l'observation que je viens de faire , le travail de M. f abbé Cavedoni a certainement rétabli , dans cette partie du recueil de son auteur, un ordre plus conforme à l'état actuel de la science. 11 n'a laissé parmi les incertains que les os dont l'attribution est réellement encore un problème ; et, toutefois, il a peut-être encore poussé trop loin le scrupule , en conservant avec le signe du doute des monuments dont l'attribution devait être tout à fait supprimée. Tels sont les as de Vetalonia , que Carelli avait disséminés sur plusieurs de ses planches9, et dans* la description desquels M. l'abbé Cavedoni maintient l'attribution à Vetalonia, tout en y ajoutant le signe du doute. Mais le fait est que rien ne tend k établir cette attribution , et que les monnaies en question semblent plutôt, d'après leurs types et d'après leur fabrique, appartenir à l'Apulie, qui produisit en si grande abondance des monnaies onciales. Enfin , il est constant qu'Avellino n'a reconnu, parmi les monuments numismatiques que nous possédons aujourd'hui, aucune pièce. qu'on puisse attribuer à la Vetalonia étrusque; et c'est aussi mon opinion que ce nom doit être retranché, quant à présent, de la géographie numismatique.
La suite des médailles autonomes des villes de la Grande Grèce, qui forme la parUe la plus considérable et la plus intéressante à tous
1 Le monete attribuite alla zecea deW antica eittà di Laeeria, etc., par Genn. Riccio, Napoli, 18A6, fol. Cet ouvrage m'a fourni le sujet de deux «rude* dans ce journal, août, 1847, P- àoà, et septembre, p. 5ag. — ' Notice «or la JoailUs de Capoae, 7* article, dans le Zoom, des Savants, novembre i853 , p. 6g3. — J Carelli, N*m va*. Ital. lab. 1, 1; l, 3;lvi, 8; tvn, 16, 17.
égards de la collection de Carelli, s'ouvre, à la pl. lix, par la médaille d'argent, encore unique, que Millingen, qui l'a possédée et publiée le premier1, s'est obstiné, jusqu'à la fin de sa carrière3, à attribuer à la •Sorti du pays des Volsques, tandis qu'elle appartient bien réellement à Gara, ville du La du m. La légende, parfaitement intacte, CORANO, en lettres latines, ne laisse' aucun doute à cet égard; et M. l'abbé Cavedoni a eu toute raison de décrire cette médaille avec l'attribution- de Cora du Latium. Je donne aussi mon assentiment à l'ingénieuse conjecture du savant éditeur, qui lui a fait reconnaître dans le type du cavalier du revers le héros Caras, fondateur mythologique de Cora â.
Carelli avait réuni, sur sa pl. lx, n" i, a, 3, trois exemplaires à peu près pareils de la médaille unique attribuée généralement aux Frentanes samnites. M. l'abbé Cavedoni a maintenu cette attribution, qui vient d'être contestée par M. Fricdlûnder4. Le fait est que la- légende osque r30tM308 semble plutôt appartenir à un nom de ville, tel que Phrentram, qu'à un nom de peuple, Frentani, sous la forme dans laquelle ce nom nous a été transmis par les Romains. En tout cas, la provenance constante de ces médailles, attestée récemment encore par M. Friedlânder, tend bien à les attribuer à la même région des anciens Frentanes, qni répond à la contrée maritime des Abruzzes. Ces médailles, qui sont généralement d'une fabrique charmante, n'ont peutêtre pas été représentées sur la planche de Carelli avec toute l'exactitude désirable. Ainsi le caducée, qui se voit toujours derrière la tète de Mercure, manque dans la gravure. ^Cette omission, remarquée déjà par Avellino*, a été encore relevée en dernier lieu par M. Friedlânder*; et je puis affirmer que , sur les trois exemplaires que je possède, le caducée se trouve à la place indiquée. *
La même planche contient les médailles de la ville osque de Larinvm , dans les six types qui en étaient connus du temps de Carelli, tous avec l'inscription LADINOD, et représentant six divisions de Vas : le Quificunx, le trions, le auadrans, le sextans, Vuncia et la semanew. Cette suite, charmante par la fabrique , s'est accrue , de nos jours , de trois types nouveaux , reproduits dans l'ouvrage récent de M. FriedlânScr 1 , et tous encore d'une excessive rareté. Mais la particularité la plus curieuse que présentent ces monnaies nouvelles de Larinum, c'est la légende grecque
' Aneknt. Greek Coins, pl. i, n. i. Voy. encoVe Coruidcnthons , «le., p. a3y-a38. — 1 Supplément aux Considérations, etc. (Florence, i844, in-8*), p. ai -a a. — * Contait. Agnal. delï Instit. atvheol. t. Xl, p. 3io. — ' Die othisen. Mânztn, p. 4i*4a. — ' In Pr. Carett. Nnm. Deteript. Annotât, p. 3. — * Die eskisek. Mànzen, p. 4a. — ' Die oskisch. Mûnzen, Taf. vi, n" i, 8 «t g, p. 44-46.
AAPINÛN, avec un type campanien, qui se toit sur lune d'elles ', et la légende osque, LADINEI, exprimée en lettres latines, qui se trouve sur une autre. La désinence El de cette dernière inscription tient certainement au même principe que le mot Phrentrei, sur les monnaies osques de la ville voisine de Phrentram : c'est évidemment le nom osque écrit en caractères romains. La légende grecque, A APINQN, s'explique, d'accord avec le type campanien, par l imitation des types des villes grecques de la Campanie. Enfin, l'inscription LADINOM, qu'Eckhel avait lue sur une médaille de' l'abbé Chaupy3. sans que, du reste, il en ait indiqué les types et sans qu'elle ait été jamais publiée, à ma connaissance, serait la forme du génitif pluriel osque rendue en lettres latines, comme on en a des exemples sur les médailles des Lucanicns, avec l'inscription grecque AYKIANQN et avec la légende osque AOYKANOM. Quant à 1b question de savoir si le nom LADINOD, qui est la légende à peu près constante de ces monnaies, est le nom osque ou latin de la ville, elle ne paraît pas encore résolue avec toute la certitude désirable. M. Friodlâuder est d'avis que ce nom, LADINOD, est l'ablatif de la seconde déclinaison osque, LADINVD, écrit. en lettres latines, et la raison qu'il en donne, c'est que la ville de Larinom, située sur un territoire osque, n'avait pas besoin d'emprunter la langue latine. Mais elle a bien emprunté l'alphabet romain, au lieu de se senar de son alphabet national. Dès lors, pourquoi le nom LADINOD ne serait-il pas l'ancien ablatif latin qu'on trouve sur les médailles de Bénévent, avec l'inscription BENVEN- TOD P Je crois donc qu'il est plus sage de rester dans le doute & cet égard. Mais j'ai peine à concevoir comment M. l'abbé Cavedoni a pu (aire l'observation que LADINOD était écrit pour LARINOD. Le même ca ractère D n'a pu avoir une double valeur, celle d'un R et celle d'un D, dans le même nom ; et il est certain que ce nom doit se lire LADINOD, qui est la forme proprement osque, bien que les Romains nous aient transmis ce nom sous la forme Larqmm. Mais le changement du D en R , et réciproquement du R en D, était si commun dans les anciens monuments de la langue latine, qu'il n'y a pas lieu de s'étonner le moins du monde de cette permutation.
