SONNET
Terminez ces combats qui font trembler l'Europe, Qui lui mettent le glaive et le feu dans le flanc. Qui font des mers de pleurs et des fleuves de sang. Qui du plus doux mortel font un cruel cjclope.
Terminez ce labyrinthe où chacun s'émancipe Sans ordre et sans respect de sexe ni de rang ; Et d'une âme sincère et d'un courage franc.
Achevez de tramer l'œuvre de Pénélope.
Mais après tant de soins et tant de longs travaux De quelque doux espoir dont vous flattiez nos maux. Lorsque vous procurez le repos de la terre,
Ne satisfaites point à nos justes souhaits,
Si par vos soins ardents nos conquêtes de guerre
Ne sont au rang des biens que nous offre la paix. »
PARODIB.
€ Pourroit-on bien calmer les troubles de l'Europe € Avec deux députés qui se battent en flanc, € Qui veulent s'arracher et la vie, et le sang. « Ne s'accordant non plus qu'Uljsse et le cjclope,
pour Brème, Gérard Roch et Libérius de Llrien ; pour Hambourg, Jean-Christophe Meurer.
« L'un démêle une affaire et l'autre Tenveloppe, c L'un veut tout précéder, l'autre garder son rang, « L'un est fourbe et trompeur, l'autre sincère et franc ; « N'est-ce pas pour ourdir la toile à Pénélope?
c A quoi donc tant de soucis, et tant de longs travaux? c De quelque doux espoir dont on flatte nos maux c En vain nous attendons le repos de la terre ;
< C'est inutilement qu'on en fait des souhaits ;
« Ces deux ambassadeurs, qui sont toujours en guerre,
« Ne peuvent pas entrer au temple de la paix. »
(La nuit du 28 janvier, ne pouvant dormir.)
Cette pensée est commune et peut racilement s'offrir à lin esprit médiocre d'ailleurs; elle est fort ancienne ; Philippe fut moqué par un ambassadeur de ce qu'il vouloit se mêler de mettre la paix parmi les Grecs, lui qui ne la pouvoit mettre dans sa propre maison, où il était en discorde avec sa femme et son fils; mais je l'ai encore rencontrée en un cas tout pareil à celui-ci, dans la lettre 260, liv. VII, de M. d'Ossat, où il parle de la dissension de deux ambassadeurs de Perse envoyés à Rome, dont l'un étoit Anglais et l'autre Persan, qui ne purent jamais s'accorder ensemble. Ils étoient venus toutefois à dessein d'accorder les princes chrétiens pour faire la guerre au Turc,
JODRRiL
I^ dernier du mois, M. de Saiat-Romain partit pour la Cour.
Les députés des villes hanséatiques, après avoir visité les deux plénipotenliaires impériaux dans la maison du premier, les deux François de même sorte et ensuite les deux Espagnols aussi conjointement, trois jours consécutifs, demandent le qualrième jour audience particulière à M. Servien, qui la leur promet. Ils viennent et se présentent à riieure donnée et sont refusés avec affront, après avoir été conduils dans une salle où toute la famille de M. Servien étoit attroupée; on leur signifie qu'ils n'ont qu'à s'en retourner, null n'y a point d'audience pour eux, d'autant qu'ils ont fait visite devant que de l'être venu voir en particulier. Ces députés se plaignent amèrement et avec grand ressentiment de cet opprobre, et disent qu'on pouvoit avoir rendu au rang ce qu'ils lui doivent, en la même sorte qu'ils ont fait à leur propre souverain qui est l'Empereur, on ne peut, sans injure, trouver mauvais qu'ils aient visité les Espagnols en troisième lieu; de vrai, cette procédure est apparemment bien injuste, mêmemenl envers des gens que nous avons invités par tant de semonces et de lettres circulaires, et qui se mettent en danger d'être un jour mal-
traités par les Impériaux, de s'être trouvés à une assemblée où ils ne les demandent pas (I).
Le 3 février, Son Excellence partit pour aller à Osnabrug, conférer avec les plénipotentiaires de Suède et leur rendre leurs visites, mais comme ils avoient pris d'autres prétextes pour venir ici, de peur qu'il ne semblât qu'ils vinssent voir les premiers nos plénipolenliaires, de même Son Excellence va à Osnabrug pour voir une abbesse du mont Sainte-Gertrude (2) (Gertruidenherg), qui est de sa connoissance, profeclo lolus mtindus eœercet histrioniam (3).
