PU È FACE
Je me suis décidée à publier le Journal que mon père m'a légué et que je possède depuis trente-trois ans, en songeant qu'il était de mon devoir de faire connaître le maréchal de Castellane à la génération actuelle, tel qu'il était.
La duchesse de Talleyrand, ma sœur, que je viens d'avoir la douleur de perdre, m'a encouragée et aidée de ses conseils dans l'accomplissement de cette œuvre de respect filial.
Ce ne sont pas des Mémoires, à proprement parler, ils n'ont pas été écrits comme tels; ce sont des notes prises au jour le jour, qui racontent ce qui s'est passé autour de mon père pendant sa longue et honorable carrière.
Il était le meilleur des lils, et l'amour fanatique du métier militaire avait pu seul contre-balancer chez lui l'amour lilial. Sans négliger aucun devoir de sa situation, grâce à son ordre et à sa méthode, grâce aussi à une grande activité qui ne dégénérait jamais en agitation, il trouvait chaque jour, même à la guerre, le temps d'écrire une lettre à son père, et de tracer quelques lignes sur son Journal.