CHAPITRE XII. — NOVEMBRE 1847. 4H
3 novembre. — Ma fille Contades m'écrit d'Aubijoux, le 31 octobre :
« Tout le pays était en mouvement; à peu près à six lieues d'ici, nous avons trouvé la route couverte de monde, de gens à genoux priant et pleurant. A AUanches, le clergé, les autorités et toute la population en grand deuil sont venus au-devant de nous. Ils ont mis cette malheureuse voiture funèbre au milieu d'eux, puis ils Font accompagnée en chantant l'office des morts jusqu'à la sortie de la ville. A Marcenac, la même chose nous attendait, mais encore plus de monde, et tous avaient l'air de gens qui pleurent pour tout de bon. Le clergé nous attendait sur le haut d'une montagne; vous ne pouvez vous figurer combien c'était solennel. Cette immense quantité de gens marchant dans un silence absolu, ces chants d'église dans ces montagnes, tout cela formait un spectacle frappant. Ce n'est pas ainsi que je croyais revoir ce pauvre pays. »
8. — Le Roi a signé hier l'ordonnance qui me nomme commandant de la 14' division à Rouen; on me l'a mandé au retour du ministre de la guerre, qui l'a rapportée de Saint- Cloud. C'est le général Rachis qui me remplace à la 21'. C'est un homme d'esprit, un bon officier; c'est un excellent choix, et je suis persuadé que le général Rachis maintiendra le service sur le pied où je l'ai établi.