La suite des médadles d'disernia , du Samnium, que Careili avait
1 Cette médaille , encore unique , de l'ancienne collection du duc de Noja , actuellement dans le inu»ee de Naplea, avait été* décrite inexactement par lgnarra, £k Pulœttr. Neapoi. p. %b-], dont les erreurs avaient passé dans la Description de Mtoimet, L I, p. no, n. ob, et Supplément , t. I, p. aiq, n. at3. Elle a été publiée par M. Fioreili , Mon. ined. tav. ni. n. 7, p. *3, dont l'exactitude est attesté*) par M. Fricdlànder, DU oskisch. Mànxcn, p. 44. — ' Doctr 1. 1. p. 107.
réunies sur sa pl. lxi , nM 1-9, offre tous les types connus aujourd'hui, mais non pas toutes les variétés de la légende qui ont été depuis acquises à la science. L'inscription la plus commune du revers est AISERNINO, forme latine, qui parait avoir été généralement usitée cher des villes du Samnium et de la Campanie, sans parler du Latium et de la Lucanie, et qui peut tout aussi bien représenter le nominatif latin Aeserninum, sous-entendu Aes, comme on lit Samnio pour Samniam, dans l'inscription de L. Scipion Barba tus, au lieu d'être, comme le pense M. Fricdlânder \ l'abréviation du génitif pluriel Aesernînorvun. La forme AISERNIO, que présente le type de la tête de Minerve casquée , dans la plupart, si ce n'est dans tous les exemplaires qu'on en connaît, est plus difficile à expliquer, soit par l'osque, soit par le latin, ainsi que le remarque M. Friedlânder s, à moins qu'on n'admette que la ville portait le nom d'Aeserniam, aussi bien que celui d'Aesernia; auquel cas le nominatif AISERNIO serait l'ancienne forme latine; et ce qui viendrait à l'appui de cette conjecture, c'est qu'une médaille A'/Esernia, inconnue du temps de Carelli, et récemment publiée par le R. P. Garrucci', porte la légende [Ai] SERNIOM, qui est le nominatif entier, sans la suppression de l'M final. Mais une autre forme, qui n'était pas connue de Carelli, et qui s'est, rencontrée sur plusieurs médailles d'jEsemia, au type de la téte de Minerve casqajf, avec Xaigle au revers*, aussi bien qu'avec le type de la tête de Vtdcain, VOLCANOM, et la figure sur le bige, au revers5, cette forme est celle d'AISERNIM, signalée aussi récemment par M. Friedlânder sur deux exemplaires de la collection royale de Berlin 6. Ce nom semble bien être, comme le présume le savant antiquaire que je viens de nommer, la forme osque du génitif pluriel de la troisième déclinaison , ainsi qu'on en a un exemple dans l'inscription WIW8R/, Sophinim, de la célèbre et rare médaille samnrte de la guerre sociale. Je remarquerai pourtant que le H. P. Garrucci croit pouvoir expliquer la forme AISERNIM commis équivalent d'AISERNIVM, d'après l'usage latin7. Le même antiquaire vient d'ajouter encore, d'après une médaille inédite de la collection du prince de San-Giorgio Spinelli, une forme nouvelle, AISERNINOM8, qui est bien le génitif pluriel osque, au lieu d'AISERNINORVM. Enfin, sur une médaille inédite de ma collection, aux types campaniens de la tête d'Apollon laurée et du bœuf
1 Die otkisch. Mânzen, p. a3. — * Ibii, p. 3&. — * La Staria di Iternia raccolta dagti anlieh. monumenti, NopoH, i848, in-8', p. 177, tav. agg. n. a. — ' Idem, ibii, p. 176, Uv. agg. n. 1. — { Fiorelli, Annal, di numismat. tav. 111, n. 2. — * Dit otkitch. Mûn:«n, p. a3. — ' La Suma di Isenia, «te., P. i3. 1 ), et p. i85-i86. — ' Idem, ibid. p. T78.
à tête humaine, au revers, l'inscription, qui se lit à I exergue de ce revers, est AHERNINO, avec la suppression de l'I, que je ne regarde pourtant pas comme une forme dialectique, oi comme un mode de prononciation locale, mais que je serais plutôt disposé à attribuer à une inadvertance du graveur. Je terminerai ces observations sur la suite des médailles A'jEsenûa , qui se trouv e plus complète dans le récent travail du R. P. Garrucci que dans aucun autre , en relevant une erreur légère échappée à M. l'abbé Cavedoni. Dans la description des trois médailles aux types napolitains, pl. lxi , n°* 7, 8, 9, la légende est AISERNINO. que ce savant a lue : AESERNINO. Or il est de fait que les médailles mêmes, telles quelles sont fidèlement représentées sur la planche de Carelii, portent distinctement : AISERNINO; et j'ajoute que la forme latine plus récente, AESERNINO, qui ne serait pas d'accord avec la fabrique des médailles , ne s'est j.-tmais rencontrée sur les médailles d'JSWnia, aujourd'hui si nombreuses, et qu'elle n'a jamais été citée par aurun antiquaire, à ma connaissance.
Les médailles de Compulteria, autre ville du Samnium, qui se trou vent sur la même pl. lxi, n" 10, 11, ta, ne sont plus aussi rares aujourd'hui qu'elles l'étaient du temps d'Eckhcl, où l'on en connaissait à peine deux ou trois exemplaires. C'est sans doute cette circonstance qui explique l'erreur commise par ce maître de la science, en lisant l'inscription osque W ; ce qui le conduisit à l'idée d'une
confédération de Cames et de Liternam l, idée si manifestement contraire a toutes les notions de l'histoire et à tous res faits de la science. Maintenant que ces médailles se sont un peu multipliées, sans avoir cessé d'être encore d'une certaine rareté, et que la légende a pu en être mieux étudiée sur des exemplaires bien conservés, le nom qui s'y lit très-distinctement est W VUfl3t-/anV>l , Kupelternum, nom osque de la ville que les Romains nommaient Compulteria. Cette restitution, due au savant Schlichtegroll5, a été confirmée par tous les monuments numismatiques de cette ville, acquis de nos jours a la science. Elle était déjà admise par Carelii9, dont les trois exemplaires portent le nom Kapeltemum, qui se lit aussi sur deux exemplaires, parfaitement con-
' Doctr. nom. L 1, p. 1 11. — * AnnaL dtr Namismatik, I. Il, part. 1. p. 16. — ' Carelii ne connaissait que la médaille où la légende osque »e trouve sur la face principale, en avant de la tête d'Apollon, et c'est aussi celle dont les exemplaires se •ont le plus souvent produits de nos jours. D en existait un autre coin, où ta même légende se lit à l'exergue du revers. Cette médaille, publiée par Neumann , Papal, et rtq. num. vet t I, lab. 1, n. a, p. 5-6, est encore unique à ma connaissance. Elle a été reproduite par M. Friedlander, Die oskiieh Mimze*. Taf. 1 , n. a, p. 5-6.
serves, de ma collection; en sorte qu'il ne saurait rester le moindre doute à cet égard. Millingen, qui admettait aussi dans la numismatique italique le nom de Compulteria, sur la foi des médailles en question, se trompait cependant eu observant que la situation précise de Compulteria n'viail pas connue1. Le fait est que cette situation a été très-bien signalée, de nos jours, dans la région méridionale du Samnium, sur la rivé droite du Vollurne, à un mille environ, dans le territoire d'Alvianano, où la tradition du nom antique s'était conservée dans le nom Cobolterc, donné à cette localité dans plusieurs documents du moyen âge, et où il a été retrouvé des inscriptions latines portant le nom des habitants, Capulterini et Cubulterini*. Tout ce qui tient à la situation de la Compulteria sunnite et à ses médailles osques est donc aujourd'hui parfaitement expliqué.
