‹ Journal du Congrès de MunsterChapitre 7 sur 57 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

« Comme l'amour a été de tous les siècles, les aventures qui l'accompagnent se sont rencontrées dans le nôtre aussi bien qu'en celui d'OEnone et de Paris. La ville qui porte le nom de ce beau garçon a produit des ingrats et des perfides aussi bien que celle de Troie. Au temps que ces épîtres étaient en leur plus grande chaleur et en l'espace d'un an, il arriva ici deux histoires fameuses qui donnèrent beau jeu à nos secrétaires d'héroïnes malheureuses. Un M. de F..,, après des recherches passionnées, épouse Mlle Le P. . . , fille de beaucoup de mérite, mais peu accommodée des biens de for-r tune, puis incontinent après son mariage, postquam avidœ mentis satiata libido est, l'abandonne lâchement. Ses parents favorisent .son divorce, disent qu'il a été ensorcelé, et lui-même, pour pallier son infidélité, feint qu'il est tombé en démence. Peu après M. X..., galant homme et bien fait au possible, emploie toutes ses belles qualités à combattre la pudeur d'une belle fille d'illustre maison; il en triomphe et il est cause, le perfide, qu'elle est menée captive dans un cloître. Ovide luimême n'aurait-il pas quitté sa Didon et sa Pénélope pour servir ces dames affligées? Ses secta-

Vm INTRODUCTION.

teurs ne manquèrent pas aussi de venir à leur secours. Ils prêtèrent facilement leurs plumes à leurs justes plaintes, et firent courir, comme une traduction de ce poète, les lettres qu'elles écrivirent à leurs perfides amants. La première, écrite de la main d'un jeune homme de vingt ans, fit un si grand éclat au milieu de la plaidoirie de cette cause, dont les plus excellents avocats du Parlement étaient chargés, qu'on l'attribua aux plus éloquents d'entre eux : on en fit présent à MM. de la Martelière et Galland, qui, à la vérité, étaient de grands hommes en leur profession, mais dont les heures étaient trop chères et trop occupées pour se donner le loisir de faire des écritures si polies et si galantes, et dont l'âge était trop avancé pour produire encore des sentiments si fins et si tendres des passions de la jeunesse. Quelques-uns estimèrent qu'elles étaient de la façon d'un fameux prédicateur de ce temps-là, mais ceux qui savaient faire la dififérence entre un style raisonnable et celui du « Soldat français » et de r« Amant victorieux », se détrompèrent facilement de cette créance. Les curieux cherchèrent donc ailleurs Fauteur de cette pièce, et feu M. le prési-

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