quatrième partie de la feuille, sont images repr é
sentant des histoires de la Bible; le reste en de=- s- ' sous contient les vers susdits; le tout, comme i'
pareil à l'œil, gravé sur une table de bois, tow -'^^ \ les caractères et les images étant d'une mênr^^i^ïia pièce, comme à peu près sont les cachets ^^ sa grand volume et les inscriptions d'alentour. C^ ^ livre curieux lui avoit été prêté par M. Pa\^'^-^'^^) sieur d'Hemstedt, plénipotentiaire de Holland»-^^^ qui l'a fait venir exprès pour satisfaire à sa curies -■*' site, et pour lui donner de quoi enrichir son trair ,*:iléi de arte lypograpkica. Dana ce même volume s se]
(1) Gentilhomme autrichien de la suite de Trautmaûsdorf.
(2) Joly, qui accompagnait Ogier dans celle visite, dùcrit ai» — ssi
e volume. {Voyage, p. 127.)
trouvent encore deux traités de même étoffe et qui Paroissent moins achevés et plus grossiers, dans cet art nouvellement inventé, de sorte qu'ils me semblent en être le berceau ou plutôt la première matrice ; Tun est comme un rituel ou méthode pour assister un agonisant, dont récriture est dNin côté, à la page B, et les figures à la pa^e A. L'autre est seulement composé d'images, qui contiennent des histoires de l'Ancien et du Nouveau Testament, selon que les figures mosaïques ont rapport à la vérité évangélique; elles ont toutefois chacune des vocables où sont écrits certains mots de la Sainte Écriture; le tout en mêmes caractères et de même manière que les précédents. Il faut avouer que j'ai feuilleté ce livre, soigneusement relié par les soins de quelques curieux, avec une vénération singulière de son antiquité, et de l'inventeur d'un art si admirable, si toutefois on peut appeler inventeur de l'imprimerie celui qui a commencé par de si rudes linéaments. On ne saurait toutefois nier qu'il n'ait donné occasion et ouvert le chemin à ceux qui ont depuis inventé les caractères de plomb ou d*autre métal, mobiles, et qui, se transposant en mille sortes, nous ont fait voir un miracle inconnu à toute l'antiquité, et rempli
le monde en un instant de savants et de livres.
Le \°' novembre, jour de la Toussaint, je prêchai dans la chapelle Saint-Nicolas, chez M, de Longue ville.
L'Électeur de Brandebourg passa à une journée de cette ville et lut à Huis, ville de son obéissance, qui est la seconde en grandeur de la Westphalie. Son train ou pluslôt son armée est composée de deux mille chevaux, dont la moitié porte sa livrée. Il s'en va à Clèves (1), duché qui lui appartient; sa venue donne beaucoup de jalousie au duc de Neubourg, son compétiteur, et qui a partagé avec lui la succession de Juliers-Clèves; c'est pourquoi il a fait entrer dans ses meilleures places garnisons d'Impériaux.
Le 8, M. de Saint-Romain fut envoyé de la pari de nos Plénipotentiaires vers cet Électeur pour le saluer et voir quelle disposition il a pour l'accommodement de l'affaire de Poméranie avec les Suédois, dont le plénipotentiaire Salvius est en cette ville.
Le même jour, on reçut la nouvelle de la mort de don Balthasar, Qls unique du roi d'Espagne, jeune prince de quinze à seize ans, qui redouble
(I) Pmem^ob BrandeHburgici
De rebui FnderiH Wilhetrai, Magni Eleetori»
DU CONGRJËS DE MDNSTËR. 171
les afflictions des députés et partisans de la Maison d'Autriche en cette assemblée. Il avoit fiancé depuis peu de jours la fille de l'Empereur.
Ën ce temps, les Espagnols traitoient avec nous pdr l'entremise des HoUandois, au mépris de ^M. les médiateurs et au grand élonnement de toute cette assemblée, qui voit lesarchicatholiques ®® jeter entre les bras de leurs rebelles archi- ^uglienots et abandonner la médiation de notre Saint Père et de la république de Venise. La raison ^^î les oblige d'en user ainsi est qu'ils croyent ^^e les HoUandois auroient plus de pouvoir de ^^Os attirer à la paix, à cause de leur propre ^'^^-^rêt, qui est d'empêcher que le reste de la *^^^i.îidre ne tombe entre nos mains. En effet, ces ^^^Xiveaux souverains ne veulent point de voisins ^* puissants que nous et sont bien aises qu'il y ^^ t une barrière entre leur État et le nôtre. D'ail- ^Virs ils ont fait il y a longtemps tenir leur traité ^^v-ec Espagne, avec des conditions fort avantageuses, du fruit duquel ils désirent de jouir par la Conclusion du nôtre.