Je n'en ai été que plus surpris de voir toutes ces notions réduites au néant dans l'important ouvrage que M. de Lorichs vient de publier sur les médailles celtibériennes d'Espagne. Il faut que cet antiquaire, qui a passé plus de quarante ans de sa vie à étudier les monnaies celtibériennes d'Espagne, et qui en a formé la collection la plus nombreuse et la plus choisie qu'il y ait sans doute en Europe, ait été sous l'empire d'une illusion bien étrange, pour voir une monnaie celtibéricnne dans notre médaille osque de Compulteria , et pour en expliquer la légende , WVMO^tjanV*, de la manière que voici: KVJTE.VT.E.D.NVM. qui signifierait : KVrator PEcunia? VTriusque QVINTA Ofncina NVMorum9. M. de Lorichs, qui ne paraifeonnaître cette médaille que par Mionnet\ et qui ne l'a sans doute jamais vue, n'aurait qu'a y jeter les yeux pour se convaincre que, ni par le module, ni par le métal, ni par les types, qui sont campaniens, ni par la légende, qui est osque, ui par toutes les conditions de la fabrique, elle n'a absolument aucun rapport avec les médailles celtibériennes d'Espagne, qui lui sont si familières; et je
' Considérations, etc., p. 178-179: «-La situation précise de Compulteria n'est
• pas connue, niais on croit retrouver son nom (on retrouve plus que son uom)
• dans celui de Caltore (lisez Coboltere), village près d'Alcignano (liseï Alvignano),
• dans le diocèse de Caiaxzo . l'ancienne Calalia. » — ' Dissertât, sul iito delta destraita ciltà di Compulteria, di Pasquale de' Jorii (Napoli, i834, in-»8), p. 9-33, et p. 37-59. — 5 Recherches numismatique* concernant principalement Us médailles celtibériennes, par Gustave de Loriclis, t. I (Paris, i85a, in-4"), p. 243 a 44- — ' M. de Lorichs cite la médaille d'après la Description de Mionnet, 1. 1, p. 1 1 5 . n. i44, en disant qu'il l'attribuait aux villes de Coma et de Liternum. Mais Mionnet ne faisait en cela, comme en tout, que suivre l'exemple d'Eckbcl. L'attribution proposée en second lieu par Mionnet, à Cupelterini vel Compulteria, Supplément, L I, p. 337-8. nM 363-367, était celle d'AveUino, Ad Ital. vel. numitm. suppl. p. 7, uM a, 4, 5.
ne relève cette erreur singulière, sans m'y arrêter plus longtemps, que parce que j'y trouve un des traits les plus frappants de l'espèce de préoccupation que peut produire, sur les meilleurs esprits et sur les hommes les plus instruits, l'étude exclusive d'une certaine classe de monuments.
Aux médailles de Compulteria succèdent, sur la même planche, lxi, n" i3-i/i, celles de Maliesa, dont l'attribution reste encore incertaine. Miilingcn, qui fit connaître le premier une de ces médailles, où il lisait MAHEZA, en caractères, partie grecs et partie osqnes1, l'attribuait à une ville du Samnium, Melœoxx Mêles2, qu'on croit avoir été la Molise de nos jours. Plus tard, il changea d'avis, pour embrasser l'opinion de Carelli, qui avait fait déjà graver deux de ces médailles, et qui en avait publié la description9, en exprimant l'idée que le nom Maliesp pouvait être la forme grecque, MaXôett. de l'ancien nom Maleventum , que porta la ville de Bénévent *. C'est aussi l'opinion que paraît suivre M. l'abbé Cavedoni, dans la description de ces médailles; et j'ajoute qu'elle a été adoptée tout récemment par M. Mommsen*. Toutefois, il est certain , d'après le rapprochement même qu'a fait en dernier lieu M. Mommscn6, des diverses formes de la légende, que la vraie leçon en est encore très-douteuse, qu'on ne la peut considérer avec assez de certitude, ni comme grecque, ni comme osque, et qu'on pourrait plutôt la regarder comme latine, Maliessa pour yiaXoéova; ce que je ne saurais accorder à ce savant. Un autre antiquaire, M. Friedlânder, qui vient d'entreprendre un travail approfondi sur les médailles osques, et qui a publié la monnaie de Maliesa, d'après trois exemplaires, les mieux conservés qu'il en connût1, 'déclare aussi que la légende est mélangée de lettres latines et grecques, et que notamment le dernier caractère est bien le sigma grec £. A mon tour, je puis certifier que, sur l'exemplaire de ma collection , qui est de la meilleure conservation et qui me vient de M. le prince de San-Giorgio Spinelli. la légende est absolument comme la donne M. Friedlânder, MALIEZ, avec le sigma grec. Quant à l'attribution , j'avoue que je reste encore dans le doute. La fabrique de ces médailles, qui sont rares, est certainement campanieune, d'accord avec les types, quoiqu'elles soient d'un plus petit module; et c'est à tort, suivant moi, que M. Friedlânder les refuse à la Campanie»; M. Mommscn était d'un autre avis9, et il avait certainement raison. Elles
1 Ancimt Greek Coins, pl. t. tip. a. — ' Til. l i». XXIV, xx, et XXVII, ini». — ' Nam. Ital. vet. deteriptio, p. io. — * Considérations, etc., p. aa3-aaA. — ' Ueber dos Rom. Mànzvesen, p. a33 , a4 »)• — ' Die unterital. Dwlekte, p. 102 , ) )- — ' Die ukuch. Mànzsn. Taf. nu, p. 67. — ' Die oskisch. Mànzen, T*f. vin, p. 67 : Dem %' und drr Fabnk nach gehôrt die Mànze nicht nach Qtmpunieh. — * Momuucn ,
Si.
peuvent donc avoir été frappées dans quelque ville du Samnium, voisine de la Campa nie, comme Melœ; mais, en tout cas, je ne puis me décider à y voiries monnaies de Bénévent, dont l'émission précéda celles qui portent la légende latine BENVENTOO, et je ne saurais croire que le nom, représenté par la légende mélangée MÂLIEZ, soit le nom grec MaX6e<T(ret. qui aurait produit le nom latin Maleventam. Toutes ces suppositions, qui ne reposent sur aucun témoignage, me paraissent autant d'hypothèses très-hasardées et tout à fait gratuites.
Le dernier monument de cette planche , lxi , n" 1 5 , est la célèbre médaille de Pellerin1, restée longtemps unique , où cet antiquaire avait cru lire le nom de Margantia, ville du Samnium. Carelli, qui ne l'avait jamais vue , se borna à reproduire l'exemplaire de Pellerin , avec son attribution. Mais, depuis, des doutes se sont élevés sur la manière dont la légende, conçue en caractères osques, devait se lire, de droite à gauche, et Millingen avait déjà constaté que, sur la médaille de Pellerin, les lettres que cet antiquaire avait prises pour les initiales du nom de Margantia, étaient, au contraire, la terminaison d'un nom osque, WV, tel que Nakrinum, Kupeltemam, etc.2. De nos jours enfin, il s'est rencontré un exemplaire parfaitement conservé de cette médaille, où Avellino a pu lire la légende osque, MVlinil'f , Tiïatiam, d'où résulte l'attribution certaine à la ville de Teate, des Marruciniens3. Cette restitution, qui fait beaucoup d'honneur à son auteur, le grand antiquaire napolitain Avellino, aété suivieavec toute raison par M. l'abbé Cavedoni; elle a été admise en dernier lieu par M. Friedlânder*, et je puis dire que, sur un exemplaire très-bien conservé que je possède de cette médaille, qui est encore d'une grande rareté9, la leçon WVItNICt ne laisse aucun doute sur cette attribution , une des plus heureuses qui aient été acquises dans ces derniers temps à la science.
