DÉPART POUR LA HAVANE
que cette quantité d'or, puisque en toute la coste de Juida il n'y ena aucunement. Et sur ces articles il me dits : « Je vois bien des malices qui vous seront advantageuses, car Mr Miton me marque que les autres n'ont voulu signer disant n'avoir connoissance que de ne les avoir voulu norir à la Grenade au cabaret ; leurs ayant dit d'aller à bord des vaisseaux de la compagnie. Je dits : « Monsieur, je sorts du tombeau, et j'ay eu le temps de pensser à ma dernière fin; j'ay fait mon testament qui ets chez le greffier, je n'y aurois obmis de marquer mes volontés comme je les ay faites sy j'avois eu quelque mouvant à disposer; j'y ay marqué ceux de quy j'ay emprunté pour que mon épouze leurs rende. Obligez-moy en grâce d'en faire tirer un extrait et de l'envoyer à la compagnie et vous me soulagerez mon innocence et justification. » Et il me le promit en m'embrassant tendrement, et me dits : « Vous aurez fort à combattre envers tant de testes qui se laisse éprendre sur des raports faux ou vrais lorsqu'il s'agit d'intérests. » Jeluy dits : « Dieuest juste et que sa volonté sois faite. » Puis il me dits : « La compagnie a fait des pertes très considérables. Voilà mon vaisseau péry qui étoit d'importance puis la Badinne et l'Archiduc qu'on avoit richement chargé pour France que les Anglois ont repris. Le Marin est condamné incapable de retourner. L'Hermionne qui m'at apporté a aussy péri. Il nets resté que le Faucon. » Je luy dits que j'avois apris que tous ceux qui font comerce des nègres ne profitent jamais, et que cest mon malheur d'y avoir entré, je pris congé.
Je fut adverty par M" Rouleau de me rendre au Petit Goüave où étoit le vaisseau à 14 lieux de Leogane. J'y fut et fut reçeu par M" de Choupède-Salampart (1), lieutenant de vaisseau et lieutenant du Roy au Petit Goüave où je fus $ jours. Un marchand de Nantes nomé Le François, habitant en ce quartier, me proposa de recevoir de luy deux balots de thoile dont il ne pouvoit se deffaire et me pria de luy en procurer la vente lorsque je seray à la Havane et qu'il les metoit sur le prix du premier achapt, et
(1) Marie-Gobert Salampart de Chouppes. Nouveau garde-marine le 1°" janvier 1600, enseigne le 20 octobre 1703, Investi des fonctions de major au Petit-Goave le 21 octobre 1703. Capitaine en pied à St-Domingue, le 20 avril 1706. Mort le 2 août 1717.
enr 5 2
phrase Le 7
qu'après avoir son principal il me donnoit Fi moitié du profit, ct que ce qui luy reviendra je le délivrerois 4 ces amis dont il m'avoit donné le mémoire, Je demandey la permission de les embarquer à M' Rouleau ct capitaine Javelot qui mele permirent gratis, et nous partismes du Petit Goüave pour passer au sud de l'isle de Cuba, où deux jours après au grand matin étant éloignés de plus de 4 lieux de terre nous nous trouvasmes engagés dans rochers qu'on nomme Cayes presque à fleur d'eau et d'une ou deux brasses en dessoubs que nous creusmes ne pouvoir échapper de vies, mais notre capitaine en segond nomée Ozée Baudouin monta au haut du grand mât et commandoit avec dextérité au timonier tantots tribord ct puis babord et puis droit, comme cela 1! nous faisoit passer quelquefois entre quelques de ces cayes qu'il n'y avoit qu'un peut plus que la grosseur denotre navire, pendant une heure etdemye et plus de 3 lieux de ce mauvois passage que les cheveux en dressoient à la teste, et heureusement nous échapasmes, et les fièvres me quittèrent pendant plus d'un mois, dont j'en atribué la cause à la frayeur du péril où nous fusmes exposés. Le 13° décembre 170$, nous arivasmes devant le port de la Havane, M' Rouleau s'embarqua dans le canot pour aler demander la permission d'entrer pour étancher l'eau que faisoit son navire, et je luy donnay une lettre pour M'Jonchées où je luy donnois advis de notre manège, et que sy l'on refusoit l'entrée à nostre vaisseau qu'il couroit risque de couler au fonds, et que tout au moins il obtienne la permission de me débarquer pour pouvoir rétablir ma santé, et il mena le sieur Rouleau chez le gouverneur et les magistrats, lisant et interprétant ma lettre cominc il l'entendoit. L'on fit quelques difficultés sur ce qu'il nets pas permis de recevoir aucuns navires étrangers excepté ceux de Îa Royale compagnie de Lassiento, mais comme étant commissaire du Roy il leur protesta que s'il arivoit du mal à ce navire qu'il en écriroit aux deux Roys de France et d'Espagne, ce qui les intimida et accordèrent l'entrée, et nous envoyèrent une chaloupe avec deux officiers pour visiter notre navire savoir s'ilfaisoit de l'eau comme nous le disions, et dès lors que nous aperceumes cette chaloupe venir ayant un pavillon Espagnol nous fismes un trou et
ces LH 0 DER DRE rene . 256 +
RRESRE HUCRTENRE PB «EEE