‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 144 sur 206 · CHAPITRE X - SKl'TI-.MBni-; 18M · texte numérisé non relu

CHAPITRE X - SKl'TI-.MBni-; 18M

deux heures pour aller de leur caserne sur cerla.ns points de Lyon. Il faut que ces sergents de ville soient répartis par brigades dans tous les quartiers de Lyon, comme cela se pratique à Paris.

Je suppose que M. le préfet du Rhône et le secrétaire Général ont adressé des observations à M. le ministre de Tintérieur Il les prendra, je n'en doute pas, en considération; sans cela 11 n y aurait pas moyen d'assurer un bon service II y a des choses qu'on nepeutdécider de loin, et qu'il faut être sur les heux pour bien juger.

24 — Les montagnards continuent leurs promenades dans les départements. Le représentant Dain. dans sa tournée de Saône-et-Loire, s'est arrêté à Louhans. Il est accompagné d un nommé Barodet, instituteur révoqué. Ils ont couru tous ^ es cafés et cabarets de la sociale, trinquant, buvant, donnant I accolade à leurs amis de toutes les classes, même aux plus Ignobles. ^

29. -Les lettres de Paris annoncent qu'on y est plongé dans une torpeur incroyable. Tout semblerait au calme plat; on est cependant fort inquiet. Les affaires sont nulles, ou à peu près Chacun interroge son voisin; on n'y comprend rien, on parle aussi de coup d'Etat. Entre mille bruits, on disait que le Président en avait voulu faire un, que les généraux Magnan et baint-Arnaud s'y étaient refusés. D'un autre côté , je tiens d une personne à qui M. Carlier l'a dit, que les rouges sont fortement organisés à Paris, et qu'il en a prévenu le gouvernement. Plus nous approchons de 1832, plus nous "^devons nous attendre à des événements. Il est de fait qu'il y en a dans l'air, et il vaudrait mieux que cela éclatât plus tôt que plus tard. ^

SO. - Mon arrêté défendant aux arquebusiers d'avoir dans leurs boutiques des armes ayant leurs batteries est bien exécuté a Lyon. J'ai la crainte qu'il ne le soit pas aussi exactement à baint-Ltienne; j'écris à M. le préfet de la Loire à ce sujet

Lyon est fort calme à la surface, puis la crainte de la répress.on fera que ce point ne sera peut-être pas choisi pour tenter un mouvement.

Q (,ctobre — M. de Falloux est arrivé de Nice à Lyon; il est venu me voir. Il est dans les sentiments les plus raisonnables. Il a été ce soir au cercle du Commerce, où il avait été invite. M Sauzet et lui ont fait de très bons discours sans couleur de parti, se plaignant de rindifférence des honncHes gens et prêchant la réunion de tous pour triompher dans les élections contre les montagnards. Il n'y avait quune voix parmi les négociants qui les ont entendus, pour faire léloge de leurs

''''i^- Les ministres et le préfet de police Carlier ont donné leur démission, pour ne pas proposer le retrait de la loi du 31 mai. que le prince Louis-Napoléon veut absolument. Le fait était positif depuis le jour où le docteur Véron. dans le Constitutionnel, a ouvert le feu contre cette loi. attendu que ce iournal est depuis longtemps avocat du Président. Le Faiis, rédi-é par M. de Lamartine, la Prase. par M. E. de Girardin, font"" un feu violent contre cette loi, qui est défendue par VAssemblée nationale.

n -Les sociétés secrètes, dans leurs délibérations, ont décidé que, maisré la proposition faite par le Président de la République du retrait de la loi du 31 mai. elles ne lui en resteraient pas moins hostiles. Une grande inquiétude continue a

régner.

i8. - La France est divisée par les sociétés secrètes en cercles de sept à dix départements dirigés par un comité avec lequel le comité central de Paris correspond. Le cercle de Lyon se compose : du RhO.ne. de Saùne-et-Loire. du Jura, de I Ain. de lUère. de la Loire, de la Cùte-dOr et de

TArdèche. , ,

Le cercle d Aviunon comprend le Vaucluse. la Diomc. les Hautes-Alpes, les Basses-Alpes, le Var, les Bouches-du-Uh^^n. l'Hérault, le Gard, la Lozère. l'.Weyron. Le cercle de Never^ se compose des neuf départements du Centre.

•^0 — Le représentant Jules Favrecst à Lyon. H y a recrudescence de mauvais propos de démocrates depuis quelques jours. Les commandes sont arrêtées: le travail qui existe encore provient de celles qui ont été faites précédemment. A

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