La planche suivante, lxii, renferme un assez grand nombre de médailles rares et curieuses, dont l'attribution est encore controversée. En premier lieu figure le didrachme de la ville osque de Phistlas, resté encore, jusque dans ces derniers temps, une pièce d'une assez grande
Die nnterital. Dialekte, p. 10a, i) : Der Typas... tceitt nach Campanien. — ' lit Supplément, pl. iv, n. a, p. g5. — * Considérations, etc., p. 180. — ' Ballet, archeol. Napol 1. IV, p. a5. — ' Die osktsch. Mûnsen, p. 49, Taf. vi. — 1 M. Friedlânder o'en connaît encore que six exemplaires ; j'en possède tUax , sur l'un desquels la légende manque par le défaut du coin, l'autre conserve la légende entière et trèsdistincte dans tous- ses éléments. La fabrique, d'accord avec les types, est certainement campanienne , et il en résulte avec toute certitude que la médaille ne saurait être attribuée à la Teate d'Apulie.
rareté. Cette médaille est manifestement imitée d'un didrachme archaïque de Naples, qui offre absolument les mêmes types1, et la fabrique en est à peu près contemporaine ; c'est donc , à n'en pouvoir douter, le monument le plus ancien de la langue osque que nous ayons recueilli jusqu'ici. D'après les types et toutes les conditions de la fabrique, cette monnaie dut appartenir à une ville osque de la Campanie, voisine de Naples; et cette ville dut être d'une assez grande importance , dès une époque ancienne , à en juger par ce didrachme même. Nous possédons, d'ailleurs, à l'appui de son existence . continuée dans les siècles suivants, d'autres monuments numismatiques, acquis récemment aussi à la science; ce sont de petites monnaies d'argent, du module de X obole, représentées sur la planche lxii de Careili, nM 5, 6,7, 8, qui offrent, d'un côté une tète, ou plutôt, un masque viril , imberbe , de face, et, de l'autre, un grain d'orge entre un dauphin et une coquille , pareille à celle des médailles de Cames. La légende osque, qui se trouve sur le revers, est /IV JtSW , Pkistlais , leçon qui se voit aussi sur une variété du didrachme, nouvellement connue5; et, sur d'autres exemplaires de Y obole en question, une seconde légende, conçue en caractères grecs , ♦IZTEAIA, est ajoutée du côté de la téte. Il n'est pas douteux , d'après la double inscription , osque et grecque , que la population de cette ville ne fût un mélange de Grecs et d'Osques, et que son nom osque, Phisthu, ne soit fidèlement représenté par le nom grec , PhisteUa. Toutes ces conditions, jointes à l'emprunt de la coquille de Cumes, tendent à faire attribuer les médailles en question à une ville de la Campanie, qui aurait eu pour habitants des Grecs et des Osques , qui aurait été voisine de Naples et de Cames, et qui aurait été, comme ces deux villes, située au bord de la mer; mais, ni le nom osque de Phisllas, ni le nom grec de Phistelia, ne se trouve cité dans aucun historien ni géographe de l'antiquité. On avait pensé d'abord à Px$tam*\ et cette attribution, suivie en dernier lieu encore par Mionnet *, a été rejetée plus tard par ce numismatiste , en indiquant la Campanie comme la patrie probable de ces médailles5; ce qui est vrai. De nos jours, on a cru voir, dans le nom . osque de Phùtlas, le nom primitif de Paleoli, Pouzzoles, devenue depuis
1 C'est ce qu'il est facile de vérifier dans le rapprochement de* deux médailles du cabinet de M. le duc de Luynes , Choix de médailles grecques, pl. 1 , d** 1 1 , 1 a. — ' Publiée par M. Priedlàndcr, dans les Annalide M. FiorelU, fasc. 1 , tav. 1, n. 10, et reproduite dam ses Oshisch. Minzen, Taf. v, n. a , p. 3i. — 1 Maiocbi, Tabal. Herucl. p. 5oo; Ignarra, De Palmstr. Neapol. p. 961. Eckhel avait déjà fait justice de cette opinion, Doctr. num. t. 1, p. 160. — * Description, t. I, p. 166-7, «"G»». 64a. — * Supplément, 1. 1. p. 3i8, n- 8aa-8a5.
colonie grecque de Cames , sous le nom de Dicœarchia, et cette attribution, proposée par Millingen1, a été soutenue tout récemment par M. Friedlàodor2; mais ce n'est évidemment là qu'une conjecture, qui ne repose sur aucun témoignage, et qui, depuis, a été repoussée par son auteur lui-même3. Les antiquaires napolitains ont cherché la patrie de ces médailles, tantôt dans une ville de PUstia du Samnium', tantôt, dans celle d'Histoniam, du pavs des Frentanes 5; mais les types, qui sont tous de Naples et de Cames, la fabrique et le métal, qui indiquent la Campanie, et la provenance constante, qui est le territoire de Naples, s'opposent formellement à de pareilles attributions6. Dans celle divergence d'opinions, et dans cette absence de données certaines, je suis disposé à croire, comme le faisait en dernier lieu Millingen ,, qu'il exista, dans la Campanie, au voisinage de Cames et de Naples, une ville*, située comme elles au bord de la mer, peuplée de Grecs etd'Qsques, et nommée Phistlus, Phislelia, dont le souvenir n'a laissé aucune trace dans l'histoire; ce qui n'a. rien d'extraordinaire; car nous possédons plusieurs exemples de villes dont l'existence n est connue que par leurs médailles, et nous allons retrouver plus d'un de ces exemples dans la Campanie môme. M. l'abbé Cavedoni ne s'est pas expliqué sur cette grave question; il s'est borné à décrire les types des médailles de Phistlus et de Phistelia, gravées sur la planche de Carelli, sans se prononcer sur leur attribution; et je n'ai à relover, dans cette partie de son travail , qu'une légère inexactitude qu'il a commise , en lisant l'inscription grecque, ♦IZTYAIA; c'est «fclETEAlA que porte la médaille, sur tous les exemplaires qu'on en connaît, et qui sont encore très-rares*, dont l'un, en ma possession, offre cette légende avec toute la netteté désirable.
Carelli avait réuni, sur la même planche lxii, n" a , 3 et h , à ses médailles de Phistlus et de Phistelia , une classe de petites monnaies d'argent, du même module de l'obole, qui ont pour type principal une tête jeune et imberbe, de face, avec im lion marchant à gauche, un revers, sans , inscription d'aucun côté. C'était sans doute cette analogie du type-de la tête qui l'avait conduit à cette dispositon; et son savant éditeur, en ne
1 Ancient Greek Coins, p. 7. — * Die oshùch. Mànzen, Taf. v, n" 3, k, p- »9
— J Considérations, etc., p. 201. — * Avellino, Opuscoli, t. III, p. 86. C'est aussi l'opinion de D. Michèle Sanlangclo, que jo lui ai entendu exprimer de vive voix.
— ' Aveilmo, Ballet, artheol. Napol. t. IV, p. — • M. Gennaro Riccio continue de placer Fistelia dans le Samnium, tout en admettant que ce pourrait être Histomash; voyez son Repertorio numismatteo, p. 5. Ni l'un ni l'autre nest possible.