Le H, Son Excellence revint d'Osnabrug, où il avoit été reçu magnifiquement et traité par les plénipotentiaires de Suède. Les pauvres ecclésiastiques qui sont en cette ville, et dont il y a quatre églises collégiales en coroplant le Dôme, le vinrent saluer comme leur protecteur et leur
(1) Voy. àlB Collection Godefray, vol. XIX, fol. 351, une brochure de S pages in-lS iolitulée : Ea'poiitio eoram qaie Jlfonnilcrii Weslphalorum a dtpulalii haaiealieis yeita luiil, ad propriam et dominorum luorum juili/lealionem loli mundo. et Itliist, Domini Legali Sertitnt nopam UlegitiiiiivmqMe vtttrpalionew, palam faciendam.
(2) Abbays de religiBuaeB de l'ordre de SainL-Baoolt. Voy. Jolv, Voyaga de Muruter, p. 131.
(3) Voy. Jeaa ub Salishuby, Politraticii!, t. lU, p. S. « Quod fera totus mundus juxia PatroDium exerceat histrionem (ijuiL-dani exemplsria hislrioDiam) "; passade où il fait allusion au disliquQ 4u chap. Lxxx de Pétrone.
asile. L*év6ché et la cathédrale ont été fondés par Gharlemagnei et s'y montrent encore des ornements d*une véritable antiquité donnés par ce prince* Le contrétable du grand autel, d'or pnr, étoit de ce nombre» mais les chaDoines ont été entin contraints de le vendre pour satisfaire à la rapacité des Suéilois, qui leur reprochoient con* tinuellement leun^ richesses et leurs meubles d'or, et n*ont cessé de les [persécuter et de les molester jusqu*à tant qu'ils les ont réduits à fondre cette table» Klle s*est trouvée de la valeur de 1^0,000 rixdalesi qui ont servi de proie à ces profanes.
Lo dimanche ity fut faite Touverture du jubilé de notice nouveau Pape, par une solennelle procession do tout le clergé de cette ville» où assistèrent nos deux plénipotentiaires et l'ambassadeur de Venise, marchant tous trois sur une môme ligne, M. d'Avaux au milieu, M. Servien à sa droite, M. Contarini à Tautre. Les Impériaux n'y voulurent point comparoitre, soit de peur d'accorder à nos amliassadeurs le même rang qu'ils eurent à la procession de Tannée passée, dont on dit qu'ils furent blâmés à Vienne; soit pour faire plaisir aux Espagnols et rendre l'action moins solennelle, à cause que ceux-ci n'y osent
assister de crainte de nous céder; soit enfin qu'ils aient dessein d'aller à l'autre procession qui se doit faire dans huit jours, et là de donner la seconde place aux Espagnols en notre absence; mais nos Messieurs sont résolus d'y aller plustôt une seconde fois. Cependant cette action-ci n'a pas laissé de se passer avec beaucoup de solennité et d'appareil. Quatre prélats y ont porté le Saint Sacrement successivement : M. le Nonce, depuis le Dôme jusqu'aux Cordeliers; M. le Suffragant, de ce lieu jusqu'à Saint-Martin; M. le Doyen, de là jusqu'à Saint-Lambert, d'où M. l'Évêque d'Osnabrug le rapporta dans le Dôme où fut célébrée la messe (1). On craignoit qu'il n'y eût quelque contestation entre cet évêque, ambassadeur des Électeurs, et Venise pour la précédence; mais il n'a comparu en cette action que comme officiant, et se retira devant la messe, après avoir remis le Saint Sacrement sur l'autel.
Le dimanche 1 9, fut faite la seconde procession du jubilé en la même sorte que la première, pour le regard du clergé de la ville; mais aucun prélat ne comparut; les Impériaux ni aucun des autres étrangers ne s'y trouvèrent. Les nôtres seulement
(1) Voy. GoLDscHMiDT, Lebensgesckichte der Kardinal Priesters f'ranz Wilhem, p. 124.
y assistèrent, avec grande indignation de messieurs de la maison d'Autriche, qui avoient dessein d'y paroitre ce jour-là en grande pompe. On fit station en quatre églises : Saint-Lutger et Sainl- Gilles, églises paroissiales^ Saint-Georges qui est une commanderie de l'Ordre teutonique, et revinton par Notre-Dame trans aquas au Dôme, oii la grand'messe fut célébrée.
