‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 120 sur 206 · ORDRE CONFIDENTIEL · texte numérisé non relu

ORDRE CONFIDENTIEL

(21 octobre 1850.)

L'ordre confidentiel du Sjuillet 4830 fixe l'emplacement des troupes en cas d'alerte ou d'émeute à Lyon.

Dispositions générales en cas d'émeute :

Dans le cas où les attroupements seraient considérables, les offi- «iers attendraient dans leurs logements les patrouilles parties des casernes pour protéger leur sortie.

L'officier le plus élevé en grade dans les forts ou quartiers enverra sur-le-champ des détachements de cinquante hommes au moins dans ce but.

MM. les chefs de corps veilleront à ce que MM. les officiers ne logent pas trop loin des casernes.

Les forts et casernes seront fermés après le départ des troupes; s Us sont attaqués, ils se défendront à outrance, refusant toute proposition de les ouvrir, quel que soit le costume ou l'écharpe dont serait revêtu celui qui la ferait.

Les approvisionnements en biscuit et en munitions existent dans les casernes.

Les troupes se porteront lestement à l'emplacement qui leur est nxé par l'ordre du 3 juillet 1850

I^e commandant supérieur ne peut être sur tous les points; il ne peut donc tout prévoir dans chaque cas particulier; l'officier commandant sur les lieux agira avec la dernière vigueur; un officier qui montrerait de l'indécision serait coupable et aurait à rendre compte de sa conduite. Jamais une troupe ne doit être incertaine contre

l'émeute; son chef doit combattre quand même, s opposer avec énergie à la construction des barricades, s'il en est enveloppe, se | faire iour en combattant et rejoindre sa brigade.

Les troupes ne doivent jamais se laisser approcher par une colonne | d'émeutiers, par les femmes et les enfants; l'hésitation de 1 mfanterie à faire feu peut la compromettre et la faire désarmer; on doit ! à deux cents pas prévenir les émeutiers de s'arrêter; s'ils n obeissen nas faire feu immédiatement. Les femmes et les enfants procèdent par'l'assassinat sur les officiers; ils sont l'avant-garde de 1 ennemi, on doit les traiter comme tels. , ,.f ,

Le chef s'emparera de toute maison ou point de défense qu il ineera convenable; on attaquera les barricades par les maisons; es sapeurs du génie en tète, munis de pétards, de grenades, feront les communications à hauteur du 2« étage. Si une colonne n a pas de troupes du génie, l'infanterie y suppléera avec les outils qm lui ont été délivrés; elle fera feu des fenêtres; on bouchera les escaliers pour en rendre le passage impossible. Chacun agira avec resolutior ne prenant conseil que de son courage si les ordres n arrivent pa>^

Sous aucun prétexte on ne doit entrer en communication, m parw lementer avec les émeutiers; le général commandant a seul le droit

de le faire

Il existe à Lyon bon nombre de maisons ayant ouverture sur deux rues ou quais ; on devra se prémunir contre ce moyen pour les émeutiers de se multiplier. ,

On évitera de s'engager dans les petites rues; il vaut mieux y enfermer momentanément l'insurrection.

Au fur et k mesure que l'émeute aura été chassée d un quartier ou d'une rue. on v établira un poste et des sentinelles avec delense dy laisser circuler personne; les femmes et les enfants sont compris dans cette consigne. .

Des colonnes d'attaque de toutes armes seront formées suivant

les circonstances.

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