— ' Considérations , etc., p. aoi. — * Millingen, Ancient GreeÀ Coins, pl. I, n. 5, et Considérations, etc., p. 301 ; Friedlânder. DUotkisck. Afâuiea , Taf. v, n. à, p. 01.
faisant aucune observation sur l'attribution des médailles en question a Phistelia, a paru l'admettre pour son propre compte. Mais Carelli se trompait à cet égard. La tète de ces médailles n'a, dans le fait, aucun rapport avec le masque de celles de Phistelia. Cette tête, avec les cheveux disposés comme des rayons, est sans doute celle A' Apollon lUiios, et le lion, animal solaire par excellence, s'accorde parfaitement avec cette donnée. Enfin, l'absence d'inscription laisse l'attribution a Phistelia absolument dénuée de fondement. M. Friedlànder, qui a repoussé ausM l'opinion de Carelli, à peu près par les mêmes faisons ne sait où citer cher la patrie de ces médailles, tout en indiquant la région méridionale du Samniutn comme le lieu où elles se trouvent le plus communément. Mais on ne connaît aucune ville du Samnium qui ait fait frapper de cette monnaie d'argent, .du module de iobole. D'un autre côté, il est certain (jue la fabrique de ces petites médailles ressemble beaucoup à celle des oboles d'Héraclée qui furent si répandues dans l'antiquité; et, à l'appui de cette analogie, nous trouvons le même type du lion sur les oboU-s d'Héraclée*. L'attribution des médailles en question à Iléraclée, admise par les antiquaires napolitains, ne me semble donc pas aussi dépourvue de vraisemblance que l'a jugé M. Friedlânder ; mais j'avoue que je suis loin de la regarder comme certaine.
Après les médailles de Phistelia, Carelli faisait suivre, sur la même planche lxii, n" 9, 10, 11, celles desAllibani, dont la patrie est encore un problème. Les types habituels de ces monnaies sont une téte jenne et imberbe, laurée, qui doit être celle de l'Apollon de Cumes, et. au revers , le monstre Scylla, avec la coquille de Cames. La légende grecque . AAAIBANQN ou AAAIBANON. qui se trouve le plus souvent du coté du revers, porte le nom d'un peuple grec, qui, d'après tous les indices numismatiques, dut habiter une ville maritime, voisine de Cumes. On avait pourtant proposé d'abord de les attribuer à Allifœ , ville du Samnium; mais il est trop sensible que ni ces types, ni cette fabrique, ne con viennent à une ville située dans l'intérieur du Samnium, où, d'ailleurs, on ne sait pas encore qu'il y ait jamais eu une fabrication d'oboles d'argent, comme celles-ci; sans compter que la légende, AAAIBANQN ne répond pas d'une manière satisfaisante au nom iïAlifœ. L'opinion des antiquaires s'est donc fixée sur une attribution , proposée d'abord par Millingen3 et adoptée par Avcllino*. qui tendait à admettre l'existence d'une ville, colonie de Cumes, située au bord de la mer, dans un lieu
l» Die oskuch. Atûuzen, p. 3o. — * Carelli, Aura», vet. Ital. lab. c.lxii, n" 46-47. — ' Millingen, Méd. gnequet inédite», pl. 1, 11. 9, p. 16. — ' Opuscoh, t. Il, p. 60. C'est aussi l'opinion de If. Mommsen, Unêerital. DiaUku, p. 106.
voisin dePoazzoles, qui conserve encore le nom d'Otibano'. Mais la question semblait être restée indécise pour Carelli. et même pour son savant éditeur, M. l'abbé Cavedoni, qui admet encore la double attribution kAUifœ et k AUiba, et elle s'est récemment compliquée par l'acquisition de monuments nouveaux; de sorte qu'il devient nécessaire d'entrer ici dans quelques éclaircissements.
On connaît maintenant les médailles d'Alifœ du Samnium. L'une de ces médailles, qui est encore de la plus excessive rareté, puisqu'il n'en existe que deux exemplaires, tous les deux dans la collection San ta ngclo, est un ■ didrachme , d'ancienne fabrique, imité de ceux de Nota. et de N aptes, avec la tête casquée de Minerve, d'un côté , et le bœuf campanien à tête humaine, au revers3. L'inscription osque, qui se lit de ce côté, RVI8HR, Aliféa ou Alipha, indique bien le nom d'une ville qui ne peut être que YAtifœ du Samnium, ville située sur un territoire osque. La seconde monnaie connue d'Alifœ est une obole ayant pour types, d'un côté, une tête de lion à droite, de l'autre, le signe I. accompagné de la légende osque nvl8fl5. Or il est sensible que ces deux médailles n'ont absolument aucun rapport avec celles des AJlibani, ni pour les types, ni pour la fabrique, ni pour la langue qui est osque, sur les unes, et grecque, sur les autres. C'est donc sans aucune raison, à mon avis, que l'on assimilerait, d'après leurs monnaies, Y AUiba de la Campanie à Y Alifœ du Samnium, comme l'a fait, en dernier lieu, M. Fried» lânder4, et qu'on ferait une seule et même cité de deux villes, dont l'une, Alifœ, était bien certainement dans le Samnium-, et dont l'autre, AUiba, ne peut avoir existé , de l'aveu de M. Friedlànderlui-mcme », que dans la Campanie , et précisément dans le voisinage de Poazzoles et de Cames. Je crois donc fermement qu'il faut distinguer les deux villes , en rapportant à Y Alifœ du Samnium les médailles qui out la légende osque KVI8HA ou RVI8fl, et a i' AUiba de la Campanie celles qui portent l'inscription grecque AAAIBANQN; et c'est ainsi que je crois devoir rectifier et compléter l'article de Carelli, que son savant éditeur lui-même avait laissé encore inexact et en arrière de l'état actuel de la science.
' Considérations, etc., p. 1&3 et 177. — 1 Fiorelli, Mon. ined. p. 19. — ' Cette médaille, publiée par M. Friedlânder dans les Annali de H. Fiorelli, L I, p. 10, lav. 1, n. Â, el reproduite dans ses Oskisck. Mùnzen, Taf. v,' n. 1, p. a6, (ait maintenant partie du cabinet de M. le duc de Lujnes, qui l'a publiée comme une médaille phénicienne, ouvrage de quelque faussaire de l'antiquité, dans* sa Numismatique des Satrapies, médailles incertaines, planche dernière . n. a, p. 97-98. — • Die oskisck Mùnzen, p. a5-a6. — 1 Mi. p. a6.
Je continuerai, dans un prochain article, l'examen de la belle collection de Carelli , qui peut donner lieu à tant d'éclaircissements utiles pour le progrès des connaissances numismatiques, dans cette suite si riche et si intéressante des médailles de la Grande Grèce.
RAOUL-ROCHETTE
( La suite à an prochain cahier.)
NOUVELLES LITTÉRAIRES
INSTITUT DE FRANCE
ACADÉMIE FRANÇAISE
M- Tissot, membre de l'Académie française, est mort à Paris, le 7 avril i8f>â.
M. de Salvandy, directeur de l'Académie, a prononcé, a ses funérailles, un discours dans lequel il a rappelé les titres de cet académicien , et que son étendue ne nous permet pas de reproduire ici. M. Tissot, membre de l'Académie depuis i833, était près d'entrer dans sa quatre-vingt-septième année; il était né le 10 mai 1768. Son début dans les lettres tut une traduction des Églogues de Virgile, qui obtint un véritable succès et mérita, sous l'Empire, d'être proposé pour l'un des prix décennaux. Cet ouvrage iixa l'attention de l'abbé Débile, et l'illustre traducteur des Géorgiques désigna le traducteur des Egloguo» pour lui succéder dans sa chaire de poésie latine au collège de France. Ce cours de poésie latine a été l'oeuvre principale de la carrière de M. Tissot. Le bon et vaste travail des ÉtaJet comparée* sur Virgile, qui résume cet enseignement, et les Leçons et modèles de littérature française, publiées plus tard, sont le vrai fondement de la réputation de l'auteur Sous la Restauration, M. Tissot prit une part active k la rédaction de ta Minerve et da Constitutionnel. Il a exercé, pendant quarante-cinq ans, les fonctions de professeur au collège de France, et, Tannée dernière, à l'âge de quatre-vingt cinq ans , il y faisait entendra encore sa voix écoulée et applaudie.