Le mercredi 22, arriva le baron de Hasland (1), député et plénipotentiaire du duc de Bavière, qui fut reçu comme ambassadeur du prince souverain et traité d'Excellence. Les Impériaux, les François, les Vénitiens envoyèrent leurs carrosses audevant de lui. J'y élois. Il étoit dans le carrosse de M. révoque d'Osnabrug, qui lui donnoit la première place. Le sien s'alla ranger après Venise.
Le 26, fut dansé le ballet de la Paix par nos gentilshommes chez M. Servien, où M. d'Avaux ne se trouva point; propierjiovaminler ipsos exor" tam €0 die simullatem degerindœ Reipubl[icœ rébus] . Moram aliquot dierum promiserat Suecis Avauœ, consentienle primum Servien. Posimodum, qnod ipsi solenne esi^ mutavit sententiam. Querelam instituunt Sueci; purgat se Avauoo, eœcandescit pro
(1) Georges-Christophe, baron de Hasland, avait été député à la diète de Ratisbonne, en 1641.
more Servién. J'en composai les vers qui furent imprimés, et en envoyai un exemplaire à M. Brun, plénipotentiaire d'Espagne, Comtois de nation, et procureur général du parlement de Dôlé, homme qui se connoît aux belles-lettres (1).
Le 27, le même ballet fut dansé chez M. le comte de Nassau et chez M. le prince évêque d'Osnabrug, où je fus.
Le 28, jour de carême prenant, il fut dansé dans Tbôtel de ville, où étoit toute la bourgeoisie de Munster, ravie en admiration d'un spectacle si pouveau en ce pays. Son Excellence avoit donné à dîner aux bourgmestres et à quantité de résidents, et toutefois il ne le vit point (2).
■ (1) Le Ballet de François Ogier a été imprimé dans la Gazette de France, année 1645, n» 31 ; et en extrait dans les Négoc. sec, de Munster. M. Ludovic Lalanne a retrouvé dans la Collection Godefroy (t. XIX) un exemplaire de l'édition de Munster. H l'a publié, sans pouvoir lui attribuer d'auteur, dans VAnnuaire de la Société' de l'histoire de France. Nous reproduisons à l'Appendice le texte du Ballet de la Paix. Les danseurs étaient MM. de Fontenelle, de Préfontaine, Le Vacher, de La Chesnayo, d'Herbigny (le neveu du comte d'Avaux), do Challain, Gédoyn, Allego et plusieurs pages. Gédoyn et Allego faisaient depuis longtemps partie de la suite de l'ambassadeur. Ils l'avaient accompagné dans ses voyages du Nord. (V. CoiTespondance.)
(2) Une lettre de la Collection Godefroy (t. XX, fol. 98) donne quelques détails curieux sur cette réception. « M. d'Avaux donna à dîner au bourgmestre et deux assistants de cette ville et à plusieurs autres de qualité. Le diner fini, parut un joueur de gobelets, qui fit merveilles. M. d'Avaux fît donner des plats pleins de confitures aux bourgeoises qui étaient là pour voir. Après, tous
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\jQ même jour, M. de Rorté, ancien résident du Roi en Allemagne, Saède, fut initié à Tambassadeur de Suède, où il doit aller dans pen de jours, par Son Excellence qui lui donna la droite tant à la chapelle qu'à la table.
Le 3 mars, partit le courrier Héron pour retourner en cour, par lequel Son Excellence deman^ doit son congé, se jugeant dorénavant inutile ici pour le service du Roi.
Le lendemain, M. Servien partit pour Osnabrug pour s'excuser envers les Suédois de la proposition faite aux Impériaux contre leur sentiment, qui le reçurent fort froidement.
Le 8, les Hessiens, nos confédérés, surprirent une petite ville nommée Teigst (1 ) sur les Impériaux, qui n'est qu'à une heure de chemin d'ici, la pillèrent, après avoir tant tué que pris deux ou trois cents hommes de garnison.
Le 1 1 , nos plénipotentiaires reçurent lettres de la reine de Suède, Christine, par lesquelles elle leur donnoit avis de la fin de sa minorité et de
CM messieurs prirent congé de M. d'Avaux et s'en vinrent à la maison de ville, où se dansa le ballet. »
(1) La Gazette de France (1645, n* 34) annonce que les Hessiens ont pris par escalade la ville de Teigst, et, après avoir tué cinq bourgeois et quelques soldats, ont envoyé leur butin, avec force prisonniers et quatre-vingt-dix chevaux, à Lippstadt.
