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NICOLAS I* — ABDUL-MED]JID A

peuvent mais, on aura recours à toutes les manigances de la dipiomatie. La rente a été fort affectée; le trois pour cent a baissé de plus de trois francs depuis un mois; les chemins de fer dégringolent à toute vapeur. On pense généralement que tout cela est passager et qu'aux premières lueurs de la paix entre Saint-Pétersbourg et le Divan, tout remontera très vite. Je ne demande pas mieux, bien que ne m'occupant d’aucune spéculation de ce genre. Je place mes petites économies de façon à en retirer un intérêt légitime et Je laisse les boursicotiers tenter la fortune. J'ai toujours eu le chiffre en antipathie.

On s'occupe beaucoup ici des prétentions de Nicolas 1% à ce fameux protectorat de tous les Grecs schismatiques qui sont sujets de la Porte. Ce serait une sorte de suzeraineté religieuse sur sept à huit millions d'âmes, une grande partie de la population des Etats turcs; par conséquent, une grave atteinte aux droits d'Abdul-Medjid. On sait combien ces façons de protécer sont envahissantes, combien les conflits sont faciles entre ces religionnaires voisins et jaloux; aussi le Sultan s’inquiète-t-1l avec raison de ce fait exorbitant. De là refus péremptoire; mais les Russes tiennent bon, et notez que les Grecs ne demandent pas du tout cette protection de Nicolas. Ils préfèrent le s/afu quo, les vexations des Turcs à l'appui tyrannique de l'Empereur. Comme tout cela est commode à arranger! Mais espérons que les puissances combinées empêcheront cet empiétement moscovite. En tout cas, de l’avis des gens les plus habiles, ce n’est qu'un retard; la Turquie est inévitablement destinée à succomber, comme la Chine et le Japon. L'élément civilisateur européen pénétrera : dans ces contrées inhospitalières; les prêtres français et les ministres anglais, ces amis si tolérants, donneront à ces infâmes mahométans l'exemple d’une fraternité touchante; on verra les sectes chrétiennes se dévorer,

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s'attaquer, se calomnier mutuellement, et si les sauvases ne sont pas entièrement édifés par ces actes des apôtres d’une religion d'amour, il faudra qu'ils se refusent à l’évidence. Les missionnaires vont avoir fort à faire, toutes les barrières de l’ancien monde sont sur le point de tomber, nous allons pénétrer dans l'antique terre de Bouddha et de Vichnou; l’idolâtrie des Chinois va se fondre aux rayons de notre soleil de charité; par exemple, je ne sais pas trop comment les disciples de Confucius pourront s’accommoder de notre irrévérence à l'égard de nos ancêtres. En France, un père de cinquante ans est une momie, un fossile, quelque chose de monumental, bon à mettre dans un musée; la jeunesse regarde en pitié ces barbons qui grisonnent, ces Gérontes qui ont le tort impardonnable de durer trop longtemps et de prétendre à conserver une voix au chapitre. Les barbares chinois ne pensent pas ainsi, ne serions-nous pas par hasard les vrais barbares? En Chine, on suit la profession de son père. En France, tout fermier fait de son fils un notaire, un docteur en médecine, un législateur, un ministre, et celui-ci s'empresse de renier sa famille et de fermer sa porte à l’auteur de ses Jours. Entre eux et nous, où sont les Chinois? Ne poussons pas plus loin ce parallèle; il ne faut pas se parer de ses turpitudes. Laissons donc les Américains pénétrer dans l'empire du Japon, les Anglais arriver à la capitale de la Chine; bénissons un fait providentiel qui mettra en contact avec la chrétienté plus de cent millions d’idolâtres qui ont été frustrés de leur part au gâteau intellectuel.

Rien de nouveau à Paris. S. M. l'Empereur se montre partout : à Versailles, dimanche, au milieu de la foule qui encombrait le parc à l’occasion des grandes eaux: l’autre soir, au Vaudeville, à la représentation des Filles de marbre, violente diatribe contre les demoiselles légères et leurs œuvres perdues, contre-partie de

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