Le 15, nos Plénipotentiaires furent visiter ^. Oxenstiern, nouvellement arrivé d'Osnabrug. On tient qu'il apporte la dernière résolution du Conseil de Suède pour terminer le traité de l'Em-
pire^ qui est accroché sur le point de la cession du total ou d'une partie de la Poméranie par rÉlecteur de Brandebourg.
Le 25, ledit sieur Oxenstiem, qui s'étoit retiré à Osnabrug un peu trop brusquement et contre le sentiment de nos Plénipotentiaires (1 ), voire même de son collègue Salvius, le rappela d'ici où il étoit demeuré, de sorte que Ton juge que les Suédois ont dessein de troubler le traité de paix qui s'achemine heureusement de notre part tant avec les Impériaux que les Espagnols.
Le ..., M. du Riet, premier médecin de la reine de Suède, qui avoit apporté un paquet de sa part, s'en retourna. Je fis connoissance avec lui. Il est natif d'Arras, mais huguenot, qui avoit pris femme et établi sa fortune en Languedoc où il est connu des doctes de ce parti, de Siméon Petitus (2), ministre de Nimes, décédé depuis peu; de
^1) Nous trouvons dans les lettres de Groulart (Chéruel, Notice, p. 9, 13, etc.) quelques renseignements sur le caractère des ministres suédois. « ...M. d'Oxenstiern est un homme fâcheux, qui a une fierté véritablement gothique, avec lequel il n'y a nul plaisir de traiter, étant dans de continuelles irrésolutions et dans une défiance presque de soi-même... Notre traité s'avanceroit bien plus, s*il étoit de Thumeur de son collègue, qui nous donne sujet d'être satisfaits de sa conduite... MM. de Suède sont aussi brouillés entre eux que l'étoient autrefois MM. d*Avaux et Ser* vien. »
(2) Samuel Petit, mort à quarante-neuf ans, le 12 décembre 1643.
son successeur Crojus, entre qui et M. Heinsius il y a maintenant quelque démêlé (1).
Le %6j je présentai à Son Excellence deux odes iatiDes de la part de M. Kinscbot (S), et reçus la ^'mnission de l'en remercier, ce que j'ai fait.
Le dernier, la ville de Paderborn, qui est l'un
des évècbés de l'Électeur de Cologne, fut reprise
sor lesSuédois par les Impériaux. C'est une grande
vitte peu forte, qui a été prise et recouvrée sept
oo \iuit fois depuis vingt-cinq ans. Plusieurs gens
de bien furent bien aises de cet événement, car les
Hessiens faisoient état de s'y nicher et la deman-
doient pour leur satisfaction.
Le 3 décembre, Son Excellence traita magnifiquement un gentilhomme envoyé de l'Ëlecleur de Brandebourg pour remercier nos Plénipotentiaires d'un pareil compliment qui lui avoit été fait à son passage en celte province. 11 est maintenant à la Haye, où il épouse la fille du prince d Orange, non sans grande jalousie des Suédois, qui ne lui
n était, dit Saumaise,« Vir eruditisiimus linguarum orientalium^ et omni anliquitate eecleiiastiea venalisiimus, ne de theologia etphilosophiadxcam,eujugestperiti88imus. » (H. a ag^ La France protestante.)
(1) Jean de Croy (Croius) avait violemment attaqué Heinsius dans son ouvrage : Saerarum et historicarum in novum fœdus observationum pars prior. 1644. (Hâag, id.)