^n entrée au gouvernement de son État et manie-
'tient des affaires, et leur protestoit de la bonne
intention qu'elle a de persévérer dans l'alliance
^e la couronne très chrétienne, avec ordre à ses
^Ambassadeurs de ne rien faire que de concert
svec les nôtres, et à ses capitaines de continuer la
8^1 erre à communes armes avec nous, jusqu'à
^iiclusion d'une paix générale, car les lettres
^^ïxt datées de la fin de décembre.
iLie 16, nous reçûmes les nouvelles de la bataille ^^^née à Budweiss en Bohème entre les Impé- '^^xix et les Suédois (1), où ceux-ci sont demeurés ^^Citorieux sous la conduite de Torstenson. On '*^iit qu'il y a dix mille hommes de tués des ^^nemis; que des trois généraux Gôlz, Halzfeld ^t Jean de Werth, les deux derniers sont morts, ^^ l'autre prisonnier; que l'Empereur et Tarchi- ^Vic Léopold se sont retirés en grande hâte de *^rague à Passau.
Cette bataille a été donnée le 6 mars. Gôtz est tvié, Hatzfeld prisonnier, Jean de Werth en fuite, ï^lusieurs colonels suédois ont été tués en cette Sanglante rencontre, entre lesquels est M. de
(i) La bataille de Jankow, près de Tabor, avait eu lieu le 6 mars 1645. (Voy . Charvériat, Histoire de la guerre de Trente ans, t. II, p. 502-510, et Gazette de France, année 1645, n. 35.)
t08 JOURNAL
Mortagne, capitaine de grande réputalion dont 1^ maître d'hôtel des États qui nous reçut à Rotterdam est frère. I
Durant ce mois, il fait des vents et des tempêtes aussi horribles en l'air que j'en ai jamais ouï. ; Nous avons appris, par les relations de France, ' que de pareils orages et tourbillons ont couni quelques provinces et fait du désordre, particulièrement en Poilou et aux environs de la Rochelle. Le jeudi 23, l'ambassadeur de Savoie, M. le marquis de Saint-Maurice (1) fit son entrée en cette ville. Les Impériaux ne furent point audevant de lui, n'ayant pas encore reçu ordre de leur maître de quelle sorte on Iraileroit, et quel titre on donneroit au plénipotentiaire d'un prince vicaire de l'Empire. Au reste il fut reçu avec même cérémonie que les autres. Nos plénipotentiaires y envoyèrent leurs carrosses ; mais celui de M. Servien ne vint pas joindre le nôlre, comme selon la coutume (Gliscil in dics malum et hominis impotentia) ; l'évêque d'Osnabrug, les Bavarois, et le résident de Suède, Venise ne comparurent point
(1) Claude Chabot, marquis de S ai ut-Maurice, avait été ambassadeur en Franco et deux fais en Angleterre. Il avait avec lui ft Munster, pour conseiller, le président de Turin, jurisconBulta, nommé Jean-François Belletia. Voy. Clahstta, JI presideate Gian Franeeico SeUesia, Turin, iSfifi.
DU COHGBËS DE JIDnSTRR. 109
* Cette fois pour Taire place aux Électoraux. Oa ■ ^*ftnt qu'ils ont convenu ensemble pour éviter les I tjiierelles des précédences de se trouver tour à fc tour aux cérémonies publiques.
^m Le mercredi précédent, je Tus voir M. Conta- Bmni, qui après avoir ouï quelques-uns de mes sermons, m'avoit envoyé de sa part son maître de cbambre, avec les plus honnêtes paroles du monde, il me reçut avec beaucoup d'humanité et de courloisie, et entre autres choses, me parlant du cardinal de Richelieu, duquel il avoit été on Tamilier durant sa légation de France, il me i Cite havena precipitatc la case d'Auslria. » Le '28, nous reçûmes nouvelles du conseil tenu Bn présence de la Reine pour terminer les diffécnds de nos plénipotenliaircs et prendre résoJu- ^OQ sur la demande que M. d'Avaux t'ait de son ongé pour retourner en France. Nous apprenons " qu'il fut conclu de les séparer et de rappeler l'un des deux; mais lequel? cela est réservé à une seconde délibération. Dio te la mandi, buona o Hvotiera Francia.