M. Jay, membre de l'Académie française, est mort à Chabreville (Gironde), le o avril i854.
Il appartenait, depuis i83a, à l'Académie, où il avait remplacé l'abbé de Montesquiou. Les principaux titres littéraires qui l'y avaient fait admeUre sont d'abord
le* ouvrages mêmes que l'Académie avait couronnés à diverses époques : le , Tableau historique du xrm' siècle, en 1806; l'Eloge de Corneille , en 1808, et l'Eloijc de Montaigne, en 181 a; et, en outre, une Histoire du cardinal de Richelieu, publiée en 181 5, el qui lui donna un rang honorable parmi nos historiens. Parmi ses autres ouvrages les plus connus, nous devons citer ses Considérations sur Vital politique de l'Europe et la Biographie des contemporains, rédigée en collaboration avec MM. de Jouy et Arnauit. M. Jay, député tous la Restauration, un des fondateurs du Constitutionnel, publia dans ce journal et dans la Minerve un grand nombre d'articles remarqués. Pendant sa jeunesse, il avait passé sept ans dans les États- Unis et exploré des contrées de l'Amérique alors peu connues. On peut lire le récit do ce voyage dans un recueil du temps, le Nouveau journal des voyages.
ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES
M. le comte de Choiseul-Dadlecourt, membre de l'Académie des inscriptions el belles-leltre s , est mort à Paris, le 1 1 avril.
Dans sa séance du'28 avril , l'Académie a élu M. Egger en remplacement de M. Guérard. decedé.
LIVRES NOUVEAUX
FRANCE
Histoire du château et du bourg de lilandy-en Brie , par M. \. H. Taillandier. Paris, imprimerie de Firmin Didot, librairie de Dumoulin. 1 854. in-8* de vu-ao5 pages. — « Peu de villages sont aussi inconnus que Blandy; peu cependant ont été habites par autant de princes et de grands personnages, * dit M. Taillandier, t Ce château délaissé el inconnu, ajoute lautrur, a reçu dans ses murs Louis VIII et Henri IV; Philippe le Bon, duc de Bourgogne; h-s comtes de Tancarville, ces puissants seigneurs, qui ont joué un si grand rôle au temps désastreux de Charles V et de Charles VI; les Harcourt, qui leur succédèrent, el presque tous les princes de la maison d'Orléans-Longuevdle. depuis le fila du bâtard d'Orléans, chef de cette famille, jusqu'à la duchesse de Nemours, qui en fut le dernier rejeton; plusieurs princes de la maison de Savoie, alliée à celle d'Orléan* Longueville , et les deux premiers princes de Condé, y ont aussi séjourné. » Et pourtant l'éclat de tant de noms illustres n'a laiasé aucun reflet sur ces ruines, auprès desquelles on pas.** sans qu'un souvenir s'éveille. 11. Taillandier a entrepris de faire sortir Blandy de son obscurité. 11 n'a épargné pour cela aucun soin , aucune recherche ; il a interroge les archives publiques et particulières ; il a fouillé les bibliothèques; il a consulté de vieilles chartes, des acte» privés, et même les traditions du pays; il a trouvé et reproduit dans son livre , a l'aide «le la gravure en bois , des sceaux et des cachets appendus à d'antiques parchemins; enOn, à force d'études aussi éclairées que laborieuses, il est parvenu a réunir tout ce qu'il était possible de retrouver de documents sur Blandy at sur ses anciens |>os»esseurs.
Mais M Taillandier »e s'eat pas born«: à faire l'hisloiro d'une mine; en mêlant » quelques détails arides le* souvenirs que lui ont fournis quelques-uns des habitants de Blandy, en y ajoutant diverses notions sur d'anciennes coutumes et sur une organisation abolie, mais utile à connaître, il a donblé l'intérêt de son sujet.
• La partie la plus étendue de mon travail, dit-il, a été naturellement consacrée aa château. Néanmoins, j'ai cru devoir y ajouter quelques détails sur les trois pouvoirs qui autrefois jouaient le plus grand rôle dans i'etat social des campagnes : l'Eglise, la justice et le seigneur. Ces éléments sociaux étaient alors fort différents de ce qu'ils sont aujourd'hui, le dernier a complètement disparu avec la féodalité. Quant aux deux autres, s'ils exercent encore une grande influence sur la civilisation moderne, on ne peut se dissimuler qu'ils on» été profondément modifiés. J'ai pensé qu'il ne serait pas sans intérêt de montrer comment on «impie village était administré avant la fin de l'ancien régime. •
Ajoutons que île curieuses pièces justificatives sont Jointes au récit.
M. Taillandier n'u donc rien négligé pour donner à cette monographie de Blandy, non-seulement l'intérêt spécial dont un pareil travail est susceptible, mais encore cet autre intérêt plus profoud et plus vif qui s'attache aux vues générales et à l'histoire des institutions.
Les six femmes de Henri VIII , scènes kisterieaes. par M. Empis, de l'Académie française. Paris, imprimerie de Lahurv, librairie d'Arthus Bertrand, i8bq, a vol. in-8* de 5oA et 670, pages. — L'auteur, qui a déjà mis sur la scène des faits de l'histoire d'Angleterre dans son drame historique de Botktcell et dans sa comédie de Lambert Symnell, retrace aujourd'hui, dans un cadre plus étendu, une époque plus dramatique de celte histoire. Henri VIII, son caractère, sa politique, sa cour, les personnages et 1rs intérêt- de son temps , les mobiles qui les tonl mouvoir, tout ce tableau d'un règne célèbre et terrible est reproduit avec des couleurs vives et vraies, et dans une suite de scènes où l'art de l'auteur dramatique ne fait en quelque sorte qu'ajouter à la vérité de l'histoire. L'écueil du sujet , le règne successif de six femme», y parait évité avec autant d'habileté qu'il peut l'être. Un rencontre dans cet ouvrage, qui témoigne d'une étude approfondie de- événements et des caractères, d'excellentes scènes de comédie, pleines d'observation, et des effets souvent fort dramatiques. Nous rendrons compte avec plus de dfltail do celle in(<Te»aiiir publication.
Mémoires de l'Académie impériale des sciences, inscriptions et belles-lettres de ïo«lonse. Quatrième série, t. III. Tt£louse, imprimerie de Douladoure, i853, in 8* de xii 45o pages. — Parmi les nombreux mémoire* que contient ce volume, un remarque un précis analytique des œuvres mathématiques de Fermât, par M. E Brassinne; des observation* sur la constitution géologique des P« rénées , par MM. Leymerie et Petit; une notice sur les polyèdres réguliers, par M. Gauthier, et des recherches de M. Ducos mr les circonstances de la bataille de Mm al, livrée, un 13 i3, par Simon de Montfort. au comte de Toulouse et au roi d'Aragon.