(2)Voy. ces deux odes dédiées à d*Avaux,p. 119 et 121, Caspari Kinschotti poemata. La Haye, 1685, in-12.
veulent relâcher aucune portion de la Poméranie« Contestation entre M. de Saint-Romain et M. de la Court, résident à Qsnabrug, pour la précédence et l'entrée dans les conférences, réglée par le ministère à Tavantage du dit de la Court et à Texclusionderaulre(1).Le fondement de ce jugement est pris du traité préliminaire où il est dit qu'il y aura un résident à Osnabrug pour la négociation de la paix, et non à Munster, où sont les pléni-
(1) Dans une de ses lettres, Groulart de la Court rend compte de cette contestation : « J*ai été dix jours à Munster pour me trouver aux conférences de MM. les ambassadeurs de France et de Suède, sur leur satisfaction avec l'Empereur. Mais depuis, U a pris une fantaisie à M. d*Avaux de m'en vouloir exclure, prétendant d'y faire aussi entrer un nommé Saint-Romain, à qui il a fait donner une qualité de résident à Munster, avec 12,000 francs d'appointements, quoique depuis trois ans il ait été sans fonction aucune, MM. les ambassadeurs ne lui ayant donné aucune part dans les affaires, comme à moi. C'est une suite de la bonne intelligence qui est entre M. Servien et lui (d'Avaux). Ils étaient en apparence fort bien, mais cela a recommencé à les remettre mal. M. le duc de Longue ville, qui ne peut parler avec autorité et qui ne veut fâcher personne, n'a point voulu accommoder cette affaire et m'a commemdé de demander justice à la Cour. J'attends, et cependant je m'en mets fort peu en peine, voyant que cette commission ne durera plus que trois ou quatre mois au plus, et que je puis espérer, ou de demeurer ici, après le traité, avec qualité d'ambassadeur pour ce qui regardera l'exécution, ou de retourner avec mes amis, qui me pourront procurer d'honnêtes emplois en France. Mais certainement, cette mauvaise volonté que cet homme a témoignée lui nuira peut-être plus qu'il ne pense, M. le cardinal étant maintenant informé de beaucoup de choses de famille que M. Servien ne savoit pas si bien que moi... » (30 octobre 1646, Chéruel, p. 8 et 9.)
potentiaires et où les résidents sont superflus.
Le ..., M. de Saint-Romain fut envoyé pour la seconde fois à M. l'Électeur de Brandebourg pour savoir sa dernière résolution sur le fait de la Poméranie.
Le 18, nos Plénipotentiaires reçurent la nouvelle de la levée du siège de Lérida par Tarmée espagnole, le comte d'Harcourt ayant été contraint de se retirer, et l'envoyèrent annoncer sur Theure et comme par bravade aux Espagnols; leur voulant faire savoir que cet accident n'est pas capable de rien faire changer aux articles de la paix qu'on leur a toujours proposés.
Durant le mois, plusieurs valets de M. de Longueville et le maréchal de Son Excellence, furent mis prisonniers par leur ordre, pour l'assassinat commis en la personne d'un valet de chambre de M. de Penaranda, où ils s'étoient trouvés. J'en vis l'information, par laquelle il est bien difficile de connoltre qui a fait le coup. Les Espagnols ne sont pas exempts de faute, et se trouvoient souvent le soir sur le pavé, cherchant querelle avec les nôtres.
Le 18, je fus chez le premier bourgmestre de Munster pour l'obliger d'exempter les religieuses de Lorraine de la contribution qui se \è\e sur chaque maison pour l'entretien de la garnison.
Elles avoient joui jusqu'à présent de cette exemption sous la faveur de Son Excellence. lime promit de leur continuer.
Le 25, jour de Noël, je prêchai chez M. de Longueville, quoique j'eusse été travaillé d'un rhume, trois jours durant, qui m'ôloit presque le moyen de respirer et m'empêcha même de célébrer et d'ouïr la messe. La voix et la force m'étant un peu revenues, après midi, je hasardai de parler, mais je pensai rester au milieu du sermon, faute d'organe. C'est une grande incommodité que je n'avois jamais éprouvée. Multa ferunt anni venientes cornmoda secunij multa recedentes adimunt (1).
Le 29, M. Servien partit pour la Haye afin d'aller conférer avec MM. les États de quelques affaires qui concernent le traité. Ce voyage cause beaucoup de soupçons dans les esprits de cette assemblée. Le commun estime que c'est pour rompre la paix qui s'en alloit être conclue; les autres que c'est pour obliger les États à se rendre garants de ce traité, et en cas de rupture à l'avenir de renouveler la guerre avec nous, à quoi ils ne veulent pas être tenus, s'il n'est question de leur propre fait. Les autres s'imaginent de nouvelles
(1) Horace, Art poétique, v. 175.