HP Le 30, furent baptisés deux Juifs, chez les Cordeliers de l'Observance; de l'un desquels M. d'Avaux et M. Servien furent les parrains, et jfut nommé Claude; de l'autre, M. l'évêque
d'Osnabrug, qui comparut par un gentilfaomme, d'autant qu'il étoit indisposé, nommé Frangois- Christophe. Les néophytes sont d'HalbersUill, l'un de trente, l'aulre de vingt ans environ. Soa Ejtcellence et le bon suffragant qui les avoit baptisés, dioèrent avec les religieux, et M. de Saint-Maurice et moi. On croyoit que M. Servien y dîneroit aussi ; mais il y avoit trop de poisson et trop de latin à digérer à cette table-là, pour la faiblesse de son estomac.
Le 1" avril, les députés du Cercle de Franconie (1), qui est l'un des plus nobles et des plus considérablesd'Allemagne, demandèrent audience et l'eurent le lendemain céans , où se trouva M. Servien. Il avoit prétendu qu'outre la visite qu'il recevoit ici conjointement avec M, d'Avaux des députés des Princes étrangers, ils lui en dévoient une encore séparément devant que de visiter les plénipotentiaires d'Espagne; et sur cette présomption, il avoit mal traité tes députes des villes hanséatiques, comme j'ai remarqué ci-dessus; mais depuis, il est venu un ordre de la Cour par lequel il lui est ordonné d'en user
(1) Ciblaient : Cornélius Gobelius, liceQcié en droit et syndic dd chapitre de Bamberg, dijputé des év&jues, et Soaa MuUcr, dùpaté pour les priaces séculiers, conseiller du marquis de Brandebourg- Culmbach.
de
ta
[ DU COMGRÈS DE MUHSTER,
commû font les Impériaux et les Espagnols, dont les seconds se trouvent à la maison du premier en pareilles occasions, sans prétendre qu'on leur fasse plus de cérémonie cette première fois.
L'évêque de Bamberg est le premier prince de ce rcle, il avoit signé la lettre de créance de ces iputés avec le prince Christian. La ville de Nureojberg y est comprise.
Le même jour, 2 du mois, qui éloit le dimanche de la Passion, fut sacré dans le Dôme un évêque ffraganl de Paderborn sous le titre [l'Episcopus ':Cardicensis, par H. l'évêque d'Osuabrug, assisté is évêques Aconensis et Ptolemacensis, suffragant de cette ville de Munster, et Aureliopolilanus, suifragant d'Osuabrug (IJ. Ce sacre fut fait ivec beaucoup d'ornement et de dignité, et l'offiiiant n'y parut pas moins évêque que prince, par dévotion et sa magnificence en officiers, chalelle et toute autre chose nécessaire en ce rencontre. Cet cvôché de Paderborn est du nombre des cinq ou six que tient l'Électeur de Cologne sans être prêtre, et après cela on s'étonne que ['hérésie prend de si fortes racines en ce pays-ci.
(t) Sur l'ordmation <Ib Beraliard Frick comme évÉque i» pdTtile Cardia et suUragant de Pailiïrboro et Hildesheîm, voy. GoluiiiT, lac. cit., p. ]£4. L'évêque suSrBKant d'Osuabrug Était, lepuis 1631, Gaspard Munter, évalue in parlibut d'AureliopolU.
Omne caput languidum et cor mœrens, dit le prophète (1).
Le 4, M. Oxensliern, qui étoit arrivé le jour précédent enceiie ville, vint voir Son Excellence céans où se trouva M. Servien. Là y eut grand éclaircissement sur ce qui s*étoit passé à Osnabrug entre les plénipotentiaires suédois et Son Excellence touchant Topposition qui avoit été faite par les nôtres à leur insu. M. Servien avoit mandé tout le contraire à la Cour; il fut donc convaincu de faux en face par le dit M. Oxenstiern, qui avoua que ce que Son Excellence en avoit écrit el rapporté étoit la pure vérité, et qu'il avoit combattu quatre jours durant pour obtenir des Suédois que ladite proposition fût faite, ce qu'ils avoient toujours refusé ; que le dit Servien ayant mandé le contraire n'avoit pas dit la vérité; bref, le convainquit en plusieurs points et circonstances de ce fait si clairement et constamment que celui-ci demeura confus; ne pouvant donc souffrir davantage la honte qu'il recevoit de ses fautes et impostures, il rompt au milieu de ce discours et sort en fougue, entre en carrosse sans regarder Son Excellence qui le conduisoit, ni donner le loisir aux siens de monter avec lui : Ferturequis auriga