‹ Journal du docteur Prosper MénièreChapitre 24 sur 170 · PLAT. VER · texte numérisé non relu

PLAT. VER

22 JOURNAL DU D' P. MÉNIÈRE

__ Pourquoi cela? — Parce qu’il a vu passer tant de choses devant lui...»

21 novembre 1851.

On jase beaucoup sur le mariage Cavaignac, mais on en dit bien d’autres sur l'affaire qui suit. Un papa très comme il faut surprit l’autre jour sa fille écrivant le billet suivant : «Prince, j'ai dix-sept ans, on me dit jolie, j'ai quinze cent mille francs à moi; tout cela est À vous si vous le voulez.» Le papa n'a pas eu la prudence de garder pour lui cette découverte, le monde s'en occupe. Que penser de cela? Un prince, un président de république en butte aux déclarations d'amour d'une jeune fille de la haute aristocratie, n'est-ce pas un fait qui prouve que le monde a besoin de ces alliances suprêmes, et ne faut-il pas voir dans ce fait un hommage rendu aux positions de par la grâce de Dieu ? Cette enfant comprend l'hérédité, elle a la noble ambition du trône: elle veut faire souche, une dynastie nouvelle demande à naître; c'est naïf, c'est généreux et pas du tout démocratique. Serait-ce du dévouement pur et simple? Une autre Jeanne d'Arc pacifique? Le cas est embarrassant.

S février 1852.

Jai vu M. le duc Pasquier chez moi hier, et il a bien voulu me raconter sa longue entrevue avec le Prince-Président. Il a été question du Sénat, du personnel, puis de divers points de politique intérieure mis sur le tapis par le chancelier. L'affaire de la famille d'Orléans était pendante. M. Pasquier l’a attaquée vigoureusement. Il a dit au prince que son oncle n'avait jamais séquestré, mais qu’au contraire il s'était appliqué à lever des séquestres et à rendre à ceux qui avaient perdu.

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