CHAPITRE IX
Conversation avec le Roi sur l'Espagne. — Sa Majesté craint la guerre.
— Visite à M. Thiers. — Le tiiéàtre de Jules de Castellaue. — Je revois Ouvrard, — Séance do lecture chez le baron Crespy Le Prince. — Le comte de Rambuteau. — Ma dernière conversation avec le duc d'Orléans.
— M. Guizot dirige le département des affaires étrangères d'une manière déplorable. — Retour à Perpignan. — Mort du maréchal Clauzcl et du maréchal Moncey. — Sottise des légitimistes de Perpignan. — Éclipse de soleil à Perpignan. — Mort du duc d'Orléans. — Je ra'ellorce de faire creuser un port militaire à Port-Vendres. — Je recommande de bien recevoir les réfugiés espagnols de toutes les opinions. — Création d'un hôpital militaire à Amélie-les-Bains. — Je reçois la visite du duc de Mortcmart et de sa famille. — Je rends visite au maréchal Soult, à Soultberg. — Sophie Soult. — Mort du comte de Montrond, de la comtesse de Jarnac. — Voyage à Paris en janvier 1844. — Je parle au Roi du mariage d'un de ses fils avec la reine Isabelle. — Visites à la reine Christine. — M. de Salvandy et le roi Louis-Philippe. — Je fais des démarches pour Port-Vendres. — Retour à Perpignan le 15 février, pour le passage de la reine Christine.
25 février. — Je suis arrivé à Paris à six heures et demie du soir.
26. — Ce soir, j'ai fait ma cour au Roi et à la famille royale. Madame Adélaïde m'a arrêté assez longtemps pour causer d'Espagne; elle prend un grand intérêt à la reine Christine. Le Roi, qui était dans un arrière-cabinet, est rentré dans le salon; après m'avoir salué et dépassé, il est revenu à moi pour causer Espagne, ce qui a duré assez longtemps. Il m'a dit que son impassibilité vis-à-vis des Espagnols les effrayait; que la France n'a qu'une chose à faire, c'est de bien fermer ses portes et de les contempler; qu'il n'y a pas de prophètes en politique, mais qu'en attendant et voyant venir, on trouve sa belle pour faire ce qu'on veut. Il m'a dit qu'il n'avait envoyé M. de Salvandy qu'à contre-cœur à Madrid, et