Journal d an bourgeois de Paris sons le règne de François ï" { 1 5 1 5- 1 536 ) , publié pour la Société de l'histoire de France, d'après un manuscrit inédit de la Bibliothèque impériale, par Ludovic Lalanne. Paris , imprimerie de î.ahnre, librairie de Renouard, i85à\ in-8' de xx-4gA pages. — L'auteur de ce journal a consigné, probablement pour son usage personnel, les faits plus ou moins importants qui s'étaient passés •ous ses yeux ou qui étaient arrivés à sa connaissance. Son nom est ignoré: on pense seulement pouvoir affirmer qu'il habitait Paris et qu'il était contemporain des événements dont il nnus a laissé le récit; aussi, bien que l'ouvrage ne portât aucun
litre, l'éditeur a cru pouvoir lui donner celui de Journal d'an bourgeois de Paru tout le règne François I*. Cest une énuniération détaillée et généralement fort exacte des événements qui se rapportent aux vingt-six premières années du règne de ce prince, époque pour laquelle ou ne possédait que des ouvrages traitant spécialement des faits de guerre et de politique. Le journal publié par M. Lalaune donnera quelques lumières sur la vie intérieure île la France dans un lemps ou commençait une agitation qui ne devait se terminer qu'avec la siècle. Le* ravages des gens de guerre, les crimes, les supplices, le* fêtes, les processions, les miracles, tiennent une grande place dans ces récits, qui donnent aussi des détails sur les principaux faits des guerres de France, de Navarre et d'Italie. Parmi les pages les plus interessantés, on peut citer celles que l'auteur a consacrées aux procès du connétable de Ikuirbon, de Saiot-Vallier et de Semblençay, aux assemblées de l'hôtel de ville de Paris, et surtout aux persécutions religieuses. Un fait important, dont on ne trouve aucune mention ailleurs. e*t une lettre du pape Paul 111 exhortant François I" a arrêter les mesures de rigueur contre les protestants. L'éditeur a joint au texte du journal des notes nombreuses et une table alphabétique des matières.
Recueil de chroniques de Touraine. public par André Salraon, membre de ta Société archéologique de Touraine, etc. Tours, imprimerie de Ladevèze; Paris, librairie de Dumoulin , i854. in-8"de clii-Aqi pages. — Ce recueil, qui ouvre une série de publications historiques entreprises par la Société archéologique de Touraine, contient seize chroniques latines relatives à l'histoire de celte province. Dix de ce* textes avaient déjà été publiés, soit intégralement, soit par fragments, dans les recueils de Duchesne, de D. Martène, de d'Achery, de D. Bouquet, ou à la suite du Grégoire de Tours édité par Bochel en 1610. Les six autres étaient restés inc'dits; aussi devons-nous les signaler plus particulièrement. En voici les titres : 1* Chronicon arcktepiscoporum Turoneiwum , ouvrage du 1111* siècle, qui donne l'histoire des archevêques de Tours jusqu'en iao8; a* Chronicon S. Martini Turonensis, très-courte chronique écrite à la lin du Ul' siècle; 3' Chronicon rhvthmicuin S. Juliani Turonensis. composé par un moine de Sainl-Julien vers la fin du xi* siècle; 4* Supplnnentam ad chronicon abbatum Mujoris Monasterit : celle suite de la chronique des abtx-s de Marmoutier embrasse l'histoire de ce monastère pendant lout le xvi' siècle: .V Ckronicoh prioratuum Majora Monaslerii, ouvrage écrit vers i6a5; 6* Chiomcon ecclesist Beatw Maria; de Lochts , rédigé par un chanoine de I église de Loches dans la seconde moitié du xu* siècle. L'éditeur s'e>t surtout attaché à donner des textes purs, et il a eu soin de conférer entre eux les Bjpiiuscrits des bibliothèques de France. d'Angleterre et d'Iulie, dont il s'est servi pour celle publication. 11 s esl abstenu de toute note explicative; mais il a placé eu tête du volume des notices étendue» sur chaque chronique, sur le degré de confiance qu'elle peut mériter, sur les faits qui s'y trouvent mentionnés. L'ouvrage se termine par une table des noms de personnes et une table des noms de lieux.
Histoire de la philosophie cartésienne , par Francisque Bouillier, correspondant de l'Institut, doyen de la faculté des lettres de Lyon. Lyon, imprimerie de Vinglrinier. Pari», librairie de Durand, 180A. a vol in-8*de6io el 660 pages. — M. Bouillier a publié, en i843 , sou* le titre d'Histoire et critique de la révolution cartésienne, un mémoire qui avait partagé le prix sur la question du cartésianisme, mue au concours par l'Académie des sciences morales et politiques. De ce premier travail l'auteur vient de faire un ouvrage considéruble, qui est l'histoire la plus complète qu'on ait encore publiée de la grande époque de la phi'osophie f rançaise. On y trouve des détails nouveaux sur Malcbranche . sur ses maîtres et ses disciples , sur son influence
particulière au sein de l'école cartésienne. M. Bouillier expose avec beaucoup d'intérêt l'histoire du cartésianisme, non-seulement dans le xvn* siècle, mai* dans le xviii* siècle, tant en France qu'à l'étranger.
Histoire des Pyrénées et des rapports internationaux de la fronce avec l'Espagne, depuis les temps les plus recalés jusqu'à nos jours, par M. Cénac-MoncoUt. Paris, imprimerie de Meycr, librairie d Arayot, 1 853- 1 854. 3 vol. in s de 434. 43 1 . 4q8 pages. — Cet ouvrage, dont les trois premiers volumes seulement ont paru, comprendra l'histoire de la Catalogue, de l' Aragon, de la Nuvarre, du pays Basque, du Béarn, du fiigorre, des comtés de Comminges et de Voix, du Houssillon. de la Cexdagne, de Narbonne, de Carcassonne. Le troisième volume se termine a la mort de Gaslon-Phébus , comte de Foix (1390).
Essai sur l'économie rurale de l'Angleterre, de l'Ecosse et de l'Irlande, par Léonce Je Lavergne. Imprimerie de Crété, à Corbcil; librairies de Guillaumin et de Dusacq , à Paris , 1 854 . in-8* de v:n-48R pages. — Cet essai est un fragment du cour» d'études que l'auteur avait entrepris pour l'enseignement de l'économie rurale a l'institut Agronomique de Versailles , aujourd'hui supprimé. On y trouve des renseignements intéressants sur ce qui pourrait être fait en France pour tirer parti des pratiques d'économie rurale dont l'Angleterre et I Ecosse nous donnent l'exemple.
De la religion du nord Je la France avant le christianisme , par Louis de Baeckei. Lille, imprimerie de Vanackènc; Paris, librairie de Dumoulin, ib*>4, in-8* de IV- 353 pages. — L'auteur de ce livre expose d'abord les doctrines de l'Kdda , et, après avoir comparé les croyances des anciens Scandiuaves avec les superstitions, le» chants populaires, les proverbes qui se sont conservés dans le nord delà France, il infère de ce rapprochement que la religion de la Gaule septentrionale avant le christianisme était celle d'Odin.
Catalogue des monnaies byzantines qui composent la collection de M. Soleirol Met/ . imprimerie de Lamotc, t854. in 8* de 3a6 pages. — Celte collection de monnaies du Bas-Empiie a été principalement formée de celles du baron Marchant et du comte de Wiczay. Le catalogue qu'en donne M. Soleirol peut servir de suite et de complément à l'ouvrage de M. de Saulcy, intitulé : Essai de classification des suites monétaires byzantines.
Œuvres complètes de Erat-çois Arago, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, publiées d'après son ordre et sous sa direction, par M. J. A. Barrai, ancieu élevé de l'École polytechnique, ancien répétiteur dans cet établissement. Tome I". Paris, imprimerie deClayc, librairie de Gide et Baudry, i854. in-8' de xxiii-6j8 pages. — Ce volume, par lequel s'ouvre l'importante publication des œuvres complètes de M. Arago, contient une introduction par M. Alexandre de Ilumboldt, l'histoire de la jeunesse de François Arago écrite par lui-même, et six notices biographiques de Fresnel, Voila, Thomas Young, Joseph Fourier, James Watt et Carnol. Les œuvres de M. Arago comprendront douze volumes.
Mémorial da dépôt général de la guerre, imprimé par ordre du ministre, tome IX , \ouvelle drscription géométrique dr. la i France, eu précis des opérations cl des résultat» numériques qui servent de fondement à la nouvelle carte que publie le Dépôt de Ja pierre, suivie d'une carte générale des triangles de premier ordre, comprenant le tableau d'assemblage des feuilles de gravure; troisième partie, par E. Seylier, colonel d'étal-maior, chef de la première section du dépôt de la guerre. Paris, im primerie de Maulde et Bcnou, in -4* de 5/jy pages, avec planches. — Le sixième et Je septième \olumc du Mémorial im dépôt de la guerre comprenaient les deux pre-
miéres parties de la nouvelle description géométrique de la France. Le neuvième volume, formant h troisième et dernière partie de ce grand travail, présente les résultais des opérations géodésiques et astronomiques exécutée*, pour la nouvelle carte de France, depuis i83g jusqu'en i8£5.
Les pèlerins d'Orient , lettres artistiques et historiques sur un voyage dans les provinces danubiennes, la Turquie, la Syrie et la Palestine. . . par Félix PigeOry, architecte de la ville de Paris, etc. Paris, imprimerie de Lahure, librairie de Dentu, i854, in-n de xvm-554 pages. — L'auteur de ce livre avait été chargé par le ministre de l'intérieur, en i85o, d'une mission en Orient. Suivant les instructions qu'il avait reçue*, cette mission devait comprendre l'élude et la reproduction par le dessin des monuments d'architecture et de sculpture appartenant a l'époque où les Français occupaient la Morée et 1rs côtes occidentales de l'Asie Mineure, à la suite des croisades, depuis le xn* siècle jusqu'au xiv*. Diverses circonstances paraissent avoir empêché M. Pigeory de suivre l'itinéraire qui lui était tracé. Il n'a pas visité la Grèce; de l'Asie Mineure, il n'a vu que Smyrne. Les lettres qu'il publie contiennent le récit de son voyage à Constantinople par Vienne et le Danube , aux Iles rie l'Archipel , en Syrie et en Palestine. Ces lettres ofirent une lecture agréable; mais il faut y chercher plutôt les impressions d'un voyageur artiste et homme du inonde que des descriptions de monuments ou des recherches historiques sérieuses.
Histoire décris et de son influence en Europe depuis les temps les reculés jusqu'à nos jours, par A. J. Meindre. Tome I". Paris, imprimerie de Panckoucke, librairie de Dezobry et Magdeleine, t85A, in-8*de pages. — L'auteur s'est donné pour tâche d'encadrer l'histoire de Paris dans une histoire générale de France, afin de rendre plus sensible l'influence progressive de cette \ille sur les destinées de notre pays. Colle disposition du réeil n'est peul-étrc pas suffisante pour donner une valeur historique n ce livre, où l'on pourrait signaler de nombreux emprunt* aut ouvrages publiés depuis vingt ans sur le même sujet. Le tome 1* s'arrête à la fin du régne de Philippe-Auguste. Il reste quatre volumes n publier.
Histoire de la société française au xvm' et au xix' siècle, par M. Etienne Malpertuy. Paris, imprimerie de Remquet, librairie deComon, i854 , in-8* de 353 pages. — Cet ouvrage est moins un tableau de la société française qu'une histoire des opinions philosophiques et politiques qui ont dominé en France depuis la minorité de Louis XV jusqu'à notre temps. On y remarque plus d'idées saines et justes que de vues profondes on d'aperçus nouveaux.
Histoire de la ville et des éuéques de Béziers , par E. Sabaticr, avocat, membre de la société archéologique de cette ville. Imprimerie do Millet, à Béziers; librairie de Dumoulin, à Paris, i854, in-8* de 111-495 pages, avec planches. — Les évêques de Béziers étant autrefois co-seigneurs temporels de leur cilé épiscopnle, leur histoire est inséparable de celle de la ville de Béziers elle-même. M. Sabatier donne avec des détails nouveaux la vie de ces évéques, en complétant et rectifiant quelquefois, d'après les documents des archives locales, la liste publiée par Andoque, en 1 65 ■ , et les pallies du GaVia chrittiana et de Y Histoire générale da Languedoc qui se rapportent au diocèse. Les annales de la ville sont exposées en même temps avec intérêt d'après les meilleures sources. La partie la plus importante de ce récit est relative à la guerre des Albigeois L'auteur en a retracé les principales circonstances avec une modération et une impartialité remarquables.
Les historiettes de Tallemant des Réaux, 3* édition, entièrement revue sur le manuscrit original, et disposée dans un nouvel ordre, par MM. Monmerqné et
Paulin Paris. Tome 1". Paris, Imprimerie de Witlersheim, librairie de Tcclienei, îèbâ. in-8* de xxx-5ia page». — Les historiettes de Tallemani des Beaux ont paru pour la première fois eu i§33, et on se rappelle avec uuel empressement le public accueillit alors oes piquantes anecdotes, qui nous révélaient un des bons écrivains du ini' siècle. La seconde édition, qui parut en i84o, différait pou de la première; mais celle que nous annonçons se distingue de l'une et de l'autre par de* améliorations importante*. M. Paulin Paris, qui donne .«t* soins à cette publication avec le concours du premier éditeur, M. Monmerqué, a complètement revu le texte sur le manuscrit autographe appartenant à M. le comte Laujuinai», et l'a rendu conforme à l'orthographe de l'auteur; de plus, et c'est là surtout le mérite de cette édition, il a éclairci par des commentaires ingénieux . les nombreux passages de l'alternant qui avaient besoin d'interprétation. L'ouvrage entier formera six volumes; il sera terminé par une table générale des noms, qui manquait aux éditions précédentes.
L'Imitation de Jéws-Ckrtsl , fidèlement traduite du latin par Michel de Marillac. garde des sceaux de France; édition nouvelle soigneusement revue et corrigée par M. & de Sacy. Paris, imprimerie de Lahure, librairie de Techener, i854, in-i6 de xvi-àgi pages. — La traduction de Y Imitation de Jèsui-Ckritt , par Michel de Marillac, semble à beaucoup déjuges compétents préférable à toutes les autres par l'exactitude et la grâce naturelle du style. Publiée pour la première fois en 16a», elle était devenue très-rare, quoiqu'on l'eût souvent réimprimée dans le cours du xvu* siècle. M. S. de Sacy, conservateur de la bibliothèque Maxarine, vient de lu tirer en quelque sorte de l'oubli; il en a revu le texte avec soin, et a placé des notes dans les endroits où le traducteur lui a paru s'être écarté du sens de l'original.
Histoire de h rivalité et du protectorat des Eglise» chrétiennes en Orient, par M. César Famin. Paris, imprimerie et librairie de Firmin l)idot, i854. iu-8* de 53a pages. — Après des notions générales sur les rapports de la chrétienté avec la Porte Ottomane, sur la nature des capitulations et sur l'état des Eglises ihré;icnne>en Orient, et principalement à Jérusalem, on trouve dans cet ouvrage une histoire très- développée de la rivalité et du protectorat des deux Églises grecque et latine depuis Constantin jusqu'à nos jours. L'auteur s'attache à démontrer, à l'aide de nombreux documents, que les Latins ont sur les Lieux saints un droit de possession qui a été reconnu a toutes les époques, et que rien ne saurait justifier l'envahissement du sanctuaire par les chrétiens grecs. Parmi les pièces justificatives réunies a la (in du volume, on remarque le texte du Grraao apocryphe du calife Omer, un traité intervenu entre le roi de France Philippe le Mardi et le roi de Tunis, en 1370, et la plupart des traites conclus entre la France et la Turquie depuis le règne de François I".